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enseignement - Page 2

  • Enseigner l'hyperpuissance américaine...à travers une série!

    etats-unis.pngLes fêtes vont bientôt se terminer, je vais donc me souvenir que je ne suis ni rentier, ni permanent biterro/francilien d'une organisation de jeunesse, et revenir à des préoccupations plus terre-à-terre à savoir la préparation de cours. TERRE A TERRE. Qu'est ce que je raconte. Le programme de troisième est passionnant, chaque préparation est un défi pour appréhender le XXème siècle dans la globalité de ses heurts- et malheurs puisque c'est l'enjeu principal. Dans les semaines à venir, mes chers élèves m'entendront déclamer l'appel du 18 juin (je me fais plaisir) pour la séquence sur la 2GM alias seconde guerre mondiale. Le but: non pas raconter les batailles mais saisir l'essentiel: l'aspect mondial, l'aspect total, l'aspect horrible au sens propre du terme et un travail particulier autour des notions de résistance et collaboration. Ensuite? Une petite incursion dans l'Union européenne et ses enjeux historiques, institutionnels et géopolitiques. Ensuite? La guerre froide, concentrée sur les deux contre-modèles, des théâtres récurrents et des phases de regel/dégel.

    Et enfin, les Etats-Unis d'Amérique. Bon ma bible c'est le programme. "Une présentation de l'immensité, du poids démographique et de la métropolisation du territoire introduit l'étude. L'analyse porte sur quelques éléments qui rendent compte de la puissance mondiale des Etats-Unis (ressources, technologies, poids économique, puissance militaire, rayonnement culturel). Le rôle joué par ce pays dans l'organisation du monde depuis 1945 permet d'éclairer quelques origines de sa puissance."

    Bon le propre des programmes c'est qu'on se demande par quel bout les prendre. Quels outils d'abord? Les connaissances des élèves. Fabuleuses, un brain storming me permettra de dégager les principaux aspects de la puissance américaine. Photos et cartes peuvent à la fois permettre de s'interesser rapidement à la configuration et à la diversité du territoire américain mais aussi de familiariser les élèves avec les légendes, les croquis et le vocabulaire cartographique. Mais comment entrer en matière, réchauffer les LE neurones frigorifié de mes chers élèves qui traverseront une cour glacée par les frimats de février pour se rendre dans ma salle?

    A_la_Maison_Blanche.jpgLa série "the west wing" (à la maison blanche) que je visionne en boucle depuis 3 jours me semble parfaite pour illustrer l'importance donnée au chef d'état étatsunien dans la culture mondiale. Le président Bartlett passe de la gestion de la crise du Cachemire à la protection des parcs nationaux en passant par la querelle écoles privées/publiques avant de prendre au téléphone le premier ministre bulgare...soutenu sans faille par une équipe de conseillers jeunes (et souvent séduisant-e-s). On peut dévier sur tous les films mettant en scene la maison blanche, des photos des acteurs ayant joué le président, et atterrir sur les élections de janvier évidemment. Cette entrée en matière pose évidemment question: pourquoi tant d'importance donnée à ce chef d'état?

    On atterrit sur un brain storming de tableau "pourquoi dit-on que les EU sont une puissance mondiale?" en faisant travailler les élèves sur un plan détaillé de paragraphe argumenté, par la suite. La leçon sur la guerre froide qu'on vient de finir doit permettre de dégager et définir le concept de "hyperpuissance". Ensuite un problème se pose pour conduire la séquence...vais-je tomber dans le piège du plan à tiroirs Territoire/Population/rayonnement?

