Nicolas Anoto
Nicolas Anoto
Créez votre badge le_militant : Nicolas: Prof et militant

04.10.2009

L'Ile de France, comme îlot de socialisme, en 2010!

z-photo_carte_iledefrance.gifCette fin 2009, pour moi, ce n'est pas seulement un congrès du MJS qui me permet de passer des nuits blanches féériques au 10 rue de solferino. C'est une réflexion qui démarre sur les régions, sur ces prochaines élections qui doivent permettre de montrer à un PS décrié, en pleine rénovation, qu'il a sa place comme principale force de gauche et d'innovation dans le débat politique local! Le PS a désigné son candidat local, Jean Paul HUCHON conduira la liste socialiste en IDF,  avec, je l'espère, un large rassemblement de gauche, et j'espère bien faire intégrer quelques propositions du MJS lors de la rédaction du projet régional. Ce sera mon principal boulot en octobre/novembre!

La région ILE DE FRANCE à gauche en 2010 ca sert à quoi? A continuer le travail accompli depuis une dizaine d'années en matière d'éducation, de transports ou d'aménagement du territoire! A aller plus loin, pour construire des îlots de socialisme, des politiques publiques ambitieuses qui montrent que les socialistes peuvent changer la vie et redonner son sens au combat politique.


Continuer quoi? des aides ont été créé par le conseil régional pour favoriser l'engagement, les voyages, les projets éducatifs dans les lycées, il faut aller plus loin en 2010! Créer un fonds régional de la vie lycéenne qui pourra abonder le budget des CVL et permettre aux lycéens d'organiser leurs lieux de vie! Les nouveaux lycées franciliens doivent d'ailleurs être repensés et les locaux doivent favoriser l'investissement culturel, associatif, sportif! Des parcs à vélos doivent équiper les lycées et un système régional de prêt de vélos dans les lycées pourrait permettre de développer ce moyen de locomotion chez les jeunes. De la même manière, les cantines scolaires des lycées devraient privilégier le "bio" et les circuits courts pour favoriser l'économie locale et l'environnement.


Concernant le cadre de vie des franciliens, la région et son président JP Huchon ont déjà fait beaucoup à travers l'aide au logement, la présidence du syndicat des transports franciliens (STIF) ou encore le financement des réseaux de transports, malgré le peu d'empressement de l'état à concrétiser ses engagements. Là encore, de nouvelles pistes peuvent s'offrir pour la région ILE DE FRANCE: concernant le développement économique, l'économie solidaire peut largement être favorisée à travers une charte des commandes et marchés publics favorisant le travail décent et le respect de l'environnement, ou encore des pépinières de l'économie sociale! La métropole francilienne pourrait connaître un autre avenir fondé sur la solidarité et le développement durable, que celui, centralisé et imposé par le haut, que semble lui promettre la droite à travers le projet sarkozien de "grand paris". Cette métropole serait organisée de manière multipolaire autour de pôles d'activité et de décision en banlieue (en se basant sur des intercommunalités en "marguerite" comme le propose le député communiste Braouzec). Ce développement serait conforté par un développement accéléré de plate-formes multimodales favorisant les transports doux?


Quid d'autres compétences telles que la formation ou les territoires? La formation professionnelle doit devenir un nouveau droit, avec la gratuité des formations publiques en continu, dans les GRETA, de formations qui ne sont couvertes que par le privé! La région a son mot à dire en matière d'insertion professionnelle et doit permettre un regroupement des acteurs de l'insertion des jeunes en lien avec les missions locales. D'un autre côté, la jeunesse francilienne doit voir s'ouvrir tous les horizons sociaux et spaciaux, la création culturelle doit être plus accessible grâce à l'extension de la carte imagin'r aux activités culturelles, en faisant bénéficier les jeunes de conseils pour découvrir toutes les formes de création artistique! Un "passeport vert" doit ouvrir aux jeunes un tarif forfaitaire très réduit hébergement/transports/visites pour découvrir le patrimoine culturel et historique de l'ILE DE FRANCE, le temps d'un weekend, voire dans les régions limitrophes!

29.09.2009

« L’autonomie des jeunes, Monsieur Sarkozy, ne peut être le simple déguisement d’une précarité organisée ! »

Quel bilan du discours de Nicolas Sarkozy à Avignon? Au delà d'une éloquence trébuchante, beaucoup d'analyses larmoyantes, de propositions très vagues, au financement inconnu et incertain...Un couvre-feu a naturellement été mis en place, comme pour toutes les visites présidentielles où les grands et les mécontents sont très mal vus. Cette visite a pour thème l'autonomie des jeunes: dans son discours, il reprend une partie des propositions de son haut-commissaire à la jeunesse, Martin Hirsch, dévoilées en juin 2009.

