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Le passionné de l'actualité - Page 2

  • Berlin: de la guerre froide à l'actualité politique allemande

    berlin1.jpg

    Berlin me fascine. Une capitale aux allures provinciales où les terrains vagues mitent un centre-ville qui garde des stigmates de la guerre froide. Une ville où l'université Humboldt, gloire de la royauté prussienne, cotoie, sur l'avenue unter der Linden, l'ancien "palast" de la RDA et d'immenses publicités h&m...Une ville où quelques éclats de balle sur un mur, quelques plaques de béton collées à la verticale entourées de touristes, rappellent que Berlin concentre toute seule l'histoire du XXème siècle.

    Quelle idée d'aller à Berlin en plein hiver! Outre que le voyage à cette période est une coutume pour moi (Irlande l'an dernier), Anita m'ayant gentiment proposé un échange d'appartements, la destination s'imposait! Nous habitons donc pour quelques jours à Neukoelln, charmant quartier des faubourgs berlinois. Il fait moins 7, la neige crisse dans des rues qui se ressemblent toutes, où les batiments font deux étages au plus, aux couleurs plus vives qu'à Paris. Panneaux de rues, signalisation de l'eau, les baeckerei me rappellent que je reviens enfin dans un pays assez important pour moi: j'y ai vecu plus de sept mois et j'ai une certification pour enseigner l'histoire en allemand (sections européennes), tout un symbole...

    Au musée de la RDA, nous entrons dans un nouveau monde, un monde ancien pourtant: le modèle communiste. Une Allemagne différente s'est construite pendant 40 ans: emploi assuré, haut niveau de service public, mais liberté surveillée, voyage limité à l'est, dictature bananière et culture souterraine du punk à la cave...Et bien ce modèle, qui m'a ému dans "good bye lenine", effrayé dans "das leben der andere", fait réfléchir. Fondamentalement opposé à mes rêves d'une société éducative du temps libéré, il montre pourtant que le capitalisme et la société de consommation sont dépassables. Mais peut-etre pas dans un seul pays. Au café rix, pour le brunch de ce matin, le journal sur la table, "die welt", me rappelle à la dure réalité politique.

    Ursula Von der Leyen, ministre fédéral du travail, CDU, a proposé au bundestag (à majorité libérale/démocrate-chrétien) une hausse de 5 euros mensuels des minimas sociaux (appellés hartz IV depuis la loi de 2003 qui a réformé l'arbeitlosen- et le sozial-geld, indemnités de chomage et revenu d'insertion). Le SPD, à travers la voix de son président Sigmar Gabriel, s'est elevé contre le "paquet éducatif" qui l'accompagne: cheques d'accès à l'aide scolaire, aux activités musicales, sportives, aux voyages scolaires, il ne représente que 800 millions d'euros, somme dérisoire pour la première puissance européenne. Je suis de tout coeur avec les socio-démocrates, au sein desquels je milite ponctuellement depuis juillet 2004, qui se battent depuis 10 ans pour l'école à temps plein (et donc pour un service public de qualité et l'égalité professionnelle entre hommes et femmes)! Ces subventions profitent aux catégories déjà favorisées de la population et confortent la marchandisation du temps péri et extra éducatif. C'est le contraire que nous souhaitons: une organisation globale, publique, éducative et associative, du temps scolaire et du temps libéré. Le sort de cette loi dépend du vote du bundesrat où la majorité cdu/fdp a une voix de moins que la majorité. Les verts, alliés à la droite en Sarre, feront pencher la balance, mais dans quel sens...

    Dernière étape de la visite, après le marché de noel, le deutsches historisches museum, une mine d'or pour les cours que j'espere donner bientot en section européenne. Des Celtes à Charlemagne, de la guerre de 7 ans à la construction européenne, l'histoire de nos deux nations est à ce point lié qu'on peut réfléchir sans mal à la géneralisation des manuels franco-allemands!