    NON! Je peux tenter l'acrobatie délirante d'un plan multi-scalaire thémathico-mi-chronologique (je sais j'abuse) construit par les élèves sur la base d'une question orale portant sur l'originalité de la puissance américaine. Le but? Par un questionnement ciblé, et un travail en profondeur sur de multiples supports (photos, textes, tableaux, cartes) donner aux élèves une loupe pédagogique. S'interroger d'abord sur l'immensité du territoire américain dans sa richesse et sa diversité IA peuplé par vagues successives forgeant une population urbaine plus ou moins métissée IB dans laquelle une place importante serait accordée aux grandes agglomérations pour ensuite passer au II avec une loupe décroissante et s'interesser à la place des EU dans le monde...là encore, comment ne pas tomber dans le tryptique économique/culturel/militaire? Dur dur! Le but de prime abord: construire une carte sur les EU dans le monde. On peut réfléchir sur la légende de cette carte qui prédéfinirait le plan. Un monde "disneylandisé" en I permettrait de localiser une culture exportée par les grandes firmes, les centres de loisirs; holywood en localisant ce phénomène. Un II permettrait de s'interesser au géant économique en localisant la bourse de New York, les flux commerciaux maritimes et les facades maritimes...enfin un III permettrait de spacialiser son rôle de "gendarme du monde": les flottes, les bases militaires et les pays alliés, ainsi que les interventions militaires récentes semblent une bonne entrée. La conclusion de cette séquence pourrait voir mis en exergue le débat autour du rôle de la puissance américaine, sans doute à travers une étude de cas sur l'intervention en Irak...

    Voilà, de prime abord, comment je vais travailler sur cette séquence!

  • des sorties scolaires au nouveau secrétariat du parti socialiste...

    "Monsieur, vous êtes stressés!"

    Oui effectivement, comme s'exclame la désormais célèbre pauline (si elle savait qu'elle est aussi connue!), je suis assez nerveux. Nous sommes dans le bus qui nous conduit au musée du Louvre, coincés dans les bouchons et je sais que je n'aurais que 1h15 pour visiter le département des antiquités égyptiennes du Louvre. 10mn par salle avec 50 petits de sixieme, ca veut dire une bonne gestion des flux tendus. Savoir répondre à des dizaines de sollicitations par minute, sans être brutal ni débordé, savoir où sont les toilettes, où est la palette des scribes, expliquer comment s'appelle les habitants de Béziers d'un côté, où se trouve la salle du temple de l'autre, où se trouve "votre dame" (sisi) de l'autre...Tout ceci après s'être sérieusement rogné les ongles alors qu'une accompagnatrice ne s'était pas levé et que la vie scolaire avait "oublié" ma sortie.

    C'est déjà l'après-midi, que je passe au collège vu qu'il y a la rencontre parents profs ce soir. Les parents ont toujours l'âge des miens donc c'est un peu dur, les parents ont l'impression d'être jugés pour leurs gamins et moi j'ai l'impression que c'est moi qui suis jugé pour mes cours désordonnés...Enfin c'est surtout celle-là de sixieme que j'attends avec impatience! Dans la salle des profs, tout le monde est fatigué. On est malade, on tousse, on a froid, et le matin, c'est dur de se lever. La moitié du salaire passe dans des boîtes de chocolat qui achètent la paix sociale, alors que, au premier flocon de neige, toutes les classes se ruent aux fenêtres...alors que j'assure ma séquence sur les climats tropicaux et équatoriaux...La saison des mut' est arrivée, je laisse mon cerveau fatigué s'échapper vers la lagune de Sète, avec ses crépuscules où le soleil miroite sur l'Etang de Thau, avant de s'éclipser derrière la montagne noire...mais ca c'est très loin, et dehors, les croassements des élèves qui emplissent la cour de récréation me ramènent à la réalité des collèges de banlieue.

    297888.jpg"Monsieur, le trotskisme, c'est les idées de Strauss-Kahn?"

    Mais pas du tout. Pour mes élèves, la politique c'est assez simple. Ya "sarko" méchant ou gentil selon les collèges. Ya vaguement la droite et la gauche mais vaguement hein.  et puis y a les racistes. ou même parfois les communistes, les "partageux", mais surtout, y a "la politique" et s'il y a bien qqch qu'il faudrait réhabiliter, c'est la politique justement. à mon avis, la nouvelle équipe du secrétariat national du parti socialiste est à même de réhabiliter la politique. Je suis ulcéré du retour médiatique du conseil national de la St Nicolas. On ne laisse parler que les sbires de l'ancienne candidate aux élections présidentielles dont la motion arrivée en tête n'est pas parvenue à rassembler les militants. Et les nouvelles têtes? Paraitrait-il que les Français attendent des nouvelles têtes, du renouvellement...Et la nouvelle direction du PS c'est quoi alors? 60% de nouveaux et 40% de moins de 40ans! La parité totale! Des leaders du mouvement social! Des militants issus de l'immigration! Les plateaux devraient s'arracher Bruno Julliard, nouveau secrétaire national à l'éducation, ancien leader du mouvement étudiant contre le CPE, Razzye Hammadi, qui a, lors de sa présidence du MJS, remis la gauche au coeur des quartiers populaires, et qui s'est vu confier par Martine Aubry le secrétariat aux services publics! C'est un eurodéputé de 41 ans qui est le porte parole du parti, et les médias choisissent, au lieu d'interroger Benoit Hamon sur l'avenir de la gauche, d'interroger des minoritaires qui veulent porter les affaires du parti devant la justice!

