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politique - Page 8

  • Féria de Béziers: une fête pour les riches?

    02892610.jpgLa section du parti socialiste Béziers 2ème canton dénonce l'évolution de la féria de Béziers. Cet événement important de la vie festive biterroise doit rester un moment convivial où les familles et les amis se retrouvent, alors que la droite municipale la transforme en événement essentiellement commercial et publicitaire. Les bodegas privées ont la part belle, et les élus de gauche ne sont pas invités à celles de la mairie. Quel sectarisme! Le parti socialiste Béziers 2ème canton regrette qu'une féria à deux vitesses s'installe et demande l'interdiction des bodegas privées. La féria doit rester un moment de partage, où toutes les générations, toutes les catégories sociales font la fête ensemble!

    D'autre part, la féria de Béziers doit être réinventée: pour les socialistes, la place des villes jumelles ne peut se limiter à une unique bodega, les vins locaux doivent être mis au centre de la féria, sur le modèle du « weinsdorf » de Heilbronn, et le centre-ville doit être réinvesti. La programmation, qui n'a pas bougé depuis des années, mériterait plus d'inventivité et plus de place pour les groupes locaux. La féria mérite une autre politique publique en matière de santé et d'hébergement: transformer les écoles en auberges de jeunesse, mettre en place une prévention aux risques liés à l'alcool et au cannabis au volant pourraient en être les premiers éléments. Les socialistes sont force de propositions: nous sommes ambitieux pour la féria de Béziers!

  • Avec Latouche, je décrois!

     decroissance.gifProfesseur d'université, Serge Latouche est le chantre d'un concept, la décroissance, qui remet en cause la croissance économique, ses critères, ses objectifs, ses conséquences. Ce "traité pour une décroissance sereine" (2007) est son troisième ouvrage, après "survivre au développement" et "le pari de la décroissance", à ce sujet, qui fait débat au sein de la gauche. Face à la crise sociale, politique, environnementale, et évidemment économique portée en germe par le capitalisme, le développement durable suffit-il pour sauver la planète? La définition de nouveaux critères pour définir la croissance suffira t'elle à assurer l'essor d'un nouveau modèle de développement? Le choix que font les partisans de la décroissance va plus loin: changer profondément les modes de production et de consommation, revoir de fond en comble les valeurs portées par la société! Vaste programme, disent certains qui dénonceront cette lubie moyen-ageuse qui nous ramenerait à la bougie et aux charettes, ou, ce qui est plus pertinent, équivaudrait à expliquer aux pays du sud qu'ils n'ont pas le droit d'accéder au niveau de vie des pays du nord.

    Ils en ont le droit, mais la Terre n'en est pas capable, puisqu'il faudrait 9 planètes et leurs ressources pour permettre aux 7 milliards de terriens d'accéder au niveau de vie des Américains. Alors que faire? Le but pour la gauche, c'est de décortiquer ce concept, de s'approprier ses arguments, et surtout d'en enrichir le débouché politique en repensant la notion de développement, en donnant un contenu à la société solidaire qui se substituerait à la société de consommation.

    Quels sont les ressorts de la société actuelle tel que Latouche les décrit en s'appuyant sur Baudrillard, Gorz et Kempf? l'addiction à la croissance à travers "la publicité, qui crée le désir de consommer, le crédit qui en donne les moyens, et l'obsolescence(...) qui en renouvelle la nécessité". Latouche définit l'ennemi numero 1, la publicité, deuxième budget du monde (après l'armement) avec 500 milliards dépensés chaque année pour envahir tant l'espace privé que l'espace public.

    Latouche définit d'ailleurs les 9 R qui permettront de passer de la société de consommation à une "société conviviale": "réévaluer" pour que l'homme soit plus un jardinier de la nature que son prédateur, en changeant les valeurs de la société. "Reconceptualiser"  ou encore "restructurer" est plus interessant: quelle reconversion de l'appareil productif au service des nouvelles valeurs de la société conviviale? Un exemple concret est proposé: transformer les moteurs de voiture en récupérateur d'énergie. L'auteur propose de redistribuer les richesses entre les générations, entre les classes, et surtout entre les continents et aborde la problématique essentielle de la dette écologique. Il veut "Relocaliser", "réduire" en indiquant un nombre marquant: 80% des biens produits ne sont utilisés qu'une fois. L'auteur évoque aussi la question du recyclage, notamment à travers l'exemple vertueux de l'entreprise Xerox qui recycle tous les composants usagers.

