Nicolas Anoto
Nicolas Anoto
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06.11.2009

Premier épisode: veillée d'armes à Castelnaudary

 Henri_%E2%85%A1de_Montmorency.jpgÉpisode 1: Veillée d'armes à Castelnaudary

1- pensées contradictoires

On ne voyait que lui. Campé sur son cheval, enveloppé d’une cuirasse dorée, d’une cape rouge et casqué de fer, il dominait les soldats qui défilaient devant lui. Il ne les regardait pas, il fixait de ses yeux noirs le nuage de poussière qui s’élevait devant lui, au loin, derrière le seuil de Naurouze. Demain, il faudrait se battre. Avec qui ? Contre qui ? Tout était si confus. Henri II de Montmorency ne se battait pas par goût. Jeune gouverneur d’une province prospère, gestionnaire apprécié de ses fiers administrés, Henri, du moins le pensait-il, se battait pour des valeurs. Pour l’honneur de son sang, au nom de sa province, de ses libertés et de ses privilèges ! Quelles valeurs ? Quel sang ? Quelles libertés ?

 

A la veille d’une bataille décisive, les questions s’entrechoquaient. : Se battre contre son souverain, c’est affolant pour le descendant d’une des plus vieilles familles d’officiers de la couronne. Fils et petit-fils d’un connétable, Henri n’est pas un rebelle né ! Il a longtemps hésité avant de suivre Gaston d’Orléans, jeune et turbulent frère du roi Louis XIII, dans sa quête effrénée des honneurs et du pouvoir. Au nom de quoi au juste ? Des privilèges d’une province ? Se battre pour l’Occitanie, quand on est baron d’Ile de France, quelle contradiction ! Les Montmorency ont épousé les rêves de leur province, de ce Languedoc fier de sa vieille autonomie, acquise sous Louis IX, qu’ils gouvernent depuis 60 ans. Le Languedoc, si fier de ce pouvoir envié des Etats qui lèvent, répartissent et utilisent de manière étonnamment moderne des impôts plus justes et plus bas que partout dans le royaume.

Henri se redresse sur son destrier et penche sa tête, son menton marqué et ses boucles rousses vers la plaine, là où défilent charriots, hommes de pied et cavaliers, issus de cette petite noblesse languedocienne qui le soutient, qui s’élève et s’insurge contre les « novelletés » du principal ministre, le cardinal de Richelieu, qui veut envoyer des précepteurs royaux dans la province…Son cheval piaffe. Lui aussi est inquiet. Que pourront ces quelques centaines de hobereaux mal armés face aux compagnies royales ? Quelques arquebuses qui datent du siècle dernier contre les mousquetaires et les canons royaux, que doit-on attendre, à part un miracle ? La seule lumière qui scintille sur le métal des mousquets et des piques ducales, c’est le soleil orangé qui s’échappe déjà, disparaissant derrière les contreforts de la Montagne Noire.

2 – ambiance morose dans la tente ducale

La nuit tombe déjà. Le duc s'en rend compte, et envoie ses pages prévenir les différents chefs des corps en marche qu'il était temps de mettre pied et besace à terre pour s'installer. Alors que la nouvelle circule rapidement, des ordres brefs sont envoyés: les charriots du duc doivent amener tentes, bagages et vaisselle de la cour sur la colline, à l'abri des intempéries, tandis que les charriots des lavandiers et autres cantiniers s'installent, en marge du camp, pour nourrir des troupes avides et reclues par une longue marche au soleil: harassante, voire mortelle, en cette fin du mois d'août 1632! Deux heures plus tard, les tours de garde s'organisent déjà. Les principaux barons languedociens et les villes fidèles au Duc dans sa rebellion s'étaient rassemblés dans sa tente. Monsieur, le frère du roi, venait d'arriver au camp. Pas de trompette, pas d'entrée triomphale, des murmures assourdissants s'étonnaient de cette arrivée cachée, honteuse...L'issue de la bataille annoncée ne faisait-elle déjà pas de doute pour Gaston d'Orléans? Pensait-il à fuir, lui qui abandonnait toujours ses complices pour s'en remettre au pardon de son frère?

Cette bataille, on en discutait justement. La suite des deux ducs débattaient des mouvements de troupe. La poussière visible sur la route de Toulouse était-elle le fait des éclaireurs royaux, d'une troupe de pillards ou de l'armée du maréchal de Schomberg, qui dirigeait une partie de l'armée du roi, tandis que celui-ci, accompagné de Richelieu, cueillait une à une les places fortes du Bas-Languedoc, peu opiniatres dans leur rebellion? Les feux du camp ennemi, qui surplombaient la plaine du Lauragais, ne laissaient pas de doute: c'était bien une armée qu'il faudrait affronter le lendemain, et, au vu du nombre de feux, plusieurs compagnies royales étaient présentes...Qu'en savait-on de cette armée? Si ses capitaines avaient fait leurs armes lors des guerres contre l'Espagne, 40 ans auparavant, la plupart des soldats n'avaient comme seule expérience que quelques escarmouches peu meutrières, advenues à Montauban, ou à Montpellier, lors de la dernière guerre de religion des années 1620. Mais les troupes royales étaient mieux armées, les soldats mieux nourris ne comptaient pas la poudre...Face à cela, à quoi ressemblait l'armée languedocienne? Des cavaliers de petite noblesse aux armures hétéroclites, des miliciens à pied armés par les communes: des arquebuses, des piques de bois, des hallebardes, et même des arbalètes, face aux canons royaux!
Voilà de quoi on discutait sous la tente, quand un envoyé du gouverneur de Bagnols, forteresse gardant le Rhône, fut introduit:

- « Alors, drôle, quelle nouvelle nous apportes-tu? » demandait le Duc, sans se soucier du vassal qui le questionnait sur les renforts attendus.

