20.10.2009
réchauffement climatique, tranformation du MJS: débats porteurs d'avenir!
Ce blog a un peu pris froid: en dehors des réunions du soir, d'intenses activités syndicales et de nuits rapides dans un terrier de marmotte, peu de temps pour écrire! Et pourtant que de choses sur lesquelles s'exprimer! par exemple, deux débats porteurs d'avenir dans lesquels je me retrouve engagé: le premier, c'est à l'échelle mondiale, le dérèglement climatique qui doit engager les états, mais aussi les sociétés, à engager un nouveau modèle de développement, de production, de consommation, pour réduire l'émission de gaz à effet de serre. Le second, c'est la transformation de l'organisation de jeunesse dans laquelle je milite depuis 6 ans: Le Mouvement des Jeunes Socialistes, à l'occasion de ce 9ème congrès de Grenoble, deviendra grand: le plan d'action national prévoit de passer une étape en terme d'adhésions, de structures et développement, pour pouvoir peser dans l'Histoire, rassembler tous les jeunes de gauche qui veulent, en France, agir pour transformer la société.
Le débat climatique c'est une nouvelle thématique qui ne peut être portée à l'échelle locale ou nationale, mais bien à l'échelle internationale! Et quelle famille politique, hormis le socialisme, est le mieux à même de relayer ce débat? Le déreglement climatique, (je trouve le terme plus correct que réchauffement climatique) c'est quand l'émission de gaz à effet de serre dus à l'activité humaine (transports, industrie, etc.) provoque le réchauffement de la température. En soi l'effet de serre n'est pas mauvais (sans lui il ferait aussi froid que sur Venus), mais là quand même l'augmentation aura des répercussions concrètes sur tous les continents! Le développement des activités polluantes et la croissance de la population peuvent avoir des conséquences fortes: on prévoit entre 2 et 6°C en plus...peu impressionnant? C'est l'équivalent inverse de la précédente glaciation où le nord de la France était recouvert par une calotte glaciaire...Le problème de ces fameux gaz c'est qu'ils mettent en moyenne 120 ans à disparaitre! A quoi ressemblerait alors le climat en France? Un climat semi-aride sur la côte d'azur, des été très chauds partout en France, moins de pluies sur la Bretagne...une augmentation de 10à 20cm du niveau de la mer ne fait pas peur ici, mais dans le Pacifique où les pays les plus peuplés sont à quelques mètres d'altitude, c'est un peu plus embêtant! sans compter les conséquences en matière de récoltes, de floraisons, etc.
Et mon organisation dans tout ca? Cette question climatique est une priorité de la fin d'année 2009 puisque nous préparons le 9ème congrès du MJS qui aura lieu à Grenoble. A cette occasion, le groupe politique majoritaire, "Transformer à gauche", proposera, à travers son texte d'orientation et son plan d'action national, une réforme radicale de l'organisation. Non pas un simple coup de pinceau, de peinture, avec quelques noms qui changent, non une vraie transformation: une adhésion facilitée, un statut de sympathisant institutionnalisé, une prise de responsabilité proposée à tous les militants dans le cadre de nouveaux groupes d'action, les coop'! Alors bon quelques sceptiques me diront "oui oui comme y a deux ans et après on met le plan d'action au placard" ah bon. Pourtant, tout le monde je pense a vu le nombre de groupes et d'actions médiatiques exploser au cours des deux dernières années, c'était deux des priorités du dernier Plan d'Action!
Que propose encore le plan d'action national présenté par "transformer à gauche"? Une vraie politique de formation pour permettre à tous les militants de s'impliquer, comme ils le souhaitent, dans leur organisation. La mise en place de réseaux thématiques (lycéens, étudiants, actifs) qui permettent aux militants de s'investir là où ils le souhaitent, quand ils le souhaitent, avec l'appui des structures régionales. La refonte des structures et des instances, avec des chantiers aboutissant à des conventions, avec des conseils nationaux ouverts sur la société et des bureaux nationaux concus comme des espaces de travail. Le nouveau regard sur l'autonomie et l'engagement international de ce plan d'action national nous permet de revisiter notre lien au PS, à ECOSY et à la IUSY. Evidemment, tout ceci ne se fera que si tout le monde, tous les courants, et toutes les fédérations, s'approprient cette démarche de reconquête des têtes et des coeurs.
14:47 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mjs, copenhague, climat, politique, actualité
10.10.2009
De Paris à Copenhague
pas de temps pour vous parler de ma vie. Elle s'écoule furieusement, mes pas m'entrainent vivement de chateau d'eau à solférino en passant par Vitry et les bouquinistes de la Seine. Je vois la vie en flou, comme à travers les vitres d'un TGV foncant à travers la vallée du Rhône. Pas de temps pour la lessive, pas de temps pour faire à manger, 5mn de reverie deviennent un bonheur révé. Il y a beaucoup à faire. Régionales, Organisation de l'activité francilienne, suivi de l'actualité éducative...et à celà, des dossiers auxquels je vais porter un intérêt croissant: Une réunion des chefs d'état et des experts scientifiques du monde entier doit se réunir pour le jour de mon anniversaire à Copenhague. Ils doivent discuter du changement climatique et des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, oxyde nitreux...) provoqués par l'activité humaine, qui constituent une cause majeure de ce changement!
