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Bloc-notes éducatif - Page 7

  • Voyager dans le temps

    animaatjes-asterix-86748.jpgArriver au bout d'un modèle littéraire, ca se fête. Pour ma part, après quelques années de pérégrinations littéraires, j'ai quasiment épuisé un genre littéraire assez méconnu, le polar antique. Le polar historique est un genre très apprécié, notamment en France. Vous connaissez sans doute Claude Izner pour la France de la belle époque, Jean d'Aillon pour le XVIIème siècle ou encore Jean-Francois Parot pour le XVIIIème siècle. Les enquêtes policières de ces auteurs, à travers les personnages de Louis Fronsac, Nicolas Le Floch vous font connaître l'organisation sociale, la vie de la cour et de la bourgeoisie, les méandres administratifs de ces riches époques.

    Les auteurs français ne sont pas les seuls à écrire des polars antiques. Des Américains, des Italiens sont aussi bien classés. Le genre du polar antique, je me limiterai au monde romain, sont un exceptionnel outil, notamment pour un professeur d'histoire-géographie passionné par l'Antiquité, de mieux appréhender l'histoire sociale, économique, religieuse et politique de l'âge d'or.

    Voyager dans le temps, c'est traverser le forum romain alors que la république romaine agonise, avec Gordien, le personnage de Steven Saylor, et Decius Metellus, le héros des romains de John Maddox Roberts. Ce voyage prend en diagonale les provinces et les époques, allant de l'antiquité tardive, de la dynastie des Valentiniens sortie du néant historique par Bernard Lançon, aux règnes de Claude, ami du personnage Aurelius Statius inventé par Danila Comastri Montanari, à ceux de Domitien et de Trajan, mis en avant par des femmes dans les romans de Kate Quinn.

    Le polar antique est passionnant. Il utilise les postes impériales, quadrille les camps des légions de Germanie avec Lindsey Davis, accoste sur les quais d'Alexandrie avec Gordien, rejoue la relation maitre / esclave déjà mise à l'honneur avec Plaute, à travers l'affranchi Castor, chez Comastri Montanari. Le polar antique visite les colonies gauloises, notamment Autun, avec Anne de Leseleuc, décrit l'organisation de l'armée romaine avec Kate Quinn, au cœur de la campagne de Dacie, explique la succession des empereurs, et même leur entourage, avec Didier Besse et Cristina Rodriguez qui ont choisi de magnifier la garde prétorienne des gardes du corps de l'empereur.

    J'avais déjà découvert, enfant, la Rome antique des romans de jeunesse d'Odile Weulersse (Tumulte à Rome) ou avec « Caius et le gladiateur » d'Henri Winterfeld. A part quelques auteurs que je n'ai pas encore trouvé, tels que Christian Goudineau et d'autres indiqués sur ce site http://www.peplums.info/pep54l.htm, j'arrive au bout de mes recherches.

     

    Et pourtant, tant qu'à voyager dans le temps, je choisirai la Rome Antique, si possible comme sénateur, ou décurion local. Confort de vie (eau courante pour les Riches!), vie culturelle intense, société apaisée (torture et peine de mort très rare), j'ai hâte d'aménager mon « triclinium » pour faire profiter mes convives des bizarres habitudes culinaires romaines, du précurseur de la sauce à nems (le garum) au manger / coucher...en passant par une société où la mobilité sociale était possible (Ciceron, Homo Novi), où les femmes, même non-citoyennes, avaient une place importante, et une liberté qui n'était pas encore réduite par des principes religieux.

    Enfin, pour une note conclutive politico/syndicale, les cultures de l'antiquité n'ont pas besoin d'une réforme du collège pour réduire leur influence. C'est l'élitisme de ses acteurs qui lui nuit : les mondes antiques me font rêver, et j'espère bien, à travers les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, contribuer à les ressusciter.

