Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2012

  • Décrypter les sondages

     images.jpgLes sondages se suivent et se ressemblent, bizarrement quand la gauche est en tête ils font moins l’actualité. Au-delà du débat sur les marges d’erreur, le redressement et les méthodes de collecte (appels sur des fixes ou par mel), sur les questions posées qui peuvent orienter les réponses, sur la prise en compte (ou pas) de ceux qui n’ont pas d’opinion ou encore sur leurs commanditaires, que disent ces sondages ? J’ai voulu m’appuyer sur la dernière étude des intentions de vote au premier tour http://www.ifop.com/media/poll/1761-1-study_file.pdf publié par IFOP sur la base d’un échantillon de plus de 1700 personnes intérrogées entre le 9 et le 12 février pour Public senat, europe 1 et paris match. A noter, Nicolas Sarkozy n’était (soi-disant) pas encore candidat (le contribuable payait donc ses déplacements).

    Question posée : Si dimanche prochain devait se dérouler le premier tour de l’élection présidentielle pour lequel des candidats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?

    Les grandes tendances : les résultats de l’étude commencent d’abord par une synthèse qui analyse les résultats des deux premiers : Francois Hollande avec 30% des intentions exprimées (en baisse d’un point), Nicolas Sarkozy avec 25% (en hausse d’un demi-point). L’intervention télévisée n’a donc pas changé la donne, à voir si l’entrée en campagne permettra de resserrer l’écart. Le story-telling sur le 3ème homme, très apprécié en 2002 (JP Chevenement) ou en 2007 (Bayrou) fait long feu pour l’instant : Marine Le Pen recueille 17,5% des intentions (baisse de 2,5 points sur un mois) et Francois Bayrou 12,5% (hausse d’un point). La première des grandes tendances, c’est la cristallisation de ces intentions : 62% des exprimés contre 52% en 2007 à la même période sont sûrs de leur choix.

    Et quand on zoome ? Les autres candidats ont du mal à convaincre : à part Jean-Luc Melenchon (8,5%), les autres arrivent loin derrière : Eva Joly (3%), De Villepin (2%) devancent à peine les quelques dixièmes de Poutou et Lepage. Les personnes voulant voter pour Nihous et Artaud ne sont même pas comptabilisées. Concernant l’évolution des intentions depuis octobre, Hollande s’est stabilisé au dessus de 30% en janvier après avoir atteint son summum à la fin des primaires (35%), Nicolas Sarkozy peine à atteindre les 26% qu’il avait atteint fin novembre avec le sommet européen, Marine Le Pen baisse constamment depuis la mi-decembre. Alors que fin novembre Bayrou/Joly/Melenchon étaient à 6/7% leurs chemins se sont séparés : Bayrou double, Melenchon se maintient, Joly a perdu 3%.

    Que révèlent maintenant les analyses socio-professionnelles ? Le clivage hommes / femmes s’est affaibli (leur vote était plus « centriste » et moins « extremiste » en 2007 avec une surprise : 27% de femmes votent Sarkozy contre 23%...un effet du vieillissement peut-être ? En effet le seul âge ou le candidat UMP dépasse celui du PS c’est au-delà de 65 ans. Francois Hollande devance largement ses concurrents jusqu’à 34 ans mais chez les quadras Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy le rejoignent : 25% pour FH, 21% pour NS, 23% chez MLP (son plus fort score). Tant chez les trenta que chez les quadra, Marine dépasse Nicolas. Concernant les métiers, les artisans votent Sarkozy (41%), tandis que Hollande réalise de bons scores chez les cadres / prof libérales (42% contre 21% pour NS), chez les professions intermédiaires où MLP rattrape quasiment NS, chez les employés où MLP dépasse NS.

    Pour autant, la préférée des ouvriers c’est Marine Le Pen (28%) suivie de peu par Francois Hollande (27%) et beaucoup plus loin par Nicolas Sarkozy (17%). Nicolas Sarkozy devance de peu FH chez les retraités (33 contre 31%). Pour ces présidentielles, le vote du secteur privé se différencie peu du public (mais NS gagne 8% par rapport au public, à 28% contre 20% tandis que FH passe de 38 à 30%).

    D’où viennent ces intentions et sont-elles définitives ? Les électeurs de Besancenot de 2007 lachent Poutou : 1 /3 voteront Hollande, un autre gros tiers Melenchon. Les électeurs de Royal et de Le Pen ne changent pas de camp, 10% des électeurs sarkozystes reviennent au bercail du front national tandis que Bayrou perd la moitié de ses électeurs, tentés par Hollande (24%). Qui est indécis ? Comme pour les européennes et les régionales les électeurs Modem et verts sont les plus indecis (55 et 53% ne sont pas sûrs de leur vote. Qu’en est-il des seconds choix ? Un tiers des écolos hésite avec Hollande tandis que les électeurs de Bayrou se disperseraient vers Hollande (14%) Sarkozy (10%) ou encore Le Pen et Villepin (6%). Concernant le second tour, après s’être établi à 8 points d’écart début janvier (46/54) l’écart s’est accru (15 points aujourd’hui). Hollande recevrait 87% des électeurs de Melenchon, 77% de ceux d’Eva Joly,42% de ceux de F. Bayrou et 33% des électeurs Lepénistes (38% rejoindraient NS).

    Que disent les autres instituts de sondage ? BVA a sorti le premier sondage après l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy, l’écart s’est resserré à 10 points au second tour (marge d’erreur de 2,5) avec les retraits de Bouton et Morin. Opinionway s’est intéressé pour Lyoncapitale aux motivations des électeurs de Francois Hollande : 32% ont voté à gauche à presque toutes les élections, 7% se disent centristes, et ce vote est positif : entre 22% et 28% des sondés veulent soutenir la gauche, le PS, son projet, seuls 17% rejettent Nicolas Sarkozy. Les espoirs de changement majoritaires ou presque sont le style présidentiel, ensuite seulement les inégalités sociales et l’éducation. Opinionway s’est aussi intéressé à l’action gouvernementale : 64% des Français ne sont pas satisfaits de leur président. L’IFOP s’est intéressé pour l’humanité au vote Melenchon : un vote masculin (+2), vieux (50/64 ans surreprésentés), parisien et fonctionnaire : 14% d’intentions de vote chez les professions intermédiaires (infirmières, assistantes sociales, instituteurs), 11% chez les techniciens…