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Le passionné de l'actualité - Page 5

  • Livre blanc sur la défense: quelle politique de "sécurité nationale" pour la France?

    Le 17 juin 2008, le président de la république présentait le « livre blanc » de la défense. Cet exercice de réflexion sur la politique de défense de la France n'avait pas été effectué depuis 15 ans. Ce livre blanc se résume malheureusement parfois à la déclinaison militaire de la Révision Générale des Politiques Publiques (R.G.P.P) ou si l'on préfère du plan d'amaigrissement de l'état. Celà jette la suspicion sur toutes les décisions qu'il contient: la fermeture des bases militaires, la réduction des effectifs sont-elles des mesures d'économies ou un simple redéploiement stratégique? On se perd dans les méandres des mesquineries financières de la droite.

     

    La France prend un tournant dans sa politique: un tournant positif en adaptant son armée à la participation à des opérations de maintien de la paix à l'aide d'une force de projection de 50 000 hommes, mais aussi un tournant négatif avec la réintégration du commandement intégré de l'OTAN, mesure symbolique de réalignement sur la politique étrangère des EU. La France a toujours été le chantre du multilatéralisme, qu'en sera t'il demain? La gauche ne peut que s'inquiéter d'une part du peu de cas qui est fait de l'ONU comme organisme principal de sécurité, et d'autre part de l'abandon du projet d' « Europe de la défense ».

     

    Une alternative est possible! Au delà de réfléchir sur la sécurité des Français et notamment de ses intérêts économiques (et des copains marchands d'armes du président de la république), le « livre blanc » devrait avoir un projet pour la sécurité mondiale, en lien avec une ONU plus forte, une Europe plus solidaire, qui agirait dans le domaine de la sécurité comme de la coopération. Cette alternative ne peut se passer d'un débat démocratique sur les politiques de défense qu'il reste à construire au sein d'une nouvelle république.

    Bïentôt ma note de 5 pages sur le sujet en ligne aussi (mais là mon blog est trop plein...)

  • Votre politique de droite est impopulaire? Faites de la pub!

    Sans titre.jpgDe quoi discutait-on dans la cantine des profs à midi? Ni de mon départ pour Berlin, ni de l'année qui s'achève, ni de mes cernes (on laisse ca aux élèves), mais bien de la campagne publicitaire engagée par le gouvernement Fillon pour faire connaitre les mesures décidées pour répondre au "problème du pouvoir d'achat". Ces mesures sont tellement banales, pour des mesures de droite, qu'on érafle avec peine le clavier pour les noter.

    On bricole des mesures faciles à communiquer sans s'interesser à leur efficacité. Supprimer les cautions quand les loyers représentent bientôt la moitié des budgets des ménages! Super. Défiscaliser les petits boulots étudiants. Super, quand la baisse des bourses (refonte des critères) décidée par la ministre Pecresse plonge des milliers d'étudiants dans la précarité, les obligeant à choisir entre petit boulot et études! Parler d'heures supplémentaires, quand l'inflation est trois fois supérieure à la hausse du SMIC programmée par un gouvernement, c'est provocateur, c'est cynique, c'est indécent!

    Mais au delà des mesures c'est la forme qui émeut, scandalise, attriste. L'argent public sert donc à financer la promotion d'une politique de droite? Les grands groupes de médias ne sont-ils pas encore assez aux ordres qu'un mot du président suffit à faire remercier un présentateur TV? L'AFP est donc si effrontée, qu'elle a osé ne pas publier un communiqué présidentiel? Quelle effronterie inimaginable! La politique du président Sarkozy est impopulaire? C'est que les Francais ne la comprennent pas! On va donc leur expliquer. On rêvait d'un débat politique, d'un combat de convictions, on se réveille avec une pub sur france 2 et le sourire freedent du premier ministre...

    Mes camarades comprennent maintenant pourquoi je me tape le front à chaque fois que j'entends le mot pédagogie dans une organisation politique...

