30.04.2008

Balades aquatiques, géographiques et pédagogiques

824626874.JPGDepuis trois jours, je passe un tiers de mes journées dans le train...c'est toujours sympa, la moitié des bacs blancs est corrigée, monsieur mallausene de D.Pennac bien entamé, autant continuer! Où me mènent ces périples? Le premier, dimanche, m'a conduit à Barcelone, avec le talgo, où j'ai passé la journée avec Katrin, copine allemande, future prof de français et d'espagnol, en erasmus pour un an. J'ai découvert les ramblas bondés, les plages bondées et les petites rues ombragées du barrio gotico!

Lundi, je retrouvais Paris. Petit pincement de coeur en passant le Rhône, énorme pincement de coeur en effleurant la banlieue, à 200km / h, ses zones industrielles, son ciel lugubre...C'est aussi ma vie désormais. D'ailleurs des le lendemain je reprenais le train, ayant pour une fois un peu de temps, pour Saint-quentin (aisne). Pourquoi? Pour manger une patate garnie avec Joris, collegue expatrié...j'ai été submergé par les champs de betterave, regardé bizarrement par un indigene qui ne comprenait pas mon accent. et j'ai compris pourquoi les champs étaient verts. C'était l'occasion de deviser sur nos chers eleves (cretins de campagne alcoolisés pour lui, surexcités pour moi)...

Mercredi, je rate évidemment le train et me voila pour une heure au PMU de Chauny, à observer ce que devient une population isolée...dans le train, je lis le "monde de l'éducation", toujours avec autant de plaisir. Et me pose comme d'habitude beaucoup de questions. Sur ma notation. Est ce que mes notes et mes compositions ne sont pas des facteurs de reproduction sociale? Que dire des sous-entendus culturels qui ne s'adressent qu'aux catégories favorisées? (fils de cadres, profs, professions libérales) Que dire de mes évaluations le plus souvent normatives? Pourtant j'ai envie d'avancer sur la voie des évaluations de compétences...mais comment? Quid des programmes du primaire? 5 heures pour les sciences, l'histoire, la géo, l'éducation morale, dans la semaine, ca va être chaud...Surtout quand le programme s'étire et de disciplinarise! Quelle bêtise, c'est plus de démarches transversales qu'il faut, à tous les moments de l'éducation!

1214231170.JPGQuand penser à tout ca? Dans la piscine! Depuis hier je me suis jeté à l'eau (et d'ailleurs j'ai bu la tasse), j'ai découvert les piscines municipales qui ressemblent à des periph sans bouchon...et sans musique...j'ai appris à respecter les priorités, à bifurquer pour éviter les collisions, à éviter les crawleurs et leurs bras, les brasseurs et leurs pieds...Tout ca, ca se gere!

25.03.2008

blasé à 24 ans

1878563808.jpgdécidément c'est pas très politique ces temps-ci...mais bon avouez que passer un week-end dans le sud à dormir ou à faire des excursions sur la costa brava sous une pluie torrentielle c'est pas jojo non plus. J'a bien reconnu le sens du commerce des catalans qui sur la plage ont rangé les chapeaux et ont sorti des emergency ponchos à savoir des capotes géantes pour répondre aux attentes de touristes trempés. à noter aurelie sous les trombes d'eau a quand même essayé de négocier le prix du parapluie c'était courageux. mais pas crédible!

blasé de quoi alors? oh les motifs sont larges (et variés). Pourquoi je dis rien sur la politique ces temps-ci? parce qu'il y a rien à dire...quelques guerres civiles par ci par là mais bon qui décide de quoi on parle? c'est pas moi. j'avais qu'à passer les concours de journalisme apres le bac j'aurais été plus utile que comme militant. et pourquoi pas parler de mon engagement alors? Parce que là aussi ca blase sévère. toujours les mêmes reproches. toujours les mêmes discussions. Toujours les mêmes postures (et moi je suis plus à gauche que toi gnangnan)...depuis que j'ai 19 ans je baigne dedans. secrétaire général de l'Unef Montpellier à 19 ans, j'ai eu le temps de m'user! J'ai depuis remarqué que la hauteur du militantisme est toujours inversement proportionnel à la vigueur des critiques. Mais passons et ne soyons pas trop précis.

