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pedagogie - Page 3

  • vacances d'été? Semaine de 4 jours? Non, il faut repenser les rythmes scolaires!

    rythme-scolaire.gifLes medias, en avril 2010, se sont enfin emparés de la question des rythmes scolaires. Pourtant les grands titres s'interessent uniquement à la décriée semaine de 4 jours ou au raccourcissement des vacances d'été. Nous pouvons traiter cette question autrement. Refonder les rythmes scolaires, en prenant en compte les rythmes de l'enfant et du jeune, en mettant de coté toutes sortes de lobbies, notamment le lobby touristique. Comment?

     

    D'abord en s'appuyant sur des études ou des ressentis sur la fatigue, l'attention plus ou moins soutenue des enfants selon l'heure du cours ou le moment de la semaine. On se rend alors compte que l'attention baisse tout au long de la journée. Il faut donc diversifier et raccourcir la journée scolaire, sortir de la juxtaposition des cours magistraux pour prévoir, comme au collège Clisthène à Bordeaux, des activités de détente, de projet, d'activités associatives, culturelles ou sportives qui cassent la monotonie des écoles. Cette diversification du temps scolaire pourrait aussi passer par la prise en charge totale du temps périéducatif par l'éducation nationale et la fin des devoirs à la maison, fruit de tant d'inégalités sociales, familiales et territoriales. Comment, encore une fois? En augmentant le nombre de jours de l'année scolaire (moins de la moitié de l'année aujourd'hui), en prenant en compte tous les rythmes sociaux et économiques qui ont un lien avec le temps éducatif.

     

    Repenser les temps scolaires, c'est évidemment s'interesser à une nouvelle organisation des cours, au nouveau rôle des enseignants, à l'implication des personnels et des usagers dans cette nouvelle organisation, mais aussi penser au reste: S'il faut raccourcir de quelques semaines les vacances d'été, faut il organiser un zonage pour éviter l'explosion des prix et des flux touristiques au même moment? Quelle place pour les associations d'éducation populaire dans ce nouveau schéma? Qui s'occupe des enfants dont les parents travaillent tard? Toutes ces questions ouvrent de nouveaux chantiers pour la sphère publique!

  • Envie de savoirs

    prof.gifVoire envie de savoirs? Les études me manquent, l'enseignement me manquent, les multiples lectures de ma belle bibliothèque ne suffisent plus à étancher ma curiosité. Chaque période historique que j'effleure me donne envie d'aller plus loin: la réforme avec fortune de France, le XIVème siècle avec Ken Follett, les découvertes scientifiques du XVIIème siècle après ma visite du musée des arts et des métiers...Mais quant à disposer du temps pour recommencer mes études, c'est une autre affaire. J'y pense, j'en parle, mais je ne le ferais pas...

    Je me répète, mais l'enseignement me manque. La vie de prof. Les mille et uns bruits d'un collège, la sonnerie que les gares ne remplacent pas, le brouhaha des élèves que les bouchons du boulevard Ornano ne sauraient compenser, l'animation d'une classe, l'atmosphère du début d'un cours, les mille et une joies de la relation pédagogique qu'une formation MJS ou PS ne sauraient remplacer. Les corrections me manquent peu, ni les levers précoces, c'est l'animation d'une classe qui me manque.

    Avec le recul, je me rends compte de mes insuffisances, je compte bien les corriger avant de reprendre l'enseignement à la rentrée après prochaine. Pas forcément seulement la gestion des classes, même si je n'ai pas pris assez de temps pour prévenir les cas difficiles, par exemple en appellant les parents, mais plutôt mon activité pédagogique. Je me rends compte aujourd'hui que je n'ai pas assez préparé mes séquences pédagogiques. Pas assez de recul disciplinaire en actualisant mes connaissances, notamment pour faire sens, pour m'intégrer dans une démarche pluri-disciplinaire, pas assez de réflexion sur les activités du cours pour mettre en oeuvre une véritable pédagogie de projet, différenciée...j'ai beau jeu maintenant de participer à l'élaboration du projet éducatif du MJS alors que je n'étais pas exemplaire dans mes pratiques...

