Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

ayrault

  • De l’assemblée, du sénat, du parti

    _100916-retraites-assemblee-afp.jpgIl s’en est passé de belles hier. C’était le 15 septembre. Une journée de mobilisation pour les retraites. Je me trouvais sur le pont de la Concorde,  si célèbre depuis les manifestations de 1934, à midi, pour manifester devant l’assemblée nationale. Le même jour, en effet, les députés de gauche se battaient, dans l'hemicycle, contre une droite sûre d’elle, au point même de s’asseoir sur la démocratie parlementaire! Le président du groupe UMP de l'assemblée refusait en effet aux députés de s’exprimer individuellement avant le vote du projet de loi sur les retraites. Le secrétaire général du groupe PS, Olivier Faure, raconte très bien cet épisode sur son blog : http://www.olivierfaure.net/?p=1345 . Et notamment le fantastique discours du président du groupe PS, jean-Marc Ayrault, se concluant par : « Nous voulons remettre la république à l’endroit ».

     

    Je ne vais pas vous expliquer le projet de la droite pour les retraites, vous le connaissez sans doute., ce débat, de société, scande le temps médiatique depuis quelques mois On vivrait trop longtemps, il faudrait travailler plus longtemps, plus vieux, c’est une fatalité…vraiment ? Et comment travaillerait-on plus longtemps quand les entreprises licencient les seniors et quand 2/5 des malades, après 50 ans, souffrent de maladies professionnelles ? Et pourquoi ferait-on confiance à un projet qui n’est pas financé ? Au contraire, le parti socialiste propose de garantir le droit à la retraite à 60 ans, le système par répartition, notamment en incitant fiscalement les entreprises à garder leurs seniors et en élargissant l’assiette des cotisations sociales, par exemple aux stock-options : http://www.parti-socialiste.fr/retraites .

     

    Justement, j’y étais, le soir même, chez les socialistes…Rue de Solferino, le labo des idées, think tank interne au Parti Socialiste, réfléchissait à la question de la gestion publique de l’eau (un dossier est déjà en ligne : http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-qualite-de-leau-un-defi-majeur/) . Effaré par les sigles effarants qui me déconcertaient, je me suis accroché et j’ai eu raison : cet enjeu est passionnant. Non seulement l’urbanisation et l’agriculture menacent les nappes phréatiques, par pollution et salinisation, mais la privatisation de la gestion et de l’assainissement de l’eau dépossède les collectivités territoriales d’un contrôle démocratique efficace et multiplie les inégalités territoriales. L’adjointe de Paris à l’eau, Anne Le Strat, était là pour parler de la reprise en régie publique de l’eau à Paris et des formidables obstacles dressés par les lobbies de Veolia et Suez, les deux géants mondiaux, sans parler des initiatives des minéraliers, Vittel ou Evian, pour interdire les pubs sur l’eau au robinet…Tant par ses initiatives locales que par sa préparation d'un projet national (conventions du projet, débats perspectives 2012 du MJS)http://www.perspectives2012.fr ), une alternative socialiste est en train de naître.

     

    Qu’en est-il du sénat ? Un rapport ! Le sénateur socialiste Lagauche a produit, avec d’autres membres PS de la commission culture et éducation, un rapport sur l'égalité des chances à l'école évoqué hier par le café pédagogique (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/09/15092010Accueil.aspx ) qui m’étonne et m’inquiète : au-delà de reprises intéressantes de politiques initiées par Jospin en 89 (les cycles, l’élève au centre du système…), et de projets classiques de la gauche (scolarisation précoce), ou encore de bonnes intentions (orientation choisie, refonte des rythmes scolaires), le sénateur socialiste propose le recrutement des enseignants sur profil, l’augmentation des pouvoirs du chef d’établissement, et enfin, parle uniquement de gouvernance des établissements et d’égalité des chances, termes largement connotés par des libéraux qui souhaitent gérer les écoles comme des entreprises. Est-ce là vraiment la réforme que nous voulons ? N’y a-t-il pas d’autres priorités, pour redéfinir les missions des enseignants, repenser leur formation, ou encore le temps scolaire ? Ce rapport, pourtant socialiste, est bien moins ambitieux que le projet éducatif préparé en ce moment par le secrétaire national du PS Bruno Julliard, c'est dommage!