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prof - Page 4

  • manifesto, expresso, au bout du rouleau

    300.jpgAujourd'hui, j'ai fini la journée sur les rotules. Une journée VPM, Vitry/Paris/Massy, où je suis passé au syndicat à Paris, au collège et au lycée à Massy. 3 bus, 3 RER, 1 metro, des dizaines de personnes bousculées, des centaines de marches surmontées. Roulement grincant des RER, bruits divers et usants du métro parisien, piaillements aigus de mes chers sixieme, brouhaha braillards des troisieme, cohues des couloirs du college et de la cour du lycée, rien ne m'a été épargné.

    Café après café, heure après heure, la journée s'écoule. De la machine artisanale du syndicat à la luxueuse du collège en passant par la senseo de Vitry, le parfum âcre du café s'élève voluptueusement, jusqu'à la cour, quand la récréation trop courte ne lui laisse pas le temps de refroidir. Mes élèves sont en forme, trop en forme. en troisième, l'appel du 18 juin est lu sans conviction. Affreux pour moi! Mon cours d'aujourd'hui? A/ l'étrange défaite. Ce choix binaire Petain/de Gaulle, le renoncement ou le combat. Le choix de tous les militants, quelque part! En sixieme, le cours sur la bible fait place aux éternels questionnement. et dieu il sert à quoi? et pourquoi il passe par la mer rouge alors qu'il peut passer par la terre? et pourquoi on fait cours sur la bible il est pas laique le collège? et pourquoi on supprime pas les religions? dixit pauline.

    Peu de politique ces temps-ci...mais beaucoup de rendez-vous. Je délegue, je délegue, et je re-délegue!!! Et ma priorité c'est le boulot, notamment ce sacré voyage de section européenne sur les institutions de l'UE à organiser. Quelques passages par Gibert, pour traquer les Parot d'occasion et les histoires de Nicolas Le Floch qui me passionnent (détective du XVIIIème siècle)...et surtout, dans le RER, la lecture du manifesto du PSE, projet du parti socialiste européen pour les élections européennes de 2009. Que de bêtises n'ai-je pas entendu sur le sujet (soit c'est la panacée, soit c'est un ignoble pamphlet ultra-libéral...la vérité doit forcément être plus mitigée!)

    Les élections 2009 du parlement européen vont marquer l'actualité à la marge. elles restent des élections nationales, l'UE est appréhendée à travers des enjeux nationaux, après tout ce n'est qu'une boite à subvention pour politicards à la retraite! Cette année, je l'appréhenderai à la fois à travers mon engagement et à travers un projet pédagogique! passionnant! Le problème c'est qu'on est à peu près tous pour la paix, la prospérité et le progrès. Il doit donc bien y avoir d'autres clivages. Et bien oui, pour la gauche, une union régionale forte telle que l'UE peut être un puissant levier pour réduire les inégalités nord/sud, réguler l'économie mondiale et favoriser la convergence sociale et économique de ses membres. Mais la question des outils se pose. Et le manifesto n'y répond pas forcément. J'espere que les organisations où je milite, en revanche, seront à la hauteur!

    Que dit le PSE? Le manifesto adopté à Madrid en décembre par les chefs des partis socialistes et socio démocrates européens a un slogan: "les citoyens d'abord". Il s'articule autour de 5 axes: relancer l'économie et éviter le retour des crises financières, faire progresser la justice dans la nouvelle europe sociale, mettre l'europe en tête de la lutte contre le changement climatique, parvenir à l'égalité des sexes en Europe, donner à l'Europe une politique d'immigration pour le progrès, faire de l'Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

    Le manifesto fait un bilan du monde actuel et de l'Europe assez classique: recession, flambée des prix, jeu du marché dans l'Europe de droite...il se félicite du traité de Lisbonne, dénonce le chômage qui touche 17M d'européens, la précarité et même la pauvreté qui en touche 78M...Il propose des concepts, le fameux "decent work, decent life", mais l'Economie reste, je le regrette, au centre du projet européen, c'est d'ailleurs le premier item.