Entre deux coups de fil et 3 textos sans réponses, je peux émerger de ma boîte mail ou de mon roman historique préféré (plus de 4 tomes de fortune de France!) pour lire des articles sur les enjeux de la conférence de Copenhague. Car cette suite donnée au protocole de Kyoto est parfois un peu technique et difficile à comprendre. Merci à Wikipedia et Natura vox de m'avoir apporté leurs lumières! Commencons d'abord par un petit historique: en 1988 Un groupe d'experts internationaux a été créé pour étudier le changement climatique par le programme des Nations Unies pour l'environnement. C'est le GIEC, qui élabore des rapports tous les 5 ans. Celui de 1995 a conduit à l'organisation d'une conférence à Kyoto pour débattre de la réduction des gaz à effet de serre. Cette conférence s'est déroulée à partir de décembre 1997 (alors que je faisais mon premier échange scolaire en Allemagne, je m'en doutais pas!!), elle a été suivie d'autres conférences internationales pour la préciser qui ont mis aux prises des coalitions d'états ayant des intérêts divergents: le club carbone (japon, EU, canada, australie, nouvelle zelande) rassemble les grands producteurs de gaz, tout comme les pays de l'OPEP, elle est très réticente à la réduction des gaz. A contreriori, l'Union Européenne est très motivée pour avancer, tout comme les pays menacés par la montée des eaux (Pays Bas, Maldives). Les pays en voie de développement renvoie les pays industrialisés à leur responsabilité et sont réticents à l'idée de réduire leur production alors qu'ils sont en plein développement.
Voila pour les positions des états. La conférence en a tenu compte et c'est là qu'on en vient aux dispositifs techniques pour atteindre les objectifs de la conférence, c'est le fameux protocole: L'effort de réduction peut s'appuyer sur des mécanismes de flexibilité tels que le mécanisme de développement propre (MDP) qui sont des investissements étrangers (5,4 milliards $ en 2006) dans les technologies propres pris en compte dans le calcul de leurs rejets. La banque mondiale a créé de son côté un fonds spécial pour les programmes d'adaptation. Un mécanisme de permis négociables est aussi prévu pour réduire en priorité les structures les plus polluantes...un système européen d'échanges de permis est né en 2005 à cet effet. D'autres mécanismes tels que la mise en oeuvre conjointe (MOC) sont aussi prévus à cet effet, pour financer les projets visant à réduire l'émission de gaz dans le domaine industriel et forestier. L'entrée en vigueur du protocole est lié à sa ratification par une part significative des signataires (55% des émissions et 55 pays) elle a été permise avec la ratification de la Russie en 2004.
Le respect du protocole de Kyoto est lié à l'émergence d'un droit international de l'environnement qui prévoit des sanctions contre les états qui ne respectent pas leurs engagements.La question aujourd'hui est de faire le point, le bilan de ces efforts, notamment pour les principaux emetteurs que sont les EU (23%), la Chine (idem) et la Russie (17%) qui émettent à 3 les 2/3 des émissions! aux EU, les émissions ont progressé de 1% chaque année alors que d'autres pays tels que la Suède réalisaient leurs objectifs...
En bref je bosse sur la question, un autre article bientôt plus précis sur le protocole de Kyoto et les enjeux de la conférence de Copenhague!
12:31 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, environnement, copenhague, climat
17.09.2009
Zoom sur les élections législatives allemandes...
Examiner la politique et les enjeux politiques étrangers avec des réflexes franco-francais est une attitude qui m'énerve beaucoup. Il se trouve toujours quelqu'un pour expliquer la politique allemande en comparant tout de manière simpliste, comme si die linke c'était le NPA, si la CDU était l'UMP, et si tous les adhérents du SPD étaient des socio-traitres...C'est énervant car chaque pays a un régime institutionnel, des "coutumes" politiques, des enjeux différents, des clivages originaux. Ayant vécu un peu en Allemagne, ayant participé à des meetings et milité un peu aux Jusos, je vais essayer d'amener tous mes lecteurs au coeur même des enjeux actuels du scrutin essentiel pour les allemands que sont les élections législatives (bundestagwahl)...
Mais d'abord rétablissons un peu la vérité...die linke ne sont pas seulement un sympathique parti avec de vraies positions de gauche, c'est aussi l'héritier du parti unique de l'ex-RDA, et ses responsables sont parfois les mêmes que ceux qui lancaient la stasi sur leurs opposants dans les années 80. Mais sans eux, une alternative de gauche est impossible en Allemagne, et leur succès est aussi dû à la politique ultra-libérale pratiquée dans le domaine de l'emploi et de la santé par le chancelier Schröder...La CDU n'est pas seulement un parti de méchants, c'est un parti démocrate chrétien qui s'est converti il y a peu au libéralisme...avec des valeurs assez conservatrices...les verts font des alliances à droite, le MODEM allemand (FDP) fait des alliances à gauche: les cartes de la politique allemande sont brouillées!
1- Ils votent quoi les allemands là? à l'échelle fédérale, l'électeur allemand va élire la chambre basse du parlement, le bundestag...au bureau de vote, il aura deux "voix" à utiliser: la première pour élire le candidat de sa circonscription, la deuxième pour choisir une liste régionale. Evidemment, les partis sont amenés par des leaders, potentiellement candidats à la chancellerie (premier ministre): FW Steinmeier pour le SPD, Angela Merkel pour la CDU/CSU, Guido Westerwelle pour le FDP...pour les deux autres partis que sont die grünen (les verts) et die linke (la gauche) c'est un peu plus compliqué!