- « Bagnols est tombée Monseigneur ». La nouvelle assombrit tous les visages. « la ville est tombée par surprise, le Roi avait passé le Rhône à Pont-saint-esprit, sur un pont de bateaux. Le gouverneur n'a eu que le temps de m'envoyer ici, la place était déjà investie. J'avais parcouru une lieue quand le drapeau blanc était déjà hissé sur les murs. ».

L'énervement succédait à la surprise dans la tente:

- « Que choisissez-vous des lâches pour protéger nos arrières! » tempétait Gaston d'Orléans. « Dans combien de temps seront-ils à Montpellier? » S'inquiétait déjà l'évêque d'Albi, Alphonse d'Elbene, qui représentait les intérêts de Marie de Medicis, la reine-mère disgraciée. Le duc de Montmorency restait coi. D'abord parce que le château de Bagnols était une possession familiale, il y célébrait encore son anniversaire 10 jours auparavant. Le maréchal de la Force en route pour Nîmes, Schomberg sur la route de Toulouse, il était cerné par la Mer, la Montagne et l'armée royale.

- « Nous n'avons plus le choix, il faut nous battre. Toutes les villes, Montpellier et Béziers comprises, n'accueilleront qu'un vainqueur dans leurs murs » dit-il brusquement. « Reste à décider de ce que nous ferons de nos braves vassaux et de nos bonnes villes! » Mais ces bonnes villes justement, étaient-elles sûres? Les consuls du Bas Languedoc se jettaient des regards inquiets, soucieux des revers trop rapides que subissait la révolte qui devait leur permettre d'affermir leurs privilèges et libertés communales. « nous devons discuter avec nos milices » indiquaient-ils à voix basse, en s'éclipsant de la tente pour rejoindre leurs hommes.

La nuit s'avancait rapidement, il fallait prendre des décisions. Montmorency organisa donc ses forces « à l'espagnole »: des carrés d'arquebuses encadrés par des piquiers: avec de gauche à droite les Biterrois, les Albigeois, les Piscénois, issus des communes et du ban seigneurial, encadrés sur leurs côtés par la cavalerie des reîtres recrutés à Trêves, au printemps, par le frère du Roi. Ces dispositions prises, Orléans et Montmorency se retirèrent, pour essayer de dormir, d'oublier l'angoisse qui les étreignait, quelques heures avant que le sort ne décide de leurs destins respectifs: connétablie, ou décapitation? Trône, ou prison à vie?

30.06.2009

"libéralisme" et ""guerre": préparer la question contemporaine des IEP province

guerre.gifCe sont les thèmes de l’épreuve « questions contemporaines » du concours de sciences po province, et il faut bien donner un coup de main…De nombreuses questions peuvent découler de ces problématiques. Tout d’abord, faut-il les mettre ensemble ? Il faut les croiser mais aussi les étudier séparément puisqu’en 2008 les deux sujets ont été posés chacun sur une des deux thématiques (ex. Une politique de l’environnement est-elle possible sur l’environnement).. La guerre comme une question historique, philosophique et éminemment économique au XX et XXIème siècle, le libéralisme comme une question économique, géographique et en partie historique et philosophique. Comment travailler sur ces deux sujets en quelques heures ? A travers une approche épistémologique (pouvoir définir ces deux sujets), philosophique (pouvoir prendre du recul sur ces deux sujets), méthodologique (rechercher des exemples, des théories interessantes sur ces deux sujets) pour avoir des choses à écrire lors d’une épreuve…sans aucun document !

Quelle méthode pour traiter les articles que je mets en lien ? Prenez une feuille de papier et pour chaque thématique lisez en transversale les documents et recopiez les informations, exemples, penseurs et théorie qui vous semble interessantes. Ce travail effectué sur l’ordinateur, posez-vous, prenez d’autres bouquins que vous avez sur la thématique et préparez des fiches thématiques que vous pourrez relire.

Les sites des prépas privées trouvés sur internet permettent de collecter des idées de sujet : la privatisation de la guerre, la théorie de la guerre juste (voir un article sur ce sujet http://www.quebecoislibre.org/030412-16.htm) , la différence entre capitalisme et libéralisme…Cette question peut-être envisagée de plusieurs points de vue : d’un point de vue philosophique comme le fait le professeur Hansen-Love (http://www.hansen-love.com/article-25058606.html)...

L’introduction sur des deux thématiques sera épistémologique ou ne sera pas. Il faudrait s’intéresser par exemple aux théories de la guerre à travers un certain nombre de philosophes et tacticiens comme cela est fait dans cet article (http://www.worldwartour.com/fr/3-bibliotheque-world-war-tour-combat-bataille/news/news-39-theories-sur-la-guerre-:-origine-et-causes-des-guerres.html ).

Si on a un peu de temps, on peut même feuilleter quelques pages de cette étude sur le comportement de l’homme face à la guerre (http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/cahiers_drex/cahier_reflexion/sous_le_feu.pdf). Il faudrait aussi bien connaître la définition du libéralisme et pouvoir citer des auteurs (http://www.toupie.org/Dictionnaire/Liberalisme.htm) et savoir évidemment mettre cette notion en lien avec l’actualité et notamment avec la crise. Le sujet risque en effet de faire sens « la crise » appelle t’elle un dépassement du libéralisme OU la libéralisation des échanges empêche t’elle la guerre ou encore Pourquoi faire la guerre au XXIème siècle sont de bonnes questions à se poser, selon moi.