    Pourquoi pas, mais alors pourquoi ces même-médias ne laissent-ils jamais la parole aux minoritaires de l'assemblée nationale, à part pour parler d'obstruction?

    Ce nouveau secrétariat national nous donne à tous l'espoir d'une reconquête du pouvoir. Nous sommes en 1971, quand une bande de trentenaires et de quadra se lancaient, après des élections présidentielles où le PS avait rassemblé à peine 5% des voix, à la conquête des communes, des circonscriptions, des cantons, et s'approchaient, victoires après victoires, de l'échéance de 1981. Cette conquête sera longue, dure, demandera un changement de nos relations avec le reste de la gauche, un retour dans le mouvement social, la relance des cerveaux autour d'un autre modèle de développement...l'expérience des nouveaux secrétaires nationaux rend possible une telle transformation!

  • Ma vie sur l'estrade 5: conseils, cours et pas perdus

    salle_de_classe_1.jpg20h40. sur la passerelle de Massy Palaiseau, les voyageurs se font rare. Dans l'atmosphère humide des soirées pluvieuses d'ile de France, les pas de mes chaussures noires usées et que je n'ai toujours pas le temps de remplacer sonnent creux. J'ai faim, le conseil de classe des première euro s'est terminé il y a 20 mn. Je suis fatigué, la journée a été dure. Elle n'est pas finie, une heure et un kebab plus tard j'arrive à peine chez moi où m'attend une réunion msn avec ma chère AF de l'Essonne.

    ma voiture au controle technique à 9h, tenir le bureau de vote des élections professionnelles à 10h, rameuter les collegues dans tout le college à 11h, manger à 12h(pas assez), et mes cours de 13h à 17H. Journée sympathique. Les sixiemes adorables sont fidèles à leur réputation.  Tout le monde (vraiment tout le monde) participe, on se détend et le cours avance quand même c'est formidable. un demi-groupe de troisieme découvre avec stupeur et abomination la prise de notes ("c'est vrai qu'au lycée on a pas droit au stylo plume?"), et les sixieme affreuses, fideles à elles-mêmes, sont à la fois attachantes et enrageantes. à 17h, je cours, et le conseil des premieres commence.

    C'est solennel. Les profs se présentent devant tous les élèves rassemblés au fond de la classe et tous les eleves passent un par un devant le conseil. Quelques ressentis? une différence immense avec le college, pas de problème de discipline. Des eleves qui décrochent face aux difficultés d'une premiere S spé maths, la plus dure des dures (moyenne de maths 8 au premier trimestre), et quelquefois je suis intérieurement énervé par des dialogues farfelus. "elle a des difficultés en maths" "et bien faut plus travailler, faut faire des devoirs en plus, faut écouter" et créer des cours particuliers gratuits au lycée aussi peut-être ou casser les filières pour éviter cette surenchere absurde d'options? Casser les filières pour éviter à des littéraires de se retrouver en S pour faire plaisir aux parents?

    " elle a des lacunes, elle a du mal au premier trimestre à suivre le rythme" "elle travaille combien le soir?" "une heure à peu pres" "mais c'est pas assez ca!" ca veut dire quoi que des adolescents qui pratiquent un peu de sport, se détendent, sortent un peu, devraient compléter leurs 30heures hebdomadaires par 10/20h de travail personnel? Mais à quel titre? le travail se fait à l'école?

    et cette école justement, est elle bien attractive? Je me suis imprimé un rapport de meirieu sur l'ennui à l'école. mes troisiemes s'ennuient. Un premiere s'ennuie et dit qu'il veut partir à l'armée. que faire?

