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Bloc-notes éducatif - Page 6

  • Mes élèves sont merveilleux

    Pas tous les jours. Ni à toutes les heures d'ailleurs. Mais pourtant, je ne changerais pour rien au monde de métier. Tout ne se passe pas forcément bien, notamment le vendredi après-midi. Et pourtant. Cette classe, qui soupire lourdement alors que ca sonne, un vendredi après-midi à 16h30, tentant de me faire croire qu'ils seraient bien restés, pour parler d'Octave Auguste, et de ses appétits impérialistes. Ces classes, et tous ces tempéraments, ces énergies, ces différences disséminées. L. dont les yeux pétillent dès qu'on parle armée romaine et mythologie. Y. qui a beaucoup de mal dans toutes les matières, mais qui est capable de raconter à l'heure près l'expédition de Guillaume de Nogaret auprès du pape Boniface VIII. Et la baffe, surtout.

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  • Le jeu en classe

    Mes élèves, cette année, sont merveilleux (l'an dernier aussi d'ailleurs, mais les années précédentes...), pour ma première année dans un poste fixe, j'ai de la chance. Quand on a moins à se préoccuper de discipline, forcément, les idées éclatent comme des bulles, tout devient possible.

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  • Les électeurs FN, les plus motivés?

    Qui-sont-les-electeurs-du-FN.jpgAprès le premier tour des élections régionales, l’institut de sondages Harris interactive à sorti 3 enquêtes passionnantes pour comprendre le résultat des dernières échéances électorales : la première, réalisée pour ‘20 minutes’ et très commentée, concernait le vote des 18/30ans. La seconde réalisée pour M6 concernait les réactions à chaud des électeurs après les résultats du premier tour. Enfin une troisième étude, classique, s’intéresse toujours pour M6 aux motivations des électeurs. J’en ressors quelques éléments surprenants sur l’impact de l’actualité , des médias, et plus largement, de la situation de la gauche.


    - Le vote de gauche est fort dans notre pays, mais cette force est fragile : au premier tour les listes de gauche recueillent 37% (Ext et divers gauche comprise) contre moins de 32% pour la droite et plus de 28% pour le Front National. Mais les motivations de ces votes de gauche sont très différents : pour les électeurs du front de gauche la première forme de motivation est un vote d’adhesion. Pour les électeurs EELV il s’agirait d’un vote par défaut (la moins éloignée de ses opinions). Enfin, pour les électeurs PS/PRG il s’agirait d’un vote utile (pas convaincu mais volonté d’accéder au second tour). Pour les électeurs frontistes le vote d’adhésion prend de plus en plus le pas sur le vote de protestation (37% contre 29%).

    - La première motivation des électeurs FN ? la volonté de changement pour 48% de ses électeurs, notamment les plus jeunes, contre 33% qui manifestent leur mécontentement contre les partis de gauche et de droite ; Une motivation puissante qui amène 93% des électeurs FN des présidentielles à choisir le même parti pour les régionales quand les républicains ne rassemblent que 68% des électeurs sarkozistes et le PS que 66% des électeurs de François Hollande aux présidentielles de 2012. Face à cette motivation puissante, les électeurs de gauche sont allés voter car c’est un devoir civique et que c’est important pour la démocratie. Quel enthousiasme.

    - L’Actualité a-t-elle un impact sur le vote ? tout d’abord les français n’ont voté en premier ni pour des projets concrets (75% des réponses tout de même) ni pour la personnalité des candidats (59%) mais bien pour une étiquette politique (80%). Ce qui est important, la politique n’est pas si personnifiée que cela. En revanche 29% des électeurs FN ont fait le choix d’aller voter du fait des attentats terroristes et 29% des électeurs PS/PRG ont pris la décision d’aller voter du fait du danger de voir le FN prendre la tête d’une région.

    - Paradoxe concernant les électeurs inscrits (abstentionnistes et électeurs), ils sont 37% à souhaiter la victoire de la gauche mais seulement 28% à anticiper une victoire aux régionales : la gauche est défaitiste ! Concernant les abstentionnistes, ils donnent comme raison de leur comportement électoral à 39% la defiance par rapport aux responsables politiques, à 26% le manque d’intêret pour ces échéances et à 24% l’impression que ce vote ne va pas changer leur vie. Si le 2eme et le 3ème résultat semblent mériter des argumentaires sur des réalisations politiques concrètes, la dernière est aussi à mettre en lien avec une motivation plus fréquente chez les électeurs FN que chez les autres : voter en fonction de sa situation personnelle actuelle comme 78% des électeurs FN contre 65% pour le reste de la population.