Il faut quelques exemples pour étayer un peu cette problématique. De nombreux sites s’intéressent à la géopolitique, aux guerres du XXème siècle, et notamment au lien entre libéralisme et guerre. RUE 89 (http://www.rue89.com/lignes-de-fronts), média alternatif, consacre un site entier aux nouvelles guerres, et notamment un article aux nouvelles menaces (http://www.rue89.com/lignes-de-fronts/2008/11/07/semaine-speciale-sur-rue89-quelle-guerre-pour-2018) . Du point de vue économique, cet article fait le point sur l’échec de la paix par la liberté des échanges telle qu’elle était promue par les EU, théorie qu’on trouve aussi exposée largement dans cet excellent article (http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2003-1-page-49.htm).

Parlons libéralisme. D’abord, concernant l’histoire économique depuis 1945, ce petit résumé (http://www.oodoc.com/68029-apres-seconde-guerre-mondiale-economie.php) montre la construction d’une organisation cohérente des échanges après Bretton Woods, et les remous des années 70 (parité dollar/or, crise pétrolière), qui ont désorganisé ce système. Au-delà de ce résumé, un cours de 8 pages explique très précisément les différentes politiques qui ont été mené (http://coursdugead1.free.fr/Contenu/Cours_Macro/Chap%205%20-%20Apres%20WWII%20-%20Du%20keynesiannisme%20au%20neo-liberalisme.pdf) . Il faut évidemment se poser la question de l’avenir du libéralisme comme le fait les echos (http://www.lesechos.fr/info/france/4875670-quel-avenir-pour-le-liberalisme-.htm) .

Un autre moyen de mettre en lien les deux notions c’est de se poser la question d’un libéralisme qui recherche le profit de court terme notamment à travers la chasse aux ressources naturelles. On trouve de nombreux articles en ligne sur ce sujet : sur les conséquences du libéralisme sur la question alimentaire (http://www.pauljorion.com/blog/?p=3436) , mais parfois aussi on trouve des sources discordantes telles que « la guerre de l’eau n’aura pas lieu (http://www.unesco.org/courier/2001_10/fr/doss01.htm) ou encore des lieux mal connus de la guerre du pétrole tels que le Nigeria http://www.lefigaro.fr/international/2008/09/18/01003-20080918ARTFIG00447-la-guerre-du-petrole-s-intensifie-au-nigeria-.php ou encore la guerre pour les diamants qui déséquilibre l’ensemble de la région des grands lacs comme on peut le lire dans un excellent article de l’OCDE qui s’intéresse à l’ensemble de ces ressources http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/451/La_guerre_des_diamants_.html

La thématique du libéralisme pose évidemment des questions sur l’organisation des échanges, sur un système économique mais ce mot est fabuleusement polysémique et fait débat comme l’expose le professeur Hansen-Love http://www.hansen-love.com/article-24215083.html . L’académie de Grenoble répertorie d’ailleurs les auteurs qui ont traité cette thématique dans un sens philosophique et politique http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=21271 .

26.04.2009

Vents d'histoire moderne

Charleroi_plan_de_1693.jpgVents d'histoire? Quand je commence à bavasser sur les odeurs historiques c'est souvent que je me suis promené sur les quais de Seine. Et pourtant non. Et pourtant ces promenades n'ont pas manqué, j'ai plus visité Paris avec Hanna en une semaine que tout seul en 2 ans...Bon après le palais de la découverte n'a pas éveillé d'appétit scientifique chez moi malgré le très didactique atelier sur l'air liquide ou encore les animations sur la chaleur du corps qui questionnent quand même un peu...le louvre traversé au pas de course tout comme le cimetière du Père Lachaise ne m'ont pas non plus convaincu. L'odeur d'histoire est factice et sent trop la peinture des trop fréquents réaménagements et rénovations. Dommage.

En revanche, je vais reprendre mes études. Syndicalisme, engagement politique, addiction à la série "the west wing" et exercice du plus beau métier du monde ne me suffiraient donc plus? C'est pas ca...c'est juste que comme quand j'étais en terminale, je suis un peu en PPO (non pas pays du principe d'origine mais phase paumée d'orientation)...métier, engagement et projets je sais plus trop ou j'en suis. Sans doute la crise du Vinsinquiétime...Je me suis fait un peu retourner la tête, de manière assez agréable d'ailleurs :-) Etudes donc. D'histoire? Pour le plaisir comme ca? Redevenir élu étudiant peut-être? Ca me manquait? Resquatter les bars étudiants? Pas bête, je les ai plus squatté comme enseignant que comme étudiant. Non. Je veux finir mes études. Finir mon master 2 et ma thèse. Reconquérir le panel des possibles, me rouler dans les archives, revenir à ma passion d'histoire...

Et surtout concrétiser mes recherches. Comme vous le savez (ou pas) j'ai commencé un master "politiques de défense et de sécurité" qui assouvissait ma passion d'histoire militaire. Au delà de magnifiques cours sur la révolution militaires, les archives des casernes et la nomenclature des tanks et des avions de combat, j'ai touché à la recherche...Enfin toucher. En meme temps je mettais en place un plan de développement de la vie en résidence Pour un plan d'amélioration de la vie en résidence.doc comme VPE CROUS et je préparais les élections étudiantes de la fac de sciences Résultat scrutin 5 avril.rtf(avec une victoire historique dans les IUT!) comme SG de l'UNEF Montpellier. Donc j'ai plus milité que fréquenté les bibliothèques. Mais j'ai torché un petit mémoire...

