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enseignement - Page 5

  • Et l'élève dans tout ca?

    557141619.jpgNon parce que les malheurs du prof de banlieue ca va un moment mais l'élève dans tout ca? il a une vie facile? pas tant que ca. je vois pas de l'intérieur et mes souvenirs sont périmés. mais je découvre, j'apprends, je comprends et bientôt je m'interesserais surement plus à la psychologie...

    parce que moi et mes élèves on a pas le meme but. les miens vous les connaissez à peu pres: compétences et connaissances pour s'insérer dans la société à rentrer avec un entonnoir dans le cerveau des élèves, capacité à comprendre le monde actuel par l'histoire géo...mais l'élève n'est pas du tout concerné par ses enjeux là!!! l'élève n'est pas un étudiant. il n'a pas choisi d'être là, il est obligé. par la société, par ses parents, par les profs, par les pions. l'école, c'est aussi le premier pas dans la société.

    l'élève ne vient pas en cours pour apprendre. c'est un lieu convivial avant tout, sourire, pitreries et dragouille alimentent honnêtement une heure de cours. les élèves ne font pas plus attention naturellement au cours que les Romains qui allaient au colisée. c'est pourquoi l'enseignant déploie des trésors d'ingéniosité pour varier les rythmes, solliciter la participation ou réveiller les réfractaires mais ce n'est pas l'objet de cette note.

    L'élève s'est levé tôt, il n'a pas assez dormi , il est embruné et il déjeune mal. d'où le milieu de matinée difficile. il est assis peu confortablement sur une chaise en bois peu ergonomique dont le dossier est trop raide (d'où balancement où affalement). l'élève mange souvent des frites à la cantine et sa digestion est maussade. l'élève est très excité par des récréations rares dont il profite à fond pour se défouler. aujourd'hui encore, une élève de quatrieme sympathique me faisait remarquer qu'aux etats unis les eleves avaient le droit de se defouler pendant 5 mn avant l'entrée en classe. à quoi je lui ai repondu qu'au japon elle avait aussi droit à l'exercice de type militaire dans la cour. ce qui l'enchantait tres peu.

    l'élève vit dans un environnement bruyant et stressant. il arrive au college avec un balladeur mp3 vissé sur ses oreilles, qui l'isole du monde et lui fait penser à autre chose  qu'à ses boutons, son appareil dentaire, sa petite amie et ses vêtements pas assez spécieux. il travaille mal à la maison, joue avant de faire ses devoirs et les quitte tres tôt pour regarder la télé. le soir, entre msn et skyblog, peu de temps pour lire et se détendre. je le sais, j'en ai parlé en vie de classe avec mes sixieme, ils se couchent tres tard!

    certains élèves sortent du lot. fils de cadres, fils de profs, de professions libérales, ils doivent se coucher tot, font les devoirs dans leur chambre, voient leur agenda vérifié, doivent des comptes à leurs parents, recoivent des livres pour noel, ne sortent pas s'ils sont maquillés outrageusement. leurs parents viennent aux rencontres parents profs et demandent un rdv au moindre mot dans le carnet. j'annonce solennellement à ces élèves qu'ils iront pour deux tiers en bac S, pour un tiers en prépa et en école d'ingénieur. toutes mes félicitations. Vive la reproduction sociale. La solution? lisez "Brave new world".

    et quid de la psychologie? l'élève du collège est un adolescent. il refuse l'autorité qui lui semble illégitime, veut du respect. il ne supporte pas les ordres. il est dans un environnement compétitif où il doit se faire remarquer pour plaire. l'insolence est assez quotée. l'élève du collège, vous le perdez en l'humiliant, vous le perdez en le méprisant, vous le perdez en l'ignorant. vous le gagnez en lui montrant votre intérêt, vous le gagnez en faisant attention à lui, en discutant ses exercices, en discutant calmement de son comportement et en lui montrant tout l'intérêt que vous lui portez. Pas en étant son pote, en étant son tuteur, en montrant une possibilité de traitement individuel. l'élève motivé qui se sent considéré va se mettre à participer, à travailler. il ne travaille toujours pas pour lui. peut-être pour ses parents. mais c'est dur à croire, il travaille pour vous...Noter ses résultats s'ils sont mauvais c'est le perdre, il baissera les bras. noter la progression et la survaloriser c'est le rendre euphorique. l'élève se déchaine, il prend même gout au cours et au savoir. ce n'est pas un rêve, c'est une réalité!

    l'élève dit en difficulté peut avoir décrocher. des savoirs fondamentaux ignorés l'empechent d'avancer, il stagne et s'enfonce dans l'échec. l'élève dit perturbateur trouve plus facile de se faire remarquer par l'insolence. il n'aime pas les profs qui le renvoient à son échec. l'école n'est pas un espoir pour lui. c'est une institution qui n'a pas tenu sa promesse millénaire. il lui en veut et il le fait payer quelque part à ses premiers représentants, les profs...

     

  • inspection réussie, rencontre parents profs passée, fin de l'insomnie?