    Et ma journée d'hier au fait? lever en retard, j'arrive au collège pour préparer le petit déjeuner de la sixieme bavarde. pendant une heure, je sers le chocolat, les oranges, le lait à des élèves très contents d'être servis par leur prof d'histoire. C'est soi disant une initiation à la nutrition hein. Je gère une parent d'élève qui fait un scandale, j'amene un collé à la vie scolaire, et je repars en courant pour récupérer mes troisiemes qui ont une heure "d'intervention de la SNCF" au programme: dégradations et malveillance dans le RER... vaste programme. Le soir, au conseil de classe, j'apprends que je vais trop vite en troisieme, qu'il faut dicter aux élèves pour qu'ils comprennent mieux...quand les éleves sont réactionnaires, où va le monde!

  • Les débouchés de l’enseignement professionnel

    Synthèse du rapport BESSON sur l’employabilité des jeunes issus de l’enseignement professionnel

     

    L’enseignement professionnel a délivré 450 diplômes en 2006, tandis que chaque année en moyenne 140 000 lycéens et 100 000 apprentis sortaient des formations de niveau IV (bac pro) et V (BEP/CAP) de l’enseignement professionnel. Le rapport Besson s’appuie sur plusieurs études s’intéressant aux emplois, contrats et salaires obtenus par les jeunes en insertion professionnelle issus de l’apprentissage et des lycées professionnels. Certaines études s’intéressent aussi aux inégalités régionales, hommes/femmes ou encore à la perception par les élèves de leurs filières.

     

    I/ L’organisation de la voie professionnelle

     

    Le rapport s’intéresse en premier lieu à l’organisation de l’enseignement professionnel et de l’apprentissage, grâce aux chiffres de la direction de l’enseignement technique et professionnel du MEN. On apprend ainsi que toutes les diplômes et titres professionnels font l’objet d’une inscription au répertoire national des certifications où les diplômes nationaux sont classés par niveaux (de V pour le CAP à I pour le diplôme d’ingénieur). La formation professionnelle peut être initiale, initiale de second degré, sous statut scolaire ou sous statut d’apprenti (contrat de travail par alternance induisant une formation dans un Centre de Formation d’Apprentis).

    Aujourd’hui, environ 37% des élèves de troisième s’orientent vers la voie professionnelle, 26% en lycée professionnel, 7% en apprentissage et 4% en lycée agricole. Sur les 1 100 000 jeunes que comptait l’enseignement professionnel l’an dernier, 800 000 étaient lycéens et 300 000 apprentis. Côté établissement, 1700 Lycée professionnels, 970 lycées et 1500 CFA préparent aux diplômes professionnels ! Les principaux acteurs de la voie professionnelle sont d’abord l’Etat à travers le ministère de l’Education Nationale, ensuite la Région, et enfin les partenaires sociaux et les milieux professionnels.

    Le rôle de ces différents acteurs : pour l’Etat, élaborer les référentiels, les règlements des diplômes, les délivrer, recruter et rémunérer les enseignants…pour la Région, c’est établir un plan régional de développement des formations professionnelles (PRDF), construire les lycées…enfin pour les milieux professionnels, c’est essentiellement contribuer à l’élaboration et à la délivrance des diplômes, former les jeunes dans l’entreprise et participer au financement de ces formations par le biais de la taxe d’apprentissage. Comment sont élaborés ces diplômes ? les commissions professionnelles consultatives réunissent ministères concernés et partenaires sociaux au sein de 20 champs d’activité économiques qui se prononcent sur la création, la réforme ou la suppression d’un diplôme  .

    L’offre de formation régionale est construite par les conseils régionaux, non seulement prévoir l’ouverture ou la fermeture de sections, mais aussi s’occuper d’orientation, de la validation des acquis de l’expérience, en lien avec les milieux professionnels pour répondre à la demande sociale de formation et de qualification des entreprises.

    Comment est financé l’enseignement professionnel ? l’état participe à hauteur de 64% (56% pour le MEN), les collectivités territoriales pour 21% et les entreprises pour 6%. D’un autre côté, le financement des CFA est assuré par les régions (55%), les entreprises (42%). Toutes les entreprises sauf les TPE contribuent à la formation professionnelle par le biais de la taxe d’apprentissage, proportionnelle à 0,5% de la masse salariale. 52% de cette taxe est réservée au financement des CFA alors que dans les lycées elle sert à financer des activités complémentaires.