  • La vision du métier

     

    educ-prioritaire-2.jpgL'image du métier d'enseignant est tellement différente de ce qu'on vit au quotidien sur l'estrade. Sans parler de la question des vacances, de la référence aux 18h qui ne sont qu'une petite partie du travail... Entre les films cultes où le professeur disserte, où l'orateur plaide comme au tribunal devant ses ouailles subjuguées, et la réalité du terrain, quel fossé ! Pourtant, certains ne se font pas à cette différence. Ils rêvent d'un âge d'or, regrettent l'autorité perdue, dénoncent la « fumisterie pédagogiste » et refusent l'évolution du système éducatif français, notamment vers des solutions d'inspiration nordique (socle commun, évaluation sans notes, numérique, etc.).

    Ils appellent « pédagogie du garçon de café » le fait d'accompagner les élèves dans leur travail, en se mettant à leurs côtés, à table, pour comprendre pourquoi les consignes ne sont pas comprises, pourquoi ils n'arrivent pas à retenir telle ou telle notion. Apparemment, se mettre au niveau des élèves, c'est perdre sa dignité...

    Ils se moquent de tous les tatônnements de ces enseignants passionnés qui tentent, en maths avec le travail en îlot, en histoire-géo avec les tâches complexes, en français avec la twittérature par exemple, de développer le travail d'équipe, l'autonomie de l'élève, la capacité à s'entraider et à coopérer pour développer de nouvelles compétences pourtant si utiles.

    Ils dénoncent la « bienveillance », dans l'évaluation ou dans la gestion de classe. Et pourtant, il faut bien les encourager, ces élèves si abîmés, surtout au collège, en tension face à l'échec, désorientés par des difficultés sociales, ou harcelés par leurs camarades, dans les pires cas.

    Cette année, après 6 années de pérégrination comme professeur remplaçant, j'ai obtenu un poste fixe. Je suis en REP +, les anciens collèges ECLAIR, établissement sur-prioritaire, et je l'ai choisi. Pour être utile, il faut agir à la base des inégalités, là où elles forgent les destins. Et je me sens comme un poisson dans l'eau. Depuis deux semaines, chaque collègue qui me croise me propose de travailler avec lui « eh tu veux pas qu'on travaille l'architecture ensemble en histoire et en technologie ? » « Je monte un projet EPS/histoire/SVT avec les sixiemes sur un ancien volcan tu es partant ? » « Je mets mes élèves par table de 4 en maths pour les faire bosser ensemble tu veux venir voir ? ». Les syndicats enseignants qui dénoncent l'interdisciplinarité tomberaient dans les vapes s'ils venaient faire un tour dans mon collège. Les EPI tant décriés par ceux qui veulent garder un collège qui ne marche plus existent déjà ici.

    « Non à la réunionnite ! » scandent leur tract ! QUOI rester après les cours pour discuter des élèves, des progressions, de l'activité, notamment culturelle, de l'établissement ? JAMAIS ! « Liberté pédagogique  »! Et pourtant. Comme si une réunion trimestrielle bâclée en 1h30 pour 30 gamins suffisait à cerner les difficultés des élèves, les moyens de les faire progresser ensemble.

    Dans mon établissement, grâce à la pondération mise en place par la réforme de cette rentrée, les réunions d'entre midi et deux qui avaient lieu entre deux salades et deux baguettes de pain sont prises sur des creneaux laissés libres. Et même si ce n'était pas le cas, la « réunionnite » fait partie des mœurs dans l'éducation prioritaire et les deux créneaux sont largement dépassés. Ce mardi, on coordonne l'action des professeurs principaux sur l'orientation. Demain, je vois mes collègues d'histoire-géo pour échanger sur l'enseignement moral et civique et créer un parcours citoyenneté. La semaine prochaine, je vois les collègues de la classe dont j'ai la charge pour repérer les élèves en difficulté et on vient nous expliquer le fonctionnement de la classe ENA (élèves nouvellement arrivés).

