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berlin

  • Du Danube à la Baltique

    BUDA.JPGIl y a une semaine, chargé de valises, je prenais le train pour l'Europe de l'est. Comment résumer ces 4000 km avalés en 74 heures de train, de Berlin à Budapest et de Varsovie à Zürich? C'est à peine moins que Napoléon en 10 ans, mais pas avec les mêmes moyens de transport!

    Tout d'abord, malgré d'excellents moments, une certaine désillusion: j'ai vu de très beaux paysages, au Lac de Neuchatel en Suisse par exemple, passé de bons moments, au bord de la mer Baltique, sur l'île de Rügen, rêvant sur la promenade des remparts de Buda, me relaxant dans les thermes de Pest, certes...mais je n'ai connu ni le dépaysement ni l'acculturation. À part un sandwitch bizarre au Bismarck (un poisson?) sur l'île de Rûgen et un resto sur les bords du Danube, j'ai peu mangé de plats pittoresques. Beaucoup trop de Francais, de touristes, et de Burger King, de Munich à Varsovie! Toutes les capitales et toutes les banlieues se ressemblent!

    Je suis décu par ce monde uniforme où toutes les musiques, toutes les modes et toutes les publicités se ressemblent...comment s'en échapper? Je n'oublie pas les bons moments. Aventures et cocasseries due à la malchance qui caractérise Hanna et moi, les délices des thermes et des cafés de Berlin et Budapest, les siestes sous le bastion des pêcheurs de Buda ou à Ostseebad/Binz...

    Mais je n'ai pas réussi à m'échapper...perclu par ces maudites couchettes, avachi sur la banquette des trains suisses, j'ai quand même fait un vrai voyage roots où on ne se douche pas tous les jours.

    Merci au pass interrail (160 euros pour 10 jours dont 5 jours de voyage) qui ne nous a pas empeché de découvrir les « youth hostels » tels que le meininger hotel de Berlin ou le marco polo de Budapest, à 50 euros la chambre double, avec ses chantiers en contrebas, actifs dès 6h du mat...J'ai usé mes sandales sur « Unter der Linden », contemplé un coucher de soleil sur la citadelle de Buda, perdu tous mes cadeaux berlinois au Deutsches Historisches Museum où j'ai pris de splendides clichés...et certainement pas perdu mon temps! J'ai commandé un train de nuit en langue des signes hongroise, visité les urgences de l'hopital de Berlin, bu un jus betterave/celeri au Kaufhaus des Westens (KADEWE) de Berlin, et dévoré pas mal de saucisses de Debrecen, et tout ceci, vous vous en doutez, est inoubliable!!

    Des prochains voyages? La Baltique. Une soirée Vodka en ex-urss...et beaucoup d'autres choses!

  • Je suis entré dans les nuages...

    Sans titre.jpgj'aurais pu dire promenade chez les junkers ou au delà du rideau de fer mais c'est ce titre que j'ai choisi au milieu de mille impressions de voyages. Je suis entré dans les nuages, à plusieurs reprises...à Wolfsburg quand un nuage s'est abattu sur le train, dans l'avion quand depuis l'hublot je me suis reposé sur un tapis de nuage, percé par le soleil couchant, qui ressemblait bizarrement au paradis des mécréants...

    Je suis entré dans les nuages...de l'histoire. Quand entre Stendal et Hanovre, au milieu de cette plaine germano-polonaise où les Junkers ont créé l'état prussien, j'ai scruté les champs pour retrouver le rideau de fer...où sont-ils, les miradors; les barbelés? envolés, cette ligne au double trait qui barrait l'Europe et le monde? Tout comme ces canaux, ces axes, l'Elbe, si visibles sur la carte et si petits quand on les traverse. Vu du ciel, rien ne distingue les régions d'Europe. Le jus de tomate d'air france a le même goût des deux côtés de la frontière. Le soleil fait croquer les brezels et les käsespange, fait fondre les glaces au waldmeister avec la même intensité que dans le sud de la France.

    Je suis entré dans les nuages de la mémoire. Quand, depuis un bureau du bundestag, j'apercois ces flots de la Spree, la rivière qui traverse Berlin, ombragée par les croix de ces personnes qui ont voulu traverser à la nage pour passer de Berlin est à berlin ouest. Les seules, anonymes, victimes de la guerre froide, plutôt chaude à Berlin. Du haut du reichstag, on domine la salle plénière, transparente, avec ces chaises si simples, qui fait réfléchir aux ors et aux lambris de la république française. De la coupole du reichstag qui domine Berlin, on s'etonne de ces espaces vides barrés de grues, de ces immeubles neufs qui cotoient les dernières ruines de la seconde guerre mondiale. Berlin a cette marge de manoeuvre foncière, paysagière, qui lui permettra d'être une métropole du XXIème siècle. Je n'ai pas vu le mur de Berlin, j'ai à peine joué à cache cache avec l'horloge universelle de l'alexanderplatz, seulement traversé la porte de brandenburg...ca change de mon voyage touristique d'aout avec mes deux camarades marseillais qui nous avaient conduit au checkpoint charlie pour acheter des chapeaux soviétiques...ou faire des photos avec des ours.

    Berlin ville française. Créée par des Huguenots échappés de France en 1685, sur un petit village. Berlin, capitale prussienne, capitale impériale, mais aussi symbole de l'histoire meutrière et tragique du XXIème siècle, de rosa luxembourg à 1945, de 1933 à la réunification...Ce petit séjour allemand m'a tellement fait du bien que je dis encore "tschuldigung" au réveil ce matin...et que hier soir à l'aéroport, je mettais encore 30 secondes à comprendre que quelqu'un parlait en français (aparemment j'étais passé en mode allemand)...Si quelqu'un peut m'expliquer cette réaction bizarre du cerveau...