  • De l’assemblée, du sénat, du parti

    _100916-retraites-assemblee-afp.jpgIl s’en est passé de belles hier. C’était le 15 septembre. Une journée de mobilisation pour les retraites. Je me trouvais sur le pont de la Concorde,  si célèbre depuis les manifestations de 1934, à midi, pour manifester devant l’assemblée nationale. Le même jour, en effet, les députés de gauche se battaient, dans l'hemicycle, contre une droite sûre d’elle, au point même de s’asseoir sur la démocratie parlementaire! Le président du groupe UMP de l'assemblée refusait en effet aux députés de s’exprimer individuellement avant le vote du projet de loi sur les retraites. Le secrétaire général du groupe PS, Olivier Faure, raconte très bien cet épisode sur son blog : http://www.olivierfaure.net/?p=1345 . Et notamment le fantastique discours du président du groupe PS, jean-Marc Ayrault, se concluant par : « Nous voulons remettre la république à l’endroit ».

     

    Je ne vais pas vous expliquer le projet de la droite pour les retraites, vous le connaissez sans doute., ce débat, de société, scande le temps médiatique depuis quelques mois On vivrait trop longtemps, il faudrait travailler plus longtemps, plus vieux, c’est une fatalité…vraiment ? Et comment travaillerait-on plus longtemps quand les entreprises licencient les seniors et quand 2/5 des malades, après 50 ans, souffrent de maladies professionnelles ? Et pourquoi ferait-on confiance à un projet qui n’est pas financé ? Au contraire, le parti socialiste propose de garantir le droit à la retraite à 60 ans, le système par répartition, notamment en incitant fiscalement les entreprises à garder leurs seniors et en élargissant l’assiette des cotisations sociales, par exemple aux stock-options : http://www.parti-socialiste.fr/retraites .

     

    Justement, j’y étais, le soir même, chez les socialistes…Rue de Solferino, le labo des idées, think tank interne au Parti Socialiste, réfléchissait à la question de la gestion publique de l’eau (un dossier est déjà en ligne : http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-qualite-de-leau-un-defi-majeur/) . Effaré par les sigles effarants qui me déconcertaient, je me suis accroché et j’ai eu raison : cet enjeu est passionnant. Non seulement l’urbanisation et l’agriculture menacent les nappes phréatiques, par pollution et salinisation, mais la privatisation de la gestion et de l’assainissement de l’eau dépossède les collectivités territoriales d’un contrôle démocratique efficace et multiplie les inégalités territoriales. L’adjointe de Paris à l’eau, Anne Le Strat, était là pour parler de la reprise en régie publique de l’eau à Paris et des formidables obstacles dressés par les lobbies de Veolia et Suez, les deux géants mondiaux, sans parler des initiatives des minéraliers, Vittel ou Evian, pour interdire les pubs sur l’eau au robinet…Tant par ses initiatives locales que par sa préparation d'un projet national (conventions du projet, débats perspectives 2012 du MJS)http://www.perspectives2012.fr ), une alternative socialiste est en train de naître.

     

    Qu’en est-il du sénat ? Un rapport ! Le sénateur socialiste Lagauche a produit, avec d’autres membres PS de la commission culture et éducation, un rapport sur l'égalité des chances à l'école évoqué hier par le café pédagogique (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/09/15092010Accueil.aspx ) qui m’étonne et m’inquiète : au-delà de reprises intéressantes de politiques initiées par Jospin en 89 (les cycles, l’élève au centre du système…), et de projets classiques de la gauche (scolarisation précoce), ou encore de bonnes intentions (orientation choisie, refonte des rythmes scolaires), le sénateur socialiste propose le recrutement des enseignants sur profil, l’augmentation des pouvoirs du chef d’établissement, et enfin, parle uniquement de gouvernance des établissements et d’égalité des chances, termes largement connotés par des libéraux qui souhaitent gérer les écoles comme des entreprises. Est-ce là vraiment la réforme que nous voulons ? N’y a-t-il pas d’autres priorités, pour redéfinir les missions des enseignants, repenser leur formation, ou encore le temps scolaire ? Ce rapport, pourtant socialiste, est bien moins ambitieux que le projet éducatif préparé en ce moment par le secrétaire national du PS Bruno Julliard, c'est dommage!