     Certains aspects du discours de Latouche sont plus discutables: Doit-on empêcher les gens de voyager alors que la majorité des Francais, par exemple, sont exclus du droit aux vacances? Doit-on organiser les décisions et la relocalisation des activités autour de bio-régions de proximité (p72) qui semblent occulter le rôle nécessaire des états, des organisations continentales et internationales, pour organiser la société...au profit du projet des "communes" cher aux anarchistes! La définition de "besoins acceptables" (p86) ne va t'elle pas à l'encontre des libertés individuelles? L'auteur en est conscient, puisqu'il dénonce le danger d'une solution "autoritaire" à la crise écologique.

    Pour autant, au delà de ces questions nécessaires, l'auteur propose des moyens pour mettre en oeuvre cette "utopie concrète", comme il qualifie la décroissance. Il explique, à travers l'exemple des Etats-Unis en 1942, que la reconversion rapide d'une économie nationale est possible. Il démontre que des nouveaux secteurs d'emploi apparaitraient pour économiser l'énergie, isoler les logements, pour le recyclage ou la reforestation. Il propose de pénaliser les dépenses de publicité, de taxer le travail des machines, mais ne parle à aucun moment de la question libre-échange/protectionnisme. Il dessine une société du temps libéré où le loisir, libéré de la consommation, permettrait à tous de créer, d'échanger, d'agir comme citoyen, et serait tout aussi considéré qu'un travail de plus en plus aliénant.

    En conclusion, le chantre de la décroissance a le mérite de la clarté: il ne s'accomode ni du capitalisme...ni du développement, et notamment de son nouveau modèle porté par les socialistes. L'auteur, avec les systèmes d'échange mutuel, la monnaie de service, l'autoproduction, remet en cause l'économie, tout simplement. Comme socialistes, nous pouvons nous retrouver dans l'analyse d'un monde, d'une économie, d'une société qui marche sur la tête. Nous pouvons nous inspirer de propositions fortes pour restructurer l'économie et repenser la société à travers une nouvelle politique du temps. Mais en centrant tant notre analyse que nos propositions sur une puissance publique qui organise et régule ce monde, nous nous éloignons du chemin des décroissants. Reste, avec eux, à développer des aspects encore trop flous de cet ouvrage: Au delà de la dette écologique, quel avenir pour les suds? Si la croissance est néfaste, si le développement est discutable, alors quelle évolution pour la société du temps libéré?

  • Conseil municipal de Béziers: les acrobaties de Monsieur Couderc

    image_62028975.jpgCommuniqué de presse - Parti socialiste Béziers 2

    Le dernier conseil municipal de Béziers a permis au maire UMP de multiplier les acrobaties politiques et verbales. Acrobaties politiques d'abord, quand la droite biterroise ose présenter un schéma de développement durable quand elle mène une politique de déplacement basée sur le "tout-voiture", et compte sauver le centre-ville avec une heure de stationnement gratuite et deux emplois précaires...

    La section Béziers 2 regrette et dénonce en revanche des dérapages verbaux inexcusables qui menacent la démocratie municipale: Comment M.Couderc peut-il faire des comparaisons entre les remarques d'un élu de la gauche et les politiques menées dans une dictature sanguinaire, la Corée du nord? Comment peut-il insulter l'élu socialiste Pierre Callamand "vous avez des difficultés dans vos neurones" quand celui-ci dénonce la politique urbanistique de la droite biterroise?

    Les socialistes ne sont pas convaincus quand le maire de Béziers nie tout étalement urbain tout en faisant voter l'extension de nouveaux quartiers (Courondelle, Fonseranes), ni quand il indique être "écolo depuis 40 ans" tout en refusant d'introduire plus de bio dans les cantines scolaires. Toutes ces incohérences renforcent l'aspect d'affolement général de la droite biterroise depuis sa défaite aux élections régionales.

  • La nuit, un nouvel espace de politique urbaine

    M4403.jpgLa nuit, plusieurs villes se détachent: la ville qui dort, la ville qui travaille, la ville qui s'amuse. Toute politique publique de gauche doit pouvoir prendre en compte ces trois aspects pour réduire les inégalités sociales et territoriales, et concilier à la fois le droit à faire la fête, dans la droite ligne de la contribution d'AJS, le droit à la tranquillité publique, et l'accès à des services publics de qualité. Au moyen-âge et dans les temps modernes, la nuit était un espace de non-droit, un coupe-gorge bien étudié par Jean Verdon dans « la nuit au moyen-âge ». L'éclairage, du XVIIIème au XIXème siècle, de nouveaux moyens de déplacements, au Xxème siècle, ont révolutionné la vie nocturne en ville (pour une approche historique plus complète, voir http://www.telerama.fr/monde/23454-la_nuit_dans_histoire.php) . Qu'en est-il du XXIème siècle, alors qu'en 100 ans nous avons perdu 1h30 de sommeil? La ville nocturne est le réceptacle de tensions sociales et économiques majeures, surtout dans les métropoles. Elle déconcerte l'être humain qui fonde à 80% ses perceptions sur la vue. Les rythmes du travail changent, une partie plus importante de la population doit travailler la nuit. Les conflits entre riverains et festifs font la une de la presse régionale, alors que le débat sur les aperos facebook a été marqué par la peur des débordements émanant des autorités. Alors que faire de la nuit en ville?