    C'est quoi le projet du PSE? Pour l'économie, le PSE se félicite d'un euro protecteur. Merci le SPD. Il exige la transparence du système financier, des obligations pour les fonds propres, la participation des salariés à la gestion des fonds de pension, la lutte contre les paradis fiscaux et le blanchiment d'argent. Rien de bien neuf, rien sur le rapport capital/travail, peu de recul sur la crise financière qui pourrait être le dernier soubresaut du capitalisme financier si encore le socialisme voulait bien porter une société (voire une civilisation?) alternative...Mais l'Europe ne serait pas l'Europe sans la technocratie; le PSE développe donc son projet pour les LGV et la mobilité durable urbaine; et même pour l'énergie. Très bien de penser aux énergies renouvelables, à la sécurité des approvisionnements, et POURQUOI alors ne pas porter le projet de pôle européen public de l'énergie pour définir un cahier des charges des réseaux et de la production énergétique et définir un semblant de politiques énergétiques qui ne se limiterait pas aux déductions fiscales et à la très utile efficacité énergétique (isolation des logements): le PSE sait mettre en avant des concepts délaissés et oh combien pertinent!

    Que propose  le PSE pour une nouvelle Europe sociale et durable? au delà de l'économie de la connaissance, de ses investissements pour l'innovation et la formation, je regrette que le PSE ne fasse que craindre des "clivages sociaux" nuisibles à la "paix sociale", où est l'idéal dans tout ca, on dirait qu'on ne fait que gérer les inégalités sans chercher à les dépasser...le PSE propose des normes sociales pour les politiques de santé et d'éducation (ce qu'on pourrait appeller traité social non?), des clauses de progrès social et environnemental dans toute la législation et les marchés publics de l'UE. Un cadre pour les services publics, voilà de beaux concepts qui mériteraient d'être précisés. C'est peut-être notre boulot! Je vois d'un bon oeil la proposition d'un accord européen sur les salaires; bon des "politiques fiscales" plus justes c'est assez vague! Quid des impots directs, de la progressivité, de la réforme de l'impot des entreprises? Le PSE doit cliver la dessus et ne se mouille pas.

    Faire des transferts technologiques massifs vers les pays du sud pour lutter contre le réchauffement climatique c'est un peu plus intéressant, et le PSE devient plus brillant quand il parle d'objectifs précis pour l'égalité des sexes, l'immigration, la paix...une gouvernance mondiale renforcée qui promeut le multilatéralisme c'est bien, mais est-ce compatible avec un engagement de l'UE dans l'OTAN qui n'est pas remis en cause par le PSE. Parler de partenariats avec ses  voisins au sud à l'est et dans le proche orient c'est bien, mais la convergence économique et sociale me laisse sur ma faim, je vois peu de propositions pour s'occuper des pays déjà adhérents et des inégalités sociales qui sont peu près d'être jugulées, entre pays mais aussi à l'intérieur des pays!

     

  • Education Nationale: En finir avec la discipline napoléonienne!

    prison.gifNous sommes en 2008, et depuis 200 ans, l'éducation nationale; en France, fonctionne sur la base d'une discipline militaire, forgée dans les lycées de Napoléon, où les élèves se réveillaient au son du clairon pour saluer le drapeau. Ces lycées ont forgé des générations d'élites éclairées, qui l'évoquent dans leurs ouvrages, tel Alfred de Musset dans "la confession d'un enfant du siècle". Ces lycées, avec leur censeur qui portait bien son nom, son proviseur innateignable, ses maitres d'études (magnifiés par "le petit chose" d'Alphonse Daudet) et ses professeurs (moqués par Pagnol dans ses "mémoires d'enfance") qui appartenaient à l'Université, étaient à l'époque une institution nationale. Au XXème siècle, ils perdent leur caractère pré-supérieur, au moins pour le statut des enseignants, et surtout leur caractère élitiste, avec la fusion des petites classes du lycées et des classes supérieures de l'école primaire dans les années 30 et 40.

    Nous sommes en 2008, et des grillages bordent les collèges et les lycées. Le CPE a remplacé le censeur, les assistants pédagogiques et les assistants d'éducation ont pris la relève des "pions" et des maitres d'études, tandis que les enseignants descendaient de leur chaire à la faveur de mai 68. Au delà de changements symboliques dans l'architecture des bâtiments, le nom des personnels et le fonctionnement de la classe, rien n'a changé: l'éducation nationale française reste élitiste, par ses filières hiérarchisées et ses pré-acquis socio-culturels dénoncés par Bourdieu, ainsi que par ses méthodes pédagogiques restées magistrales...en effet, le professeur d'histoire, par exemple, DOIT être un brillant orateur qui réveille les chevaliers des croisades, rappelle les manes des Rois de France, initie ses élèves aux mythes historiques et abreuve de connaissances ses attentives ouailles. Sauf que cette image d'Epinal ne résiste pas à l'épreuve d'une heure de classe. Les élèves d'aujourd'hui ne peuvent pas rester une heure, assis inconfortablement, à écouter des histoires.