 

diapo_sarkozy_diapo.jpgL’autonomie n’est pas qu’un mot, Monsieur Sarkozy, c’est un concept. Permettre à tous les jeunes, quelle que soit leur origine sociale et territoriale, de réaliser leur projet de vie, c’est un projet global qui englobe plusieurs propositions : démocratisation de la réussite éducative, création d'une allocation d’autonomie universelle et individualisée qui remplace toutes les aides existantes, pour tous les jeunes en formation, suppression de la demi-part fiscale, mise en place d’un plan d’accès au logement...C’est le projet du Mouvement des Jeunes Socialistes.

 

"Tendre la main aux jeunes", "vouloir les rendre autonomes et libres", ces citations du président ne correspondent pas à ses propositions! "la politique structurelle de la jeunesse" que propose NS n'a rien à voir avec l'autonomie que nous portons! Nicolas Sarkozy reprend nos analyses: "il est plus dur d'être jeune aujourd'hui qu'avant". A qui la faute si ce n'est aux regressions sociales, éducatives, économiques, organisées par les gouvernements de droite depuis 2002? Nicolas Sarkozy persiste et signe: il dénonce la pédagogie à l'école, prône le retour à la morale, parle de la famille et des devoirs des jeunes...fallait-il vraiment partir en jet à Avignon pour ressortir les vieilles rengaines de la droite conservatrice et libérale?

 

Quelles sont les priorités du plan "jeunesse" de Nicolas Sarkozy?

- L'éducation! Un vague discours sur la réorientation (avec quelles passerelles?), et un livret de compétences "à la carte" assez inquiétant...Prévention du décrochage scolaire? NS crée un "devoir d'être occupé" entre 16 et 18 ans, alors que les suppressions de postes massives dans l'enseignement et certains programmes assez réactionnaires "organisent" ce décrochage...

- L'insertion! Il faudrait accepter à 16 ans n'importe quelle offre d'emploi ou de formation! Elle est belle l'autonomie! Extension du RSA aux jeunes: Financer les bas-salaires ne fera que renforcer la précarité des jeunes, ca n'a rien du "nouveau droit social" que nous vend M. Sarkozy! Proposer aux étudiants de se tourner vers les entreprises pour financer leurs études, ce n'est pas l'autonomie des jeunes, mais bien celle des entreprises, qu'elle conforte!

- L'Université! Un 10ème mois de bourses, allongement de l'année universitaire (quand le LMD l'a raccourci)...C''est ca le projet pour l'enseignement supérieur? Le président Sarkozy en profite pour stigmatiser les boursiers (après avoir dit qu'il fallait respecter les jeunes): créer un devoir d'assiduité pour les boursiers (qui existe déjà) celà sous-entend que 1/4 des étudiants français sont des fraudeurs/faineants?

 

            La logique de ces propositions peu ambitieuses et incohérentes n'est pas favorable à l'autonomie des jeunes! Service public d’orientation, encadrement des stages et des cautions (logement), droits des apprentis, tutorats séniors/jeunes, c'est intéressant, mais quelle concrétisation pour les bonnes idées de Martin Hirsch ? Le service civique de NS est volontaire, pour favoriser l'engagement...10 000 jeunes qui pourront faire leur BA, ce n'est pas le service civique universel, porté par le MJS, qui organise un nouveau devoir de solidarité, où se rencontreraient des jeunes issus de tous les milieux!

 

Ce discours nous l’avions attendu. Parler de la jeunesse, c’est parler d’étudiants précaires, de jeunes chômeurs qui n’ont pas accès à une formation de la deuxième chance, ou encore, de lycéens qui sont obligés de travailler pour passer le bac…Deux fois plus d'interimaires et de CDD que dans le reste de la population active! Ils attendent plus que des mesurettes ! Ils attendent des moyens financiers, des outils de formation et d’insertion, un accès facilité à la culture, aux transports, au logement ! Que propose l'UMP? Des primes aux bas-salaires, des chartes, des prêts et des sites internet qui ne coûtent pas très chers. A la gauche de proposer un autre projet de société basé sur l'autonomie de la jeunesse! "Tant de politiques se sont cassés les dents sur la jeunesse" à vous le tour, Monsieur Sarkozy...

28.09.2009

Défaites, fatigue et autres campagnes

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Fatigue, fatigue...j'ai dormi 20 heures en 4 nuits...je reviens de l'université d'été du courant « un monde d’avance », la gauche du parti socialiste. Au-delà des brillantes interventions de Benoit Hamon et Henri Emmanuelli qui ont conclu ce weekend dans les Landes, c’est surtout une rentrée politique chargée pour la gauche, qui s’annonce à l’issue de cette réunion. Poste, Travail décent, Droits des Femmes, éducation, je serai sur tous les fronts..