Vous me direz, reste d'autres domaines pour s'épanouir. évidemment. Prof à 22 ans, j'ai eu le temps de remarquer que contrairement à "ce professeur, ce simple professeur, (...) qui était là pour ceux qui n'avaient rien" de goldman (changer la vie) moi j'étais surtout là pour les fils des classes moyennes qui comprenaient de quoi je parlais. pour le reste je sauve que tchi. Bon apres je peux leur apporter des biscuits espagnols et leur faire des petits jeux sympas sur les romains, de là à changer la vie...

Mais reste évidemment l'épanouissement évident de ma vie personnelle!! Pourquoi n'y ai-je donc pas pensé plus tôt. Je n'en peux plus de la région parisienne je veux me casser et je peux pas. des qu'on me laisse m'échapper j'émigre (à Berlin si possible). Je n'en peux plus de ce ciel gris, de la pollution, de mon appart qui tourne à la porcherie. J'en ai marre de retourner à l'état d'ado boutonneux qui retourne fébrilement les pages du repertoire en faisant des croix. je croyais cette époque révolue avec les derniers épisodes d'american pie, raté.

Ouf ca fait du bien là.

Il est où le ciel bleu????

22.03.2008

Le Languedoc, Béziers, les misérables...

490072843.jpgJe suis à Béziers et il est impossible d'expliquer à quel point c'est bon d'être chez soi...j'ai vu le paysage changer, accoudé au wagon bar du TGV où je corrigeais mes copies. La banlieue qui s'éloigne, les gares traversées en coup de vent, puis les plaines agricoles de la Beauce, si vides. La traversée du Morvan, inquiétante avec ces vallées oubliées et ces brumes qui les étreignent me fascine. enfin, le Sud, la vallée du Rhône. et Enfin...vous vous en souvenez certainement...on quitte la vallée du Rhone et on passe à travers des cailloux, une montagne coupée en deux...on ne s'en rend pas compte mais on entre en Languedoc. Moi je m'en rends compte.

Mein Land! Au delà d'une histoire chevaleresque, cette zone de passage me rend toute ma joie. Finis les cris des élèves, les usines du RER C, les garages de la RN7, les bousculades de la station BFM...fini tout ca. au milieu des garrigues, ces petits buissons secs, des vignes vertes; rouges et jaunes, de ces montagnes des Cevennes qui bordent l'horizon, je suis chez moi. C'est mon pays! Je l'ai parcouru de long en large! C'est le département de l'Hérault! Cette corniche, ce lagon qu'on emprunte de Sete à agde. cette métropole, Montpellier, où le TGV s'arrête. Et enfin Béziers.

Béziers, c'est une ville oubliée. des clochards qui boivent sur le quai de la gare aux boutiques fermées du centre-ville, on comprend qu'on a changé de ville. Anthony vous en parlerait mieux que moi. le responsable du groupe local du MJS a décidé de lever le voile sur ce qui se passe dans la gauche biterroise, sur ce "clan" qui a mené la bataille des municipales et que nous ne laisserons pas accumuler défaite sur défaites. retrouvez ses chroniques de campagne sur www.anthony-florins.com!

Alors je m'apaise. Je me reconstruis. Et y a du boulot. Et quand je suis à bout, vous avez pu le remarquer je lis. mes classiques. quelque chose qui me détache du monde. Pas besoin de corde pour se pendre, les "misérables" de Victor Hugo sont là. Mes héros, mes maitres, ces écrivains, ces poètes et ces peintres du XIXème siècle, Stendhal, Hugo, Dumas, Friedrich, Heine, ont voulu faire exploser la littérature et la poésie, écrire les sentiments, peindre les âmes, faire pleurer et rire le papier et la toile. Par l'ombre et la lumière. Je les félicite, la passion qui les animait traverse les siècles et soutient toujours les âmes en peine (la preuve). Les misérables de Victor Hugo, c'est un combat contre les préjugés, contre la misère qui perd, contre la bien-pensance qui fait regarder de haut ces miséreux qui ont surement trouvé ceux qu'ils cherchaient. Certains de mes camarades liraient avec profit (p 261 édition folio classique) le chapitre où Fantine devient prostituée. Vendre son corps, chers camarades, ce n'est pas vendre un service marchand...mais on en a assez discuté avant le congrès!