    Alors cette école inadaptée aux rythmes des enfants et des adolescents, forgée par Napoléon, les vieux républicains de la IIIème république et les réformateurs de la libération, a compensé cette inadaptation par une chose unique en Europe, à part dans les collèges britanniques de l'époqué impériale et encore (relisez Bennett!): Un régime scolaro-carcéral! Les grillages, voire les barbelés qui entourent les établissements symbolisent bien l'ouverture de l'Ecole sur la société, notamment pour les parents. Les autorisations de sortie, les surveillants qui gèrent les "entrées", montrent bien l'engouement des élèves pour l'école, puisqu'on doit disposer des cameras autour des issues pour empêcher leur fuite.

    Parlons maintenant de la gestion de classe. Dans la majorité des pays européens, les enseignants font l'objet d'une formation également disciplinaire et pédagogique. On leur apprend à multiplier les supports pédagogiques, à favoriser le travail individuel, en autonomie, en groupe, les exposés, les débats etc. Les manuels scolaires allemands, par exemple, prévoient ces activités, au fil des pages. Que Nenni, en France, j'ai passé un concours favorisant la sélection des candidats sur des bases universitaires, appris par coeur l'activité consulaire des villes italiennes médiévales, réussi brillamment le CAPES...pour me retrouver 2 ans plus tard à "mal" enseigner des programmes scolaires que je n'ai pas étudié à la fac. "mais c'est à vous de vous former!" me diront les anti-enseignants (CH, spécial dédicace :-P), bien sûr et de la même manière les pilotes d'avion on va les former sur le tas, tout comme les conducteurs de TGV! "Ah non la y aurait des morts!" et ben dans l'éducation c'est pareil, je vous dis pas le taux de pertes...Donc j'enseigne des programmes que j'apprends petit à petit à maitriser, avec des méthodes apprises le mercredi matin à l'IUFM pendant mon stage...en quelques mois. Imaginez la tête des professeurs d'école pédagogiques allemandes quand je leur ai raconté ca...Donc pour résumer là où les enseignants formés appliquent des pédagogies innovantes en faisant travailler les élèves, nous on bricole, chacun dans son coin évidemment, c'est la fameuse "liberté pédagogique à la française"!

    Gestion de classe je disais. Les enseignants français (surtout débutants, j'avoue) passent leurs heures d'enseignement à relever des carnets, donner des punitions, exiger le silence, mettre des heures de colle, poser des contrôles surprises...Combien de temps perdu pour l'apprentissage des connaissances et des compétences??! Alors soit nous sommes face à des petits morveux qui finiront bien par comprendre leur intérêt, soit le système éducatif est débile, inadapté aux rythmes biologiques des enfants, les stratégies d'apprentissage sont ennuyeuses et favorisent la dissipation des enfants...je vous laisse deviner quelle est ma réponse. Bon sans parler de parents irresponsables qui laissent leurs gosses regarder la télé jusqu'à pas d'heure, ce qui ne favorise pas la concentration en classe. "ouais mais on fait comment alors??" me dira t'on. Oh je sais pas moi; on pourrait faire travailler les élèves en autonomie autour d'activités préparées? OK ca va être simple maintenant qu'on a démantelé les IUFM qui auraient pu apprendre aux enseignants à organiser ce type d'actions. On pourrait multiplier les supports pédagogiques; podcast, videoconférence, videoprojecteur, salle internet? Bien sur, avec des dotations financières qui donnent à mon petit collège une salle internet de 15 postes pour 700 élèves et 1 video-proj par étage? Quand les chefs d'établissements français visitent les écoles scandinaves, ils ont honte pour la France!