 

Temps d’élections aussi ! Alors que je commence à réfléchir aux propositions que le MJS pourra faire dans le cadre des élections régionales, en Ile de France, au candidat désigné le 1er octobre, des partielles nous rappellent désagréablement, qu’alors que la droite est en mauvaise posture (procès Villepin, faurecia, etc.), alors que la crise exacerbe les inégalités sociales, l’UMP arrive encore à triompher dans les urnes. Il n’y a donc pas d’alternative ?

 

uma_universite_logo_vecto_10241.jpgJ’étais à Argenteuil (pas à Maurepas et à Limours, on ne peut pas être partout !), le candidat UMP Métézeau triomphe et le conseil général Val d’Oise bascule à droite, malgré l’implication exceptionnelle des jeunes socialistes dans la bataille. Alors que la presse n’est pas parvenue à étouffer les propos d’Hortefeux, une ville assez pauvre refuse ses suffrages à une exemplaire union de la gauche. L’union technique ne suffit donc pas, encore faut-il convaincre sur un programme ! C’est pourquoi je suis pour des primaires à gauche, un pack liant charte des valeurs, contrat législatif et union de la gauche !

 

L’Allemagne se réveille avec la gueule de bois et une coalition libéralement dogmatique (Le FDP fort c’est moins d’impots, dérégulation économique et moins de services publics !), pendant ce temps, je surveillais un conducteur de bus un peu particulier alors que le car patinait sur les routes du sud-ouest

 

Il est temps de dormir, il est temps d’agir, non pas fébrilement mais bien en prenant du recul. Et, c’est bien ce qui me manque…

24.09.2009

Plus ou moins de services publics au XXIème siècle?

       080401_ServicePublic.jpg     « L’état ne peut pas tout » avec cette phrase, Lionel Jospin, candidat socialiste aux élections présidentielles en 2002, indiquaient que les socialistes renoncaient à changer la vie, la société et le monde. Son échec a, je l’espère, remis en cause, cette évolution soi-disant « pragmatique ».

 

            A quoi sert la puissance publique aujourd’hui ? Des premières lois sur le travail de la fin du XIXème siècle aux lois-cadres sur la fonction publique des années 80 en passant par la création de la sécurité sociale en 1945, que s’est-il passé ? Quels doivent être les services publics de demain ? Que faut-il garder des services publics d’aujourd’hui ? Quels domaines d’intervention peut-on « laisser » au privé ? Voilà les questions que je vais me poser. Les médecins doivent-ils devenir fonctionnaires et tout ce qui ne relève pas de droits fondamentaux (transports, déchets, etc.) doit-il être privatisé? Le débat du service public ne doit pas ressembler à un débat corporatiste, ni à une guerre des statuts, cela doit être un débat de société !

 

            Je parle de la France évidemment, mais je pense qu’ à l’échelle du monde et de l’Europe, des systèmes de régulation et des dispositifs de solidarité s’imposent, quel que soit le nom qu’on leur donne, pour réguler et intervenir dans des phénomènes, économiques, voire humains, qui se déroulent à l’échelle internationale.

 

            A titre personnel, je pense qu’il est temps d’indiquer clairement ce qui doit faire partie de la sphère publique, de la solidarité, de la responsabilité de la puissance publique, et ce qu’on peut laisser faire au secteur privé. Je pense qu’au sein de ce secteur privé, les délégations de service public doivent être plus contraignantes (transports, gestion des déchets, poste). Et au-delà, pour crédibiliser la chose publique, pour redonner des marges de manœuvre aux collectivités et à l’Etat pour investir, oui, je pense qu’il faudra laisser au privé ce qui ne relève pas de droits fondamentaux ! Car d’abord le budget de la France doit faire l’objet d’un débat et pour cela 90% du montant ne doit pas aller au fonctionnement. Il faut redonner des marges de manœuvre au débat politique en supprimant tous les allègements fiscaux qui ne saluent pas des bons comportements sociaux ou environnementaux. Stop aux niches fiscales et autres exonérations patronales qui n’ont pas d’incidence ! Après, l’Etat devra apprendre à investir sur le long terme

 

            Qu’est ce qui selon moi doit faire partie du secteur public ? La défense, la justice, et la police, domaines régaliens par excellence, ne sont pas à vendre. J’y adjoindrais l’énergie qui devient un domaine de souveraineté et ne peut être délégué au libre-échange. Concernant la défense, selon moi, une industrie d’armement privée n’a pas lieu d’être, surtout quand ses dirigeants se présentent aux élections et financent les partis politiques. Une industrie nationale d’armement me semble nécessaire alors que depuis 15 ans les munitions de l’armée française ne sont plus fabriquées en France mais bien importées…la justice ne peut pas être privée, c’est pareil pour les prisons : les partenariats public-privé qui servent aujourd’hui à les construire doivent être dénoncés. Idem pour la police, il me semble compliqué que les pouvoirs publics puissent faire appel à des sociétés de sécurité : laissons-cela aux particuliers voire aux entreprises !