Sur quoi? "Histoire militaire de Béziers au XVIIème siècle: approche de l'organisation globale de la défense de Béziers" Plus long encore n'est ce pas. Mon cher directeur de mémoire, le maitre de conférence Dominique Biloghi, était si convaincu de mes talents de chercheurs qu'il m'a proposé...de passer le CAPES :-) Il avait pas forcément tort au vu du classement! Pourtant je me suis éclaté. J'ai beaucoup lu. Beaucoup recopié. Beaucoup cherché, beaucoup décrypté, mais j'ai eu peur au vu de l'écriture cursive du XVIIème siècle découverte dans les archives de Béziers. Je n'ai rien compris. Et les archives c'est un peu la moitié des sources, quand on a fini les historiens locaux du XIXème siècle qui s'interessaient à tous les murs et autres égouts construits depuis la conquête romaine.

Chercher c'est bien mais pour trouver quoi? Mon mémoire de maitrise s'intéressait à une ville banale, la mienne: Béziers...symptomatique d'une époque et de ses changements. Au début du XVIIème siècle, alors que le règne de Louis XIII commence, la place forte de Béziers est active: les troubles des guerres de religion hantent encore les campagnes, des bandes armées se soulèvent contre l'autorité royale, en 1642, le gouverneur Montmorency se soulève même avec toute la province de Languedoc! C'est l'époque d'une défense autonome où la citadelle de Béziers et la garde bourgeoise jouent un rôle important, calfeutrés dans des défenses impressionnantes qui coûtent très cher à la ville. Avec le règne de Louis XIV, la défense se fixe aux frontières. Béziers devient une ville de passage, de caserne, où les charges militaires de la commune deviennent purement honorifiques. La politique de défense locale passe des mains du gouverneur de la province, un grand seigneur, au commissaire du roi, l'intendant de la généralité de Montpellier. La guerre chevaleresque devient logistique, les canons ne retentissent plus dans la vallée de l'Orb mais bien aux frontières, sur le pré carré aménagé par Vauban, de Mont Louis à Bergues!

à présent sur quoi travailler? La défense des villes à l'époque moderne en centrant mes recherches sur les infrastructures? Il faudra un peu avancer mon époque, car on commence déjà à raser les remparts à la fin du XVIIIème siècle. Une étude sociale des soldats soudards qui acceptent plus ou moins bien le casernement, et renoncent à leurs habitudes de viol et pillage? Ah c'est intéressant mais je sais pas faire. Une recherche politico-administrative sur la concurrence gouverneur/intendant dans le domaine de la guerre au XVIIème siècle? J'y songe, j'y songe...mais pour ce soir je vais me consacrer à la défense de la paix de nos jours (programme troisieme) et aux questions de citoyenneté et identité (programme sixieme) puisque je suis avant tout prof (meme si mes camarades me culpabilisent tous les jours pour cette priorisation)

29.12.2008

Enseigner l'hyperpuissance américaine...à travers une série!

etats-unis.pngLes fêtes vont bientôt se terminer, je vais donc me souvenir que je ne suis ni rentier, ni permanent biterro/francilien d'une organisation de jeunesse, et revenir à des préoccupations plus terre-à-terre à savoir la préparation de cours. TERRE A TERRE. Qu'est ce que je raconte. Le programme de troisième est passionnant, chaque préparation est un défi pour appréhender le XXème siècle dans la globalité de ses heurts- et malheurs puisque c'est l'enjeu principal. Dans les semaines à venir, mes chers élèves m'entendront déclamer l'appel du 18 juin (je me fais plaisir) pour la séquence sur la 2GM alias seconde guerre mondiale. Le but: non pas raconter les batailles mais saisir l'essentiel: l'aspect mondial, l'aspect total, l'aspect horrible au sens propre du terme et un travail particulier autour des notions de résistance et collaboration. Ensuite? Une petite incursion dans l'Union européenne et ses enjeux historiques, institutionnels et géopolitiques. Ensuite? La guerre froide, concentrée sur les deux contre-modèles, des théâtres récurrents et des phases de regel/dégel.

Et enfin, les Etats-Unis d'Amérique. Bon ma bible c'est le programme. "Une présentation de l'immensité, du poids démographique et de la métropolisation du territoire introduit l'étude. L'analyse porte sur quelques éléments qui rendent compte de la puissance mondiale des Etats-Unis (ressources, technologies, poids économique, puissance militaire, rayonnement culturel). Le rôle joué par ce pays dans l'organisation du monde depuis 1945 permet d'éclairer quelques origines de sa puissance."

Bon le propre des programmes c'est qu'on se demande par quel bout les prendre. Quels outils d'abord? Les connaissances des élèves. Fabuleuses, un brain storming me permettra de dégager les principaux aspects de la puissance américaine. Photos et cartes peuvent à la fois permettre de s'interesser rapidement à la configuration et à la diversité du territoire américain mais aussi de familiariser les élèves avec les légendes, les croquis et le vocabulaire cartographique. Mais comment entrer en matière, réchauffer les LE neurones frigorifié de mes chers élèves qui traverseront une cour glacée par les frimats de février pour se rendre dans ma salle?

A_la_Maison_Blanche.jpgLa série "the west wing" (à la maison blanche) que je visionne en boucle depuis 3 jours me semble parfaite pour illustrer l'importance donnée au chef d'état étatsunien dans la culture mondiale. Le président Bartlett passe de la gestion de la crise du Cachemire à la protection des parcs nationaux en passant par la querelle écoles privées/publiques avant de prendre au téléphone le premier ministre bulgare...soutenu sans faille par une équipe de conseillers jeunes (et souvent séduisant-e-s). On peut dévier sur tous les films mettant en scene la maison blanche, des photos des acteurs ayant joué le président, et atterrir sur les élections de janvier évidemment. Cette entrée en matière pose évidemment question: pourquoi tant d'importance donnée à ce chef d'état?

