06.09.2009
Rentrée, personnelle, syndicale et politique
Un article de rentrée c'est la pure des politesses. Cette rentrée est assez particulière pour moi...Pas d'école. Cette année, je n'ai pas eu droit au speech du principal, à ma première classe, au stress de la récré et autres "rites" éducatifs. Celà me manque tristement, mais je ne me rends pas encore compte. Le combat pour l'éducation continue. Les postes sont supprimés, l'avenir se ferme pour des milliers d'étudiants qui préparent des concours. La grippe fait sujet de conversation, placer les enfants devant la tv suffirait à remplacer les profs. C'est la rentrée politique. Ali Bongo en président du Gabon nous rappelle que la France, au vu du poids de l'entreprise Total dans le pays, n'a pas toujours les mains blanches. Des figurants accompagnent le président qui visite une usine, le MODEM propose des "réunions de l'alternance" comme si les défis du XXIème siècle étaient solvables dans un consensus mou uniquement basé sur les questions de société.
Et pendant ce temps là, tous les matins, le 180 et la C m'amènent vers le 10ème arrondissement où je travaille, au 3eme étage. Questions de collègues mutés sur 3 établissements, questions de professeurs qui vont passer leur vie dans les transports, lecture d'articles sur une politique réactionnaire et "communicarde" du gouvernement, et quelques moqueries sur les gestes barrières...Qu'est ce que je fais au syndicat? Au delà des urgences de la rentrée des enseignants, je vais bientôt me lancer dans les élections au conseil d'administration des lycées et des collèges. En effet, depuis 1985, les EPLE sont animés démocratiquement par des représentants des enseignants, des collectivités territoriales, des usagers parents et écoliers et des équipes de direction. Au delà des questions de gestion que j'ai appréhendé l'an dernier lors de mon premier mandat, je pense qu'il faut aller plus loin. Les établissements doivent mettre en place chaque année un projet éducatif largement élaboré par parents/élèves et collectivités territoriales, qui associe les équipes pédagogiques! Et mon boulot, c'est de motiver mes collègues pour monter des listes et décliner les valeurs et les propositions du SE-UNSA dans les centaines d'établissement de l'académie de Versailles, mais aussi de les aider pour être entendus, porte-paroles de leurs collègues et acteurs efficaces de la vie de l'établissement!
Mes journées sont bien occupées, et ces derniers temps, je redécouvre les valeurs de l'engagement...en discutant avec des nouveaux militants! 6 ans déjà que je ne me demande pas pourquoi je milite et pourquoi je pars à 6h du mat pour distribuer des tracts devant un lycée situé à 60km de ma maison...Oui parce que je pense que faire de la politique c'est jouer au sims et à plus ou moins long terme, influer concrètement sur la vie. Trop facile d'être fataliste. Et je suis de gauche parce que rêveur passionné, que le combat pour la justice, l'égalité et la liberté a fait vibré tout au long des livres d'histoire lus et relus. Mais l'expliquer, le diffuser , et convaincre surtout, ce n'est pas si facile.
Prochain article, l'échec scolaire!
23:52 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.08.2009
Du Danube à la Baltique
Il y a une semaine, chargé de valises, je prenais le train pour l'Europe de l'est. Comment résumer ces 4000 km avalés en 74 heures de train, de Berlin à Budapest et de Varsovie à Zürich? C'est à peine moins que Napoléon en 10 ans, mais pas avec les mêmes moyens de transport!
Tout d'abord, malgré d'excellents moments, une certaine désillusion: j'ai vu de très beaux paysages, au Lac de Neuchatel en Suisse par exemple, passé de bons moments, au bord de la mer Baltique, sur l'île de Rügen, rêvant sur la promenade des remparts de Buda, me relaxant dans les thermes de Pest, certes...mais je n'ai connu ni le dépaysement ni l'acculturation. À part un sandwitch bizarre au Bismarck (un poisson?) sur l'île de Rûgen et un resto sur les bords du Danube, j'ai peu mangé de plats pittoresques. Beaucoup trop de Francais, de touristes, et de Burger King, de Munich à Varsovie! Toutes les capitales et toutes les banlieues se ressemblent!
Je suis décu par ce monde uniforme où toutes les musiques, toutes les modes et toutes les publicités se ressemblent...comment s'en échapper? Je n'oublie pas les bons moments. Aventures et cocasseries due à la malchance qui caractérise Hanna et moi, les délices des thermes et des cafés de Berlin et Budapest, les siestes sous le bastion des pêcheurs de Buda ou à Ostseebad/Binz...