2- Qui va gagner? Compliqué, en fait aucun parti n'obtient la majorité absolue (à part la CDU dans les années 50 et 80), la question c'est donc quelle alliance pour gouverner, sur quel projet compatible? Et là, les possibilités il y en a mais pas tant que ca...alliance à gauche rotrotgrün (SPD/DieLinke/grünen): le SPD est contre car désaccord sur la politique sociale avec die Linke...traditionnelles alliances de gauche (SPD/Grünen) ou De droite CDU/FDP? ca suffit pas pour atteindre la majorité et la CDU a peur d'un FDP requinqué! Alliances improbables quand le centre droit rejoint la gauche (ampelkoalition, comme dans les années 70), ou quand les verts rejoignent la droite (jamaikakoalition, comme au land de Hamburg?): vraiment vu comme des solutions de dernier recours. Une menace plane: le maintien de la grande coalition SPD/CDU, aux affaires depuis 2005: une politique consensuelle, pas de choix, pas de politique cohérente, et une désaffection de la population pour le politique...
3- Ca se passe comment une élection en Allemagne? Comme en France, on parle sondages: les coalitions de gauche (linke 10% verts 10% SPD 25%) font à peu pres jeu égal avec la droite (CDU 35% FDP 10%) mais les allemands, s'ils votaient directement, choisiraient à 55% angela Merkel. Pourquoi? le fameux "bonus du chancelier" qui donne au candidat sortant un air plus crédible? Et surtout, cette différence fondamentale du débat politique allemand: pas de grandes envolées lyriques, passionnées, violentes, le débat est feutré, centré sur les questions de compétences...l'équipe de campagne du candidat SPD s'appelle donc "kompetenzteam"...j'allais oublier: la modernité c'est d'utiliser des termes anglais!
4- C'est quoi les débats? Une élection allemande ce n'est pas "bandant": on parle chiffres, programmes, alliances...on ne dit jamais droite ou gauche, on utilise le nom des partis qui se définissent comme progressistes ou conservateurs, ce n'est pas un gros mot...pas de diabolisation, débats apaisés, pas beaucoup de tracts, mais beaucoup d'affiches accrochées aux arbres, et de "podiums": des stands en pleine rue où les candidats discutent avec les citoyens. Ce qui fait débat pour ces élections? Bon voyons par exemple les 8 propositions du SPD: "de bons salaires pour de bons travails pour tout le monde", "une éducation de première classe sans frais supplémentaires", "protéger le climat avec une énergie sure sans nucléaire", "soutien des familles", "égalité des droits pour les femmes", "un état tolérant pour la diversité", "une société humaine contre un capitalisme débridé"...on voit émerger des thèmes de campagne: l'énergie, les questions de société, la politique familiale, les salaires, l'éducation gratuite. Des sujets un peu originaux pour la France! Pas de petite phrase, des propositions précises et chiffrées...
5- Et la rue, elle pense quoi de ces élections? D'abord ce n'est pas une élection unique...Les élections en Sarre et en Thuringe ont eu lieu il y a peu, avec un sursaut de la gauche mais un gros problème: die linke arrive en tête en Thuringue, le retour de la gauche au pouvoir est possible mais le SPD refuse de leur laisser le poste de ministre-président, comme si ce n'était pas un parti comme les autres...Le SPD n'accepte pas la présence et la force de l'ex parti communiste de la RDA sur sa gauche...il y a une histoire certes, des postures, mais aussi une expérience de gouvernement, commune, dans les länder de l'est (brandenburg ou Berlin par exemple) et un assagissement de die Linke qui permettraient un programme commun et une alternative avec à sa tête par exemple, Klaus Wowereit, maire de Berlin, partisan de l'alliance à gauche, et vu comme le futur candidat du SPD...(http://www.spiegel.de/politik/deutschland/0,1518,649524,0...). En tout cas le débat est peu sexy, le duel télévisuel a ennuyé les spectateurs, pas de propositions phares, pas de réelle alternative à gauche avec le vice-chancelier Steinmeier...
15:09 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, allemagne, merkel, steinmeier, spd
17.04.2009
géographie électorale, docimologie et nostalgie: que de mots compliqués!
Que de sujets de réflexion aujourd'hui, qui me poussent enfin à reprendre mon clavier!
- Connaissez-vous Alain Marleix? Ce gentil monsieur est à la fois secrétaire national de l'UMP aux élections et secrétaire d'état aux collectivités territoriales. Et vous allez rire, mais il est chargé de proposer une nouvelle carte électorale. Euh...oui oui le pro de la géographie électorale de l'UMP va bricoler les nouvelles circonscriptions. Vous vous dites c'est caricatural ils n'oseront pas c'est indécent et cynique on est quand même pas dans une république bananière, ils vont pas oser!
Et si. 2/3 des circonscriptions supprimées sont à gauche, 2/3 des circonscriptions créées seront de droite. Rajoutez y les nouveaux députés des Francais de l'étranger qui sont tous des nantis et comme dit Martine AUBRY: "même avec 51% des voix la gauche ne pourra pas accéder au pouvoir". Vous remarquez que ce n'est pas la priorité des médias. La liberté de la presse, rempart de la démocratie? Mon oeil!
