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MJS - Page 2

  • Une affaire, une affiche, une brèche médiatique

    Breche_de_la_portetta_2_7603.jpgCe matin, alors que je levais le nez, dans le métro, de mon roman historique sur la guerre de cent ans, "ogier d'argouges", où Francais et Anglais s'étripent sauvagement au couteau, à la guisarme et à la masse d'armes sur une colline, mon portable trépignait, twitter s'agitait, et plusieurs quotidiens nationaux, dans des petits articles, parlaient du MJS...

    Enfin! Enfin mon organisation est à l'honneur! Enfin on parle de ma présidente qui vient de lancer une tribune sur médiapart pour défendre des primaires qui comme outil de mobilisation de millions de sympathisants de gauche peuvent devenir une machine à gagner? Justement non, si les médias faisaient leur boulot, médiapart n'existerait pas comme média indépendant. On a sans doute les médias qu'on mérite, mais quand même, les notres sortent rarement des petites phrases, des petits scandales et ne favorisent pas la richesse du débat politique comme leurs confrères allemands ou américains, parfois...

    Alors peut-être notre campagne 21 propositions est à l'honneur, qui va permettre de dégager de nouvelles idées, de nouveaux espaces de conquête pour les libertés publiques, l'égalité salariale, la conversion écologique de l'économie ou encore l'encadrement des loyers? Les dizaines de votations qui s'organisent partout en France mériteraient quand même plus d'articles qu'une déclaration de la femme d'un ancien ministre de l'économie? non plus.

    Ce qui égaie les journalistes aujourd'hui, ce qui excite les jeunes populaires ce matin, c'est un communiqué de presse de l'UMP se scandalisant d'une affiche trouvée sur un mur du département de la Vienne, une affiche d'une fédération du MJS qui présente le président dans une pose renvoyant clairement à Hitler. J'avoue, je n'aime pas, je me leverais toujours contre ce type de campagne qui critiquent l'extreme-droite sans critiquer ses fondements, sans chercher des solutions à la déception de Francais dégoutés par la et les politiques. Mais l'affiche n'était que dans un département, l'affiche a été retirée et désavouée par le MJS, alors pourquoi?

    L'UMP saute à pieds joints dans la brèche médiatique! Enfin! Après des semaines d'humiliation liée au scandale du mélange privé /public dans l'affaire tunisienne! Des parents d'un ministre qui achètent des entreprises dans un pays en révolte, une chef de la diplomatie qui vole dans des avions prêtés par des amis de dictateurs, une France méconnaissable qui propose d'envoyer des CRS dans une nation qui se lève contre une dictature...

    Comme avec l'affaire Woerth et les retraites, le gouvernement cherche une brèche! J'imagine la réunion de crise. On crée une épidémie foudroyante de rougeole? On accuse la communauté portugaise d'être des voleurs? On annonce la création d'un ministère contre l'absentéisme des profs?

    Dénoncer l'adversaire, quelle idée bizarre pour un parti majoritaire depuis 9 ans. Concentrer ses campagnes contre le premier parti d'opposition, quelle idée saugrenue pour une organisation de jeunesse qui se dit la première de France, à savoir les jeunes populaires? C'est une réaction de crainte, un repli d'assiégé, qui augure bien des prochaines échéances électorales.

  • Socialisme, francophonie et souveraineté quebecoise

    2Drapeaux.gifMes opinions socialistes n'ont jamais, à mon sens, été contradictoires avec mon amour pour mon pays. La biographie de Lionel Jospin était sur la même rangée que les mémoires du général de Gaulle, et je chante aussi mal la marseillaise que l'internationale. Les deux me font vibrer.

    L'occasion m'a été donné de concilier ces deux passions: je représente depuis juin 2010 les jeunes socialistes au sein du comité d'action politique franco-quebecois (CAPFQ), association multipartisane qui rassemble des organisations politiques de jeunesse francaises et quebecoises telles que le MJS autour du développement de divers partenariats.