    I°) Faut-il préserver la nuit?

    20% des travailleurs ont une activité professionnelle nocturne, tandis que 30% travaillent en horaires décalés. L'économie française de la nuit représente 2,5 milliards d'euros. Gabriel Smadja, étudiant à l'IUP de Grenoble, a fait en juin 2009 une étude très complète sur les activités nocturnes et les moyens de les réguler. Comme Gabriel l'indique (http://www.espacedestemps.grandlyon.com/_Diagnostiquer/doc/Lanuiturbaineordinaire_1.pdf ) nous sommes tous des usagers de la nuit, mais quand nous sortons du bar, regrette Gabriel, nous souhaitons dormir tranquille! La vie nocturne est de plus en plus marchandisée, ses services s'étendent, elle devient presque une seconde journée. Faut-il limiter cette expansion? Oui, ou en tout cas faire en sorte que la sphère publique reprenne la main pour concilier les besoins, les attentes des acteurs et des usagers de la nuit. La vie nocturne est un des enjeux majeurs des politiques temporelles initiées dans les années 90 mais encore trop liées à des expériences passionnantes, comme à Rennes. A ce sujet, Gabriel Smadja propose par exemple de prendre en compte cette dimension dans tous les schémas d'aménagement (PDU, SCOT, PLU) et de les mettre en oeuvre dans un schéma d'aménagement nocturne. La question se pose alors du pilotage: comment démocratiser, politiser la gestion politique de la nuit? Il propose pour cela la création de comités consultatifs de la nuit.

    Limiter la nuit, ce n'est peut-être pas réduire l'offre de services (transports, modes de garde, etc.) qui sont au contraire aujourd'hui mal-développés et hors de prix, notamment entre 2h30 et 5h30, le coeur de la nuit, mais plutôt poser la question des rythmes de travail: Ne faudrait-il pas plus taxer le travail de nuit (entre 21h et 6h du matin depuis 2001), fruit de la flexibilisation et de la précarisation marquée, dans les dernières decennies, du travail? Le limiter, dans la mesure où il s'oppose aux rythmes chronobiologiques et diminue l'espérance de vie, où, d'après une étude de la DARES de 2005, il accentue les inégalités entre les hommes, et les femmes, plus concernées?

    II°) Pour l'égalité face à la nuit!

    Comme Gabriel Smadja le relève, la nuit est l'espace de toutes les inégalités: avoir droit à un logement calme, à un mode de garde à coût peu élevé, à un endroit festif pas trop cher, à des déplacements peu onéreux, tout cela n'est pas garanti alors que la sphère privée prend le pas sur la sphère publique dans l'animation de la vie nocturne.

    L'égalité dans la nuit, c'est donc une politique publique! Laquelle? Selon Paul Meyer, conseiller municipal à la vie étudiante à Strasbourg, cela peut prendre de multiples aspects: une tarification sociale concernant notamment les jeunes pour les transports en commun, un éclairage public différencié, des animations de rues, une place accrue pour les terrasses...à Rennes, le maire, Edmond Hervé, auteur d'un rapport sur la politique du temps, a axé sa politique sur la réduction des inégalités: animations de nuit dans les centres socio-culturels, ouverture nocturne des infrastructures sportives...tandis que Paris privilégiait les activités festives (20% du chiffre d'activité de l'économie nocturne) avec un site et un guide dédié à la nuit.

    La gestion publique de la nuit passe donc à la fois par un développement de l'offre en services publics et par des chartes telles que la charte de qualité de la vie nocturne de Strasbourg (http://www.strasbourg.eu/actus/actus?ItemID=442407347) qui permette un travail de collaboration avec le secteur privé. De plus, comme la contribution d'AJS sur la vie festive le relevait, un zonage paraît pertinent pour déterminer les espaces de vie festive et les espaces « tranquilles ». Cette tranquillité publique peut devenir un véritable concept de gauche en matière de sécurité, d'aménagement de l'espace, de gestion des déplacements...