- Connaissez-vous la docimologie? C'est la science de l'évaluation, comment noter, évaluer, savoir ce que l'on note, comment l'on note? J'adore. J'essaie petit à petit de tester des petits trucs...Je note depuis mes débuts des compétences telles que l'organisation ou l'argumentation d'un propos argumenté, et je ne suis pas très convaincu par l'évaluation de la présence de notions...en bref un paquet de copies tous mes amis adorent mais on est pas forcément à l'aise. Forcément injuste une correction. Parce que parfois je suis fatigué et une écriture un peu trop cursive va me rendre aussi tolérant et indulgent que Ivan le terrible ou mon ancien prof de médiévale...Parce que je suis très à cheval sur "reprends la question dans ta réponse" mais pas trop sur le style...Comme quoi tous les profs noteront différemment.
Alors que faire? Des barêmes précis pour commencer. Décider de la part compétences/connaissances définitivement. En finir avec l'imbecillité de la note sur /20...et peut-être, comme le MJS posait la question dans son chantier éducation, réfléchir à la pertinence de l'évaluation par notes...l'effort, la progression, l'acquisition c'est pas mal aussi non?
- Connaissez-vous Montpellier? Question plus facile hein! J'y étais hier pour manger les pates de Cédric, assister aux réunions de Merry, aux speechs de Michael, et retrouver mes boutiques préférées de la place de la préfecture (armand thiery et gibert jeunes pour ne point les citer). J'y ai vécu plus de 3 ans, perso. C'était la grande ville que je regardais avec envie comme tous les Biterrois ("sérieux, ils ont un tram eux!!"). C'est là où j'ai passé ma licence, ma maitrise et mon CAPES, certes...mais c'est surtout là que je me suis épanoui dans le militantisme le plus exigeant. J'ai cassé 3 valises en acheminant des centaines de milliers de tracts UNEF d'Antigone à la fac de lettres. J'ai sillonné les cités U pour les élections des conseils de résidence, et les sites universitaires pour les réunions de CAS. Je ne peux pas observer le café du théâtre, siège ancestral des réunions MJS, sur la place de la comédie, sans un petit pincement au coeur. C'est ma ville, comme Heilbronn, et un peu Paris, aussi. C'est une belle ville, la plus agréable à vivre. La colline du vieux Montpellier, les terrasses de la com', les rives du Lez...c'est un rêve!
15:12 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : education, actualité, marleix, montpellier
20.02.2009
Les enjeux des élections législatives allemandes de septembre 2009
S'intéresser, analyser la politique allemande, le paysage politique et les enjeux électoraux avec des concepts et un point de vue français est particulièrement périlleux voire insensé. Dans 6 mois, les Allemands éliront la chambre basse du parlement, le Bundestag; et un chancelier ou une chancelière ressortira de la majorité élaborée sur la base d'un programme commun à l'issue des résultats électoraux. C'est un système d'élections mixtes, à la fois de liste partisanes à l'échelle des états, et de circonscriptions pour les quelques 300 Wahlkreise, qui permettent d'habitude des résultats assez nets et représentatifs à la fois.
Le système politique allemand a évolué mais ses racines plongent jusqu'au IIeme reich, quand la démocratie parlementaire se mettait petit à petit en place face à Bismarck et Guillaume II (vaste programme!). Le SPD, parti social-démocrate, date de 1876, tandis que les partis bourgeois tels que le parti libéral et le zentrum, devenu FDP et CDU, s'organisent surtout pendant la république de Weimar. Les partis nationalistes disparaissent, discrédités, après la chute du 3ème Reich qu'ils ont aidé dans son accession au pouvoir en 1932/1933. D'un autre côté, les partis d'extreme droite (Republikaner, DVU, NPD) restent divisés, même après une montée inquiétante au début des années 1990, tandis que les verts apparaissaient en 1970 et se dotaient d'un jeune leader issu de l'immigration turque l'an dernier, Cem Ozdemir... D'un autre côté, les communistes, inexistants en Allemagne de l'ouest après la guerre froide, réapparaissaient avec la réunification, avec l'ancien parti unique est-allemand devenu PDS, en dépassant parfois la barre des 5% permettant d'accéder au bundestag, renforcés par leur coalition électorale avec les décus de la social-démocratie, appellée die linke, depuis 2005.
La république fédérale Allemande est dirigée par un chancelier, certes, mais surtout par des combinaisons partisanes aléatoires appellées coalitions...et il en existe plusieurs formes! Les notions de droite et gauche sont très floues en Allemagne où l'on réfléchit plus par conservateurs/libéraux/socio-démocrates/nationalistes...et où les alliances se font et se défont sur la base de programmes concrets précis après d'apres négociations...comme en 2005 quand le SPD et la CDU/CSU ont du se résoudre à une grande coalition, dans la mesure où leurs partenaires naturels (verts d'un côté, libéraux-démocrates de l'autre) n'avaient pas réuni d'assez bons scores pour former une majorité! Comment est-ce possible? En France, j'ai des camarades peu nuancés qui se font concurrence pour crier plus fort que les autres que les Allemands de gauche sont des traitres...un peu plus on sortirait des arguments historiques...alors que tout simplement leurs lignes de clivage ne sont pas les notres, leur système, plus proportionnel, est différent, alors pourquoi plaquer nos schémas?