 

            Au-delà des domaines régaliens, les droits fondamentaux doivent être réalisés par le biais de services publics. Droit au logement, à l’éducation, à la formation, à l’emploi, à la santé ne peuvent être en aucune manière privatisée. L’école privée doit cesser d’exister, Mitterrand, et c’est la principale erreur de son mandat selon moi, n’aurait jamais du revenir en arrière en 1984. A minima, le prochain gouvernement de gauche doit au moins s’assurer que TOUTES les formations, dans TOUTES les régions, peuvent être assurées dans un établissement public et gratuit. Cette gratuité doit d’ailleurs prévaloir partout, tout au long de la scolarité obligatoire. 

 

            Le droit au logement, au-delà du droit opposable, doit faire l’objet d’une déconcentration et d’une mise en réseau à l’échelle régionale des prestataires de logements sociaux. Idem pour la formation professionnelle qui doit s’organiser à l’échelle régionale, en regroupant tous ses acteurs dans une offre cohérente assurant une vraie sécurisation des parcours professionnels et un vrai droit à la formation tout au long de la vie, gratuit pour les employés ! Voilà les services publics qu'il reste à créer! Idem pour la politique intergénérationnelle: service public de la petite enfance, soins à domicile pour les séniors vont devenir indispensables pour garantir l'égalité hommes-femmes, favoriser la natalité et accompagner l'allongement de la durée de vie. La recherche d’emploi ne peut être déléguée à des prestataires privés, et l’insertion professionnelle des jeunes doit regrouper tous ses acteurs au sein des missions locales d’insertion, devenus établissements publics administratifs, où les représentants des usagers seraient représentés. Parlons du droit à la santé. C’est le plus menacé aujourd’hui. Les hôpitaux publics doivent offrir des services de qualité, gratuits, sur l’ensemble du territoire, à travers une carte nationale des services. Les médecins sont subventionnés par la sécurité sociale, formés par l’université publique, alors sortons de l’hypocrisie, faisons des médecins des fonctionnaires, au sein de dispensaires bien répartis sur tout le territoire ou d’hôpitaux publics.

 

Au-delà de ces services publics, certains domaines peuvent être laissés au privé, mais avec des délégations plus contraignantes : les transports publics, pour limiter les inégalités sociales et territoriales, l’environnement, pour limiter le primat du profit de court-terme sur le long-terme, la communication, pour assurer la couverture du réseau téléphone, haut-débit, wifi sur tout le territoire, avec un forfait de base accessible aux plus-démunis. Les ressources naturelles, notamment l’eau, pour préserver un accès à prix réduit sur tout le territoire à une eau de qualité.

 

Pour le reste, il y a de la place pour le privé ! il y a de la place au mouvement associatif ou mutualiste pour organiser la solidarité en matière de santé, d’assurance, l’accès aux loisirs, au sport ou à la culture. L’économie sociale doit être reconnue et avoir une place intermédiaire entre le privé et le public.

 

Tout ceci ne me semble pas être une révolution sociale, mais peut-être une société post-industrielle où un secteur public limité et une régulation forte laisserait largement de la place au droit d’entreprendre !

14.09.2009

Etre résistant aujourd'hui

train%20resistant.jpgil n'y a qu'une Résistance, au moins pour l'historiographie française. Et elle m'interesse à plusieurs titres. Comme prof d'histoire, c'est certain, comme épisode exaltant de l'histoire française...comme militant de gauche: les résistants sont l'incarnation de la lutte pour des valeurs, pour la liberté et l'égalité, dans lesquelles je me retrouve. Mais la résistance, les philosophes ne s'y sont pas trompés, permet aussi d'aborder les questions de conscience, voire de métaphysique. C'est le plus pur mouvement d'engagement, porté comme étendard, en 1945, de toutes les formations politiques de l'après-guerre: PCF ("le partir des martyrs"), PS (CAS avec Daniel Mayer), MRP (Bidault, président du CNR!) ou encore par les gaullistes...

 

Et pourquoi m'y intéresser aujourd'hui, en 2009? Parce que ce mot interpelle  à plusieurs titres l'organisation dans laquelle je milite, le Mouvement des Jeunes Socialistes. Comme souvenir de combattants qui ont mis en place le programme du Conseil National de la Résistance (nationalisations, sécurité sociale, vote des femmes, etc.) mais aussi comme mode d'action, sens du sacrifice, et évidemment, comme défi aux lois illégitimes.

 

Ce dernier aspect m'interesse car lors de la dernière université d'été PS/MJS, nous avons projeté le film « walter » qui s'interessait aux résistances de hier et d'aujourd'hui, alors même qu'un atelier, un peu plus tard, était animé par un professeur des écoles qui refusait les dernières réformes de la droite et se réclamait de la « désobéissance civile » chère à Gandhi, en se présentant comme « désobéisseur ».