On atterrit sur un brain storming de tableau "pourquoi dit-on que les EU sont une puissance mondiale?" en faisant travailler les élèves sur un plan détaillé de paragraphe argumenté, par la suite. La leçon sur la guerre froide qu'on vient de finir doit permettre de dégager et définir le concept de "hyperpuissance". Ensuite un problème se pose pour conduire la séquence...vais-je tomber dans le piège du plan à tiroirs Territoire/Population/rayonnement?

NON! Je peux tenter l'acrobatie délirante d'un plan multi-scalaire thémathico-mi-chronologique (je sais j'abuse) construit par les élèves sur la base d'une question orale portant sur l'originalité de la puissance américaine. Le but? Par un questionnement ciblé, et un travail en profondeur sur de multiples supports (photos, textes, tableaux, cartes) donner aux élèves une loupe pédagogique. S'interroger d'abord sur l'immensité du territoire américain dans sa richesse et sa diversité IA peuplé par vagues successives forgeant une population urbaine plus ou moins métissée IB dans laquelle une place importante serait accordée aux grandes agglomérations pour ensuite passer au II avec une loupe décroissante et s'interesser à la place des EU dans le monde...là encore, comment ne pas tomber dans le tryptique économique/culturel/militaire? Dur dur! Le but de prime abord: construire une carte sur les EU dans le monde. On peut réfléchir sur la légende de cette carte qui prédéfinirait le plan. Un monde "disneylandisé" en I permettrait de localiser une culture exportée par les grandes firmes, les centres de loisirs; holywood en localisant ce phénomène. Un II permettrait de s'interesser au géant économique en localisant la bourse de New York, les flux commerciaux maritimes et les facades maritimes...enfin un III permettrait de spacialiser son rôle de "gendarme du monde": les flottes, les bases militaires et les pays alliés, ainsi que les interventions militaires récentes semblent une bonne entrée. La conclusion de cette séquence pourrait voir mis en exergue le débat autour du rôle de la puissance américaine, sans doute à travers une étude de cas sur l'intervention en Irak...

Voilà, de prime abord, comment je vais travailler sur cette séquence!

01.11.2008

passer le rhin

 Croisieres-Fluviales-Rhin---Main---Moselle-rsj85grS.gifC'est déjà le voyage du retour. 3 voire 4 jours en Allemagne m'ont permis de retrouver mes reflexes, de repenser en allemand et de me rassurer sur mes capacités en discutant avec des employés du conseil régional de bade wurtemberg. J'ai beaucoup travaillé pour la section européenne et trouvé des documents particulièrement interessants: au bureau européen de la ville de Stuttgart, sur la pierre-pfilmlin-platz, j'ai trouvé des affiches sur l'histoire de l'Europe, des prospectus sur le badewurtemberg en Europe, ainsi que des cahiers d'exercices sur l'Allemagne et l'Europe! Tout fait, plus qu'à découper! Avec d'autres ressources de vulgarisation sur l'Europe. Je suis passé au Landtag, sur la konrad-adenauer-strasse (diète régionale) où l'archiviste qui ressemblait beaucoup à mon cher papa a essayé de me donner un coup de main, notamment en me donnant le contact du bureau européen du land Baden wurttemberg ou en me renvoyant sur la page de la landeszentrale für politische bildung. Je le remercie! Je suis aussi passé à la librairie pédagogique Klett 3 mn avant la fermeture pour en ressortir avec 4 brochures sur l'Allemagne du XIXème et Xxème siècle! War knapp!

Ce travail de section européenne me prend beaucoup de temps et ce n'est pas fini. Je continue à peaufiner ma séquence de second trimestre sur « l'Europe, la place de l'Allemagne et de ses états fédérés ». J'ai maintenant pas mal de matériel, je continue à le rassembler, mais comment l'utiliser? Je commencerai par des petits textes pour une entrée en matière douce mais comment mettre les élèves en activité de manière interactive? Comment les faire parler? Travailler? Réfléchir? Comparer? Il faudrait être un enseignant chevronné pour prendre un recul necessaire que je n'ai pas. Et pour cause.

Mais le train vient de repartir de la gare de Karlsruhe, je vais donc passer dans quelques dizaines de minutes le Rhin. C'est un moment particulièrement solennel et intense pour moi. Depuis le traité de Westphalie en 1648, la France s'est battue pour établir sa frontière sur le Rhin. Une bonne dizaine de millions d'hommes sont morts pour cette frontière. Cette vallée du Rhin a toujours été une zone frontière marquée par d'intenses échanges. On vient toujours faire son plein et acheter des cigarettes en France. Mes amis ont tous fait leur première incursion française à Strasbourg (ce qui me fait bien rire), et beaucoup d'Alsaciens ont pu contempler les beaux paysages de la forêt noire (qui n'est pas qu'une patisserie).

 

Déjà plus de vingt fois que je passe le Rhin. Pourquoi au fait? En dépit de sympathies parentales évidentes pour ce pays et malgré mes origines hispaniques? Volonté d'élitisme alors que dans les années 90 où j'ai grandi, la LV2 allemand était une petite filière d'excellence? (la vraie étant la LV1!)? Je ne sais plus. Je n'étais d'ailleurs les premières années pas un élève brillant, j'avais du mal à me plier à la rigueur de la langue. Et pourtant des années après j'obtenais 19/20 au bac en allemand (j'étais passé en LV1), je travaillais 4 mois en Allemagne, l'été, auprès de l'adjoint au maire d'Heilbronn, où je me rendais deux fois par an, avant de passer la certification des sections européennes allemandes en septembre 2007 avec la note de 20/20.