    "Oui, mais il leur faut de la discipline à ces élèves!" Bien sûr, continuons donc à passer nos cours à crier, employons des milliers de surveillants à bloquer les issues, détruisons des dizaines de milliers d'avenirs d'enfants turbulents...En Allemagne, il n'y a ni CPE ni surveillants, en Finlande les enseignants surveillent les intercours, en Italie, il y a plusieurs maitres par classe à l'école primaire (ou plutôt il y avait; la droite va changer ca il parait). La vie scolaire peut ressembler à autre chose! Les CPE, aujourd'hui, réalisent un travail remarquable à travers la gestion des activités péri-scolaires, la gestion des problèmes individuels et l'animation de l'engagement associatif ou culturel des élèves...ET ON SUPPRIME DES POSTES! Ce n'est pas un code scolaire, qu'il faut M. Darcos, c'est plus de CPE dans les établissements! Ce n'est pas des pions qu'il faut; c'est des assistants pédagogiques, destinés aux métiers d'éducation, qui permettent de multiplier les travaux de groupe!

    Certains militants de gauche, dans les réunions que je fréquente continuent à scander "plus de postes, plus de moyens"; tout comme certains syndicats enseignants. Ils font fausse route. Il faut révolutionner le système éducatif français, changer les méthodes pédagogiques, financer massivement l'équipement matériel des établissements, donner une autonomie démocratique aux établissements pour gérer leurs activités pédagogiques. Finie la classe béate devant l'estrade du prof, voici venu le temps des ateliers pédagogiques où l'enseignant guide des élèves en activité!

  • du Mistral, des étoiles et de la Bible

    Arche_Hebreux.jpgComme tous les ans, Noël est le seul moment où l'on est sûr de me trouver à Béziers. Retour en vacances, après un premier trimestre bien agité. Comme tous les ans, je prends mes marques de professeur et le premier trimestre est toujours un temps d'adaptation où l'on pose les limites comme on dit dans la profession. C'est fait, depuis novembre, le programme est bien jalonné, le moment des remédiations individuelles semble venu. Quelles remédiations seront necessaires? Enrichissement du vocabulaire en section euro et pratique plus soutenue de la langue, organisation des connaissances pour rédiger un paragraphe argumenté et lutte contre la paraphrase en troisieme, la question de l'écriture et des réponses précises et reformulées en sixieme.

    Retour en vacances dans un TGV où évidemment un enfant en bas âge installé sur le siège derrière a hurlé pendant que je corrigeais mes copies (à quand les wagons corpos?). Parfois je me repose et je bosse sur la bible. à la rentrée je commence une nouvelle leçon sur les Hébreux. Finis les climats qui m'ont duré tout le mois de décembre, à moi l'Histoire, et cette leçon fabuleusement difficile à mener. en seconde, j'avais déjà expliqué la naissance du christianisme, comme une secte dévoyée, en sixieme l'an dernier j'expliquais l'histoire d'un peuple en mélangeant copieusement histoire et croyance. Alors cette année, la rigueur est de mise. Le premier qui balance un truc religieux est collé "monsieur pourquoi on fait pas le coran? couillon, c'est en cinquieme, respecte la chronologie!"

    La première rigueur que je me donne pour le second trimestre, c'est introduire mes cours et mes séquences (ma deuxieme concernant les corrections). Une séquence sur "le peuple de la bible, les Hébreux". Alors je vais pas faire un cours de philosophie à mes élèves, évidemment mais il existe des croyances, on l'a vu avec les Egyptiens, concernant un ou des dieux et plus généralement la vie dans un potentiel au delà. Ces croyances, qu'elles nous concernent ou pas sont importantes dans notre vie quotidienne et notre histoire, dans nos paysages (églises, croix), notre temps (dimanche , noel), et notre histoire (pas mal de guerres quand même). Il est intéressant de s'interesser à leur naissance, à leurs textes fondateurs. Mais le boulot de l'historien, c'est de savoir recouper ce texte avec d'autres fragments de l'histoire, des écritures aux traces archéologiques en passant par les témoignages contemporains. Ainsi, il apparait que la Bible est l'histoire d'un peuple et de ses croyances écrit à posteriori, alors que ce même peuple était envahi. Cette histoire comprend la création du monde, l'histoire du périple des Hébreux et de ses rois. Mais ce qui est intéressant aussi c'est de s'interesser à ce document, premier traduit, premier imprimé, qui a fait tant d'histoire et d'histoires. Un texte fondateur pour les 3 grandes religions monothéistes présentes sur tous les continents et rassemblant la moitié de l'humanité au moins.