Mais je n'ai pas réussi à m'échapper...perclu par ces maudites couchettes, avachi sur la banquette des trains suisses, j'ai quand même fait un vrai voyage roots où on ne se douche pas tous les jours.
Merci au pass interrail (160 euros pour 10 jours dont 5 jours de voyage) qui ne nous a pas empeché de découvrir les « youth hostels » tels que le meininger hotel de Berlin ou le marco polo de Budapest, à 50 euros la chambre double, avec ses chantiers en contrebas, actifs dès 6h du mat...J'ai usé mes sandales sur « Unter der Linden », contemplé un coucher de soleil sur la citadelle de Buda, perdu tous mes cadeaux berlinois au Deutsches Historisches Museum où j'ai pris de splendides clichés...et certainement pas perdu mon temps! J'ai commandé un train de nuit en langue des signes hongroise, visité les urgences de l'hopital de Berlin, bu un jus betterave/celeri au Kaufhaus des Westens (KADEWE) de Berlin, et dévoré pas mal de saucisses de Debrecen, et tout ceci, vous vous en doutez, est inoubliable!!
Des prochains voyages? La Baltique. Une soirée Vodka en ex-urss...et beaucoup d'autres choses!
17:41 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyages, budapest, berlin, europe, interrail
26.07.2009
péripéties touristiques et activités estivales
La tête posée lourdement sur les mains jointes, agrippé à la serviette qui recouvre les carreaux de la piscine d'Orange, mes oreilles bourdonnent: mes plongeons ne sont pas encore au point! Ces vacances d'été 2009 sont particulièrement calmes et réparatrices. Téléphone éteint, sandales et maillot vissés au corps, j'aurais presque tendance à oublier ma vie francilienne de prof militant...
2 mois de vacances c'est beaucoup. trop diront certains, comme dans "la sécurité de l'emploi" des fatals picards. Et bien je leur donne raison. L'année scolaire doit être allongée pour permettre des journées de travail plus courtes. Une partie doit être utilisée comme outil de formation pour des enseignants, les cadres les plus qualifiés de la fonction publique à l'issue de la masterisation annoncée des concours de l'enseignement pour la rentrée 2010.
Mais revenons à nos brebis. Après une semaine parisienne, le 15 juillet m'a vu reprendre l'A6/A7/A9, route du sud et des embouteillages. Des projets plein la tête, pour l'an prochain, j'en reparlerai, pour irriguer mon cerveau d'idées nouvelles (mes autres articles parlent de ces lectures), mais aussi plus concrètement, de projets de voyage...La panne de ma voiture, hier, à Aimargues, remet un peu en cause tout celà, mais il y a encore 24h, je me voyais bien, chassant l'ours des Carpates avec Hanna, à la frontière slovaquo-ukrainienne...Touchons du bois!
Cet été est beau. Pas que les plongeons ratés. Mon éducation culturelle se poursuit: je suis allé au festival d'Avignon! Dans une carrière surplombée d'étoiles, j'ai vu un spectacle de flamenco contemporain (http://www.laprovence.com/articles/2009/07/18/867320-Au-p...) d'Israel Galvan, à la carrière de Boulbon...j'ai vu un danseur exceptionnel, une mise en scene interessante (à part l'introduction avec un mec qui gratte le sable en trépignant qui m'a un peu intrigué), un spectacle son et lumières éblouissant! L'été continue, à Béziers, et, j'espere, ailleurs, avant de revenir à Paris! Le bus de La Rochelle ne se remplira pas tout seul...je m'y attelle demain!
11:27 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vacances, provence
24.06.2009
Chaleur, langueur, et doutes éternels!
Vacances. Il est 15h45, je suis assis dans un café de Vitry, écrivant un rapport sur l'organisation interne des organisations de jeunesse que personne ne m'a demandé d'écrire. Mais il faut bien s'occuper. Pas de copies, pas de cours à préparer, mon CCR est démobilisé pour cause de chaleur, le congrès approche, je ne sais toujours pas ce que je fais l'an prochain, alors, ma foi, mieux vaut travailler pour oublier! Demain, conseil général de l'essonne avec les troisieme. Ce weekend, repas avec mes parents, réunion du PS, soirée barbecue avec Aurélie, et surtout, surtout, plage! pour fêter la fin des épreuves? :-)
L'année est passée à une vitesse folle. Les questions se sont superposées, ne sont pas toutes résolues mais ont été posées. Sur les choix de carrière que j'ai fait en refusant la section internationale du lycée de Pau, en février, qui ne correspondait pas à mes projets personnels. Sur les choix professionnels que j'ai fait et qui auront des conséquences, s'ils aboutissent, sur les deux années à venir...dur de concilier une vie professionnelle intense de prof de collège et un militantisme exacerbé par les mille et une spécificités de la région parisienne, je l'ai appris cette année à mes dépens. Aux dépens de mon sommeil, de la texture de ma peau aussi, j'ai envie de dire...