    Encarts internet, publicité dans les journaux, spots télé, celà s'était déjà vu pour expliquer l'euro aux Francais...mais il s'agit là d'une publicité partisane. Qu'aurait-on dit en 1981 si l'on avait vu surgir des panneaux défilants "les nationalisations, c'est top!"? Après la lettre distribuée à 900 000 enseignants en septembre pour déblatérer des inepties pédagogiques; dont l'envoi avait coûté des millions d'euros, à quand la distribution par bouygues, pour chaque forfait tel acheté, d'un guide "la droite expliquée à mon fils"? Quand pourra t'on enfin trouver dans tous les organes de la presse Bolloré un petit fascicule "le programme de l'UMP expliqué aux enfants"?

    Nous entrons dans une ère sombre, celle du totalitarisme publicitaire...

    http://www.lesechos.fr/info/france/4743046.htm

  • "Aujourd'hui, les Français choisiraient Ségolène Royal au second tour"

    1588520069.jpgà côté de 3 chiens morts de la rage, Carla Bruni a des projets, c'est le grand titre du site 20minutes.fr. tous les visiteurs de ce blog, dont une bonne moitié sont mes camarades, se réjouissent de cette nouvelle. pratiquement un an après le vote. Depuis on a eu des divorces, des grands discours sur dieu, une hausse du salaire présidentiel de 200%, une baisse massive du pouvoir d'achat des français, un plan banlieues équivalent à 1/30 du paquet fiscal.

    Et bougre de diou c'est maintenant que les Français s'avisent qu'ils ont fait une connerie?

    Bon après Ségolène Royal...j'ai longtemps hésité (jusqu'en octobre 2006). j'y ai cru, je l'ai défendu en section, defendu dans la rue, j'ai fait faire 20 000 km à ma ford fiesta pour la cause...alors qu'elle mettait mon organisation, le MJS, en concurrence avec un club de groupies. alors qu'elle se laissait déborder par l'autre candidat sans avancer son projet (souvenez vous des drapeaux bleu blanc rouge aux fenetres, j'en ai encore dans ma chambre). Alors qu'elle n'assumait pas des positions de gauche (ex. les impôts) et faisait la part belle à un apolitisme de mesurettes sans cohérence, apanage d'une campagne des municipales dans un village mais certainement pas d'une élection présidentielle.

    Ségolène Royal à la tête du parti socialiste? NON MERCI! Pour faire quoi? Désigner l'ennemi, les méchants, et favoriser l'alliance des gentils? pour dépasser les clivages politiques et voir le débat citoyen se résumer à des affiches de campagne plus ou moins fashions? Pour opérer un grand tournant droitier soi disant rénovateur du parti socialiste? Bah oui voyons laissons les pauvres s'abstenir ou voter extrème et faisons de la politique dans les centre-villes avec les diplomés, les bobos, des gens sérieux! comme ca on gagne les municipales et on perd les présidentielles. Pourquoi après tout se battre pour une alternative politique sociale économique quand c'est tellement plus facile de laisser la main au marché, froid et cruel, à son impitoyable main qui plie la nuque des travailleurs, noie les mexicains dans le rio grande, électrocute les Africains sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila?

    Allons y!

    Et bien NON. La gauche existe toujours, le discours de justice, d'égalité et de solidarité ne s'effacera pas devant cette politique palote qu'on voudrait nous servir, à base de partis modérés qui se battent sur des concepts. Refusons la droitisation du parti. Ne parlons pas de partir si ségolène gagne, au contraire battons nous jusqu'au bout pour que les Francais aient le choix. Faisons émerger, au sein du parti socialiste, un courant capable de se battre pour reconquérir les classes populaires, faire de la politique autrement, faire du mandat unique une priorité, et ramener la gauche de conquête et non de renoncement au pouvoir en 2012. C'est possible!

    Pour celà, il faut militer, il faut travailler, il faut réfléchir et surtout il faut croire et garder une espérance intacte. Prouvons à NDP que l'esperance n'est pas religieuse, qu'elle est militante!

  • la politique en Allemagne: honnêteté et pragmatisme!