    Ca va être difficile. 50% des familles boursières au plus fort taux, un tiers sous le seuil de pauvreté, dans une des 5 villes les plus pauvres de France, avec un maire d'extrême droite qui met en miettes le vivre-ensemble tous les jours (voir le dernier bulletin municipal avec des photos de migrants prenant d'assaut les trains pour Béziers). Mais même pas peur. Mes collègues s'épaulent, avec pour maître mot l'exigence et la justice. Mes élèves sont très gentils, et pas plus remuants que d'autres. A suivre !

  • A la recherche du contre-projet #college2016

    manifestation-reforme-college.jpg"Ah non, tu vas pas encore nous embêter avec la réforme du collège"! Cédric a raison, on en a beaucoup parlé. En même temps, pour une fois qu'on a un débat un peu complexe sur ce maillon faible du système éducatif qu'est le collège et sur la vision du métier d'enseignant, c'est intéressant. Considère t-on que l'enseignant est une profession libérale qui fait ses cours et repart, ou un professionnel de la pédagogie qui s'inscrit dans un projet d'équipe local? C'est le débat essentiel de la réforme du collège.

    Aujourd'hui je ne reviens pas sur son contenu. Ayant lu ici et là que les opposants à la réforme du collège, ceux qui dénoncent la casse du service public et/ou (c'est un peu compliqué) le nivellement par le bas étaient pour "une autre réforme du collège" j'ai décidé, notamment à l'invitation de mon camarade Clément, d'aller étudier de près les contre-projets: 24 pages sur le site du SNES, 38 pages sur le site du SNALC, puisque ce sont les principaux opposants.

    "Le SNES-FSU n'estime pas nécessaire de révolutionner de fond en comble le fonctionnement du collège" Quelle sobriété. Bon on doit bien trouver quelques petites propositions quand même? Je continue la lecture: Pour le SNES, le problème du collège c'est le nombre d'élèves par classe et la carte scolaire. Des sujets majeurs, c'est certain mais j'en vois tellement d'autres: l'architecture inadaptée, le temps scolaire incohérent, les savoirs sans liens entre eux, le calcul désuet du temps de service...Pour ce syndicat, le collège ne fabrique pas de l'échec (mais OK il ne le réduit pas), et ils répètent le rôle essentiel que doivent avoir les matières, les "disciplines" pour structurer le collège. Pour simplifier, chacun doit pouvoir faire ce qu'il veut dans son coin, on peut à la rigueur définir des "objets d'études communs" qui seraient enseignés dans des matières différentes, et à la rigueur imaginer des projets interdisciplinaires mais pas avant la troisième. Mais pas plus. Faudrait quand même pas que les enseignants travaillent ensemble...

    J'apprends que ce syndicat ne veut pas changer les méthodes d'évaluation. Il veut bien discuter si on met des lettres ou des chiffres mais la remise en cause de la notation chiffrée serait "démagogique". Ce syndicat veut garder le brevet, tout en supprimant la compensation (parce que faut pas se moquer des disciplines). Ce syndicat est très réticent au lien école/collège même s'il reconnait que les inégalités se creusent à ce moment-là: il refuse les échanges de service entre collègues de CM2 et sixième et veut limiter le rôle des cycles (ex. cycle 3, CM1 CM2 6ème). Apparemment, il serait plus important de faciliter le passage entre la 3ème et la seconde. D'après eux, le décrochage a lieu...en seconde! On en parlera aux dizaines de milliers de collégiens qui décrochent avant la troisième. Mais je vois mal où est la difficulté d'adaptation et d'autre part je suis embêté parce que le collège prépare uniquement à la voie générale du baccalauréat...qui ne concerne pourtant que la moitié des lycéens!