Et pourtant, qu'est ce qu'elle etait bien cette année. Un domaine était particulièrement épanouissant, en tout cas en Ile de France...la classe. A travers toutes les fatigues, toutes les déceptions, chaque cours m'a ressourcé tout au long de l'année. J'ai beaucoup aimé mes sixieme, mes troisieme et mes premiere, et cette semaine c'était le moment des adieux. Petit prof remplacant, je ne reste pas l'an prochain. Brefs, empressés parce que le temps des adieux est réduit au minimum dans des cours où tout va vite, où l'on ne peut rien dire sans balancer 3 punitions, où le moindre avion qui passe est sujet à débordement...L'année était stressante, mais ces merveilleux élèves m'ont montré à la fois mes limites pédagogico-professionnelles (non je ne suis pas le sauveur suprême), les limites structurelles du système éducatif que j'ai bien pu appréhender en étant élu au conseil d'administration et de discipline...mais aussi le formidable métier d'enseignant, avec ses rires, ses sourires, et ce parent d'élève qui, à la fin de l'année, m'a dit que j'avais fait aimer l'histoire et la géographie à son fiston...
L'année est finie, ces mille et uns souvenirs me suivront...dans les défis qui m'attendent! Lesquels? Réponse à la rentrée!
PS: oui, en y réfléchissant peut-être, au delà de la classe, hanna a quand même participé au bon déroulement de cette année, sans immolation par le feu devant l'église d'Orange...si les lecteurs se demandent pourquoi je passe autant de temps sur mon balcon ou dans le train...hanna le sait!! :-)
16:18 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.05.2009
réformes, sangliers et soucis quotidiens
Il est 15h, et il s'en faut de beaucoup que je ne me couche sous la table pour dormir. Au deuxieme étage d'un immeuble du faubourg St Martin (Paris X), ancien siège parisien de la puissance FEN, je rassemble la presse éducative du jour. sanctuarisation des établissements, rapport Apparu sur la réforme des filières, table ronde sur le lycée des métiers, il faudrait pouvoir réagir à tout. Réagir sans rester dans la défensive, réagir à plusieurs sujets sans être verbeux et vague, réagir quand les multiples suppressions de postes nous assomment, réfléchir quand; malgré tout on se retrouve dans certaines réformes, tout en combattant leur logique...
Mais raisonnons chronologiquement. A 6h50, le réveil sonnait, mes yeux s'ouvraient, mes pieds se levaient et comme un somnambule je marchais vers la salle de bains, m'enfouir sous l'eau brûlante, pour classer mentalement, profitant de mon ébullition cervicale, mes dossiers de la journée...mes leçons d'abord: il faut finir la séquence sur Rome en sixieme et commencer les grands débats de la démocratie en troisième. Quelle évaluation? Quelle entrée en matière? Au delà d'une simple préparation technique routinière, il faut faire des choix. La buée du miroir m'évite de voir mes cernes, je m'habille et saute dans la voiture: france inter parfait mon réveil...
Ou pas. France inter me rapelle surtout à mes responsabilités politiques. Le grand débat du jour? Les portiques à l'entrée des écoles, la fouille des cartables, les missions Apparu...j'ai rédigé un communiqué de presse http://mjs-idf.fr/2009/05/education-la-droite-ne-reussira... très mitigé: rien sur le fond de la réforme, tout sur son contexte négatif et la logique gestionnaire du gouvernement. Comment se prononcer sur la redéfinition des cycles de formation et sur une réforme "light" du lycée que je trouve satisfaisante par certains aspects (travail personnel, accès à l'enseignement supérieur des bacheliers technologiques, casse des filières sélectives, réforme de l'orientation) mais que je désapprouve comme incomplète et pour laquelle mon syndicat pose la question des moyens http://www.se-unsa.org/spip.php?article1684? Comment, comme france inter le remarquait, ne pas se faire avoir par la droite en parlant sécurité alors que le vrai débat doit être l'Europe sociale?