    1461707431.gifJe sais pas.

    d'un côté j'ai fait une excellente inspection. ca commencait évidemment tres mal: j'avais pas dormi de la nuit, le dernier cours avait été intenable, et le pire...c'est quand j'arrive à mon établissement et qu'on m'annonce que mon inspection est annulée car je dois amener mes élèves voir une expo. On m'annonce par ailleurs que toutes les 10 mn les élèves se relaieront pendant mon cours pour passer des oraux. je pete un cable, je cours dans la cour, je remue le college et soutenu par mes pairs et une PA exemplaire je fais annuler ce parcours inédit. il est 8h30 et l'inspection doit avoir lieu à 10h30. je suis en nage, tremblant, j'ai déjà bu trois cafés et je la sens mal.

    arrive 10h30, la PA vient dans la classe. entrée dans le calme des troisiemes fourbes. blousons OUT élèves DOWN en 5 mn c'est déjà merveilleux. document d'accroche, premier document, deuxieme document, trace écrite autonome, tout s'enchaine magnifiquement, participation massive des cancres et bien gérée, je dessine la mondialisation avec ma classe. Ceux qui m'ont snobé, insulté, méprisé, moqué se déchainent enfin pour tout faire oublier et je n'oublierai pas. je ne peux pas expliquer à quel point ca fait du bien moralement. je me suis senti trahi lors de l'inspection sabotée, trahi par des élèves que j'aime et pour qui je me tue littéralement à la tâche. Tout est effacé, dommage que mon remplacement finisse dans 2 semaines apres 6 mois de guerre des tranchées!

    un cours réussi qui fait aimer la vie. entretien avec l'inspectrice: "bonne gestion du début du cours et de la prise de parole, aisance à l'oral, bonne gestuelle, bon questionnement et bonne diversité des documents et du cours, tout est au top"...sauf les notions que je décortique pas assez! Encore un café et c'est reparti pour mettre en place mon cours en groupes sur la presse (d'un côté une table analyse d'un journal, d"autre coté un atelier études des unes pour un jour donné). comme sur des roulettes, c'est la quatrieme sympathique. Juste apres, je mene bataille avec la 3eme affreuse pour arriver au bout des 30 glorieuses et du choc pétrolier. j'ai du mal, je m'entends à peine parler, entre la tondeuse à gazon, la cour et les classes d'à côté où les profs gueulent c'est sympathique...

    enfin de suite apres sans pause (c'est 17h) j'enchaine sur 3 heures de rencontres parents profs. une parent d'élèves m'agresse presque parce qu'elle est pas d'accord avec ma synthese de PP tandis que sa fille part en pleurant dans le couloir. une autre me dit que j'ai fait aimer l"histoire à sa fille. un autre tapote la tête de son fils qui a eu les felicitations. une autre est dépassée par un fils insolent qui n'a pas envie qu'elle soit fiere de lui. c'est dommage.

    est ce que pour autant je dormirais? j'ai toujours un weekend de formation à préparer (pour la grasse matinée c'est rapé jusqu'au mois prochain, une université permanente ce week-end, une vie sentimentale compliquée (je pense à qqn). Donc on verra bien!

  • Ma vie sur l'estrade 5: des cris, des joies, des rapports

    823601822.jpgalors que la nappe grisatre et sale qui me sert de ciel dans cette sorte de lugubre contrée qui me sert de région plane tenacement sur ma voiture en y jettant sournoisement des trombes d'eau (on peut dire alors qu'il pleut aussi) je regarde fixement la route, me détendant autant qu'il est possible dans une ford fiesta. je suis vidé, cette fatigue est positive, j'ai été au bout de mes capacités, la semaine est finie. bien finie? oui.

    elle a pourtant mal commencé.

    8h30 une élève de la troisième fourbe telephone devant moi, je la réprimande, elle me dit alors en me tutoyant "tu crois que tu vas me parler comme ca? tu te la petes parce que t'es prof" et se lance vers moi pour me reprendre le carnet. j'avoue j'ai chaud. je crois qu'on ne la reverra pas. Encore une de perdue. ce qui ne nous empêche pas de commencer le cours sur l'entrée dans la société de consommation.

    9h30, les 6eme sympathiques sont au taquet: je circule dans les rangs en proposant des feuilles A4 épisodes de la vie d'un certain caius Julius avec des devinettes qui donnent lieu à des oeufs de paques. succès garantit, on se rend vite compte qu'il s'agit de jules césar.

    11h30: la quatrieme boudeuse. on se met rapidement au travail sur la presse: pendant que la classe se met au travail sur un exemplaire de montpellier plus (questionnaire sur la une, les rubriques, les articles) je prends un groupe à part pour étudier le traitement de l'actualité à partir d'un jour donné et les formats des journaux. une exclusion.