 

La résistance et la désobéissance civile, ce n'est pas la même chose. Avec la résistance, on se bat par tous les moyens, notamment armés, parfois criminels, contre des lois illégitimes. La désobéissance civile est une « résistance douce », quand on n'applique pas des lois qu'on juge injustes. Comme citoyen, consommateur (ex. boycott), militant (action coup-de-poing) ou comme fonctionnaire (droit de retrait?). Ne mélangeons donc pas tout.

 

Je ne prévois ni d'organiser de collecte de grenades, ni de creuser de caches d'armes dans mon ressort régional, si ca peut vous rassurer. Mais la période actuelle, les enfants étrangers raflés devant les écoles, les entreprises qui font des profits et licencient, les réformes conservatrices et sécuritaires dans le domaine éducatif ou culturel,  tout ceci nous pousse à réfléchir rapidement sur nos modes d'action. Et avec qui agir? Les partis politiques ne sont plus capables, comme il y a des dizaines d'années, de mettre du monde dans la rue, elle est loin, la manifestation du front populaire en 1934! En 1968 déjà, ils étaient dépassés, comme organisateur de mouvements sociaux. L'intersyndicale ne peut plus abattre un gouvernement. La forme de collectifs multiformes, rassemblant associations, citoyens, syndicats voire organisations politiques, semble être la mieux à même pour mettre en dynamique des mouvements...On l'a vu avec le collectif "une école, un pays, notre avenir" (FCPE, UNEF, UNL, FSU, UNSA, CRAP) qui organisait les manifestations éducatives de la fin 2008.

 

            De quoi s'inspirer pour réfléchir à cela? Nous agissons aujourd'hui au sein d'un cadre légal...nous respectons le droit de propriété, nous envoyons de jolies lettres à la préfecture quand nous manifestons...le plus souvent. Et les réformes passent. La désinformation s'installe. La veille des manifestations, on prévient les gens qu'il faut faire attention, avec la grippe et tout ca...Manifs, grèves, etc., nous sommes toujours les mêmes à nous retrouver. Chouette, mais la vraie question que je pose, c'est comment permettre à tous les citoyens de s'impliquer dans ces combats?

 

Et bien la réponse c'est l'action directe. Quelques pistes, sans être exhaustif: Créer une AMAP, adhérer à une mutuelle d'amendes pour défendre une agriculture propre et des transports gratuits? C'est un début! Boycotter les entreprises qui font du profit et qui licencient, Gandhi avait déjà eu l'idée quand il ne consommait pas de produits venant de la puissance coloniale! Créer des médias alternatifs, les résistants le faisaient déjà quand les journaux français subissaient la censure nazie et vichyste! Mais nous militants? Et nous fonctionnaires? Quand faut-il agir en dehors de la loi? Quelles lignes jaunes faut-il fixer, quand les valeurs de la république sont-elles vraiment en cause? Voilà les questions auxquelles il va falloir répondre...Quand un président décide qu'on doit célébrer les résistants un jour de la semaine à l'école alors qu'il baffoue leur héritage, ou quand des députés cinglés décident que les profs d'histoire exalteront le souvenir de la colonisation française, que doit-on faire?

12.09.2009

Profession: militant!

535043540_05d1a79cf8.jpg24 heures d'une vie militante, il me semble, méritent d'être racontées voire contées, surtout celle-ci.
9h, vendredi matin: je soulève la poignée du métro 4, et, longeant la voie en sens inverse, je me dirige vers la sortie de la station château d'eau. Le ciel qui se rapproche est semblable à tous les matins, gris, couvrant des sons feutrés: Paris se lève, ce n'est pas encore la cohue, les vendeurs de faux ongles et de fausses mèches font la grasse matinée...Au syndicat des enseignants, Faubourg Saint Martin, journée classique: réponses aux collègues, rappel des adhérents pour un stage de rentrée, lecture de l'actualité éducative...pas passionnante: les vraies annonces attendront bien fin septembre! D'ici là, une journée d'action est prévue pour le 7 octobre, mais le mouvement éducatif peine à se mettre en dynamique...

17h: quelques sushis avalés et quelques mails envoyés plus tard, me voici à la gare d'Austerlitz, le train pour Limoges s'éclipse, après de rapides adieux...Je perds mon portable sous un siège et tout le wagon se lance dans une recherche éperdue, je suis gêné...Je voulais préparer tranquillement ma présentation de la contribution mais un petit appel bouleverse mes projets: les propos racistes de Brice Hortefeux sont au coeur de l'actualité, le MJS veut réagir de manière forte et cohérente. Et c'est ma responsabilité: je contacte tous les responsables départementaux pour organiser des rassemblements en Ile de France...enfin j'essaie: entre Vierzon et Chateauroux, ca ne capte pas du tout!!