Mais, le ronronnement de l'A10 ne répond pas à ces multiples questions. Il faut déjà sortir de la voiture, s'extraire de cette carcasse matérielle pour pousser poussivement sa propre carcasse vers la salle des profs. Imprimer ses polycopiés. Aller chercher la sixieme sage qui porte des cartable dont le poids augmente visiblement après le 2ème étage, soutenir pratiquement les élèves les plus fatigués pour arriver au bout du couloir...Et finir ce satané empire romain. Dernier chapitre? La romanisation de la Gaule. Spécial kassdedi à nos ancetres les gaulois. Un merveilleux exemple de cours dialogué: "et donc les druides sont connus pour cueillir dans les arbres..."du sanglier monsieur!" Oui presque...Mes classes s'ébrouent, P. a faim, S. est toujours aussi agitée, N. toujours perdu dans ses nuages...
A midi, je me retrouve à l'arrêt de bus, croisant mes élèves qui vont manger. Je pars pour solfé, puis pour mon syndicat, un chinois (enfin un menu quoi) coincé dans la bedaine, mon agenda google se déroulant dans ma tête pendant que mon MP3 décline les aneries stridentes et cajolantes de Kelly Clarkson et Taylor Swift...Conventions, réunions, RDV, diffs, meetings font de mes journées un patchwork, relié par un tissu de transports collectifs qui laissent peu de place au sommeil...Du metro, je ne vois rien, perdu dans "fortune de France" de Robert Merle, mon unique souci c'est la construction d'un royaume de France divisé par les Grands et les fanatiques. Je m'interesse à la vie de Pierre de Siorac comme à ma propre vie...en spectateur!
16:30 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.05.2009
Le marteau, l'enclume, les Romains et la cuisine souabe
Bon...ce titre fait un peu inventaire à la prévert, et malheureusement ni le marteau, ni l'enclume ne lisent ce blog. Mais, les 22 autres personnes qui partagent mon statut comprendront un peu mon sentiment de neurone irresponsable. Romains et cuisine souabe...Quel rapport avec la sauerkraut, me direz-vous! Celui d'être le sujet de mes deux prochains cours, en sixieme, et en section européenne...Et j'aime bien réfléchir un peu à mes sujets avant de les mettre en scène, en place, en oeuvre dans ces 50m² de classe de one man show quotidien.
Rien n'est facile. Je ne parle pas d'un certain échelon territorial et organisationnel, ni d'une campagne dure à démarrer (http://psbeziers2.hautetfort.com/media/02/00/33768990.pdf). La caravane du MJS qui a arpenté les départements franciliens ce weekend a bien montré que le débat n'était pour ou contre l'Europe mais bien quel projet nous voulions pour l'Europe: un supermarché ou un espace de libertés ou de droits? ( http://mjs-idf.fr/2009/04/la-caravane-leurope-gauche-main...)
Rien n'est facile...la leçon d'éducation civique s'est bien passée mais dans certaines classes, j'ai perdu un quart des élèves....Parce que notre éducation est républicainement élitiste (cherchez l'erreur) et parce que la pédagogie différenciée est une vaste blague, surtout dans mes cours. Mes cours de géographie sont fabuleusement désorganisés, la sixieme folle me fait la tête et la sixieme chiante fait grève. Heureusement, reste la sixieme sage pour qui le rhum est un héritage du monde romain...
Les Romains, parlons-en! J'ai enfin démarré ce grand chapitre d'une grande civilisation qui me passionne, d'une cité qui a conquis le monde connu et développé une bureaucratie qui me laisse reveur...La Rome antique, j'en ai bavé à la fac et au CAPES pourtant! Mais je ne m'en lasse pas. Commencons donc par évoquer les héritages de cet empire, dans notre culture, notre paysage, le vocabulaire de notre vie quotidienne, dans la politique notamment. Ca fait deja une bonne intro. Ensuite on peut suivre un bon vieux plan chronologique avec la légende, la république (et l'invasion de l'Italie), puis l'empire (et la conquête du bassin méditerranéen). On peut passer rapidement sur le bas empire pour embrayer rapidement sur la Gaule romaine. Le problème c'est que mon bouquin est pourri. Ensuite, le but, c'est quand meme de varier un peu les plaisirs: arriver à raconter une histoire (spoutch le raton laveur ne suffira pas pour les sixieme sage), faire travailler les élèves sur les historiens antiques, de sympathiques cartes à colorier, et appréhender aussi une civilisation dans son système politique (schéma) et son organisation sociale (récit).