    Le syndicalisme enseignant me donne du recul sur le système éducatif, sur les programmes et leur méthodologie. Mais quel sentiment d'inutilité! A 26 ans, j'en suis réduit à me remémorer les merveilleux souvenirs de 3 petites années de débutant...De ma première année, je retiens les débats et les cours d'ECJS avec des élèves très éveillés, mais aussi toutes mes difficultés pour faire sens dans mes cours, notamment dans mes introductions d'histoire. C'était le lycée d'Agde. De ma première année de titulaire, en ZEP, à Viry Chatillon, je retiens la douleur, la honte. Douleur quand des élèves attendrissants échouent, honte quand je ne peux rien faire face à des élèves qui décrochent, quand je baisse les bras...douleur, quand une classe ne m'aime pas, me met face à mes faiblesses, en heure de vie de classe, douleur intense et unique. De ma troisième année à Massy, je n'ai que des bons souvenirs. Mes sagaces troisièmes, mes adorables sixièmes, mes studieux premières, mais aussi mes insuffisances de prof militant: la planification incohérente de mon année en troisième, l'échec de mon projet de voyage scolaire en première, et les décrocheurs, mon cauchemar, dont les noms et les visages restent gravés comme le souvenir de mon impuissance. Coralie d'Agde, Mehdi de Massy, Seedjy de Viry, je ne vous oublie pas! Le système scolaire ne vous a laissé aucune chance. Mais on le refondera, quelle que soit l'échéance, quel qu'en soit le coût!

    J'ai envie d'être un meilleur prof, qui prend du temps pour ses cours, pour ses élèves, pour son établissement. J'ai envie d'aider les élèves à progresser à leur rythme, à sortir de l'ornière et à construire leur projet de vie. Le problème c'est que ce n'est pas toujours compatible avec une activité politique, avec un travail de fond sur les questions éducatives. A moi de faire les bons choix, à moi d'apprendre et de réfléchir pour être meilleur sur l'estrade!

  • De Cluny à Meirieu

    Musee-Cluny-Paris-028_fullsize.jpgLe weekend de Pâques n'était pas forcément reposant: Référent pour les questions éducatives au MJS, j'étais invité à ce titre, comme tous les représentants d'organisations participant à la votation lycéenne, pour participer au congrès annuel de l'Union Nationale Lycéenne, l'UNL, première organisation représentative chez les lycéens. Un congrès de pré-adolescents, quelle corvée, diraient certains...Ils auraient tort: l'UNL est une organisation mature (15 ans déjà) animée par des (petits) responsables expérimentés: de nombreux ateliers animaient le congrès (la santé et la démocratie lycéenne pour ma part), mais surtout des plates-formes dont l'une m'a particulièrement émerveillé: celle sur la reproduction sociale où participait, avec des syndicalistes enseignants, Philippe Meirieu. J'ai déjà parlé sur mon blog de ce professeur des sciences de l'éducation de Lyon, candidat pour les verts dans la région Rhone-Alpes en 2010.

    Philippe Meirieu est le représentant d'un vague courant « pédagogiste », non institutionnalisé dans le monde éducatif, qui rassemble les amateurs de nouvelles pratiques pédagogiques qui prônent une refondation totale du système éducatif. Je ne l'avais pourtant jamais vu...ni écouté, alors que je me réclame comme un de ses disciples, et j'ai été bluffé. Philippe Meirieu, ovationné par les militants de l'UNL, s'est exprimé sur tous les sujets, et notamment sur la manière dont les lycéens devaient s'impliquer dans la démocratie scolaire pour décider des horaires d'ouverture du CDI, pour élaborer le règlement intérieur...J'ai tout autant apprécié l'intervention de Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN, qui a explicité le projet d'un lycée modulaire, ou encore Laurent Escure, mon camarade du SE-UNSA, qui a présenté l'appel pour l'école publique qui a déjà recueilli 120 000 signatures...on a rarement vu autant dans l'histoire des pétitions!

    Aujourd'hui, je profite d'un petit jour de congé. Je suis au bar St André, place St Michel, ancien lieu des réunions du CCR, j'ai fini mes kits, j'ai fini le 14ème épisode de mon petit roman historique, je peux maintenant libérer mes pensées...et mes souvenirs accumulés, une heure auparavant, au musée national du moyen-âge de Cluny!

    Ce musée est situé tout près, dans les anciens thermes romains qui sont devenus un monastère de l'ordre de Cluny (créé en Bourgogne en 909), au coin de la rue Saint Jacques. J'y ai vu des ciboires, des reliquaires, des retables, des statues, ou encore des épées, des peignes et des sceaux. Je me suis imprégné d'une époque religieuse où la vie sur terre n'était sensée être qu'un passage, où les églises rythmaient la vie et la journée, où les hommes n'étaient pas égaux...(enfin moins qu'aujourd'hui). A chaque vitrine, j'ai fait l'effort de tirer le maximum de chaque pièce entrevue, en les remettant dans leur contexte, avec un peu d'imagination, mais aussi en m'imaginant comment j'aurais pu les utiliser en cours...je l'ai déjà dit, je ne fais plus de cours, et ca me manque. Je me suis aussi dit qu'être conservateur, archiviste, c'était organiser un magnifique écrin pour cet inventaire hétéroclite, encore fallait-il donner un sens à ces objets...en étant prof? Universitaire? Chercheur? Tous ces métiers m'attirent, il me faudrait plusieurs vies...

