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aubry

  • difficultés scolaires et réfondation du parti socialiste

    26928_maxppp_0811-une-aubry.jpgBloguer pour moi c'est me désimprégner des impressions de la vie quotidienne, de prof, ou de militant, évidemment. Mon quotidien de prof c'est d'agréables cours avec mes sixiemes favoris où tout baigne et des difficultés avec les troisieme. Comment être rigoureux dans ma progression? Je dois plus m'appliquer à donner du sens au cours en le synthétisant. Mais pour celà, encore faudrait-il pouvoir tenir une classe particulièrement bavarde. Comment voulez-vous expliquer une notion en vous arrêtant toutes les 15 secondes pour punir un élève? Donc mon cours sur la politique galère, une heure en salle d'informatique pour préparer un exposé, c'est l'enfer!

    Et mes premières euros? Ils ont fait de supers exposés, je peux les en féliciter. Pour mes première euro, je prépare actuellement une séquence d'un trimestre sur "deutschland, ihre länder und europa", et mon but, c'est à la fois de mettre en activité mes élèves, de les entrainer à la prise de parole, de les faire parler allemand et de leur donner du vocabulaire. Vaste programme, dirait De Gaulle, avec une expérience de...2 mois.

    Mon quotidien de militant, ce n'est pas seulement le parti socialiste, c'est aussi une organisation de jeunesse que je m'échine à faconner, pour la rendre plus riche dans ses activités et son projet. Mais je suis militant du parti socialiste, et ce qui se passe me concerne. Mes camarades sont consternés..."on passe pour des cons, ce parti m'écoeure, on va tous mourrir "etc. NON désolé chers camarades, prenez du recul. Le parti a connu des péripéties internes qui ne sont pas uniques dans l'histoire politique mondiale! Et surtout, depuis deux semaines, ce qui fait actualité en France, premier titre dans tous les médias, c'est le parti socialiste. Divisé certes, mais qui désigne ses responsables par l'élection!

    Et mes élèves croyaient que l'élection du premier secrétaire avait lieu au suffrage universel au vu de ces premiers titres. Oui l'opposition est affaiblie mais le PS demeure la seule alternative, une alternative déconcertée par son flou projectal et sa crise de meneur, mais riche de ses élus et de ses militants!

    Allez Martine! Tous les socialistes comptent sur toi! Pas pour gérer des rapports de force entre fédérations depuis ton fauteuil de cuir de Solfé, pas non plus pour assister régulièrement à vivement dimanche ni pour faire la couverture de voici ou voila! Non, les socialistes comptent sur toi pour plusieurs choses. Rassembler la gauche, élaborer un programme commun pour parvenir à une candidature unique en 2012 et d'ici là, un front de résistance aux offensives libérales. On compte aussi sur toi, Martine, pour mettre le parti socialiste dans la rue, partout en France, envoyer les militants socialistes dans les associations d'éducation populaire et les syndicats, pour donner un sens au mouvement social!

    On compte encore sur toi, Martine, pour dire que la politique n'est pas un débat d'experts, qu'il n'y a pas une "bonne" politique économique, que les soi-disantes réformes libérales ne sont pas inéluctables! Place au débat! Place à la définition de propositions socialistes concrètes face à la crise économique et sociale!

    On compte enfin sur toi, Martine, pour présenter un visage renouvellé du parti socialiste aux Francais! Place aux nouvelles têtes! Si dès décembre, le parti socialiste appellait à manifester, lancait des chantiers de réflexion et de projet, par la voix de nouveaux responsables tels que Benoit Hamon, Razzy Hammadi, ou même David Lebon et Aurelie Filipetti, qui ne sont pas de mon courant, mais représentent une nouvelle gauche avide de transformer la société et de changer le monde, alors, la droite aurait raison de trembler, car les socialistes seraient de retour!

  • Royal, Fabius, Aubry, trois contributions étudiées de près pour le congrès du PS...

     

    I/ 3 contributions bien différentes: Aubry, Fabius et Royal (le reste suivra prochainement)

    Aubry: « une vision pour espérer, une volonté pour transformer »: Martine veut d'abord comprendre le monde pour proposer un projet de société, revenir aux fondamentaux: elle se demande si « une société développée est une société où l'on veut toujours plus de biens et de nouvelles technologies, ou si c'est là où l'on porte haut le niveau d'éducation et de protection sociale. Elle oppose néolibéralisme (marché des individus) et la société des citoyens basée sur « une société d'autonomie, de responsabilité et de solidarité » à travers la définition de nouveaux droits, de nouveaux devoirs et de nouvelles libertés, comme par exemple le droit au logement accompagné du devoir de s'impliquer dans des tâches collectives. Elle propose aussi un accès réel aux droits: Concernant l'école, à travers un projet éducatif global ayant pour but l'autonomie, à travers l'individualisation des parcours scolaires et des pratiques pédagogiques...Martine propose aussi la mise en place d'une sécurité sociale professionnelle particulièrement innovante: des contrats de développement professionnel (carrière) transférables d'une entreprise à une autre, la refonte complète des organismes d'insertion professionnelle...Concernant la politique du logement, Martine veut jouer sur l'offre: des constructions facilitées avec des loyers maitrisés, un moratoire sur l'augmentation des loyers, mais aussi des devoirs d'entraide entre locataires et de cession d'un logement spacieux pour un plus petit en cas de réduction du foyer. Cette contribution met aussi l'accent sur l'accompagnement de tous les âges de la vie: égalité des parents, sur-cotisation retraites pour les entreprises qui emploient peu de séniors. Concernant le développement durable, des pistes intéressantes sont étudiées sur la production durable, l'étalement urbain, la valorisation des déchets, mais aussi la création de richesses à travers une véritable économie de l'environnement. Certains titres, tels que réinventer la ville, des acteurs sociaux confortés (cheque syndical, paritarisme, élections professionnelles le même jour tous les 2 ans) ou moderniser l'état, montre l'intérêt pour des domaines souvent délaissés par les socialistes.