  • Quelques chiffres intéressants et surprenants sur les derniers sondages des régionales

    sondage-copie-2.jpg1- Rapports de force politiques

    Quels résultats pour ces élections? 1880 sièges étaient à pourvoir. Sur 43 millions d'inscrits, 21 millions se sont abstenus, et 1 million ont voté blanc (5% des votants quasiment). Les listes d'union de gauche ont remporté 1000  sièges, (plus 200 quand la gauche n'était pas unie) la droite 500 sièges, le FN 118 sièges. La gauche, et en son sein le parti socialiste, a largement remporté ces élections régionales. La gauche est majoritaire en suffrages, même si ces résultats sont à relativiser du fait d'une très importante abstention. La droite est affaiblie, l'extrème droite revigorée, et les résultats ont bouleversé le paysage politique:

     

    -         à l'extrème gauche, LO reste faible, et le NPA s'effondre à moins de 2% des suffrages (5% aux européennes), la stratégie d'indépendance par rapport au front de gauche et le refus de rejoindre la gauche au second tour n'a donc pas été convaincant.

    -         À gauche (53%), Le parti socialiste atteint quasiment les 30% au premier tour, son étiage le plus fort (cf régionales 2004), soutenu au second tour, dans la plupart des régions, par un front de gauche (Picquetistes du NPA, parti communiste et parti de gauche et Melenchon) qui atteint presque 6% et l'ensemble Europe Ecologie qui dépasse les 12% et maintient le nombre de suffrages qu'elle avait réuni en 2009 pour les européennes. Avec ses deux alliés de l'entre deux tours, le parti socialiste et ses partenaires (PRG en Corse et MRC notamment) remporte la plupart des régions: seules la Guyane, la Réunion, l'Alsace restent à l'UMP, le Languedoc Roussillon et la Martinique à des dissidents de gauche ou à des partis autonomistes.

    -         À droite (35%), le MODEM s'effondre à moins de 5% et n'atteint le second tour qu'en Aquitaine. L'UMP, pourtant alliée aux chasseurs, au MPF, au nouveau centre, atteint son plus bas score avec 26% des voix au premier tour et 30% au second.

    -         À l'extreme droite, le FN remonte (sans atteindre son score de 12,5% de 2004), parvenant dans 12 régions au second tour avec une moyenne de 12%, et bénéficie même dans certaines régions du regain de participation du second tour. Les autres mouvances ne parviennent pas à émerger (ligue du sud en PACA, parti de la France en Centre, les minarets à l'est).

     

    Ces rapports de force politiques tiennent aussi compte de l'amplitude des victoires socialistes, qui va de la Champagne Ardenne où JP Bachy l'a emporté avec 44% des voix à Midi Pyrénées où Martin Malvy a recueilli au second tour 67% des suffrages. D'autre part, les candidats de la droite ont souvent été battus dans leur ville: Raymond Couderc n'obtient que 30% des voix à Béziers, Xavier Darcos 35% à Perigueux tout comme Caroline Cayeux à Beauvais.

     

    2 – Les raisons du choix de voter ou de s'abstenir

    -        Pourquoi s'abstenir? S'abstenir, c'est d'abord ne pas s'interesser à la campagne. 66% des sondés du premier tour se sont peu ou pas intéressé à la campagne (52% pour les européennes). Qui s'interesse beaucoup à la campagne alors? 59% des électeurs front de gauche et 46% des électeurs PS. La proportion reste entre 34% (FN) et 45% (extreme gauche) pour les autres listes. Concernant l'abstention, elle a plusieurs raisons possibles: 29% des abstentionnistes veulent « exprimer leur mécontentement sur la manière dont vont les choses en France » tandis que 28% disent ne pas s'interesser à la politique. 29% des sondés pensent que ca ne changera pas leur vie quotidienne. Au second tour, 14% des abstentionnistes n'ont pas voté parce qu'ils n'étaient pas assez informés et 9% parce qu'ils ne savaient pas pour qui voter. 18% des électeurs seulement ont été satisfaits des débats de la campagne et 50% en ont été mécontents.