26.01.2008

de la vie parisienne à l'enseignement banlieusard

b4ef2425fad0e04ee180e3663d55580c.jpgla vie parisienne? il s'agirait de ces gens qui marchent à 10km/h dans toutes les directions et sans se crasher pour la plupart du temps, dans des pôles multimodaux tels que BFM, chatelet, la défense....c'est cette ville où tout le monde est habillé comme dans une fac de droit. C'est cette foule nerveuse, pensive, bigarée qui même observée à quelques mètres de distance ressemble à un flux humain qu"on s'imagine visible de l'espace. c'est cette vie où il n'y a pas de weekend, pas de soir, pas de temps mort, pas de ciel noir, et heureusement un peu de bière et de vin des canaries (merci au passage!)

la vie parisienne c'est aussi: parler sans "euh" à la fin des mots (à la fin des phrases j'ai arrêté depuis les interv en CN de l'unef), une politique exacerbée, concentré des problématiques, des evenements et des tensions nationales...c'est aussi ces livres des bouquineries de st michel qu'on feuillette quelques instants avant d'aller en réunion, ces petites patisseries qu'on n'a pas le temps de savourer tant le temps va vite dans les rues de paris.

évidemment un jeune provincial muté à Paris n'oublie pas pourquoi il est là. pour enseigner en banlieue. c'est fatiguant. c'est frustrant car on n'est pas forcément au top en début de carrière (même si je suis très content de mes dialogues d'intro sur la grece en 6eme). c'est fatiguant quand on a pas envie d'être autoritaire. heureusement que 3 classes sur 5 n'en ont pas besoin. pour les autres, le fouet visuel ne suffit malheureusement pas!

Heureusement en banlieue il y a aussi...Razzy!

 

20.01.2008

états d'esprit

d77c456ba8778e4e273e839fb3cc5eb0.jpgLa vie politique et militante n'est pas toujours facile..il y a les défaites évidemment mais il y a aussi les camouflets, les coups bas, qui soi-disant nous apprennent à sortir de la naiveté dite 'bisounours' des organisations de jeunesse. Ne comprendront ce post que ceux qui connaissent l'histoire du 9 décembre (sympathique lendemain de mo, anniversaire).

au delà de me poser des questions sur mon engagement, qui sont résolues...(je vais pas me laisser intimider par des pourris qui ont justifié le vote FN et l'abstention), j'essaie surtout d'oublier un moment pour mieux revenir...

ET CA VA MIEUX EN LE DISANT!

Le talon d'achille du militant c'est le moral. quand le moral est touché bonne chance. c'est l'espoir qui fait vivre. et pourtant là aujourd'hui je dois me distraire...me distraire c'est...

- retrouver mes classiques. victor hugo, stendhal, dumas et c'est reparti. un monde s'entrouve et je m'y engouffre!

- grin

- mes élèves. demain j'aurais sûrement autre chose à penser...

- mon engagement francilien. jusqu'au 26 c'est bouchées doubles pour lancer la campagne

- et jouer à la console avec mes colocs...quand je les croiserais!

24.12.2007

"dis-donc au PS vous dormez depuis 6 mois?"

De retour à Béziers, je retrouve ma famille et mes amis....parisiens depuis peu! au menu, au delà de l'empire state burger, nos carrières et vies respectives, bons souvenirs de la maternelle (julien notamment), trap trap au collège (alban, nico B, nico A et arno B), aux soirées arrosées du lycée....en compagnies de mes chers amis ingénieurs, vendeurs, futurs policiers, étudiants en informatiques et autres concepteurs de pubs, on concoit surtout des blagues...et pourtant mes chers amis connaissent mes engagements, s'informent toujours de mes activités, toujours avec sympathie, curiosité...mais sans complaisance!

"alors toto vous foutez quoi au PS?"

oui ils font pas la différence entre PS et MJS, genre je suis le pote à francois et je prends le petit dej tous les matins avec segolene!

et vous voulez que je leur dise quoi? Qu'on a encore certains candidats qui ont entendu les bombes de la seconde guerre mondiale? Que notre projet (déclaration de principes du parti) date de 1990? heureusement il y a les erreurs du camp d'en face, de l'augmentation de 172% aux tests ADN. mais on ne peut pas toujours compter sur les erreurs des adversaires. heureusement il y a julien qui a entendu parler de Razzye!

Alors voilà parler politique avec mes chers amis, je le fais avec plaisir car je n'ai pas envie de les convaincre.mais c'est toujours tres interessant de recueuillir leurs impressions, leurs avis. voir qu'il ne connaissent pas le nom du candidat PS aux élections municipales à Béziers par exemple. voir que leur connaissance de mon parti se limitent à ce que les médias leur en disent.

tres inquietant.mais au moins ce constat permet d'être lucide. Le Parti Socialiste doit revenir à ses racines militantes et ne compter sur personne pour diffuser ses idées gratuitement!