  • Exégèse du nouveau programme d'histoire-géo de seconde

           histoire_geo.jpg   Le nouveau programme de seconde du lycée général et technologique a été élaboré à la fois dans le cadre de la réforme du lycée, et à la suite du socle commun de connaissances et de compétences défini pour le collège. Ce programme change de paradigme par rapport à ceux de 2002, au moins en partie: en histoire, plutôt que les héritages du monde contemporain, on s'intéresse aux « européens dans l'histoire du monde ». Certains aspects du programme demeurent, telles que la citoyenneté athénienne, d'autres réapparaissent, avec la citoyenneté romaine, d'autres disparaissent, telles que les civilisations méditerranéennes au XIIème siècle ou la naissance du christianisme. Deux aspects méthodologiques sont particulièrement développés: l'utilisation des outils numériques et l'histoire de l'art.
              Ces programmes ne sont pas très novateurs dans la mesure où la forme savoirs/méthodes demeure et où aucun dispositif interdisciplinaire n'est prévu, par exemple autour de l'eau (alors que SVT et physique-chimie y consacrent une large part en seconde), ou autour de l'Antiquité (avec les langues anciennes) à part en quelques lignes dans la partie « géographie ». La place de l'histoire des femmes, à peine évoquée en une phrase, n'est pas plus revalorisée que dans le programme de 2002 où l'on conseillait de les évoquer à travers la révolution française alors qu'elle mériterait de devenir enfin un axe transversal du programme au moins en seconde alors que le programme d'ECJS s'intéresse à cette problématique d'égalité des genres. Ce programme conjugue assez bien son objectif de jouer entre le temps long et le temps court (chrétienté médiévale sur plusieurs siècles et révolution française sur quelques années) ou de faire découvrir les mondes perdus (ex. la cité précolombienne) ou encore d'élargir l'histoire enseignée à toutes ses facettes (histoire sociale avec le monde rural au moyen âge, culturelle avec le rôle des éditeurs, religieuse avec la réforme, scientifique avec la machine à vapeur...).

              Cet enseignement problématisé perd un peu de sa cohérence en histoire (l'étude de la cité interdite de Pekin semble assez incongrue), mais permet d'étudier des thèmes nouveaux (Istambul, les migrations européennes du XIXème siècle). Côté géographie, l'objectif de parité avec l'histoire est réaffirmé mais rendu difficile par la nouveauté et la complexité des thèmes étudiés en histoire sans continuité historique, dans des espaces différents. Le programme de géographie change à la marge tout en gardant l'intégralité des anciens thèmes (population, risques, alimentation, eau, villes). Ces grandes thématiques sont juste reformulées (les villes durables) ou enrichies (ex. les mondes arctiques, les enjeux énergétiques). Au final, malgré le choix proposé de deux thèmes sur trois, ce programme semble rester lourd, et perd même dans ses ambitions pédagogiques: l'utilisation des études de cas n'est étudié que dans le dernier paragraphe des approches d'un programme sensé tourner autour de « sociétés et développement durable ». De la même manière, les inégalités de développement sont occultées alors qu'elles constituent un enjeu lourd dans la perspective du développement durable de la planète. Elles sont évoquées en quelques mots dans le même dernier paragraphe.
    Au final, ces nouveaux programmes, sensés formés un tronc commun pour le nouveau lycée général et technologique, n'est modifié qu'à la margen dans un sens toutefois intéressant (nouvelles thématiques) mais parfois incohérent. Le programme est aussi lourd, mais laisse plus de place à la liberté pédagogique réaffirmée dans l' esprit (choix d'une partie plus importante que d'habitude du programme par l'enseignant) que dans le texte. Ce nouveau programme est décevant du point de vue des méthodes: contextualiser, former l'esprit critique sont de bonnes choses mais on attendait mieux, au moins un progrès dans la définition des compétences attendues où l'on s'interesse uniquement à l'objectif de long terme du ministère (les nouvelles technologies) où l'utilisation de tableaux numériques est évoquée (cela sera t'il possible partout?) ou encore pour l'histoire des arts (lubie présidentielle?) présentée à travers la primauté accordée à l'étude des sources.