    1419243339.jpgVu qu'en France la politique semble se résumer pour les médias aux injures présidentielles alors que la droite démantèle allègrement la constitution de la république (rétention de sécurité, renforcement des pouvoirs présidentiels, remise en cause des décisions du conseil constitutionnel) je prefere regarder la politique en Allemagne. Elle est d'abord pragmatique: sur l'échiquier politique, le jeu du pouvoir est lié à des alliances politiques de circonstance entre les 5 plus grands partis, négociés durant des jours pour le projet et les postes clés. Ces alliances sont à géométrie variable, suivant les résultats, l'actualité, le lieu...Les forces en présence à vue de nez: Die linke (6%), SPD (36%), CDU (42%), Grünen (Verts: 8%), FDP (8%)
    • à l'échelle fédérale (nationale), le SPD (parti social démocrate) gouverne avec la CDU (chrétiens démocrates) au sein d'une grosse Koalition qui laisse les petits partis à la marge mais permet seulement de gérer les affaires courantes et de se partager les postes clés.

    • On a parfois des configurations de type gauche plurielle comme pour l'état de Berlin: communistes de die linke, SPD (rot-rot) parfois accompagnés des Verts (Rot-rot-grün). Comme vous le remarquez on désigne les coalitions par les couleurs symbolisant le parti. L'aile gauche du SPD, autour de Andrea Nahles, espere la formation d'une gauche plurielle en Hesse, alors que CDU et SPD sont à égalité depuis une semaine.

    • La dernière élection qui s'est déroulé à Hambourg dimanche pourrait créer un précédent avec la formation d'une alliance noire/verte (CDU/verts) ce qui mettrait les verts au centre de l'échiquier politique (ils ont fait 10% dans cette ville qui est la plus riche d'Allemagne).

    • En 2005, avec l'égalité Schröder/Merkel, on a cru voir émerger une coalition jamaiquaine (avec le parti libéral, jaune, la CDU noire et les Verts). Dans beaucoup de Länder, on a une Ampelkoalition (coalition des feux tricolores) avec le SPD (rouge), les verts et les jaunes (libéraux du FDP, équivalent français de la branche libérale de l'UDF, un peu comme démocratie libérale), une sorte de troisième force centriste!

    Dans les partis allemands, on vote pour des personnes par pour des courants, pourtant on sent des sensibilités: die linke est partagé entre les décus du SPD (oskar Lafontaine) et les anciens du parti unique de l'allemagne de l'est (gregor Gysi), le SED. Au SPD, une aile gauche (die linke in der spd, la gauche au SPD) veut l'alliance de la gauche (andrea nahles et parfois klaus Wowereit, maire de Berlin, soutenue par les jusos, jeunes socialistes allemands) alors que les socio-libéraux autour de Steinbrück et Steinmeier, actuellement au gouvernement, veulent continuer les réformes dites « d'ajustement structurel » en fait blairistes de Schröder. Chez les verts, des écolos et des gauchos. Au FDP, des centristes et des libéraux. À la CDU, des démocrates chrétiens (Merkel) et des néoconservateurs (Koch, qui vient de perdre en Hesse). Sans parler de l'extreme droite, divisée entre trois partis: les Republikaner au sud, la DVU à l'est, et le NPD au nord qui entrent parfois dans les parlements régionaux mais pas plus.

    La politique allemande n'aime pas les extremes. La campagne se fait sur des projets de société, on discute de mesures précises quand on milite: en 2005, dans les rues de Heilbronn, je défendais la Bürgerversicherung du SPD (assurance santé en fonction des moyens) contre la Kopfpauschal (forfait personnel indifférencié) pour la CDU. On fait des stands, des débats publics dans les rues, on colle les affiches des candidats sur les arbres. Les présidents de régions (ministerpräsident) ont un poids important dans le parti, comme les maires des grandes villes en France. Les élections municipales sont presque dépolitisées, les candidats doivent avoir un diplôme d'administration publique. Le débat politique est loyal, peu de coups bas, de vie privée, de démagogie.

    Ne simplifiez pas le débat politique allemand. Oui il faut se réjouir de l'essor de die linke qui oblige le SPD à se repositionner à gauche. Mais il ne faut pas suivre die linke quand ils veulent s'aborder le SPD qui reste la force centrale de la gauche allemande, permettant seule l'accès au pouvoir par son nombre de militants (700 000) et son implantation locale. Il faut soutenir la généralisation des alliances locales et nationales de gauche plurielle (communistes, socialistes, verts). Cela peut changer beaucoup de choses en Europe. Il faut regarder avec intérêt une politique plus sobre qui crédibilise l'action publique...même si elle ne la rend pas forcément plus accessible!