07.12.2007

Vivre et partir ou rester et mourir...

05.12.2007

Le malaise des villes moyennes

2e0c9f3921efa3a658c6b3f8965426f8.jpgparticulièrement impliqué dans les élections municipales à Béziers, ville de 70000 habitants, je ne peux qu'être désemparé devant les problèmes des villes moyennes. envie de jouer dans la cour des grands mais sans les moyens qui vont avec. envie d'offrir des perspectives à une jeunesse qui part dans les grandes villes sans avoir la possibilité de construire les infrastructures culturelles, éducatives necessaires.

Les villes moyennes sont caractéristiques de la "province", comme on se l'imagine à Paris: indolence, peu de cadres et de professions intellectuelles, petites histoires locales. elles offrent pourtant d'immenses possibilités de maillage du territoire. ce sont des villes à taille humaine. il ne faut pas les mépriser. parlons de Béziers. les premiers employeurs sont la ville et l'hopital, suivis par les supermarchés. c'est le symbole d'une ville de consommation et non de production où le vrai centre-ville est le centre commercial. c'est grave, pour le vivre-ensemble, la mixité sociale, et l'avenir des jeunes.

regardons St Quentin et Amiens (où j'étais ce matin), Alès ou encore Narbonne que je connais mieux: aucune politique cohérente et raisonnée de développement dans ces villes de droite. on refait les trottoirs, on met des fleurs aux rond-points, on construit de ci de là une médiathèque, une zone commerciale...ces villes dorment.

j'ai une véritable passion pour ces villes. une meilleure gouvernance servirait la croissance française. cette meilleure croissance s'appuierait sans doute sur l'annexion de villes voisines pour en faire grossir la taille critique comme on l'a fait en Allemagne. elle s'appuierait sur des regroupements de com d'agglos pour favoriser les grands investissements, sur des aides de l'état fléchées vers les projets cohérents de développement économique et social qui intégrent une certaine valeur ajoutée, de production, pour la ville, alliant entreprises, recherche, éducation, développement durable et tissu associatif.

Pour béziers, j'y travaille!

25.10.2007

Un nouveau quartier à la Courondelle: le MJS s'inquiète!

Si la construction d'une école à la Courondelle annoncée mardi est une bonne chose (mais comment la faire fonctionner quand l'UMP, chère à M. Couderc, supprime des postes d'enseignants?), l'animateur fédéral du MJS 34, Nicolas Anoto, dénonce le développement infini de Béziers vers le Nord et l'Est. Ce développement incohérent présente des dangers:

- moins de vivre-ensemble, quand des structures publiques ou collectives (associations, réunions, jeunes) insuffisantes sont prévues dans les nouveaux quartiers: vive l'individualisme!
- un environnement dégradé: plus d'inondations avec la bétonnisation des sols, plus de pollutions avec les déplacements en voiture vers un centre de plus en plus lointain.
- plus d'inégalités sociales: la droite municipale fait des cadeaux aux promoteurs immobiliers mais laisse les quartiers insalubres du CV à l'abandon!

Les municipales approchent! Ce sera pour les jeunes socialistes de Béziers l'occasion de porter son projet, à gauche, d'une ville dense et durable, pour changer la ville et changer la vie! Réhabilitation du centre ancien, couloirs de bus, services publics de quartier, contrairement à ce que laisse entendre la droite, un autre avenir pour Béziers est possible, à gauche!

12.10.2007

les brumes du Rhône, ode au TGV (sonnet en décasyllabes!)

Nuages et rives se confondent,

Fleuves,  vignes et champs se succèdent,

Au fil des routes, le train vole et court,

Le sol vibre d'Arles à Bellecour.

 

Jardins maraîchers, et prairies vides,

Bordent les voies, et les barricades

Qui les gardent, n'empêchent pas le jour

De chauffer les gros wagons, tel un four.

 

Des Alpes aux Cevennes, du Rhône à la Saône,

Des tunnels aux collines éventrées

le TGV fait souffler un vent frais.

 

Il transperce les brumes et l'air givré,

Sous les yeux de voyageurs effarés,

De débarquer si tôt sur la Seine. 

 

 

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