Good luck, en bref! Et la cuisine souabe alors? Et bien mes charmants lycéens en ont ras la patate de mes lecons sur l'Europe économique, la directive Bolkestein et le budget de l'UE. Mes projets de suivi de campagne électorale ne leur ont pas trop plu on va donc s'intéresser aux particularismes régionaux, à travers leur histoire et leur gastronomie! deux cours passionnants en perspective! L'Europe, ses états et ses régions: je vais donc m'interesser à l'histoire de la Baviere, de la Prusse, de la Saxe au XIXème siècle (et donc commander la salle informatique), mais aussi au vocabulaire de la cuisine: la gastronomie des Länder en pratique, et en exposés! Et en dégustation avec des productions de spätzle, knödle et quelques patisseries bavaroises de type apfelstrudel pour renouer avec la pédagogie du chocolat!
13:32 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cours, prof, education, histoire, allemand, cuisine
01.04.2009
Bronzette partisane
Allez hop je me donne 7mn pour alimenter mon blog, ma journée de repos est assez intense, je ne dois pas trainer! Il y a quelques heures, j'étais sur mon balcon vitriot, le soleil tapait sur mes habits sombres, la cloche appellait les paroissiens à s'agenouiller sur les bancs usés d'une charmante église de campagne du XIIème siècle...noyée aujourd'hui dans la suie polluée d'une banlieue parisienne, aspirée de nos jours par les grands immeubles de la petite couronne.
Je pensais au Sud...à ma section où s'organise un super débat européenportiragnes.doc, à Montpellier où mon collègue Michael apparaissait brillamment dans "Montpellier plus" (http://www.facebook.com/ext/share.php?sid=67095789817&...), ou encore à mon meeting de demain, cette fois à Paris: MEETING.jpg. Que de réunions, que d'interviews, que de rappels...qui suffiraient à peine à animer mon existence, alors que ma vie devrait s'organiser autour de la correction des 180 copies que j'ai ramassé en deux jours: du territoire américain à la vie culturelle antique, je vais en baver...
Bon j'ai déjà largement dépassé mon temps d'écriture alors que la liste des tâches quotidiennes s'allonge...heureusement égayée par la lecture quotidienne du "monde"! Le monde de l'éducation est mort, j'y étais abonné, on a donc compensé cette immense perte par un abonnement de 6 semaines au quotidien. Why not?
Tant de choses à dire et à faire. Commenter l'actualité internationale? Je ne m'y risquerai pas, même si le G20 et la réorganisation des échanges planétaires ne me laisse pas indifférent. Réagir aux réformes éducatives du gouvernement? Des IUT à la voie pro en passant par les évaluations CM2, la formation des enseignants et la réforme du statut d'enseignant chercheur, je m'y perds, c'est d'ailleurs bien le but du gouvernement...Dur de militer efficacement, à la fois dans le champ politique et dans le champ syndical! Une chose est sûre pour mon parti: La réaction à l'actualité sur le court terme ne peut se passer d'une orientation et de chantiers de long terme pour dépasser et rediriger l'agitation médiatique et l'activisme communicationnel d'un président moins connu que sa femme, selon le Times...
Alors que faire? La saison 6 de la maison blanche ne va pas tarder à atterrir dans ma boite aux lettres, tandis que le TGV m'amenera ce weekend dans la vallée des fruits et des légumes..." Monsieur, vous avez mal à la tête, vous voulez aller voir l'infirmière?" me demandait un élève de la sixieme sage...Non, je n'irais pas voir l'infirmiere, mais mes troisieme bavards et mes sixiemes tarés me rendent dingues....tout comme les conseils de discipline et les conseils de classe, tout comme les banalités de tout ordre que j'entends sur l'Ecole. Je veux mieux faire mon métier, je veux influer sur les politiques éducatives, comment? Je m'interroge!
15:26 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.03.2009
RER
11 jours sans écrire. On pourrait se dire que je suis trop occupé. Ou que je n'ai rien à écrire. Ou que je me détourne de ce blog plutôt régulier depuis deux ans presque. Et bien toutes ces raisons ont leur fondement. Je n'ai pas grand chose à écrire. Mes élèves sont sages, mes lecons assez banales (guerre froide et grèce, pas de quoi fouetter un chat), et j'avais pas le coeur à écrire. Peu de temps? Pourtant, depuis un mois, j'ai réduit de moitié mes engagements, la fatigue était trop forte, tout comme l'impression d'avoir atteint les limites de mon investissement physique et moral...je vous rassure, toujours l'envie de militer, mais seulement, l'indicible impression d'avoir quitté la route goudronnée des objectifs précis pour le chemin de terre rempli de nids de poules et de certitudes effilochées. Il me faudrait retrouver l'autoroute de l'espoir et des réalisations réalistes. De plus, j'ai compris pas mal de choses et revu mes priorités...