     

    Problème n°1 relevé : les entreprises bénéficient en premier lieu d’une main d’œuvre qualifiée formée par l’Education Nationale. Elle ne participe pourtant qu’à hauteur de 6% à son financement. La moitié de ce financement est consacré à l’apprentissage qui ne délivre que les diplômes les moins qualifiants et ne contribue pas à la mobilité professionnelle des salariés.

    De plus, la taxe d’apprentissage est proportionnelle et donc injuste. La logique voudrait qu’elle soit progressive pour moins peser sur les petites entreprises qui disposent de peu de marge de manœuvre. Symboliquement pourtant, la taxe d’apprentissage doit être relevée : les milieux professionnels disposent d’un quart du pouvoir de décision dans la voie professionnelle, il est normal qu’ils assurent aussi symboliquement le quart du financement !

     

    II/ les diplômes professionnels

     

    Un diplôme est une certification définie par décret. Au niveau V, on retrouve le certificat d’aptitudes professionnelles et le brevet d’études professionnelles qui peuvent être complétées par une mention préparée en un an. Niveau IV, on trouve le bac pro, le brevet professionnel et le brevet des métiers d’arts (plus spécialisé). En 2005, le nombre des candidats préparant ces diplômes était de 184 000 pour le CAP (32% au lycée), 240 000 pour le BEP (83% au lycée), 460 pour le BMA et 26 000 pour le brevet professionnel. Enfin, 110 000 candidats préparaient le bac professionnel dont 72% en lycée. Pour le reste, la préparation s’effectue en apprentissage (42% des CAP) ou dans le cadre de la formation continue.

    Ces diplômes sont classés en 450 spécialités. Les diplômes de niveau III (BTS, DUT, DMA et licence pro) relèvent de l’enseignement supérieur et se préparent le plus souvent après un bac technologique ou général. Observons plus en détail chaque diplôme : le CAP permet de devenir employé ou ouvrier qualifié, il prépare à une insertion professionnelle immédiate avec 200 spécialités dans les métiers de bouche, le bâtiment ou la réparation automobile, les apprentis sont majoritaires.

    Le brevet d’études professionnelles est majoritairement préparé sous statut scolaire. Il est suivi dans42% des cas d’une poursuite d’études en bac pro et dans 13% des cas d’une poursuite scolaire en bac technologique (à travers une première d’insertion). Avec 40 spécialités, le BEP donne des exigences technologiques plus élevées dans un champ professionnel plus large.  Il est menacé par le bac pro en 3 ans. La mention complémentaire propose une meilleure adaptabilité à des emplois précis mais les effectifs restent modestes.

    Le bac professionnel permet à ses titulaires de devenir techniciens ou ouvriers hautement qualifiés avec une bonne culture générale et des méthodes de travail moderne dans des secteurs variés et parfois très spécifiques (ex. horlogerie),  il vise l’insertion professionnelle directe. 37% de ses lauréats poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur mais échouent souvent à l’université alors que 62% de ses lauréats ne parviennent pas à la fin de leur BTS. Le brevet professionnel est un diplôme de métier qui ne permet pas l’accès à l’enseignement supérieur et nécessite un contrat de travail tandis que le Brevet des métiers d’arts et ses 13 spécialités vise à promouvoir l’innovation et à transmettre des techniques traditionnelles.

    L’enseignement professionnel prépare aussi au rôle de citoyen notamment par ses disciplines générales. Les lycéens bénéficient d’enseignements disciplinaires, pluridisciplinaires, d’une aide individualisée ou encore d’un enseignement professionnel théorique et pratique (compétences, savoir-faire) complétés par une activité de projet dans le cadre du projet pluridisciplinaire à caractère professionnel (réalisation d’un produit) pour développer l’initiative et le travail de recherche. Les périodes de formation en entreprise sont importantes (jusqu’à 16 semaines en CAP, 8 semaines en BEP, 18 semaines ne bac pro), l’enseignement général correspond à un tiers des horaires en CAP, 40% en BEP et en bac pro.