La cause de tout ceci? Un échange scolaire aux conséquences incalculables. Une fête du gymnasium qui nous accueillait. Dans le hall de la salle polyvalente, un regard par hasard. Qui se fixe. Des deux côtés. Pendant une heure. Et c'est long quand on regarde quelqu'un. Et ce soir du 4 décembre 1997, je rencontrais une certaine Marina, à Heilbronn, à cause de qui, à 14 ans, j'ai appris l'allemand. Pourquoi? Pour la revoir évidemment. Pourquoi? Parce que lors de nos quelques rendez-vous lors de ce séjour, j'avais à peine réussi à balbutier quelques mots alors qu'elle m'invitait à son assoss de ping pong, au mac do (waou), moi à la patinoire. Quelle honte. Même après mon retour j'arrivais difficilement à aligner 3 lignes sur une feuille didll...

La blague? 8 ans après, mon père m'appelait alors que j'étais à Heilbronn (oh ben tiens) pour m'indiquer qu'une certaine Marina avait appellé à la maison pour avoir mes coordonnées. Elle souhaitait me voir. Une semaine après, je prenais le train pour Cannes où elle habitait. Mon allemande rêvée qui m'avait fait tourné la tête et la vie se révelait être russe, née à Novossibirsk qui avait passé son enfance en Allemagne. Sans doute une descendante des Allemands de la Volga. Et elle se révélait être devenue fan de la France...et fiancée à un francais; habitant à quelques kilometres de chez moi, en banlieue parisienne...

24.04.2008

le romantisme, c'est quoi?

106791619.jpgLe romantisme, chers lecteurs, ce n'est pas acheter des roses aux kosovars dans les bars pour les offrir. Même si j'aimerais bien le faire mais j'y arrive pas. Le romantisme, ce n'est pas non plus être neuneu, ce n'est pas non plus une qualité, un type de personnes, une situation. Non le romantisme, le vrai, c'est un mouvement artistique, littéraire et historique qui a marqué l'histoire du XIXème siècle.

J'ai malheureusement été bercé, marqué par le romantisme. celà m'a donné des repères, des modèles que j'ai encore aujourd'hui. Tout au long de mon adolescence; je me suis mis à la place du "promeneur au dessus de la mer de nuages", de caspar david friedrich, des protagonistes de la dame aux camelias (alexandre dumas fils) et d'une éducation sentimentale (de flaubert) ou encore de Julien Sorel, héros du rouge et du noir. C'est à travers ces auteurs, mes préférés, avec zola, pouchkine et malraux, que j'ai découvert l'amour, la passion, le malheur, le spleen, au hasard des vers de Baudelaire et de la prose d'Hugo. 

Tous ces romans ont des points communs. au delà des fresques historiques de Hugo ("Notre dame de Paris") et de Dumas ("la reine Margot") ou des oeuvres d'actualité ("la méduse" de Géricault ou les "massacres de chio" de Delacroix), les oeuvres romantiques mettent en scène l'amour, des dandys (jeunes bourgeois rentiers), des jeunes filles éffarouchées et très pales, mariées ou non. Tout le monde se trompe allègrement, c'est normal. On recoit dans les salons de 5h à 7h, on se bat en duel, on se promène en fiacre...et ca se passe toujours à Paris. J'ai lu des dizaines de romans qui racontaient la même histoire. La jeune fille effarouchée de "madame bovary" de flaubert (qui se dévergonde un peu), les "courtisanes" de Balzac ou de la "dame aux camelias", ou encore le dandy de "lucien leuwen"(stendhal) et d'une "éducation sentimentale" de Flaubert...

Le romantisme c'est le début du XIXème siècle. Ce mouvement coincide non seulement avec la révolution industrielle qui voit la noblesse dépassée par la bourgeoisie d'affaires, mais aussi avec l'éveil des sentiments nationaux et des revendications libérales voire sociales. Cette époque survoltée, nourrie des combats de la révolution française et de la gloire napoléonienne, a produit dans toute l'europe des peintres, des poètes, des écrivains qui ont voulu peindre à leur manière des sentiments, qui ont voulu exalter, sublimer la passion, l'amour, le sacrifice. Le romantisme s'insurge contre le classicisme, contre les normes académiques, contre les thématiques antiques et mythologiques ou encore religieuses mille fois traitées, contre une histoire par les nobles pour les nobles, il prend sa source au XVIIIème siècle avec chateaubriand, en France, et Goethe, en  Allemagne (les souffrances du jeune Werther), ou encore Heinrich Heine, mon poète préféré.

Et je vous les conseille ces livres, même s'ils se ressemblent! Au delà de peindre une certaine société du XIXème siècle, au delà d'être payés à la ligne et sortis en épisodes dans les journaux, pour les romans, ces oeuvres, notamment les peintures de Delacroix, de Constable et Turner en angleterre, de Friedrich en Allemagne sont exaltantes. Elles incitent aux rêves, au voyage, à une vie passionnée et passionnante. 