Depuis 2005, les partis au pouvoir sont affaiblis, leurs lignes de clivage amoindries par leur cohabitation. Le SPD est sur une ligne plus libérale avec son aile droite, FW Steinmeier, alors qu'Angela Merkel fait vibrer très fort l'aile sociale de son parti de centre-droit, la CDU. Celà laisse un boulevard aux verts, déchainés sur l'anti-nucléaire que leur laisse le SPD jugulé par ses accords de gouvernement, pour die Linke, alors que la crise sociale et économique remet en cause les options libérales, ou pour le FDP qui rassemble les décus de la CDU, à droite!
6 mois avant l'élection, où en sommes-nous? d'apres les sondages, si les élections avaient lieu demain, la CDU obtiendrait 34% des suffrages, le SPD 22%, le FDP 18%, die Linke 12% et les verts 10%...Les coalitions possibles? A droite toute avec NOIR/JAUNE (CDU/FDP) en se disant qu'avec un pareil score le FDP peut presque demander la parité complete au gouvernement et notamment la vice-chancellerie pour son jeune leader Guido Westerwelle...Au centre toute avec le retour de la grosse Coalition qui après tout tient bien la route avec ses deux sexycentristes que sont le ministre des affaires étrangeres Steinmeier et Merkel à la chancellerie (la "machine à laver "au vu de l'architecture pour les intimes des virées berlinoises)...et j'apprends par un article de presse très interessant http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j6XtkklPm36t5QKP6ytvcD7g3-Jw que Steinmeier se rapproche de Westerwelle et n'exclut pas l'idée d'une coalition libérale de centre/centre-gauche qui n'avait jusqu'ici était réalisée que par Helmut Schmidt de 1974 à 1983! Argh trahison, tous des droitiers vont grogner mes camarades. Certes, mais sur la base d'un programme commun issu de lignes de convergence sur l'éducation, l'immigration, le désarmement et la libéralisation des moeurs! De la même manière que le SPD a travaillé avec la CDU sur la réforme de l'état...Elle est loin la coalition de gauche rotrotgrün évoquée lors des élections de Hesse l'an dernier!
Quels sont les thèmes de campagne? Evidemment de la tambouille avec Merkel l'hésitante-pas-capable-de-gérer-la-crise martellée par le SPD qui fleure un peu le machisme mais bon...Mais aussi des vrais débats de fond auxquels j'avais participé en faisant campagne pour Schröder en 2005 à l'époque du tournant de gauche du SPD: assurance citoyenne (Bürgerversicherung) pour la santé contre forfait individuel (Kopfpauschal) proposé par la CDU, interdiction des frais d'inscription universitaires (studiengebühren) contre limitation des compétences fédérales en matière d'éducation...d'autres sujets sont plus technocratiques comme la redéfinition des compétences fédérales et régionales (Föderalismusreform) ou plus consensuels comme la lutte contre l'extreme droite...Voyons maintenant parti par parti!
Que veut le SPD? De nouvelles propositions pour un nouvel état social: assurance maladie payée en fonction du revenu, SMIC (mindestlohn) négocié par les branches, mais aussi malheureusement des retraites plus flexibles ou encore la fameuse sortie du nucléaire, le "atomausstieg". Que veulent die Linke, guidés par Gregor Gysi et Oskar Lafontaine? Casser le système bipartiste ou bi-coalition (ca c'est réussi) et veulent concentrer leurs propositions sur la lutte contre les privatisations, le nouvel état social, la lutte pour l'égalité hommes/femmes au boulot et à l'école...De leur côté, les verts refusent de parler alliance et veulent se concentrer sur leurs thèmes de campagne: les libertés publiques, l'énergie et le développement durable ou encore la paix et la lutte contre la précarité (ils préconisent le Grundeinkommen, sorte de RMI). Le FDP avec son slogan "mehr netto vom brutto" qui signifie à peu près moins de taxes sur la feuille de paie, veulent moins d'impôts, moins de dettes, plus de libertés dans la société et pour les entreprises...de vrais libéraux qui veulent moins d'état quoi! La CDU est à la tête des sondages mais pas forcément en position de force: pas de proposition phare, pas de projet global, le premier parti d'Allemagne s'est technocratisé et n'aspire qu'à "gérer"...
En bref, de beaux débats de fond, quelques petites attaques de bas-fond et comme débat principal, comme d'habitude, les coalitions...en se disant que pour celle que je défends, évidemment la gauche plurielle (rotrotgrün) rien n'est simple: 2 partenaires c'est compliqué à gérer en Allemagne (ca marche toujours par 2 si je compte pas la CSU) et le SPD est très partagé par rapport à son partenaire die linke avec laquelle elle cogère certains états: c'est quand même l'ancien pârti unique de la RDA qui a mis en place une police politique, la stasi, dont on vient à peine de sortir les archives des débarras (avec son lot d'espions retrouvés "subitement" qui permet très pratiquement d'éliminer ses rivaux politiques)...et que die linke a un peu du mal avec un SPD revenu au centre gauche voire au centre avec un nouveau leader schröderien, Frank Walter Steinmeier, aile droite du parti! Ce qui ne m'empêchera pas de faire sa campagne dans quelques mois...Les Jusos allemands font la part des choses (et avaler quelques couleuvres, on a bien fait campagne pour Royal)!