     

    -        Comment se construisent les choix des votants? Tout d'abord, d'après le sondage CSA sorti des urnes du premier tour, ces choix se construisent soit largement en amont (pour 47% des sondés depuis plus d'un mois), soit au dernier moment (33% des sondés choisissent leur candidat la dernière semaine et 15% notamment le dernier jour). Ce choix précoce ou tardif est différent suivant les listes: Le vote Modem et europe écologie est le plus volatile (49% et 38% la dernière semaine), tandis qu'à l'inverse, 66% des électeurs FN et 60% des électeurs PS n'ont jamais hésité.

    Le choix d'aller voter pour telle ou telle liste s'est aussi construit sur différents enjeux. En 2010, 63% des électeurs se sont prononcés sur des enjeux locaux (50% en 2004 pour le même scrutin). Au contraire, les enjeux nationaux étaient plus importants pour 49% des électeurs FN, et 40% des électeurs d'extreme gauche. En allant voter, 32% des électeurs ont voulu marquer leur opposition au gouvernement (42% en 2004) et 10% leur soutien (15% en 2004). Ce vote d'insatisfaction pouvait aller de 65% pour les électeurs d'extreme gauche à 36% pour ceux du MODEM. 28% des sondés votent par attachement à un parti, 8% par attachement à un candidat. Cet attachement partisan est plus fort au front de gauche (37%), au parti socialiste (35%) ou encore à l'UMP (36%). Les électeurs europe écologie votent pour un projet (52% contre une moyenne de 27%), tandis que le vote extreme gauche et FN s'oppose aux autres listes (40 et 35%). En 2004, 54% des électeurs réclamaient un nouveau premier ministre, ils ne sont que 21% aujourd'hui. L'entre les deux tours est déterminant puisque d'après le sondage TNS Sofres du 22 mars, entre 29 et 35% des électeurs de l'extrème gauche, d'europe ecologie et du MODEM font leur choix uniquement dans la semaine et non avant.

     

    -        3 – Mouvements sociologiques et territoriaux

    -        Une France toujours coupée en deux: la coupure de la France en deux parties perdure malgré les bons scores de la gauche sur l'ensemble du territoire. La gauche est forte dans la France de l'ouest et du sud-ouest, dans les villes plutôt qu'à la campagne, notamment en Alsace où les cantons ruraux assurent nettement le succès de la droite. Si la carte du vote de gauche reflète aussi les régions dans lesquelles les catégories populaires ont vu leur part augmenter (sud-ouest), le vote du FN s'implante durablement dans des régions pauvres et/ou en crise: Languedoc Roussillon et Franche comté dans le premier cas; Nord Pas de Calais en deuxième lieu, où Marine le Pen; poursuivant son investissement à Henin Beaumont, parvient à recueillir 21% des suffrages.

     

