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échec scolaire

  • Souffrance à l'école: compte-rendu des débats

    titre.jpgPour la 3ème fois, sur ce blog, on parle échec scolaire à la fin du mois de septembre. Pourquoi? Parce que c'est la troisième édition de la journée contre l'échec scolaire organisée par France 5 et l'AFEV. Des conférences étaient ainsi organisées toute la journée avec des sociologues, des psychologues, des élus, des syndicalistes, des parents d'élèves, pour discuter des mécanismes, des effets de l'échec scolaire, mais aussi des réponses qu'on peut apporter à la souffrance scolaire.

     

    Comme enseignant, je n'ai jamais été formé pour traiter ces questions. C'est comme militant politique et syndicaliste que j'ai pu prendre du recul. Saisir, comprendre, décortiquer tout ce qui, dans le service public d'éducation, est élitiste, rébarbatif, démotivant. Comprendre à quel point le système ne sait pas distinguer les progrès des élèves, saisir l'injustice d'un système éducatif français qui exacerbe les inégalités sociales...mais aussi appréhender à quel point d'autres méthodes d'évaluation pourraient changer la vie en classe. Supprimer les notes chiffrées, comme le MJS le propose depuis janvier 2009, par exemple! C'est André Anditi, auteur de "la constance macabre" qui défendait ici l'abandon d'une notation chiffrée qui crée systématiquement de l'échec.

    La deuxième partie du débat s'est faite à partir de la présentation d'une étude sur le climat scolaire. Quelles nouvelles? Un certain mal-être, des moqueries, une souffrance liée aux mauvaises notes...Des choses qui me rappellent mes dernières classes, ces sixièmes qui, selon les classes, étaient sages, bavards, mesquins, moqueurs...Le débat se tourne vers la perception des parents, des enseignants, sur le rôle des évolutions sociales dans la dégradation du climat scolaire. Les élèves sont ils plus violents et l'école moins sanctuarisée?

    Claire Briset indique que ces inquiétudes sont internationales, que les enfants ne sont plus à l'écart de la société chez eux (tv et ordi dans la chambre). Francois Sauvadet explique ensuite le décalage grandissant entre des enseignants de classe moyenne et des jeunes "de rue", issus de quartiers populaires, qui ont un autre rapport à l'espace, à la voix, au physique, voire même à la nourriture. Les enseignants auront-ils besoin d'interprêtes? Parler fort, faire un geste brusque, prennent un autre sens pour des enseignants expérimentés.

    Pas de projection pour l'avenir chez ses jeunes, peu de connaissance du passé, quand le fatalisme est une forme d'adaptation à la souffrance. Ces enfants insultés, battus par des adultes, ne vont pas être affectés par des enseignants qui sortent de leurs gongs...avec une certaine retenue qui les décrédibilise (Merci Francois de m'expliquer pourquoi l'an dernier j'étais pas crédible...). Deux chiffres qu'on a intérêt à prendre en compte: 46% des enfants ont du mal à rester assis en cours et 50% trouvent qu'il y a souvent du chahut en classe dans les quartiers populaires. Comment alors rendre le cours vivant, occuper l'espace, l'environnement sonore, occuper l'attention?

    Selon une pedo psychiatre, l'école francaise recèle trop de vestiges de l'enseignement religieux: sanctions, absence du corps, absence de plaisir dans l'apprentissage...alors qu'au Quebec un tiers de la formation des enseignants s'interesse à la gestion du groupe et de l'espace! Pour elle, les enseignants ne passent pas assez de temps à observer leurs élèves, notamment hors apprentissage. Elle évoque le problème du harcelement à l'école pour ceux qui sont "différents". Un reportage est projeté sur une expérience d'un lycée de Lyon: accueil apaisant du matin, activités sportives pendant la récréation, participation des agents de service à la vie de l'établissement...un jardin est planté dans la cour par le professeur de SVT, les cours sont allongés à 1h30 pour limiter les déplacements, limiter le stress, avancer au rythme des élèves.