et pourquoi parler de RER alors? Quelle choucroute et quel genou hein? Le RER, c'est ma vie, symboliquement, tristement, symptomatiquement, en rêve et en réalité. Le RER, c'est mon vélo, celui qui me transporte trois heures par jour, dans la semaine. Le RER, c'est ce truc qui roule vite et ne s'arrête jamais, un peu comme moi quoi. Le RER passe des franges campagnardes aux banlieues crissantes en passant par la capitale stridente, comme moi...quand le RER est fatigué, il s'arrête entre deux stations, et fait chier tous les usagers...de la même manière, quand je suis épuisé, comme actuellement, je tombe malade et j'embete tous mes camarades. même combat.
Le RER, c'est la machine des banlieusards. Chaque matin, elle transporte ses pauvres ouvriers qui travaillent à Rungis, fatigués, très fatigués, qui dorment appuyés contre la vitre, bercés par un RER bringuebalant, pendant que je lis béatement, la Seine sur mon côté gauche, les cités moches de Choisy et d'Orly sur mon côté droit. la machine des banlieusards, c'est la musique des rapeurs qui sort puissamment des écouteurs de l'autre côté du wagon (vive les sourds), ou encore ces personnes agées, que je m'étonne toujours de croiser: on peut vieillir ici? C'est la cohue de 7h, la sortie en gare quand je plie mon livre et le place dans la poche intérieure pour rejoindre mon collège.
RER un jour, RER toujours? je n'oublierai pas mon séjour parisien. J'ai débuté ici ma carrière, vu ce que c'était de naitre au pied des cités et de s'en foutre d'une école qui n'avait rien à vous apporter. J'approche de ma vingtaine de conseils de classe. Et je bous toujours quand les orientations sont hypocrites, quand on parle de manque de travail quand il n'y a aucun PPRE dans mon établissement, quand on ose plaindre un élève en difficulté sans lui proposer de parcours individualisé, et enfin, quand on accepte sans bouger un sourcil la logique sélective des filières du bac.
Le RER, comme artère d'une Ile de France surexploitée. Les ponts enjambent les autoroutes qui survolent les berges...dix milles voies de communication, le bruit des claxons et des ambulances qui ne s'arrete jamais...ville de touristes, ville de fêtes que j'effleure à peine...Mon image préférée? Une vue de la banlieue est en sortant du tunnel de Vitry sur l'A86. Des usines, des cheminées, des routes, de la fumée, des cités et du gris à perte de vue...
21:07 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
28.01.2009
des cloches, des rails et des chemises!
19h. sur le balcon de notre appartement vitriot, les 1000 et 1 bruits d'une ville de banlieue résonnent quand on y prête un peu attention. La pétarade du pizzayolo, les bruissements de la RN305, le bus 180 qui roule vers la Seine. Et bientôt, les cloches de l'Eglise tout proche retentiront. La journée est finie. A la piscine, tradition du mercredi, j'ai pu apprécier l'ambiance périphérique des gens qui nagent de part et d'autre, me passent dessous si je ne vais pas assez vite, dessus si je m'écarte de mon couloir. Sur le marché, les vendeuses de poisson s'étonnent toujours de mon accent.
J'ai enfin pu faire les soldes, comme tout le monde, ce n'était pas gagné. Mon escapade d'après-midi m'a permis d'avancer mes corrections (2 paquets et demi sur 6 expédiés dans le metro). A Vitry, les brevets blancs m'attendent, tout comme ces dizaines de voeux que j'envoie demain. Mon portable va chauffer: demain c'est manif, les pancartes n'arriveront pas toutes seules au point fixe du PS et du MJS, arrêt "filles du calvaire" sur la ligne 8, où j'ai opéré mon traditionnel repérage, devant le cirque d'hiver. Ni les 5000 tracts de la campagne du MJS Ile de France "emploi/pouvoir d'achat". Ni la camionnette, ni la banderole, ni les stickers, ni les affiches, ni ces militants qui montreront à la face du monde (enfin au moins de l'Ile de France) que les socialistes sont de retour. A la fois dans les manifestations et dans les bancs de la démocratie, pour cette motion de censure contre ce président "qui n'entend rien". L'opposition est de retour, elle PROPOSE! Notre contre-plan de relance met les choses au clair: Il n'y a pas d'union sacrée qui vaille quand un système ultra-libéral pourri jusqu'à la moelle accroit, multiplie, perpétue les inégalités. Et peut-être qu'un jour, mes parent ne seront plus décus par ma famille politique...