20h: je suis bien arrivé! Accueillie par l'animatrice fédérale dans le hall de la gare, je fais connaissance avec les sympathiques jeunes socialistes de la Haute Vienne. Je ne suis pas le seul à venir de loin: 4 personnes sont là pour présenter en assemblée générale les contributions des différents groupes politiques qui font vivre le MJS. En effet, le Mouvement des Jeunes Socialistes démarre son congrès bi-annuel par cette traditionnelle présentation qui permet de dégager des axes de réflexion et de travail différents pour l'organisation. Je présente la contribution « en actes » de « transformer à gauche »: une analyse d'une crise écologique, économique, sociale, la proposition du réarmement de la puissance publique (nouveaux services publics, nouveaux mécanismes de solidarité) pour répondre à la dissociation sociale...et enfin des propositions pour ouvrir le MJS à l'ensemble des jeunes de gauche...

1h du matin: Je suis encore à Limoges! Un coup d'oeil sur ma montre, alors qu'un bar un peu socialiste nous accueille depuis une heure, m'indique que je vais rester dans la capitale du Limousin si je ne trouve pas rapidement le chemin de la gare. Mon demi englouti, je roule ma bosse et ma valise vers le train de nuit qui doit m'amener à Narbonne...

- 7 heures du matin: 2 heures déjà que je suis réveillé, bercé par le TER qui me mène à Béziers et mon baladeur MP3 (« partenaire particulier... »)...Une réunion m'attend encore: Secrétariat de ma section, Béziers 2, pour discuter de l'actualité locale, des régionales et de l'activité de ma section. Alors que je tourne la tête, la cathédrale se découpe sur l'horizon...Je suis fatigué.

27.08.2009

Université d'été du MJS: Un programme explosif pour l'édition 2009!

35_1-le-vieux-port-de-la-rochelle.jpg L'Université d'été du MJS se déroule aussi à La Rochelle, à l'espace Encan, avec sa place, son esprit à part! Des premiers contacts avec la gauche aux larmes de Lionel Jospin en 2006, l'Université du MJS a fait parfois la « une », mais n'est pas toujours au premier plan: les médias préfèrent parfois, et c'est dommage, filmer les terrasses de café...

Cet été, le MJS fait sensation: changement de lieu (l'auditorium, au lieu d'un coin de hangar), une formule plus dynamique, avec la projection du film « Walter – Retour en résistance » (un résistant -militant qui fait le lien entre les combats d'hier et d'aujourd'hui) , et quelques « classiques » qui ont fait leur preuve, avec une once de nouveauté: le traditionnel rendez-vous avec le premier secrétaire est l'occasion de questions sans-tabous sur l'actualité du parti socialiste, et Antoine Détourné, président du MJS, recevra pour la première fois Martine Aubry! Les plénières continuent à poser des questions de société essentielles avec des intervenants prestigieux, tandis que les ateliers seront plus nombreux, pour permettre aux militants et aux intervenants de poser des questions de fond sur les moyens d'actions des militants du XXIème siècle. J'y reviendrai.

Pour les plénières du MJS, tenez-vous bien à votre siège! Antoine Détourné recoit d'abord la jeune gauche pour accueillir les centaines de militants MJS venus de toute la France pour ce weekend. D'innovation, cette rencontre avec jeunes verts, jeunes radicaux et jeunes communistes et devenue une habitude, source d'espérance...Les autres plénières s'attaquent à de grandes problèmatiques:

  • Victor Vidilles décortiquera vendredi, à 16h30, la crise économique avec Susan George (ATTAC), Michel Vauzelle (PS), Nicolas Sirven (IRDES), Benoit Curinier (MJS) et Alain Morin (PCF).

  • Laurianne Deniaud ouvre le débat des primaires à gauche, pour gagner en 2012, en compagnie de Arnaud Montebourg, Christian Paul, David Assouline et Benoit Hamon, le samedi à 17h

  • Thierry Marchal-Beck animera une plénière sur une proposition forte du MJS: un nouveau modèle de développement, avec Yacine Baouch (MJS), Guillaume Duval (alter éco), Claude Gewerc et Laurence Rossignol (PS)

Question ateliers, j'ai du mal à choisir. Le programme du samedi, 13h30, pose des questions essentielles pour les jeunes socialistes: comment investir la sphère numérique? Comment intégrer tous les jeunes en colère dans les luttes du MJS? Comment être audible dans les media? Comment être à la hauteur de l'histoire du MJS? Comment développer le concept de résistance/désobéissance civile dans nos modes d'action? Un moment fort du MJS, avec des acteurs reconnus dans leur spécialité: Valério Motta, blogueur et spécialiste de la communication numérique de campagne, Bastien Cazals, « prof désobeisseur », qui dédicacera son livre au stand du MJS, ainsi que des journalistes, des syndicalistes et d'autres personnes engagées dans la sphère associative qui ont répondu à l'appel du MJS...