     

    Problème relevé n°2 : On peut difficilement revenir de l’enseignement professionnel. On prépare peu au retour vers l’enseignement technologique après le BEP, tant au lycée pro qu’au lycée général où les modules d’accompagnement et de soutien pour rattraper les retards dans les matières générales sont seulement facultatifs. Pour que l’orientation reste un choix, un accompagnement massif vers la première d’insertion doit être rassurée, notamment pour des collégiens en déshérence qui se revenus à la surface en lycée pro. De la même manière, les bacheliers professionnels doivent être accompagnés quand ils souhaitent intégrer l’enseignement supérieur : une vraie information sur les débouchés et le contenu des formations générales, la priorité à l’accès aux BTS et aux IUT ainsi qu’une aide individualisée pour acquérir la méthodologie universitaire.

     

    III/ L’apprentissage

     

    L’apprentissage est une formation alternée dans laquelle l’entreprise joue le premier rôle : 75% du temps de formation, sous la responsabilité d’un maitre d’apprentissage, tandis que les enseignements disciplinaires restent assurés par les CFA. La formation en entreprise est primordiale dans la formation du CFA tandis que des outils de communication sont développés entre les deux : fiche de navette, d’observation…

    Les efforts du gouvernement actuel se concentrent sur la diversité des voies de préparation (développement de l’apprentissage), sur la découverte des métiers au collège (qui comme option ne constitue qu’une pré-orientation !) ou encore à travers un accompagnement des jeunes en difficulté scolaire ou sociale affirmé mais qui ne bénéficie pas de moyens à la hauteur des objectifs européens : passer de 17% des jeunes de 20/24 ans qui sortent du système éducatif sans qualification à 10% d’ici 2010 !

    L’aide aux poursuites d’études fait partie de ces objectifs à travers le soutien en première technologique ou encore en BTS (aménagement de la première année), ainsi que l’adaptation de la durée des formations (bac pro en 3 ans) qui fait débat et devrait être généralisée à la rentrée 2009 après une expérimentation à grande échelle. Renforcer l’attractivité des filières professionnelles à travers le label de lycée des métiers, accordé à 19% des LEP n’est pour l’instant qu’un slogan.

    Concernant l’apprentissage, le taux d’emploi des lauréats 7 mois après l’obtention du diplôme varie selon les domaines et les niveaux ! en agriculture 59% des CAP, 68% des BEP et 76% des bacs pro ont obtenu un emploi, dans le bâtiment c’est 77%, 70% et 89%, dans l’électronique c’est 72%, 65% et 86% tandis que dans la vente c’est 47%, 54% et 74% et 57%, 66% et 83% dans l’hôtellerie et le tourisme.

    Concernant le débat apprentissage/enseignement professionnel, le gouvernement veut montrer à travers ce rapport que l’apprentissage est plus favorable à l’insertion professionnelle. Globalement on remarque que les 3/4 des apprentis ont été recrutés après leur sortie d’apprentissage (54% CDI 22% CDD  10% intérim) avec une proportion plus importante d’emplois aidés et d’intérim, en proportion, pour les lycéens. Ces chiffres varient aussi en fonction des régions : insertion professionnelle difficile dans le Nord, en Languedoc Roussillon, dans les DOM TOM, et plus facile (très supérieurs à la moyenne nationale) dans l’Ouest (Bretagne, pays de la Loire), ou  à l’est (alsace, franche comté, et surtout Rhône-Alpes). On remarque aussi que les filles sont plus touchées par les CDD (36% !) alors qu’elles travaillent dans un domaine tertiaire dont c’est la spécialité alors que les garçons se retrouvent souvent en intérim (23% !) dans le domaine de l’industrie et du bâtiment. 78% des sortants des formations tertiaires sont des filles contre 5% dans la réparation automobile. Les filières professionnelles, à part dans le domaine de la banque, des assurances, de l’industrie agro-alimentaire, sont donc peu mixtes !

     

    Problème relevé n°3 : l’enseignement professionnel a pour avantage le déroulement de la scolarité dans un environnement où les passerelles vers l’enseignement technologique ou même vers l’enseignement supérieur existent même si elles ne sont pas toujours utilisées. L’apprentissage donne une bonne connaissance de l’entreprise mais elle concerne souvent des champs professionnels trop étroits ce qui handicape quelque part la mobilité professionnelle du salarié au cours de sa carrière. Le lycéen du LP est un lycéen comme un autre qui peut participer au conseil de la vie lycéenne, est formé à son rôle de citoyen, a une bonne culture générale tandis que le projet personnalisé lui donne le même accès à l’autonomie que les TPE au lycée général. Ce n’est pas le cas, forcément, au CFA.