    Fabius: dans « reconstruire à gauche », l'ancien premier ministre fait d'abord une longue analyse de la situation mondiale, notamment de l'émergence de géants économiques tels que la Chine ou l'Inde (« l'occident n'est plus au centre ») et de ses conséquences. La deuxième partie est consacrée aux moyens de la politique à travers deux concepts: le socialisme de la production (ne renoncer à aucun secteur d'activité mais seulement monter en gamme par la qualification) qui passe par l'Europe (grands emprunts pour les investissements dans les infrastructures, etc.) et de nouveaux mécanismes d'investissement industriel (le fonds souverain France, formé de la caisse des dépots et du fonds de réserve des retraites). Dans un second temps, le socialisme de la redistribution passe par une autre politique d'emploi (service régional d'insertion et de formation professionnelle), la réduction des exonérations fiscales pour les entreprises qui ne concluent pas d'accord salarial. Concernant la santé, le logement, la sécurité, rien de bien neuf. Un mécanisme intéressant est évoqué dans la partie sur le développement durable avec la création d' « écluses écologiques »: une taxe compensatoire dont les pays propres entrant dans l'UE seront exemptés. Laurent parle aussi du socialisme de l'émancipation qui passe notamment par l'éducation (aucune proposition). Concernant le parti, Laurent met en avant le concept de premier secrétaire / chef d'équipe partagé par les autres motions, et lance quelques pistes: campagnes d'adhésions, conventions nationales thématiques, une opposition plus cohérente, un grand parti de la gauche à même de rassembler 35% de l'électorat, dont la base sociale correspond à la base électorale.

    Royal: Ségolène commence d'abord par un bilan de la présidence Sarkozy et de ses principales attaques contre la république et le modèle social. Suivent une critique du capitalisme et de la mondialisation (qui aurait quand même des avantages). La partie consacrée au parti socialiste est assez « bisounours »: le parti doit être plus ouvert, plus enthousiaste, il doit expliquer la politique aux citoyens, être plus participatif. Une question intéressante est soulevée: un droit d'interpellation du parti par les associations, les syndicats ou autres organismes lors des congrès nationaux. Concernant le parti, la priorité accordée à l'investissement dans le mouvement associatif, la formation des militants, aux moyens financiers des fédérations sont des pistes intéressantes. Le principal axe du projet politique de Ségolène est de mettre « l'économie au service de l'humain », cela passe par une « révolution fiscale » (un système plus lisible, plus direct, prélevé à la source, calculé par individu) tandis que le projet pour lutter contre la vie chère est assez étoffé: réglementation des abus bancaires (agios, crédits révolvings), droits des consommateurs, baisse de la TVA sur les produits de première necessité et création d'un conventionnement pour les logements « moyens ». Le projet éducatif de Ségolène marque une capacité d'innovation: des contrats éducatifs locaux permettent de faire le lien avec les activités périscolaires, développer le soutien gratuit, un droit au capital à la majorité...il est dommage que Ségolène soit définitivement fâchée avec le projet d'allocation d'autonomie qui limite la cohérence de son projet (elle préfère une cérémonie républicaine à 18 ans qui coûte certainement moins cher).

    II/ éléments d'analyse et de synthèse

    Les socialistes ne sont pas pour rien dans le même parti, malgré leurs débats, normaux dans un temps de congrès, ils partagent un grand nombre d'analyses sur la situation mondiale, les crises énergétiques, alimentaires, la mondialisation et l'essor de nouvelles puissances...Ils dénoncent la nouvelle droite française et ses politiques qui créent des injustices, notamment la précarité ou le déséquilibre de la répartition des profits entre capital et travail. Mais les contributions marquent certains clivages. D'abord, l'inventivité. Les contributions Hollande ou encore Fabius inventent peu: Fabius met l'accent sur des concepts et des analyses alors qu'Hollande fait un récap' des principales mesures du gouvernement Jospin. A l'opposé, Benoit Hamon et Martine Aubry mettent en avant des propositions originales, notamment pour inventer de nouveaux leviers de puissance publique, tandis que Royal et Delanoë, s'ils ont beaucoup de mesures « gadget » en appui, essaient au moins de sortir des sentiers battus.

    Certaines évolutions dans le débat sont positives: parler d'impôts n'est plus tabou, on s'intéresse aux PME et aux moyens de les aider, on ne réduit plus la question scolaire à la simple question des moyens et des postes (mais y a encore du boulot). Certaines questions n'intéressent toujours pas les socialistes et c'est dommage: la politique des temps, notamment scolaires, la politique des âges, le syndicalisme territorial ou encore la médecine préventive ne sont pas encore entrées dans les débats du parti.