11:50 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, allemagne, elections, steinmeier, merkel, cdu, spd
14.01.2009
pensées chlorées de France et de civilisation
J'ai retrouvé le chemin de la piscine de Vitry. La joie des éclaboussures, les trépignements devant ces retraités qui provoquent des bouchons dans la rangée de droite, les hors bords et autres prépubères hurlants qui jouent au sous-marin, cette douce sensation d'être plus leger, mêlé à ce parfum, ce bruit indéfinissable qui me rappelle l'école primaire. Que faire à la piscine? Penser. Penser à ce f. dossier de subvention de section euro que je bricole, comme projet pédagogique, alors que je peine à remplir les rubriques du budget prévisionnel, et pour cause...
Mes pensées aussi trépignent et s'agacent, entre cours à préparer, mails de cadrage à envoyer, entre ce qui se passe à Paris et ce qui se passe dans les hautes-Alpes...je pense pourtant à la France. La France du XXIème siècle. En quelques aller-retours de 25m, je pense à celà, à quoi servira, quelle sera la place de la France au XXIème siècle? Quels sont ses atouts humains, économiques, sociaux, diplomatiques qui lui donneront son importance au sein de la confédération européenne qui fera son apparition dans les années 2010?
La France a des atouts, comme grande puissance historique. Elle a des atouts, de par son territoire, de par ses savoir-faires technologiques, mais aussi des handicaps. Que doit-on nous envier? Point par point? Une surface agricole immense, des ressources énergétiques naturelles inépuisables, en eau, en vent et en soleil. Mais aussi une force considérable dans les industries de pointe, un système éducatif de masse, une armée glorieuse présente dans le monde entier, avec ses armements sophistiqués. Mais quelles faiblesses aussi! Quels archaismes! La France fait le choix du nucléaire quand on sait que l'uranium à utilisation constante viendra à manquer, verra son prix augmenter dans les 50 prochaines années! Quelle mauvaise utilisation d'un appareil administratif quand on supprime des agences d'emploi, quand on recule toujours et encore la nécessaire réorganisation et démocratisation du système éducatif, quand on superpose collectivité territoriale sur syndicat de gestion à tout va!
Que va t'il se passer dans les 50 prochaines années? Je préfère penser à ca, plutôt qu'au rêve de ma dernière nuit qui s'est arrêté sur une carte des réseaux RER au sud de Paris. J'ai trop lu d'articles sur le pass navigo. Dans les 50 prochaines années, les inégalités au sein des pays du sud vont s'accroitre, entre pays émergents, et pays très pauvres. Certains pays s'enfoncent dans la crise alimentaire, climatique et dans la guerre civile. La priorité, c'est d'établir des états de droit dans toutes les parties de la planète, soutenus par des organisations régionales tels que le Mercosur, l'union africaine et cette union d'asie du sud qui n'existe qu'au point de vue militaire. Dans les pays émergents, les inégalités internes sont très fortes, en Chine, en Inde, au Mexique ou encore au Brésil. En commun, d'immenses ressources et richesses territoriales, mais l'incapacité à les distribuer justement. L'état providence n'est qu'embryonnaire, la priorité doit être la redistribution des richesses.
Dans les pays du nord, la crise structurelle est là avec ses conséquences. Depuis les années 70/80, règne partout la précarité organisée, le capitalisme effrené qui fait rêver, l'affaiblissement des outils de redistribution et la diffusion de nouvelles valeurs de civilisation. Les séries TV sont le plus puissant outil de transmission de valeurs jamais mis en place. Ils ont permis à l'habitat pavillonnaire de défigurer les territoires européens, au travail d'être accepté comme unique raison de vivre, à la politique d'être limité au spectacle des combats de coqs, et aux centres-villes d'être supplantés par les centres commerciaux comme lieux de convivialité. Cette acculturation mondiale est une mutation organisée, parallèle au changement de siècle opéré avec la chute du mur. Dans quelle ère sommes nous aujourd'hui, bonne question, et moi je retourne à la maison blanche (saison 2!)
20:40 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, france
05.01.2009
de la neige, de la rentrée et du monde
18h45 Je sors du bus et la neige crisse, croustillante, sous mes chaussures. C'est LA news du jour. Les flocons ne tombent plus. Ce matin, je marchais avec précaution, en arrivant au collège, trébucher et m'étaler devant mes éleves aurait été une mauvaise idée pour entamer la rentrée. Quand la sonnerie retentit, mes collègues et moi sortons tous en même temps de la salle des profs. En rang par trois, nous nous dirigeons vers la cour, je me sens revenu dans la corpo, je me sens à nouveau prof après la relâche des vacances. "Monsieur, vous êtes assortis à la neige!" C'était bien le jour pour mettre une chemise blanche...
Arrivé dans la cour, la neige vole, j'ai face à moi toutes les classes de sixieme dont la moitié me saluent (pas de cris aigus, ils ont pas encore repris leurs bonnes habitudes). Je me trompe de classe, cherche la mienne, l'amène, à reculons (comme d'habitude) vers les escaliers. Salutations d'usage, c'est la rentrée, je reprends mes habitudes, mes repères (le cahier d'absences, les regards méchants, les carnets, les rires, les enjambées...)! Finis les climats, je commence "le peuple de la bible, les Hébreux"...mit Mühe: je ne suis pas à l'aise! Expliquer croyances et Histoire à des sixieme, c'est sensible!