    -        Qui est le candidat des jeunes ou des CSP +? Le vote par catégorie sociale, au premier tour, étudié par un sondage CSA sorti des urnes du 14 mars, permet surtout de voir apparaître des différences intéressantes: le vote de gauche est majoritaire chez les femmes (52%) et il est bien supérieur au vote des hommes au parti socialiste et à europe écologie. Les moins de 30 ans ont voté à 53% pour la gauche et ont marqué leur préférence pour europe écologie (18%) ou encore pour le FN (16%) tout en marquant leur désavoeu de l'UMP (16%). Au second tour, 72% des voix des moins de 30 ans se sont portés vers les listes de gauche. Les catégories socio-professionnelles élevées (cadres, professions intermédiaires notamme nt) ont voté majoritairement à gauche (58%), tandis que le parti socialiste obtenait un bon score dans les professions intermédiaires (33%) dont font partie les enseignants, et europe écologie un bon score chez les cadres (18%). Les CSP – (ouvriers et employés) ont fait confiance dans une moindre mesure à la gauche (52%). Les ouvriers ont plus fait confiance au PS (35%) qu'à Europe écologie (8%) mais restent la catégorie qui vote le plus pour le FN (21%).

     

    -        Que voulaient les électeurs pour le second tour? Les électeurs du MODEM sont très divisés: 33% souhaitaient une alliance avec la gauche au second tour (45% pendant les municipales), 26% une alliance avec la droite et 41% ne se prononcaient pas. De la même manière, seuls 28% des électeurs europe ecologie souhaitaient que leur liste fasse alliance avec le PS,  43% souhaitaient qu'ils se maintiennent. Que font les petites listes au second tour? 42% des électeurs d'extreme gauche voulaient s'abstenir (le reste votait à gauche), seulement 28% au front de gauche. L'abstention tentait seulement 21% des électeurs europe écologie mais 34% des électeurs FN. D'où venaient ces électeurs? 50% des votants de Francois Bayrou en 2007 ont voté pour les listes de gauche tandis que 13% des électeurs europe écologie du premier tour et 16% des électeurs extreme gauche du premier tour ont voté à droite.

      

    Quel est le profil des abstentionnistes? D'après le sondage TNS Sofres du second tour, 58% des femmes ne sont pas allés voter, tout comme 72% des jeunes de moins de 34 ans (et seulement 38% des plus de 65 ans), 69% des ouvriers et 64% des employés (contre 44% des cadres). Quel est le profil des électeurs FN? 17% des hommes et 7% des femmes, 20% des non-diplomés et 18% qui n'ont que le BEP/CAP. 72% de ces électeurs n'ont pas voté par adhésion aux idées mais pour exprimer « un mécontentement à l'égard de la situation actuelle ».

  • Quelques chiffres de sondages utiles et surprenants...

    1- Rapports de force politiques

    Quels résultats pour ces élections? 1880 sièges étaient à pourvoir. Sur 43 millions d'inscrits, 21 millions se sont abstenus, et 1 million ont voté blanc (5% des votants quasiment). Les listes d'union de gauche ont remporté 1000  sièges, (plus 200 quand la gauche n'était pas unie) la droite 500 sièges, le FN 118 sièges.

    La gauche, et en son sein le parti socialiste, a largement remporté ces élections régionales. La gauche est majoritaire en suffrages, même si ces résultats sont à relativiser du fait d'une très importante abstention. La droite est affaiblie, l'extrème droite revigorée, et les résultats ont bouleversé le paysage politique:

     

    -         à l'extrème gauche, LO reste faible, et le NPA s'effondre à moins de 2% des suffrages (5% aux européennes), la stratégie d'indépendance par rapport au front de gauche et le refus de rejoindre la gauche au second tour n'a donc pas été convaincant.

    -         À gauche (53%), Le parti socialiste atteint quasiment les 30% au premier tour, son étiage le plus fort (cf régionales 2004), soutenu au second tour, dans la plupart des régions, par un front de gauche (Picquetistes du NPA, parti communiste et parti de gauche et Melenchon) qui atteint presque 6% et l'ensemble Europe Ecologie qui dépasse les 12% et maintient le nombre de suffrages qu'elle avait réuni en 2009 pour les européennes. Avec ses deux alliés de l'entre deux tours, le parti socialiste et ses partenaires (PRG en Corse et MRC notamment) remporte la plupart des régions: seules la Guyane, la Réunion, l'Alsace restent à l'UMP, le Languedoc Roussillon et la Martinique à des dissidents de gauche ou à des partis autonomistes.