Ce La Rochelle-là n'est pas anodin. C'est l'occasion d'ouvrir des débats porteurs pour l'avenir...sur nos modes d'actions dans les ateliers, sur nos propositions, dans les plénières, mais aussi concernant un outil qui fait débat, les « primaires à gauche », au coeur de l'actualité politique et médiatique. Gagner en 2012, c'est l'objectif d'un MJS ouvert à des propositions innovantes, pour rassembler, convaincre, et prendre le pouvoir, pour changer la vie!

à bientôt pour d'autres notes: cette fois-ci, je blogue!

23.08.2009

Militants, voici venu le temps de l'action directe!

BERLIN2.jpgEtre militant c'est avoir envie d'être utile et d'agir. Je me pose des questions sur les modes d'action militants. Non rassurez-vous (je me rappelle les cris d'orfraie l'an dernier quand je me posais la question de l'efficacité des modes d'action syndicaux), je ne vais rien dire d' « affreux » pour ces « ayatollah » du socialisme que sont certains lecteurs.

Pour prendre le petit bout de la lorgnette, nos tracts s'ajoutent aux dépliants SFR, nos affiches sont recouvertes par les posters des boîtes de nuit et nos sites ne sont pas des modèles d'interactivité. Pour prendre le grand bout de la lorgnette, face à un gouvernement muet qui prend des mesures de plus en plus dangereuses et injustes, comment agir? Manifester ne suffit plus, et il faudrait revenir au pouvoir pour recréer la démocratie sociale. Comment influer dans la société actuelle où les médias, de moins en moins diversifiés, ne viennent pas forcément aux conférences de presse du MJS (ex. Béziers où 98% des gens lisent exclusivement LE journal Midi Libre)? C'est l'objet de mon article. Créer l'évenement (hein Marion!), trouver de nouveaux outils et de nouveaux partenaires de militantisme, accueillir de nouveaux militants aux besoins plus thématiques et plus ponctuels, voilà notre horizon, selon moi!

Militants, voici venu le temps de l'action directe! Il faudra se retrousser les manches pour créer des AMAP (coopératives d'achat de produits agricoles de petits producteurs), il faudra multiplier les opérations coup de poing dans les supermarchés et autres temples de la consommation...Militants, il faudra innover pour défendre le droit aux transports! Intégrer les mutuelles d'amendes, organiser le covoiturage dans toutes les fédérations et agir dans les comités d'usagers. Militants, il faudra porter autrement un autre modèle de développement! Définir un agenda 21 pour toutes les organisations dans lesquelles nous militons, défendre des marchés publics respectueux de l'environnement et de la justice sociale, notamment dans toutes les collectivités territoriales où de jeunes militants ont été élus en 2008!

Militants, nous devrons continuer à collaborer avec toutes les associations qui comme jeudi noir ont une démarche neuve pour l'accès au logement, respectueuse des organisations politiques de jeunesse, en favorisant sa généralisation partout en France, et réfléchir aux moyens d'intégrer ceux qui veulent s'engager thématiquement et ponctuellement! Parler d'internationalisme ne suffit pas, il doit imprégner les organisations dans lesquelles nous militons, des échanges aux projets humanitaires, en passant par l'intégration des collectifs RESF!

Les organisations de jeunesse ne peuvent s'adresser qu'aux étudiants et aux lycéens, qu'aux fils de profs et aux fils de cadres. Comment s'ouvrir à toutes les catégories sociales et à toutes les expériences? La question de l'organisation verticale se pose alors...Ce ne sont que des petites idées. Il faut encore réfléchir aux moyens d'influer et de se faire entendre, et à une question qui fera l'objet de débats à la rochelle: la désobéissance civile, la RESISTANCE! 

 

19.08.2009

"En actes", La contribution TAG pour le prochain congrès du MJS

 Une contribution, comme son nom l'indique, c'est ce qu'un courant politique apporte, en terme de vision et de propositions, dans ce moment de débat et de confrontation des idées qu'est un congrès du MJS...C'est un texte conjoncturel, présenté en septembre dans toutes les fédérations du MJS, pour amorcer un débat sur ce que doit être, et sur ce que doit faire et porter le Mouvement des Jeunes Socialistes dans les années à venir. Après le débat sur le texte d'orientation du MJS où tous les adhérents interviendront dans le cadre d'amendements, le congrès permettra un débat pointu, mi-novembre, sur l'orientation, les résolutions et le plan d'action national du MJS pour les deux ans à venir.