    Pas besoin de vous expliciter mon opinion sur le Québec. Un drapeau aux fleurs de lys ne peut laisser indifférent l'ancien étudiant d'histoire moderne que je suis. Mais là n'est pas la question. La francophonie, est-ce une thématique apolitique? La politique internationale de la France peut-elle se débattre? Je le crois profondément, d'où mon désaccord avec la Vème république (entre autres!).

    Le Québec ne laisse pas indifférente la famille socialiste. Le rendez-vous entre Martine Aubry et Pauline Marois, chef de l'opposition souverainiste, en témoigne, tout comme la présence de députés du Parti Quebecois lors de la convention internationale du PS en septembre. Que dire alors de la politique quebecoise et francophone de la France?

    Qu'elle n'existe pas. Le ministre des affaires étrangères de la France n'est qu'un VRP sur-payé, il vend des centrales nucléaires à tous les pays, francophone ou pas, dictateur ou pas. Nicolas Sarkozy n'est pas souverainiste: La richissime famille Desmarais, qui finance le clan fédéraliste au Québec, était au Fouquet's le 6 mai 2007 et pour Nicolas, le souverainisme, c'est du sectarisme. Son mentor en politique, Charles Pasqua, doit apprécier.

    Alors, que serait une politique francophone et quebecoise de gauche? La francophonie c'est une organisation internationale qui rassemble un tiers des membres de l'ONU et en leur sein, 200 millions d'hommes et de femmes qui, sur tous les continents, se parlent, s'aiment et se disputent en Francais. Mais l'organisation internationale de la francophonie manque d'âme. Pas de politique linguistique, éducative, pas de projet pour la solidarité internationale et la diversité culturelle à l'orée du XXIème siècle, en dehors d'une réussite éclatante, la convention UNESCO sur la promotion de la diversité culturelle en 2005. C'est grave.

    Tout est possible pourtant, pour ceux qui ne veulent pas que la mondialisation se résume à une domination culturelle anglo-saxonne. L'ancien espace colonial peut devenir une zone d'échange et de partage, qui favorise l'accès à l'éducation en multipliant les échanges entre élèves, enseignants et étudiants. La francophonie peut devenir un espace d'innovation, de création culturelle en langue francaise, un laboratoire d'une solidarité internationale reposant sur l'égalité des peuples, en permettant à de jeunes Belges, Québecois, Maliens ou vanuatiens de travailler côte à côte, comme volontaires francophones sur un chantier de solidarité. L'organisation par les jeunes du parti québecois d'une université d'été s'inspirant de celle des jeunes socialistes et des jeunes populaires Francais fait partie de cette dynamique.

    Elle n'implique pas une domination francaise alors que la France est un des acteurs les moins volontaires de la francophonie (suppressions de postes à l'alliance francaise, à RFI, restriction de visas étudiants). Au contraire, elle nous permettra de retrouver notre place dans le concert des nations, comme ainé, et membre le plus prospère, d'une francophonie qui, si elle en avait les moyens, pourrait être le modèle, la locomotive, d'une nouvelle donne internationale, multilatérale, multiculturelle, et solidaire.

  • Produire, consommer et croitre autrement: Revendiquons le droit au bonheur!

     

    graphique2 - Croissance.JPGJ'avais bien fait rigoler mes camarades héraultais, alors que j'intervenais, comme vice-président étudiant du CROUS, lors d'une réunion du MJS, en 2005, en évoquant le "droit au bonheur". 5 ans après, je retrouve cette notion, apparue dans la déclaration d'indépendance des Etats-Unis en 1776, au moment de conclure les travaux du kit consommation, élaboré avec mes camarades du pôle "économie durable". Le Brésil n'a pas eu peur de ce concept, puisque ce 10 novembre; il l'integrait dans l'article 6 de sa constitution.

    Le droit au bonheur a toute sa place dans la société éducative du temps libéré que nous promouvons. Opposé à la société de consommation, ce concept, porté notamment par Serge Latouche, chantre de la décroissance, sous le nom de "société conviviale", pourrait être un élément-pivot du nouveau modèle de développement que nous défendons.