    12h30: je montre à mes collegues mon rapport d'inspection. un modele du genre: "la séance se clot alors que les élèves sont invités à regarder une derniere affiche pour répondre à une question qui déclenche immédiatement une avalanche de réponses plus ou moins adéquates ("Pétain! un vieux"!) avant qu'un autre élève qui a écouté quelques indices supplémentaires crie "culte de la personnalité" et soit récompensé par un "jackpot" de la part du professeur" ou encore "les élèves multiplient les remarques incongrues, questions déplacées et autres interruptions sans pour autant marquer d'irrespect vis-à-vis de leur professeur qui leur inspire une indéniable sympathie" ou encore "M.A. ne doit pas se sentir obligé de répondre à toutes les questions, y compris lorsqu'elles manifestent une propension à l'insolence") ou encore "il serait préférable que le professeur s'abstienne de tous propos au second degré à moins d'être certain que toute la classe ait bien saisi qu'il s'agit d'humour".

    15h: caché dans ma salle dans l'entre deux cours pour éviter les cris des fans de 6eme et les bousculades des 4eme sympathique je prépare un texte à trous pour les 4eme sympathiques: des exercices qui aboutissent à la trace écrite avec des gateaux espagnols achetés sur la costa brava en prime! succès encore une fois garantit, un peu trop même on se bat pour les avoir!

    et 16h c'est fini. fini les cris, les larmes et les insultes, finis les sourires plus ou moins retenus. c'est le week-end!!!

  • ma vie sur l'estrade 3: bombe puante, conseil de classe et bonne musique...

    1339910433.gifQuelle journée. Tout commence le matin, sugababes à fond dans la voiture (voir article précédent), il faut bien se mettre la pêche et ca marche plutôt bien. puis les cours, 4 heures de cours, et les conseils de classe. d'abord ma quatrieme boudeuse, assez contente du cours et du travail (géographie de l'Allemagne) et pas trop bavarde (à part deux boudeurs). ensuite, ma sixieme adorable, pas adorable du tout aujourd'hui. beaucoup de difficultés pour se mettre au travail, trop de bavardages, on passe à la trace écrite (le citoyen et l'environnement).

    L'apres midi, c'est la troisième affreuse. ca commence déjà mal, après la récré, le rectangle de ma classe est vide, je pars tout seul. Les élèves me rejoignent au compte goutte et je le fais remarquer vertement aux élèves. un élève exclu il y a 4 mois tente de faire un come back mais ma tête ne doit pas lui revenir il s'en va. il agresse une prof au cours suivant. j'ai eu de la chance.

    La classe rentre. une odeur putride se répand (genre des oeufs pourris). avec son cortège évident de cris et d'adolescents déchainés qui essaient d'établir un bordel général...c'est toujours un cours en moins, vive les boules puantes. évidemment, je ne suis pas un ancien militant de l'UNEF pour rien: je ne bouge pas un cil, leur demande de sortir une feuille, de fermer les fenêtres et la porte (voir le temps des amours de marcel pagnol pour mes inspirateurs). l'épreuve de force s'installe: le chahut continue, je mets 10 mn pour faire sortir à chaque élève, un par un, une feuille et pour lui faire commencer l'activité (notée évidemment sinon pas d'enjeu). Je dois virer évidemment 3 personnes pour arriver à cette fin. 20mn de perdu, le calme s'installe. 15mn avant la fin du cours, on passe évidemment à la correction. certains élèves sont motivés et veulent participer. des perturbateurs ne les laissent pas s'exprimer. là j'avoue que je me sens désemparé. ca prend du temps, mais on arrive au bout. la cloche sonne. je ne laisse sortir personne avant qu'ils aient noté leurs devoirs sur le cahier. et là j'avoue je suis fatigué.

    Une heure apres, les conseils de classe commencent. d'abord ma sixieme adorable. de bons élèves, quelques agités, des élèves motivés, sérieux, agréables. évidemment ca passe vite...une réplique à retenir: "Monsieur A...., est ce que vous pouvez répéter l'appréciation, sans l'accent?". Je suis en effet prof principal. j'ai préparé le conseil avec les élèves: heure de vie de classe, discussion avec les délégués, puis avec les cas particuliers, ceux pour qui je vais demander avertissements ou encouragements. avec les enseignants aussi à qui j'ai fait remplir une feuille de renseignements sur la classe. Avec la CPE pour établir la note de vie de classe. Seul pour synthétiser les remarques de mes collegues. une bonne dizaine d'heures de travail.

    Et enfin le dernier conseil avec ma troisième fourbe. et là c'est l'horreur. une ambiance détestable. avertissements à gogo. personne n'aura l'orientation souhaitée. unanimité sur la désinvolture de ces élèves qui se croient tout permis et méprisent les profs, veulent tous aller en seconde générale. résultat sans doute d'une certaine évolution de la société et de l'éducation parentale. mais bon trêve de niaiseries. toujours est-il qu'à se regarder dans le blanc des yeux avec  des collegues en se demandant qui on allait pouvoir sauver au troisieme trimestre l'ambiance était pas au top. remontés dans la voiture, me revoilà à ecouter sugababes, repassant le portail...et quittant ce college ou tant de choses se passent!