    -         À droite (35%), le MODEM s'effondre à moins de 5% et n'atteint le second tour qu'en Aquitaine. L'UMP, pourtant alliée aux chasseurs, au MPF, au nouveau centre, atteint son plus bas score avec 26% des voix au premier tour et 30% au second.

    -         À l'extreme droite, le FN remonte (sans atteindre son score de 12,5% de 2004), parvenant dans 12 régions au second tour avec une moyenne de 12%, et bénéficie même dans certaines régions du regain de participation du second tour. Les autres mouvances ne parviennent pas à émerger (ligue du sud en PACA, parti de la France en Centre, les minarets à l'est).

     

    Ces rapports de force politiques tiennent aussi compte de l'amplitude des victoires socialistes, qui va de la Champagne Ardenne où JP Bachy l'a emporté avec 44% des voix à Midi Pyrénées où Martin Malvy a recueilli au second tour 67% des suffrages. D'autre part, les candidats de la droite ont souvent été battus dans leur ville: Raymond Couderc n'obtient que 30% des voix à Béziers, Xavier Darcos 35% à Perigueux tout comme Caroline Cayeux à Beauvais.

     

     – Les raisons du choix de voter ou de s'abstenir

     

    -        Pourquoi s'abstenir? S'abstenir, c'est d'abord ne pas s'interesser à la campagne. 66% des sondés du premier tour se sont peu ou pas intéressé à la campagne (52% pour les européennes). Qui s'interesse beaucoup à la campagne alors? 59% des électeurs front de gauche et 46% des électeurs PS. La proportion reste entre 34% (FN) et 45% (extreme gauche) pour les autres listes. Concernant l'abstention, elle a plusieurs raisons possibles: 29% des abstentionnistes veulent « exprimer leur mécontentement sur la manière dont vont les choses en France » tandis que 28% disent ne pas s'interesser à la politique. 29% des sondés pensent que ca ne changera pas leur vie quotidienne. Au second tour, 14% des abstentionnistes n'ont pas voté parce qu'ils n'étaient pas assez informés et 9% parce qu'ils ne savaient pas pour qui voter. 18% des électeurs seulement ont été satisfaits des débats de la campagne et 50% en ont été mécontents.

     

    -        Comment se construisent les choix des votants? Tout d'abord, d'après le sondage CSA sorti des urnes du premier tour, ces choix se construisent soit largement en amont (pour 47% des sondés depuis plus d'un mois), soit au dernier moment (33% des sondés choisissent leur candidat la dernière semaine et 15% notamment le dernier jour). Ce choix précoce ou tardif est différent suivant les listes: Le vote Modem et europe écologie est le plus volatile (49% et 38% la dernière semaine), tandis qu'à l'inverse, 66% des électeurs FN et 60% des électeurs PS n'ont jamais hésité.

    Le choix d'aller voter pour telle ou telle liste s'est aussi construit sur différents enjeux. En 2010, 63% des électeurs se sont prononcés sur des enjeux locaux (50% en 2004 pour le même scrutin). Au contraire, les enjeux nationaux étaient plus importants pour 49% des électeurs FN, et 40% des électeurs d'extreme gauche. En allant voter, 32% des électeurs ont voulu marquer leur opposition au gouvernement (42% en 2004) et 10% leur soutien (15% en 2004). Ce vote d'insatisfaction pouvait aller de 65% pour les électeurs d'extreme gauche à 36% pour ceux du MODEM. 28% des sondés votent par attachement à un parti, 8% par attachement à un candidat. Cet attachement partisan est plus fort au front de gauche (37%), au parti socialiste (35%) ou encore à l'UMP (36%). Les électeurs europe écologie votent pour un projet (52% contre une moyenne de 27%), tandis que le vote extreme gauche et FN s'oppose aux autres listes (40 et 35%). En 2004, 54% des électeurs réclamaient un nouveau premier ministre, ils ne sont que 21% aujourd'hui. L'entre les deux tours est déterminant puisque d'après le sondage TNS Sofres du 22 mars, entre 29 et 35% des électeurs de l'extrème gauche, d'europe ecologie et du MODEM font leur choix uniquement dans la semaine et non avant.