    Mais c'est noel, un moment de répit! Quelques corrections, les autres préparations attendront janvier! Ici à Béziers, mon souci c'est la Ville, ses affaires et ses histoires, son budget, que je décrypte demain, sa vie politique, que je vais débattre ce soir, et surtout, ce parfum énivrant d'histoire qui coule avec l'Orb, dans les contrebas de la cathédrale St Nazaire, et m'amène à appréhender avec angoisse le verdict des mutations, mi-mars!

  • des icebergs de l'Essonne au goulag parisien

    Iceberg-418x480.jpg19h30...hier, du haut de mon 3ème étage de collège du centre-ville, j'entrevois l'étang de M. à moitié gelé...quand la rencontre parents profs s'achevera, dans 30mn, il faudra marcher dans le froid, attendre pendant 30mn un RER providentiel, s'amuser à fumer la buée...mais pour l'instant, je recois les parents. En sixieme, les appréciations sont affreusement répétitives...il est sage, il participe, il a compris les attentes du collège, il s'investit dans le travail de la classe...je n'ai que des bons élèves alors je fais dans le superlatif pour les très bons...je pouffe de rire devant ces élèves si sages, si bien coiffés, devant leurs parents et si déchainés au collège...Et puis, les cancres existent encore au XXIème siècle...même si on appelle ainsi des enfants qui n'ont pas de livres chez eux, jouent à l'ordi et regardent la télé le soir jusqu'à minuit...à 10 ans...je vous laisse deviner qui est fautif. conséquences: distraction, fatigue, agitation. J'aimerais pouvoir me défouler: ils me gâchent les cours, mais devant ces parents déboussolés et décus, alors que l'Ecole reste le principal pourvoyeur des déceptions et des espoirs familiaux...j'en suis réduit à expliquer que le premier trimestre est un temps d'adaptation, qu'il faut organiser un calendrier de travail, qu'on va suivre le comportement du mioche, chercher ses difficultés...

    FOUTAISES que tout celà, le collège n'est absolument pas organisé pour récupérer les élèves en difficulté ou en échec en sixieme, les cours en petit groupe sont inexistants, la pédagogie différenciée inconnue, le seul suivi existant se rapportant au comportement. Ils vont nous gâcher la vie, n'auront pas de suivi personnalisé et de cours particuliers (réservé aux ZEP), et se traineront péniblement vers les filières pro, perdant au passage toute leur confiance dans leurs propres capacités, faisant le dos rond contre toutes les remarques et tentatives d'intérêt pédagogique.

    Mais j'étais content en quittant le collège, parce que les parents sont quand même assez sympas. Mon flan patissier avalé, je me plongeais dans ma lecture du moment, "le ciel de la kolyma", de evguenia S Guinzbourg, histoire d'une déportée communiste au goulag dans les années 1940. Le froid sibérien me fait oublier les transports en commun, le bus, le RER et le métro bondé, ces gens qui s'accumulent, se bousculent...je suis en Sibérie, il fait -35, autour de moi, des visages burinés, marqués par le "travail réhabilitant" des mines du cercle polaire, des coupes de la taïga...marqués par les gelures d'un froid mordant, les déformations d'une faim poignante, la peur d'un régime totalitaire, des procès de MOSCOU, de la police politique. Ca depayse.

    alors évidemment, moi que l'Etat a envoyé en exil dans un pays froid (aucun lien entre goulag et mutations professionnelles évidemment), ca me touche! Bon en plus le socialisme démocratique c'est assez sympa. J'avoue rédiger un plan d'action tous les mois pour mes différentes orgas et être un fan de la LOLF...passion de planification un peu stalinienne non? le problème c'est qu'on confond communisme soviétique et stalinisme. Sans les excès staliniens, l'histoire de la seconde moitié du XXème siècle aurait pu être différente. Mais se demander ce qu'il se serait passé si la NEP avait continué, c'est refaire l'histoire.

    bon et ces temps ci je fais quoi? Préparer mes séquences de section euro, évidemment. Demain, je boucle mon projet de voyage par Strasbourg/Stuttgart/Saarbrücken. Et évidemment, je bosse sur la veille sociale, principal chantier sous ma responsabilité...Les jeunes socialistes franciliens doivent être de toutes les manifestations, non pas pour se donner bonne conscience mais bien à sa place légitime de débouché politique, qui rencontre les acteurs du mouvement social, élaborent des propositions pour les porter dans les RDV revendicatifs. c'est bien résumé, reste à le faire, et j'ai 6 semaines pour ca. lets go!