    Ces sondages mériteraient des analyses complexes tout comme d’autres qui précisent les sujets de prédilection des électeurs (emploi, immigration et sécurité pour ces élections alors qu’il ne s’agit pas de compétences régionales) ou leur situation sociale (39% des CSP- ont voté FN) ou le vote suivant l’âge (les quinquas PS contre les sextas « républicains). Pour l’essentiel, ce vote montre que la gauche et plus précisément le parti socialiste ont un problème pour mobiliser leur électorat, surtout par rapport à leur score aux présidentielles. Aujourd’hui, seuls le danger du FN et le rappel au civisme ont permis aux électeurs socialistes de se motiver pour se lever un dimanche matin.

    Compter uniquement sur ces facteurs de déclenchement du vote pour les présidentielles 2017 serait suicidaire pour le premier parti de la gauche qui a pu limiter la casse, avec 5 régions conservées, pour cette échéance. Cette situation pose aussi le rôle des médias pour créer un contexte de vote : l’omniprésence des attentats, les matinales faisant la part belle aux cadres du front national et les interviews uniquement consacrés à la pertinence du front républicain ont manifestement influencé les électeurs dans leur choix.

  • Voyager dans le temps

    animaatjes-asterix-86748.jpgArriver au bout d'un modèle littéraire, ca se fête. Pour ma part, après quelques années de pérégrinations littéraires, j'ai quasiment épuisé un genre littéraire assez méconnu, le polar antique. Le polar historique est un genre très apprécié, notamment en France. Vous connaissez sans doute Claude Izner pour la France de la belle époque, Jean d'Aillon pour le XVIIème siècle ou encore Jean-Francois Parot pour le XVIIIème siècle. Les enquêtes policières de ces auteurs, à travers les personnages de Louis Fronsac, Nicolas Le Floch vous font connaître l'organisation sociale, la vie de la cour et de la bourgeoisie, les méandres administratifs de ces riches époques.

    Les auteurs français ne sont pas les seuls à écrire des polars antiques. Des Américains, des Italiens sont aussi bien classés. Le genre du polar antique, je me limiterai au monde romain, sont un exceptionnel outil, notamment pour un professeur d'histoire-géographie passionné par l'Antiquité, de mieux appréhender l'histoire sociale, économique, religieuse et politique de l'âge d'or.

    Voyager dans le temps, c'est traverser le forum romain alors que la république romaine agonise, avec Gordien, le personnage de Steven Saylor, et Decius Metellus, le héros des romains de John Maddox Roberts. Ce voyage prend en diagonale les provinces et les époques, allant de l'antiquité tardive, de la dynastie des Valentiniens sortie du néant historique par Bernard Lançon, aux règnes de Claude, ami du personnage Aurelius Statius inventé par Danila Comastri Montanari, à ceux de Domitien et de Trajan, mis en avant par des femmes dans les romans de Kate Quinn.

    Le polar antique est passionnant. Il utilise les postes impériales, quadrille les camps des légions de Germanie avec Lindsey Davis, accoste sur les quais d'Alexandrie avec Gordien, rejoue la relation maitre / esclave déjà mise à l'honneur avec Plaute, à travers l'affranchi Castor, chez Comastri Montanari. Le polar antique visite les colonies gauloises, notamment Autun, avec Anne de Leseleuc, décrit l'organisation de l'armée romaine avec Kate Quinn, au cœur de la campagne de Dacie, explique la succession des empereurs, et même leur entourage, avec Didier Besse et Cristina Rodriguez qui ont choisi de magnifier la garde prétorienne des gardes du corps de l'empereur.

    J'avais déjà découvert, enfant, la Rome antique des romans de jeunesse d'Odile Weulersse (Tumulte à Rome) ou avec « Caius et le gladiateur » d'Henri Winterfeld. A part quelques auteurs que je n'ai pas encore trouvé, tels que Christian Goudineau et d'autres indiqués sur ce site http://www.peplums.info/pep54l.htm, j'arrive au bout de mes recherches.

     

    Et pourtant, tant qu'à voyager dans le temps, je choisirai la Rome Antique, si possible comme sénateur, ou décurion local. Confort de vie (eau courante pour les Riches!), vie culturelle intense, société apaisée (torture et peine de mort très rare), j'ai hâte d'aménager mon « triclinium » pour faire profiter mes convives des bizarres habitudes culinaires romaines, du précurseur de la sauce à nems (le garum) au manger / coucher...en passant par une société où la mobilité sociale était possible (Ciceron, Homo Novi), où les femmes, même non-citoyennes, avaient une place importante, et une liberté qui n'était pas encore réduite par des principes religieux.

    Enfin, pour une note conclutive politico/syndicale, les cultures de l'antiquité n'ont pas besoin d'une réforme du collège pour réduire leur influence. C'est l'élitisme de ses acteurs qui lui nuit : les mondes antiques me font rêver, et j'espère bien, à travers les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, contribuer à les ressusciter.