Ma famille politique s'interroge: Quelle égalité voulons-nous? Lors du dernier conseil national du MJS, nous avons clotûré le chantier éducation. Et porté à nouveau ce projet, l'égalité d'autonomie. Une égalité de tous les territoires, à tous les âges, pour avoir les moyens de faire ses propres choix. Pour que les déterminismes sociaux, culturels, familiaux ou géographiques qui me dégoûtent n'opèrent plus. Ce n'est pas une utopie, c'est un combat. Le combat d'une vie (en tout cas de la mienne), rien que ça. Lundi soir, lors de l'assemblée régionale du MJS francilien consacré à l'éducation, nos débats ont montré que l'Education est pour nous une question cruciale. Tout commence par l'éducation. Tous les efforts pour construire une nation, développer un pays, avoir sa place dans l'économie mondiale, faire respecter l'égalité et la liberté, les libertés individuelles et collectives, commencent par l'Ecole. Il n'y a pas de compétition entre les Savoirs et les Eleves au centre du système. Pas d'opposition non plus entre les connaissances et les compétences indispensables à l'intégration sociale des jeunes. La seule question qui compte vraiment, c'est les conditions d'une REVOLUTION éducative qui remette l'Education au centre des politiques publiques.
Un aparté s'il vous plait. Dans une précédente note, un commentaire s'étonnait de ma passion gaulliste, alors que le général avait "tardé à accorder son indépendance à l'Algérie et n'avait pas compris la jeunesse". Ne regardons pas l'histoire par la petite lorgnette. En 1958, la France reste cette puissance européenne marquée par les conquêtes mondiales d'une troisième république qui regardait intensément la ligne bleue des Vosges et envoyait son armée satisfaire la soif de prestige et de gloire d'une armée et d'une nation meurtrie par la défaite de 1870. En 1958, "l'Algérie, c'est la France", comme le clame Francois Mitterrand, ministre de l'Intérieur ou de la Justice qui donne plus de pouvoirs de repression à l'armée. La IVème république se tue à satisfaire les 1 millions de Francais d'Algérie qui ne veulent pas voir, et pas comprendre, l'envie de reconnaissances des 9 millions d'autotochnes, Arabes ou Berbères, qui ne bénéficient d'aucun droit politique ou social. Les réformes voulues par Blum, en 1937/1938, les assemblées prévues par la loi de 1947 n'ont pu être appliquées, les colons, ces grands propriétaires Francais qui vivent dans l'opulence, enviés par les pieds-noirs, les refusent. A cette époque, des mouvements émergent pour demander l'égalité des droits. OUI tu m'as bien lu l'égalité des droits. Pas l'indépendance. Au sein de ces mouvements, certains réclament l'indépendance. C'est le FLN qui déclenche l'insurrection du 1er novembre 1954 par une série d'attentats. Mais chère H. tout n'est pas blanc ou noir. Le FLN assassine ceux qui souhaitent une solution autonome, tandis que l'OAS qui refuse l'Indépendance met l'Algérie à feu et à sang, à partir de 1961, faut sauter les maisons des "libéraux" qui veulent accorder l'égalité des droits aux Musulmans.
De Gaulle dans tout ca? Il a toujours été pour l'égalité des droits. Il mène à bien brillamment l'indépendance des colonies africaines et malgaches, de manière pacifique...avec tous les travers d'une politique secrète, les réseaux Foccart. En Algérie, il prend contact avec les mouvements indépendantistes, mène à bien le Plan de Constantine, vaste plan d'équipements éducatifs et sanitaires pour rattraper l'oubli de la métropole. Il souhaite ardemment voir émerger une Algérie amie de la France mais ne croit pas à son intégration à la métropole. Il prépare patiemment les Français à l'irréparable, leur fait accepter l'autodétermination des Algériens par référendum, et enfin l'Indépendance. Il reste de sang froid quand un coup d'état militaire plane sur la République, quand des attentats mitraillent sa voiture, mais laisse l'armée mener une guerre psychologique qui reste un épisode tabou de l'histoire de France. Quant à la jeunesse, la question est plus délicate. De Gaulle est né en 1890, en 1968 il a 78 ans...le féminisme, quand on est marié à Tante Yvonne? La liberté, quand on est général de brigade? Le trotkisme, quand on s'est inquiété (à tort!) des appétits de pouvoir du parti communiste, premier parti de France, à la libération? C'est trop demandé au Général. La révolution de mai a montré que l'époque du Général était révolue. Le Non timide des Francais au référendum d'avril 1969 n'est qu'un signe d'Adieu géné des Francais au Grand Homme dont l'ombre avait marqué la France pendant un grand quart de siècle.