Les cours finis, c'est la vie au collège, ses lieux et ses rythmes, la salle des profs où je me cache (j'aime pas les voeux), la salle informatique où j'imprime mon dossier d'inscription pour le stage d'été des sections européennes? à Düsseldorf...c'est bien la seule possibilité de formation qui m'est offerte! Et puis c'est le RER, ce roman historique avalé de massy/Pal à Gare du Nord...Et cette apres-midi au syndicat. Cette collègue qui veut démissionner parce qu'elle n'en peut plus, qu'elle est néotitulaire et que c'est trop dur, quand on vient du sud et qu'on a tout quitté à la faveur des mutations les plus technocratiques du monde. Ces démarches au rectorat. Et des résultats peut-être? Pas sûr...des milliers d'enseignants démissionnent dans les premières années. Aucun soutien de l'institution, alors que la droite supprime l'année de stage, ce sas, ce cocon dans lequel la "vocation", ce sacerdoce pédagogique, était appréhendé dans ses difficultés, avec des tuteurs, des formateurs, des collègues qui vous soutenaient...tout ceci passé à la moulinette des économies libérales!
Le soir, apres l'heure de RER/METRO/BUS où j'avale encore le 4eme tome de fortune de france, de robert merle (l'enfance de Louis XIII pour être précis), c'est le repos du guerrier. Les infos. C'est sacré. Et là, quelques réflexions. Nous sommes en 2009, et l'on parlera surement plus tard des années 90/2010 comme d'une guerre de religion planétarisée qui ringardise la guerre de 30 ans (1618/1648) qui avait mis l'Europe à feu et à sang. Mais je trouve que les média ont quand même leurs théâtres de guerre favoris. Je ne dénigre pas à quel point le conflit israélo-arabe est révélateur des conflits du XXème siècle, est symptomatique d'un état au peuple meutri et d'un peuple meutri sans état, mais cette crise n'est pas la seule que connaît notre planète alors que l'année 2009 démarre.
Dans le Cachemire, au Nord de l'Inde, 3 puissances nucléaires, puissances émergentes, parmi les plus peuplées du monde, se regardent du coin de l'oeil, le doigt sur le bouton atomique. à Kerbaba, le conflit sunnite/chiite menace alors que les terrorismes se portent très bien, et que dans le Golfe d'Eden, les pirates somaliens font régner la loi de l'anarchie. Dans la région des Grands lacs africains, les machettes, dans le silence médiatique le plus total, égorgent des milliers d'innocents. Pendant ce temps, les ressources de la planète s'épuisent. L'Amazonie fait l'objet d'une appropriation territoriale méthodique du Géant de l'Amérique du Sud, alors que les surfaces agricoles sont menacés par l'intensification des cultures et l'extension des cultures OGM...L'eau est rare, des millions de personnes meurent chaque année parce qu'ils boivent de l'eau impure. C'est la première cause de mortalité mondiale. Et tous les matins, je passe 15 mn sous la douche, dépensant approximativement 20 litres d'eau, soit 3 fois la consommation annuelle moyenne d'un Cubain.
20:29 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, geopolitique, monde, education, meteo
29.06.2008
Livre blanc sur la défense: quelle politique de "sécurité nationale" pour la France?
Le 17 juin 2008, le président de la république présentait le « livre blanc » de la défense. Cet exercice de réflexion sur la politique de défense de la France n'avait pas été effectué depuis 15 ans. Ce livre blanc se résume malheureusement parfois à la déclinaison militaire de la Révision Générale des Politiques Publiques (R.G.P.P) ou si l'on préfère du plan d'amaigrissement de l'état. Celà jette la suspicion sur toutes les décisions qu'il contient: la fermeture des bases militaires, la réduction des effectifs sont-elles des mesures d'économies ou un simple redéploiement stratégique? On se perd dans les méandres des mesquineries financières de la droite.
La France prend un tournant dans sa politique: un tournant positif en adaptant son armée à la participation à des opérations de maintien de la paix à l'aide d'une force de projection de 50 000 hommes, mais aussi un tournant négatif avec la réintégration du commandement intégré de l'OTAN, mesure symbolique de réalignement sur la politique étrangère des EU. La France a toujours été le chantre du multilatéralisme, qu'en sera t'il demain? La gauche ne peut que s'inquiéter d'une part du peu de cas qui est fait de l'ONU comme organisme principal de sécurité, et d'autre part de l'abandon du projet d' « Europe de la défense ».
Une alternative est possible! Au delà de réfléchir sur la sécurité des Français et notamment de ses intérêts économiques (et des copains marchands d'armes du président de la république), le « livre blanc » devrait avoir un projet pour la sécurité mondiale, en lien avec une ONU plus forte, une Europe plus solidaire, qui agirait dans le domaine de la sécurité comme de la coopération. Cette alternative ne peut se passer d'un débat démocratique sur les politiques de défense qu'il reste à construire au sein d'une nouvelle république.
Bïentôt ma note de 5 pages sur le sujet en ligne aussi (mais là mon blog est trop plein...)
13:21 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, defense, sarkozy, actualité, morin, livre blanc, armée
19.06.2008
Votre politique de droite est impopulaire? Faites de la pub!
De quoi discutait-on dans la cantine des profs à midi? Ni de mon départ pour Berlin, ni de l'année qui s'achève, ni de mes cernes (on laisse ca aux élèves), mais bien de la campagne publicitaire engagée par le gouvernement Fillon pour faire connaitre les mesures décidées pour répondre au "problème du pouvoir d'achat". Ces mesures sont tellement banales, pour des mesures de droite, qu'on érafle avec peine le clavier pour les noter.