Pourquoi? On pourrait critiquer cette perte de temps. Les bébés phoques meurent, les cours de la bourse sont au plus bas, le chômage augmente vertigineusement, et les jeunes socialistes débattent? Oui. Un congrès, surtout celui-là, ne sert pas seulement à élire un ou une présidente et à renouveller les instances. Ce 9ème congrès du MJS sera celui de la confrontation et de l'ébullition des idées, indispensables à la naissance d'une alternative politique à gauche. D'où peut-elle venir si ce n'est des rangs de jeunes engagés dans les combats syndicaux, associatifs et politiques qui ont marqué la dernière décennie?

5 contributions seront présentées en septembre. Les analyses des autres groupes politiques sur la periode actuelle sont particulièrement complémentaires:  l'échelon d'intervention publique européen est ainsi plébiscité par « la relève » et « agir en jeunes socialistes » tandis que « en actes » et « génération égalité » s'intéressent de près aux mécanismes économiques qui ont entrainé la crise du capitalisme...de la même manière, toutes les contributions se rassemblent pour réclamer une refondation de la gauche...et du Mouvement des Jeunes Socialistes! Certaines thématiques sont mises en exergue par telle ou telle contribution: les processus de dissociation sociale avec AJS et TAG, ou encore la social-écologie avec JSR et génération égalité. JSR et la relève se retrouvent pour analyser la crise du politique, la relève et TAG pour vouloir incarner de nouvelles luttes...

Comment résumer « en actes »? Par la volonté d'agir et de répondre aux défis actuels. Par la volonté de mener la bataille culturelle et de définir une stratégie de prise du pouvoir. Répondre au bouleversement de la biosphère, à la crise du politique ou à la dissociation sociale, mais aussi décortiquer la société de l'immédiateté.... « En actes » se définit aussi par la volonté d'inventer: proposer une nouvelle répartition capital/travail, organiser des îlots de socialisme, définir de nouvelles formes de lutte comme la désobéissance civile, notamment à travers la refondation du MJS.

« En actes » ne se contente pas de mots et d'incantation, nous voulons agir! Comment être fidèle à notre devoir d'inventer pour recréer la démocratie sociale, définir un nouveau modèle de développement et inventer une organisation de jeunesse capable de rassembler tous les jeunes de gauche « en colère » qui ne trouvent pas, aujourd'hui, leur place au MJS? Comment combattre un message médiatique dominant (le story telling), comment rassembler la gauche autour de primaires ouvertes, comment repenser le rôle de la puissance publique, voilà nos futurs défis!

Le débat sera dense, les réponses ne sont pas simples. Notre responsabilité de jeunes socialistes est immense. Pour ma part, je pense que les vieilles recettes ne suffisent plus, que ne pas changer maintenant c'est se condamner à disparaître. La politique économique ne peut se résumer au dillemne nationaliser/privatiser dans une économie mondialisée. Un projet éducatif de gauche ne peut se résumer à l'augmentation des postes au concours quand la reproduction sociale est plus forte aujourd'hui que dans les années 60. Des fédérations qui organisent des tractages et des débats entre étudiants de sciences po et de droit ne peuvent pas favoriser la prise du pouvoir par la gauche. Changeons, pour changer la vie, ici et maintenant, pour remporter de nouvelles batailles!

16.08.2009

Les propositions du MJS pour sauver la feria de Béziers

affiche-feria-beziers-2.jpgLa feria de Béziers est l'évènement majeur de la vie festive biterroise. Mais certainement pas de sa vie culturelle. Le Mouvement des Jeunes Socialistes s'insurge contre le déclin évident de cet évènement convivial. Prix exorbitants dans les bodegas, corridas réservées aux élites, corso parade musicale composé de 3 chars cette année...

Le MJS dénonce ce déclin, dû à un manque de volontarisme de la droite municipale. Nous proposons de remettre la jeunesse au cœur de la feria : équipements publics transformés en auberges de jeunesse, prévention accrue contre l'alcool au volant, participation des centres de loisirs et des jeunes biterrois au défilé du corso, redéfinition du secteur féria autour des allées Paul Riquet…

La feria ne doit pas être réservée à une élite ! Au delà des corridas, plus de manifestations taurines d’un autre genre doivent être accessibles à moindre coût. Le prix des bodegas, en nette augmentation, doit être réglementé, et le vin local ; notamment des autres villes de l'agglo, devrait être mieux mis en avant... Enfin, la place des jumelages dans ces festivités est honteuse et désolante selon le MJS, qui travaille régulièrement avec les Jusos de Heilbronn et les JSA de Chiclana : Quelle place pour Chiclana, absente du village andalou ? La place des villes jumelées dans la feria doit être centrale.

En effet, pour le MJS, réinventer Béziers passe aussi par la ré-création d'évènements festifs qui associent toutes les générations et toute la population.

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