    Les inégalités sociales se creusent à toutes les échelles sur une planète menacée dans ses équilibres climatiques et sa biodiversité. Le vivre-ensemble, sur la planète, comme dans une ville, est menacé par un capitalisme financier en crise qui effrite les solidarités étatiques, et dont le courtermisme affiché menace l'avenir de la planète, dégradant les conditions de vie des plus modestes.

    Nous pouvons difficilement faire évoluer le capitalisme qui est un système cohérent alors nous devons le dépasser en portant, à tous les niveaux, de nouveaux modes de consommation, de nouveaux modes de production, organisés autour d'une croissance qualitative d'un bonheur partagé, portés par une puissance publique renforcée à l'echelle nationale, européenne et mondiale.

    Des accents utopiques? Non, un projet de société, porté par des sociologues, des économistes, des collectifs associatifs...et, d'une certaine manière, par le parti socialiste, dans sa convention sur un nouveau modèle de développement, tout en restant assez timide dans sa définition de la croissance. Une politique industrielle européenne, ainsi qu'un nouveau modèle agricole promu dans un autre kit, doivent permettre de prioriser des secteurs d'activité, des emplois durables. Réglementer la TVA, encadrer la publicité et le crédit, réduire les emballages par exemple, voila quelques éléments des nouveaux modes de consommation que nous voulons proposer, contre le jetable, l'éphémère, l'ostentatoire.

    Défendons le droit au bonheur comme réalisation ultime d'une humanité apaisée où la société disposerait d'un Etat attaché à la réalisation de besoins prioritaires: accéder à l'eau, à l'énergie, à l'éducation, à la santé, au loisir épanouissant...et définir des critères pour une croissance qualitative, du bonheur, qui deviendrait le nouvel étalon des politiques publiques! Ce n'est pas un rêve, c'est une feuille de route, nécessaire, urgente.

  • Nous construirons un monde nouveau: l'économie sociale et solidaire

     

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    C'est le mois de l'ESS, ou plutot c'était le mois dernier, et j'en profite pour parler d'une thématique qui me motive énormément: un nouveau modèle de développement. Au dela d'une transition écologique à même de modifier radicalement nos modes de production et de consommation, j'ai adoré découvrir une autre économie. Pas besoin de revenir longuement sur les aspects sociaux et environnementaux néfastes du capitalisme et de la société de consommation qui ont été largement développés sur ce blog. Le but ici c'est plutot de réfléchir à l'alternative, et de changer l'économie!

    Ma dernière réunion du "lab des idées" (groupe de travail du parti socialiste où sont recus des acteurs associatifs, syndicaux, des sociologues, des économistes...) était présidée par mon ancien président, Antoine Détourné, qui y présentait des propositions pour développer l'ESS. Au nom du MJS que je représentais, j'ai voulu préciser quelques aspects: le but de ne pas défendre seulement le pré-carré de l'économie solidaire en la noyant de subventions publiques, mais bien de vouloir changer l'économie et ses règles en soutenant un autre système. La necessité, l'urgence, de proposer de nouveaux indicateurs de croissance qui montrent la vraie place de l'ESS au delà d'un 7% du PIB.

    Cette construction d'une autre économie est passionnante. Elle interroge le rapport de la gauche aux entreprises, les moyens d'une régulation internationale, un intéret pour des initiatives telles que les systèmes d'échanges mutuels, ou encore un projet pour une politique économique européenne. L'ESS ne doit pas être qu'un secteur de l'économie plus humaniste, plus sympathique, nous voulons que son fonctionnement (participation des salariés, investissements durables) imprègne l'ensemble de l'économie!

    Développer une économie qui enrichit vraiment la société, qui donne un pouvoir de décision aux salariés, qui s'intègre à son territoire, c'est un bel enjeu quand les titres du jt ne parlent que trader, délocalisations et cours des actions. Alors il faut se battre, À toutes les échelles. Participer comme militant à cette économie (fondations, mutuelles, coopératives), inciter les collectivités territoriales à les favoriser, mais aussi défendre un certain projet économique, fiscal, aux échelles nationales et supra-nationales: relocalisation, clauses sociales et environnementales des marchés publics, gestion associative de certains services tels que la petite enfance sont quelques pistes ébauchées à travers cette réunion.