    J'arrive enfin à la contre-réforme proposée par ce syndicat: Plus d'heures pour chaque matière. C'est intéressant mais faudrait pas dépasser les 35 heures par semaine quand même, les élèves seraient un peu fatigués... Des séquences de cours plus longues (là je plussoie 55 minutes c'est pas assez!). Plus de travail de groupe en classe (j'adore!) et plus de formation continue et initiale (très bonne idée). Mais je suis arrivé au bout de la page et je reste un peu sur ma faim. En bref, face au projet ministériel, pas de contre-projet: tout va bien au collège, il n'y a pas de problème d'échec, s'il n'y en a ce n'est pas un problème d'organisation mais uniquement de moyens. J'arrive à la conclusion: les professeurs n'ont pas à s'adapter aux élèves, la "construction collective des savoirs" (le cours quoi) suffit à réduire la difficulté scolaire. Le prof ne doit pas être un "homme ou une femme à tout faire" notamment pour le travail d'orientation ou de suivi des élèves...mais il faut multiplier par deux l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves (ISOE). Forcément, ne plus faire un travail mais être payé le double est assez séduisant...

    Je passe à l'autre syndicat, le SNALC (classé à droite, soutenu par le collectif Racine aux élections professionnelles, tout comme FO). Pour eux, les Français et les professeurs rejettent massivement le collège unique. Les cours au collège c'est n'importe quoi, certains élèves ne sont pas adaptés et nous empêchent de dispenser notre savoir aux meilleurs élèves. Pour régler le problème, 1/ retour aux fondamentaux, suppression de l'accompagnement, plus d'heures de maths et de francais. 2/ On trie les élèves à la fin de la sixième pour inscrire les élèves en difficulté dans un cycle fondamental qui les enverra directement dans la voie professionnelle (avec des possibilités théoriques de passerelles au cas où un miracle le ferait devenir subitement excellent dans une classe de faible niveau).

    En même temps ils n'inventent rien c'était le système scolaire français avant les années 60: Collège d'enseignement secondaire (CES) pour les élèves des classes moyennes, collège d'enseignement général (CEG) pour les élèves des classes populaires. Collège modulaire est plus politiquement correct, la ségrégation sociale est assez mal vue de nos jours sinon...

    Pour le SNALC, il faut séparer les élèves en maths, français et LV1, matières "cumulatives" pour que les meilleurs, surtout, ne soient plus gênés par les plus faibles (c'est clair dans les témoignages du diagnostic des premières pages, le lien est plus haut). Pas besoin de cycles ou de coordination entre les matières, on crée des pôles reliant les matières humanistes, techniques et autres. Tant pis pour mes compétences communes à la géographie et aux maths apparemment.

    Le numérique et la découverte professionnelle deviennent des matières et ne sont plus une mission commune de tous les professeurs. Le DNB serait sauvegardé car il a de nombreux atouts: c'est un premier examen formel dont les mentions sont motivantes pour les élèves, et un premier diplôme apprécié. Vous ricanez? Vous ne me croyez pas? Le lien est aussi plus haut. Enfin, le SNALC propose de rémunérer les enseignants élus au CA et au conseil pédagogique. Il n'indique pas en revanche si les parents d'élèves et les élèves participant seraient eux-aussi rémunérés.

    Voilà pour ceux qui avaient des doutes sur le contre-projet des anti #collège2016: ils en ont un, mieux vaut le connaître avant d'aller manifester? Et se rendre compte aussi que les opposants...s'opposent entre eux. C'est plus embêtant:)

  • L'Ecole n'est pas faite pour les pauvres

    url.jpgLà vous vous dites, je déraille, "l'école est le patrimoine de ceux qui n'ont rien", "c'est le symbole républicain le plus fort", "c'est le premier échelon de l'ascenseur social". Désolé de vous décevoir. Les sociologues de l'éducation, de Duru-Bellat à Francois Dubet, répètent article après article que notre système scolaire aggrave les inégalités sociales au lieu de les corriger. De récents rapports de diverses instances viennent corroborer ces études alors que le débat sur la réforme du collège montre, des plateaux TV aux salles des profs, qu'il n'y a pas de consensus en France sur l'objectif majeur de notre système scolaire. Je ne vais pas faire une énième tribune sur "école de l'excellence" ou "réussite pour tous" les cahiers pedagogiques font cela bien mieux que moi.