Il est 20h, temps de retourner aux rappels, aux signatures de voeux, au rouge des copies. Vous vous inquiétez de n'avoir plus de nouvelles de mes charmants bambins? C'est qu'ils lisent mon blog, donc j'en parle à la fin. Mes sixieme sont toujours aussi surprenants et amusants, j'apprends beaucoup. La fin d'année sera déchirante, pour moi en tout cas. Les troisième avancent cahin caha vers le Brevet, arrivent plutôt bien à argumenter, ils organisent leurs réponses, structurent leurs neurones qui ne s'égayent plus dans tous les sens. Finie la seconde guerre mondiale, voici venu le temps de l'Union Européenne. Tres vite, j'ai du retard...Quant aux premières, ce n'est toujours pas facile de faire un cours d'histoire géo en allemand. Mais ils travaillent, s'accrochent, m'obligent à respecter mon défi éternel: être à la hauteur!
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22.12.2008
du Mistral, des étoiles et de la Bible
Comme tous les ans, Noël est le seul moment où l'on est sûr de me trouver à Béziers. Retour en vacances, après un premier trimestre bien agité. Comme tous les ans, je prends mes marques de professeur et le premier trimestre est toujours un temps d'adaptation où l'on pose les limites comme on dit dans la profession. C'est fait, depuis novembre, le programme est bien jalonné, le moment des remédiations individuelles semble venu. Quelles remédiations seront necessaires? Enrichissement du vocabulaire en section euro et pratique plus soutenue de la langue, organisation des connaissances pour rédiger un paragraphe argumenté et lutte contre la paraphrase en troisieme, la question de l'écriture et des réponses précises et reformulées en sixieme.
Retour en vacances dans un TGV où évidemment un enfant en bas âge installé sur le siège derrière a hurlé pendant que je corrigeais mes copies (à quand les wagons corpos?). Parfois je me repose et je bosse sur la bible. à la rentrée je commence une nouvelle leçon sur les Hébreux. Finis les climats qui m'ont duré tout le mois de décembre, à moi l'Histoire, et cette leçon fabuleusement difficile à mener. en seconde, j'avais déjà expliqué la naissance du christianisme, comme une secte dévoyée, en sixieme l'an dernier j'expliquais l'histoire d'un peuple en mélangeant copieusement histoire et croyance. Alors cette année, la rigueur est de mise. Le premier qui balance un truc religieux est collé "monsieur pourquoi on fait pas le coran? couillon, c'est en cinquieme, respecte la chronologie!"
La première rigueur que je me donne pour le second trimestre, c'est introduire mes cours et mes séquences (ma deuxieme concernant les corrections). Une séquence sur "le peuple de la bible, les Hébreux". Alors je vais pas faire un cours de philosophie à mes élèves, évidemment mais il existe des croyances, on l'a vu avec les Egyptiens, concernant un ou des dieux et plus généralement la vie dans un potentiel au delà. Ces croyances, qu'elles nous concernent ou pas sont importantes dans notre vie quotidienne et notre histoire, dans nos paysages (églises, croix), notre temps (dimanche , noel), et notre histoire (pas mal de guerres quand même). Il est intéressant de s'interesser à leur naissance, à leurs textes fondateurs. Mais le boulot de l'historien, c'est de savoir recouper ce texte avec d'autres fragments de l'histoire, des écritures aux traces archéologiques en passant par les témoignages contemporains. Ainsi, il apparait que la Bible est l'histoire d'un peuple et de ses croyances écrit à posteriori, alors que ce même peuple était envahi. Cette histoire comprend la création du monde, l'histoire du périple des Hébreux et de ses rois. Mais ce qui est intéressant aussi c'est de s'interesser à ce document, premier traduit, premier imprimé, qui a fait tant d'histoire et d'histoires. Un texte fondateur pour les 3 grandes religions monothéistes présentes sur tous les continents et rassemblant la moitié de l'humanité au moins.
Mais c'est noel, un moment de répit! Quelques corrections, les autres préparations attendront janvier! Ici à Béziers, mon souci c'est la Ville, ses affaires et ses histoires, son budget, que je décrypte demain, sa vie politique, que je vais débattre ce soir, et surtout, ce parfum énivrant d'histoire qui coule avec l'Orb, dans les contrebas de la cathédrale St Nazaire, et m'amène à appréhender avec angoisse le verdict des mutations, mi-mars!
09:02 Publié dans Le "jeune" | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : religion, voyages, histoire, prof