On bricole des mesures faciles à communiquer sans s'interesser à leur efficacité. Supprimer les cautions quand les loyers représentent bientôt la moitié des budgets des ménages! Super. Défiscaliser les petits boulots étudiants. Super, quand la baisse des bourses (refonte des critères) décidée par la ministre Pecresse plonge des milliers d'étudiants dans la précarité, les obligeant à choisir entre petit boulot et études! Parler d'heures supplémentaires, quand l'inflation est trois fois supérieure à la hausse du SMIC programmée par un gouvernement, c'est provocateur, c'est cynique, c'est indécent!
Mais au delà des mesures c'est la forme qui émeut, scandalise, attriste. L'argent public sert donc à financer la promotion d'une politique de droite? Les grands groupes de médias ne sont-ils pas encore assez aux ordres qu'un mot du président suffit à faire remercier un présentateur TV? L'AFP est donc si effrontée, qu'elle a osé ne pas publier un communiqué présidentiel? Quelle effronterie inimaginable! La politique du président Sarkozy est impopulaire? C'est que les Francais ne la comprennent pas! On va donc leur expliquer. On rêvait d'un débat politique, d'un combat de convictions, on se réveille avec une pub sur france 2 et le sourire freedent du premier ministre...
Mes camarades comprennent maintenant pourquoi je me tape le front à chaque fois que j'entends le mot pédagogie dans une organisation politique...
Encarts internet, publicité dans les journaux, spots télé, celà s'était déjà vu pour expliquer l'euro aux Francais...mais il s'agit là d'une publicité partisane. Qu'aurait-on dit en 1981 si l'on avait vu surgir des panneaux défilants "les nationalisations, c'est top!"? Après la lettre distribuée à 900 000 enseignants en septembre pour déblatérer des inepties pédagogiques; dont l'envoi avait coûté des millions d'euros, à quand la distribution par bouygues, pour chaque forfait tel acheté, d'un guide "la droite expliquée à mon fils"? Quand pourra t'on enfin trouver dans tous les organes de la presse Bolloré un petit fascicule "le programme de l'UMP expliqué aux enfants"?
Nous entrons dans une ère sombre, celle du totalitarisme publicitaire...
12:32 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, ump, publicité, fillon, ps, mjs
01.03.2008
"Aujourd'hui, les Français choisiraient Ségolène Royal au second tour"
à côté de 3 chiens morts de la rage, Carla Bruni a des projets, c'est le grand titre du site 20minutes.fr. tous les visiteurs de ce blog, dont une bonne moitié sont mes camarades, se réjouissent de cette nouvelle. pratiquement un an après le vote. Depuis on a eu des divorces, des grands discours sur dieu, une hausse du salaire présidentiel de 200%, une baisse massive du pouvoir d'achat des français, un plan banlieues équivalent à 1/30 du paquet fiscal.
Et bougre de diou c'est maintenant que les Français s'avisent qu'ils ont fait une connerie?
Bon après Ségolène Royal...j'ai longtemps hésité (jusqu'en octobre 2006). j'y ai cru, je l'ai défendu en section, defendu dans la rue, j'ai fait faire 20 000 km à ma ford fiesta pour la cause...alors qu'elle mettait mon organisation, le MJS, en concurrence avec un club de groupies. alors qu'elle se laissait déborder par l'autre candidat sans avancer son projet (souvenez vous des drapeaux bleu blanc rouge aux fenetres, j'en ai encore dans ma chambre). Alors qu'elle n'assumait pas des positions de gauche (ex. les impôts) et faisait la part belle à un apolitisme de mesurettes sans cohérence, apanage d'une campagne des municipales dans un village mais certainement pas d'une élection présidentielle.
Ségolène Royal à la tête du parti socialiste? NON MERCI! Pour faire quoi? Désigner l'ennemi, les méchants, et favoriser l'alliance des gentils? pour dépasser les clivages politiques et voir le débat citoyen se résumer à des affiches de campagne plus ou moins fashions? Pour opérer un grand tournant droitier soi disant rénovateur du parti socialiste? Bah oui voyons laissons les pauvres s'abstenir ou voter extrème et faisons de la politique dans les centre-villes avec les diplomés, les bobos, des gens sérieux! comme ca on gagne les municipales et on perd les présidentielles. Pourquoi après tout se battre pour une alternative politique sociale économique quand c'est tellement plus facile de laisser la main au marché, froid et cruel, à son impitoyable main qui plie la nuque des travailleurs, noie les mexicains dans le rio grande, électrocute les Africains sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila?
Allons y!
Et bien NON. La gauche existe toujours, le discours de justice, d'égalité et de solidarité ne s'effacera pas devant cette politique palote qu'on voudrait nous servir, à base de partis modérés qui se battent sur des concepts. Refusons la droitisation du parti. Ne parlons pas de partir si ségolène gagne, au contraire battons nous jusqu'au bout pour que les Francais aient le choix. Faisons émerger, au sein du parti socialiste, un courant capable de se battre pour reconquérir les classes populaires, faire de la politique autrement, faire du mandat unique une priorité, et ramener la gauche de conquête et non de renoncement au pouvoir en 2012. C'est possible!
Pour celà, il faut militer, il faut travailler, il faut réfléchir et surtout il faut croire et garder une espérance intacte. Prouvons à NDP que l'esperance n'est pas religieuse, qu'elle est militante!
10:49 Publié dans Le passionné de l'actualité | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : politique, royal, ps, parti socialiste