    J'ai feuilleté les passionnantes publications du conseil économique social et environnemental sur l'école de la réussite pour tous et surtout le rapport de l'inspection générale sur "grande pauvreté et réussite scolaire". Ils m'ont juste fait honte. Pour mon pays, pour mon métier. Pour mes cours d'éducation civique sur l'égalité et la république. Des mots qu'on brandit bien volontiers et qu'on met au placard quand on défend des options qui permettent dès la sixième de donner plus d'heures à des enfants qui accéderont aux prépas et aux meilleures écoles.

    Mais je voulais parler de pauvreté. Au fil des rapports, j'ai lu qu'on repérait les familles pauvres parce que les enfants prenaient plus de pain à la cantine. Que les parents d'élèves s'organisaient dans certains collèges pour collecter des vêtements. Qu'on n'allait pas en classe européenne parce qu'on n'aurait pas les moyens de financer les voyages. Que la droite avait fait passé les fonds sociaux des collèges de 70 millions à 30 millions d'euros en dix ans. J'ai lu que les parents hésitaient à demander des bourses par fierté, peur d'être montré du doigt pour assistanat, que ces bourses ne couvraient même pas le prix de la cantine au collège. J'ai appris que 80% des élèves de SEGPA étaient issus de milieux défavorisés alors que dans d'autres familles on avait les moyens de donner un suivi individualisé aux élèves en difficulté.

    En tant qu'enseignant, ces exemples m'ont évoqué d'autres expériences: M. qui ne mangeait pas à la cantine et grignotait seul devant le collège, C. qui a quitté le système scolaire, travaillait à la cantine pendant que ses anciens amis piaillaient dans la cour de récré, A., qui avait "des problèmes à la maison", qui a claqué la porte de ma salle et qui n'est jamais revenu, E. qui avait du mal en cours car, arrivé récemment de Russie, il n'avait pas eu d'accompagnement...En tant que professeur principal, ces situations me tenaient à coeur mais le système était impuissant, face au décrochage, à l'échec, aucune solution, et le redoublement supprimé n'a fait l'objet d'aucune alternative.

    Depuis 2012, l'effort pour refonder l'école de la république, qui semblait logique avec la "priorité jeunesse" qui impregnait fortement les discours du candidat socialiste aux présidentielles, a été réel. La loi de 2013 parle d'une école inclusive. La réforme de l'éducation prioritaire, de la formation des enseignants, du collège, des rythmes scolaires, vont dans le bon sens pour changer les pratiques pédagogiques et réduire les inégalités scolaires mais la route est longue, le combat n'est pas fini. 1987, 2011, 2013 les précédents rapports sur les inégalités scolaires sont largement restés sans suite, les placards débordent à la rue de Grenelle. Il faut aller plus loin, plus vite, car la question n'est pas de mettre en danger la formation d'élites qui n'auront pas trop de mal à se débrouiller avec leur bagage culturel familial.

    La question, au-delà du chiffre si connu des 150 000 décrocheurs par an, c'est la moitié d'une génération qui fait connaissance chaque année avec un service public dont elle comprend petit à petit qu'il ne fonctionne pas pour elle. Quand on dépense 93 millions d'euros pour les "colles" de 83 000 élèves de prepa et 270 millions d'euros pour l'accompagnement éducatif de 893 000 collégiens, on montre clairement quelle est la priorité de la nation.

    Pourtant, les solutions existent. Ce n'est pas une question de nombre d'élèves par classe ou de carte scolaire, c'est immensément plus profond, il faut changer le système. Des pratiques pédagogiques explicites, une pédagogie différenciée pour ne pas externaliser, médicaliser l'accompagnement. Poser la question de la gratuité effective de l'école. Créer les conditions d'un climat "serein" à l'Ecole. Laisser tomber les devoirs maison. Démultiplier la formation continue des enseignants, dans les établissements. Donner aux profs des moyens financiers, horaires pour se concerter et adapter le projet pédagogique aux élèves, aller donc plus loin que la réforme des collèges...Tout ceci, pour sortir de l'hypocrisie d'une école républicaine qui ne fait que trier, et plus largement, donner un contenu au concept galvaudé de "république".