     

    3 – Mouvements sociologiques et territoriaux

     

    -        Une France toujours coupée en deux: la coupure de la France en deux parties perdure malgré les bons scores de la gauche sur l'ensemble du territoire. La gauche est forte dans la France de l'ouest et du sud-ouest, dans les villes plutôt qu'à la campagne, notamment en Alsace où les cantons ruraux assurent nettement le succès de la droite. Si la carte du vote de gauche reflète aussi les régions dans lesquelles les catégories populaires ont vu leur part augmenter (sud-ouest), le vote du FN s'implante durablement dans des régions pauvres et/ou en crise: Languedoc Roussillon et Franche comté dans le premier cas; Nord Pas de Calais en deuxième lieu, où Marine le Pen; poursuivant son investissement à Henin Beaumont, parvient à recueillir 21% des suffrages.

     

    -        Qui est le candidat des jeunes ou des CSP +? Le vote par catégorie sociale, au premier tour, étudié par un sondage CSA sorti des urnes du 14 mars, permet surtout de voir apparaître des différences intéressantes: le vote de gauche est majoritaire chez les femmes (52%) et il est bien supérieur au vote des hommes au parti socialiste et à europe écologie. Les moins de 30 ans ont voté à 53% pour la gauche et ont marqué leur préférence pour europe écologie (18%) ou encore pour le FN (16%) tout en marquant leur désavoeu de l'UMP (16%). Au second tour, 72% des voix des moins de 30 ans se sont portés vers les listes de gauche. Les catégories socio-professionnelles élevées (cadres, professions intermédiaires notamme nt) ont voté majoritairement à gauche (58%), tandis que le parti socialiste obtenait un bon score dans les professions intermédiaires (33%) dont font partie les enseignants, et europe écologie un bon score chez les cadres (18%). Les CSP – (ouvriers et employés) ont fait confiance dans une moindre mesure à la gauche (52%). Les ouvriers ont plus fait confiance au PS (35%) qu'à Europe écologie (8%) mais restent la catégorie qui vote le plus pour le FN (21%).

     

    -        Que voulaient les électeurs pour le second tour? Les électeurs du MODEM sont très divisés: 33% souhaitaient une alliance avec la gauche au second tour (45% pendant les municipales), 26% une alliance avec la droite et 41% ne se prononcaient pas. De la même manière, seuls 28% des électeurs europe ecologie souhaitaient que leur liste fasse alliance avec le PS,  43% souhaitaient qu'ils se maintiennent. Que font les petites listes au second tour? 42% des électeurs d'extreme gauche voulaient s'abstenir (le reste votait à gauche), seulement 28% au front de gauche. L'abstention tentait seulement 21% des électeurs europe écologie mais 34% des électeurs FN. D'où venaient ces électeurs? 50% des votants de Francois Bayrou en 2007 ont voté pour les listes de gauche tandis que 13% des électeurs europe écologie du premier tour et 16% des électeurs extreme gauche du premier tour ont voté à droite.

     - Quel est le profil des abstentionnistes? D'après le sondage TNS Sofres du second tour, 58% des femmes ne sont pas allés voter, tout comme 72% des jeunes de moins de 34 ans (et seulement 38% des plus de 65 ans), 69% des ouvriers et 64% des employés (contre 44% des cadres). Quel est le profil des électeurs FN? 17% des hommes et 7% des femmes, 20% des non-diplomés et 18% qui n'ont que le BEP/CAP. 72% de ces électeurs n'ont pas voté par adhésion aux idées mais pour exprimer « un mécontentement à l'égard de la situation actuelle ».