15.04.2008

La France et son armée

1397404203.jpgVous avez bien compris que c'est le spécialiste de l'histoire militaire qui parle et pas le militant donc ne cherchez pas l'erreur, svp. Alors que les cris des collégiens qui bloquent le college d'en face retentissent dans la rue, je songe à ce que j'ai vu hier. J'avais une mi-journée de congé, de temps libéré. Ca n'était pas arrivé depuis le 3 janvier, quand j'avais visité Versailles. Cette fois, je m'en suis mis plein la vue, je suis allé au musée de l'armée et au tombeau de Napoléon à l'hôtel des invalides. Prochaine étape, la basilique St Denis, là où les rois de France allaient chercher l'oriflamme avant d'entrer en guerre, là où les rois étaient enterrés avant que l'église ne soit saccagée par les révolutionnaires (no comment), là où le jeune Bragelonne, dans "vingt ans apres " (alexandre dumas) jure d'être fidèle à la royauté.

 Mais retournons aux invalides. Remonter l'esplanade, c'est imposant. Passer la barbacane armée de canons, passer le porche monumental couronné du drapeau tricolore, c'est imposant. mais vous n'êtes pas dans la cour d'honneur. J'ai commencé par l'exposition sur les guerres mondiales. j'ai lu les lettres des poilus qui parlaient de leur instituteur qui à travers l'histoire d'une fière nation, les avait préparé à la guerre. J'ai vu les uniformes chamarrés, la boue des tranchés, la reconstitution de la bataille de la Marne, la coupe d'une tranchée! Croisant à tous les coins des boutonneux j'étais bien content de ne pas être en sortie scolaire.

J'ai vu les fameux fusils lebel, les canons de 8, et surtout les mittrailleuses, cette arme interdite par l'église. Cette arme sophistiquée pose une question: quel est son but? N'est elle pas un point de non-retour dans l'escalade de la guerre conventionnelle?

Et puis je suis resté scotché. arrivé à la seconde guerre mondiale, j'ai vu une France défaitiste, et puis j'ai vu un manuscrit. des ratures, une écriture cursive, presque illisible. Je me trouvais devant le manuscrit griffonné de l'appel du 18 juin. Je me trouvais devant un objet d'histoire. J'ai été submergé par l'émotion: ce morceau de papier a changé l'histoire de la France. Il n'était pourtant qu'une oeuvre humaine, imparfaite, avec ses ratures et ses choix.

J'ai vu la France occupée, les lettres des fusillés. pas celle de guy moquet, d'autres, qui au delà de l'émotion mettaient en avant leur engagement politique, leur foi dans l'avenir, leur sacrifice.

Puis je suis passé au tombeau de Napoléon. étonné d'y retrouver lyautey le colonial, charmé d'y retrouver Vauban. Penché sur le sarcophage, jai songé que Charles de Gaulle, au même endroit, amené ici par son pere prof d'histoire, avait songé et pesé la profondeur de la gloire, la pesanteur d'un personnage historique à l'aune d'un hommage national. Puis j'ai bien ri en repartant en découvrant que le tombeau était bordé par la Rue Talleyrand. Quel est le sombre perfide qui a osé?

J'ai terminé par la gallerie des armes, armures et costumes. Je n'ai rien compris au mécanisme compliqué des mousquets et des arquebuses à rouet mais j'ai pu m'imaginer à quel point leur utilisation en bataille était malaisée. j'ai vu des armures royales, des arbaletes, des canons primitifs...et c'était très enrichissant pour comprendre l'histoire militaire médiévale et moderne.

Pour conclure, puisqu'il est temps d'aller acheter la carte sportive et d'aller manifester (tant qu'à perdre de l'argent...), je recommande à tous les amateurs des gloires de la France l'église st louis des invalides. ce lieu de recueillement pour les invalides, les vétérans du belliqueux Louis le grand, est ombragée par les drapeaux suspendus à ses voutes. Il m'ont rappellé cette France, premiere puissance mondiale, dont le canon tonnait du Canada à l'Inde, de la mer méditerranée à l'Allemagne, au XVIIème siècle!

Tous aux invalides!

27.02.2008

Neckartal

1336879410.jpgla vallée du Neckar, affluent du Rhin, court sur 374 kilometres (http://de.wikipedia.org/wiki/Neckar ), de la forêt noire au Rhin qu'elle rejoint dans la capitale du palatinat, á mannheim. des villes prestigieuses bordent ses rives et la polluent: stuttgart, tübingen, heilbronn, heidelberg ou encore mannheim.

Or la Souabe, région antique de l'allemagne traversée par le Neckar, est ma région d'adoption. Je connais le Neckar comme ma poche. je l'ai longé pour partir en randonnée dans les alpes avec mon premier correspondant, j'y suis tombé dedans pour la neckarfest 2003, devant le maire de béziers et d'heilbronn réunis (les deux villes sont jumelées), observé le reflet de mon premier amour il y a plus de 10 ans, traversé en courant á de nombreuses reprises pour ne pas manquer le bus alors que je travaillais á la mairie de heilbronn, de 2001 á 2004, oú encore á heidelberg, pendant mon stage á l'ecole pédagogique, et je m'y suis si souvent promené, sous les platanes de la obere Neckarstrasse qui conduit  á la rosenbergbrücke...que j'ai l'impression que c'est mon fleuve!

La Vallée du Neckar est florissante, brumeuse, industrielle ou féerique suivant le lieu oú on l'aborde. de rottweil á stuttgart cést une petite riviere plus ou moins navigable, longée par le train des Alpes. de stuttgart á heilbronn, c'est un fleuve printanier, bordé de coteaux de vignes et de mottes médiévales...et puis aprés heilbronn, les forêts remplacent les coteaux, l'azur s'efface devant les brumes de la région voisine de Franconie. on aborde Heidelberg, la perle du Neckar, comme on aborde Londres. on découvre la capitale du palatinat détruite par les francais en 1689 petit á petit, quand son chateau qui la surplombe émerge du brouillard.

et enfin, de heidelberg á mannheim, c'est la course rectiligne d'un des plus grands affluents du Rhin, boulevard de l'agglomération Rhin/Neckar, une des plus grandes conurbations d'Europe. Voilá le fleuve que je mitraille et observe alors que je me rend á stuttgart!

19.02.2008

60 millions de petainistes

12cd0b4ff338592ef283873817602851.gifJe regarde le super reportage sur l'occupation allemande qui passe sur la 2. c'est tres bien fait et presque effrayant. j'ai peur de mon pays que j'aime tant quand je l'imagine parler de la race juive dans le journal officiel de la république française. je baisse les yeux quand je vois des policiers français participer à la rafle du vel d'hiv. je ne peux accepter, même si c'est un docu fiction, de voir des français croiser des compatriotes portant l'étoile jaune sans sourciller. c'est tellement affreux. que disaient ils à l'époque? "on peut rien y faire"? "tout ca c'est de la politique"? "les allemands c'est tjs mieux que les soviets"?

et personne n'a bougé. à la libération, dans l'euphorie, il semblait que toute la france avait résisté. il n'en était rien et l'occupation est la plus grande tâche qui ait jamais sali le drapeau français. paxton, amouroux étaient là alors pour nous rappeller qu'il y avait 40 millions de petainistes en france. que la légende du bouclier pétain et de l'épée de gaulle avait du succès.

à l'aube du XXIème siècle, je m'inquiete d'une certaine passivité générale face à la politique qui décide du destin des hommes et des nations. quelle capacité d'indignation, d'émotion ou de réaction face à des mesures qui pourraient heurter les valeurs de la république, de la démocratie ou de l'humanisme? on ne peut pas tout comparer c'est évident surtout pour un prof d'histoire. mais enfin, quand on peut regarder sans bouger un enfant arrêté à la sortie d'une école au cours d'une rafle, que n'est on pas prêt à faire? quand on vote pour un homme qui pense que la pedophilie est génétique, sait-on vraiment ce qu'on est prêt à accepter? quand on regarde à la télé des policiers défoncer des portes à 4h du matin, ne faudrait il pas se poser des questions?

la France de 1940 à 1944 est allée tres loin dans la honte. de la LVF à la milice, des collaborateurs aux fonctionnaires de Vichy, les pages les plus sombres de cette si belle histoire de France ont été tournées. merci De Gaulle d'avoir été là pour nous éviter les billets de l'AMGOT et l'occupation américaine, bien méritée!

 cette période il est vrai est particulierement trouble. l'étrange défaite de marc bloch était là pour décrypter les tenants et les aboutissants du désastre auquel fut acculé la première armée du monde en 1940. et si de gaulle avait été écouté quand il expliquait son concept de blitzkrieg? et si la france avait réagit à la remilitarisation de la rhénanie? et si reynaud était arrivé à alger avec les parlementaires français tels que mendes et blum qui voulaient continuer le combat?

alors la france aurait pu écrire une des plus belles pages de son histoire.

31.01.2008

construire la France...en Ile de France?

523b6701916d772483b6be71094f94a6.jpgImaginez un pays, la Gaule. Une véritable nation (histoire, peuple, histoire, dieux)...imaginez ce pays envahi à maintes reprises (Romains, Germains). Imaginez une région entre Seine et Oise, entre Seine et Loire, entre Seine et Marne. Emprisonnée par ces fleuves et rivières comme une île. Habitée par des Francs installés là en grand nombre au VIIème siècle. L'ile de France est née.

La France n'est alors qu'un morceau de cette Gaule. Pas forcément central. Les capitales des royaumes francs des VIIème et VIIIème siècles sont plus souvent Soissons, Orléans et bientôt Laon sous les derniers carolingiens. Mais Clovis déjà distingue une ancienne métropole romaine, Lutece qui reprend le nom d'un peuple gaulois, Paris, idéalement placée autour de quelques îles qui barrent la Seine, au milieu de son parcours.

C'est ce territoire que gouverne la famille des Robertiens, une famille royale qui a repoussé les envahisseurs normands au IXème siècle. C'est sur ce territoire que va s'appuyer cette famille pour conquérir le pouvoir royal au Xème siècle. L'asseoir par une emprise de plus en plus forte au XIème. Le développer par une politique matrimoniale efficace et bien menée sur plusieurs siècles...le Royaume de France, au cours des siècles suivants, retentit des exploits des compagnons du roi, seigneurs de Coucy, Valois, Montmorency qui deviendront ducs et princes à l'époque moderne.

L'ile de France est alors le centre d'un domaine royal qui atteint les limites de la France actuelle sous Louis XIV. Cette région est bientôt la base d'un réseau de routes royales qui relie le roi à ses provinces, premier effet du centralisme et de la monarchie absolue. renforcé par les chemins de fers (1840), les autoroutes (1970), les TGV (1990's). Cette région devenue carrefour concentre alors les richesses. Paris, capitale administrative, culturelle et politique devient un de ces pôles économiques d'un monde mondialisé qui fonctionne en réseau. Le destin de l'île de France est scellé.

Il aurait pu en être autrement. On ne peut pas refaire l'histoire mais...si les carolingiens avaient repris le pouvoir fin IXème siècle, la France aurait ressemblé au saint empire romain germanique. si le duc de normandie avait vaincu le roi de france au XIIème siècle, Caen serait la capitale du royaume de France. L'influence de Paris ne serait pas si grande si un état bourguignon avait émergé au XVème siècle. mais avec des si...

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