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  • Les débouchés de l’enseignement professionnel

    Synthèse du rapport BESSON sur l’employabilité des jeunes issus de l’enseignement professionnel

     

    L’enseignement professionnel a délivré 450 diplômes en 2006, tandis que chaque année en moyenne 140 000 lycéens et 100 000 apprentis sortaient des formations de niveau IV (bac pro) et V (BEP/CAP) de l’enseignement professionnel. Le rapport Besson s’appuie sur plusieurs études s’intéressant aux emplois, contrats et salaires obtenus par les jeunes en insertion professionnelle issus de l’apprentissage et des lycées professionnels. Certaines études s’intéressent aussi aux inégalités régionales, hommes/femmes ou encore à la perception par les élèves de leurs filières.

     

    I/ L’organisation de la voie professionnelle

     

    Le rapport s’intéresse en premier lieu à l’organisation de l’enseignement professionnel et de l’apprentissage, grâce aux chiffres de la direction de l’enseignement technique et professionnel du MEN. On apprend ainsi que toutes les diplômes et titres professionnels font l’objet d’une inscription au répertoire national des certifications où les diplômes nationaux sont classés par niveaux (de V pour le CAP à I pour le diplôme d’ingénieur). La formation professionnelle peut être initiale, initiale de second degré, sous statut scolaire ou sous statut d’apprenti (contrat de travail par alternance induisant une formation dans un Centre de Formation d’Apprentis).

    Aujourd’hui, environ 37% des élèves de troisième s’orientent vers la voie professionnelle, 26% en lycée professionnel, 7% en apprentissage et 4% en lycée agricole. Sur les 1 100 000 jeunes que comptait l’enseignement professionnel l’an dernier, 800 000 étaient lycéens et 300 000 apprentis. Côté établissement, 1700 Lycée professionnels, 970 lycées et 1500 CFA préparent aux diplômes professionnels ! Les principaux acteurs de la voie professionnelle sont d’abord l’Etat à travers le ministère de l’Education Nationale, ensuite la Région, et enfin les partenaires sociaux et les milieux professionnels.

    Le rôle de ces différents acteurs : pour l’Etat, élaborer les référentiels, les règlements des diplômes, les délivrer, recruter et rémunérer les enseignants…pour la Région, c’est établir un plan régional de développement des formations professionnelles (PRDF), construire les lycées…enfin pour les milieux professionnels, c’est essentiellement contribuer à l’élaboration et à la délivrance des diplômes, former les jeunes dans l’entreprise et participer au financement de ces formations par le biais de la taxe d’apprentissage. Comment sont élaborés ces diplômes ? les commissions professionnelles consultatives réunissent ministères concernés et partenaires sociaux au sein de 20 champs d’activité économiques qui se prononcent sur la création, la réforme ou la suppression d’un diplôme  .

    L’offre de formation régionale est construite par les conseils régionaux, non seulement prévoir l’ouverture ou la fermeture de sections, mais aussi s’occuper d’orientation, de la validation des acquis de l’expérience, en lien avec les milieux professionnels pour répondre à la demande sociale de formation et de qualification des entreprises.

    Comment est financé l’enseignement professionnel ? l’état participe à hauteur de 64% (56% pour le MEN), les collectivités territoriales pour 21% et les entreprises pour 6%. D’un autre côté, le financement des CFA est assuré par les régions (55%), les entreprises (42%). Toutes les entreprises sauf les TPE contribuent à la formation professionnelle par le biais de la taxe d’apprentissage, proportionnelle à 0,5% de la masse salariale. 52% de cette taxe est réservée au financement des CFA alors que dans les lycées elle sert à financer des activités complémentaires.

     

    Problème n°1 relevé : les entreprises bénéficient en premier lieu d’une main d’œuvre qualifiée formée par l’Education Nationale. Elle ne participe pourtant qu’à hauteur de 6% à son financement. La moitié de ce financement est consacré à l’apprentissage qui ne délivre que les diplômes les moins qualifiants et ne contribue pas à la mobilité professionnelle des salariés.

    De plus, la taxe d’apprentissage est proportionnelle et donc injuste. La logique voudrait qu’elle soit progressive pour moins peser sur les petites entreprises qui disposent de peu de marge de manœuvre. Symboliquement pourtant, la taxe d’apprentissage doit être relevée : les milieux professionnels disposent d’un quart du pouvoir de décision dans la voie professionnelle, il est normal qu’ils assurent aussi symboliquement le quart du financement !

     

    II/ les diplômes professionnels

     

    Un diplôme est une certification définie par décret. Au niveau V, on retrouve le certificat d’aptitudes professionnelles et le brevet d’études professionnelles qui peuvent être complétées par une mention préparée en un an. Niveau IV, on trouve le bac pro, le brevet professionnel et le brevet des métiers d’arts (plus spécialisé). En 2005, le nombre des candidats préparant ces diplômes était de 184 000 pour le CAP (32% au lycée), 240 000 pour le BEP (83% au lycée), 460 pour le BMA et 26 000 pour le brevet professionnel. Enfin, 110 000 candidats préparaient le bac professionnel dont 72% en lycée. Pour le reste, la préparation s’effectue en apprentissage (42% des CAP) ou dans le cadre de la formation continue.

    Ces diplômes sont classés en 450 spécialités. Les diplômes de niveau III (BTS, DUT, DMA et licence pro) relèvent de l’enseignement supérieur et se préparent le plus souvent après un bac technologique ou général. Observons plus en détail chaque diplôme : le CAP permet de devenir employé ou ouvrier qualifié, il prépare à une insertion professionnelle immédiate avec 200 spécialités dans les métiers de bouche, le bâtiment ou la réparation automobile, les apprentis sont majoritaires.

    Le brevet d’études professionnelles est majoritairement préparé sous statut scolaire. Il est suivi dans42% des cas d’une poursuite d’études en bac pro et dans 13% des cas d’une poursuite scolaire en bac technologique (à travers une première d’insertion). Avec 40 spécialités, le BEP donne des exigences technologiques plus élevées dans un champ professionnel plus large.  Il est menacé par le bac pro en 3 ans. La mention complémentaire propose une meilleure adaptabilité à des emplois précis mais les effectifs restent modestes.

    Le bac professionnel permet à ses titulaires de devenir techniciens ou ouvriers hautement qualifiés avec une bonne culture générale et des méthodes de travail moderne dans des secteurs variés et parfois très spécifiques (ex. horlogerie),  il vise l’insertion professionnelle directe. 37% de ses lauréats poursuivent leurs études dans l’enseignement supérieur mais échouent souvent à l’université alors que 62% de ses lauréats ne parviennent pas à la fin de leur BTS. Le brevet professionnel est un diplôme de métier qui ne permet pas l’accès à l’enseignement supérieur et nécessite un contrat de travail tandis que le Brevet des métiers d’arts et ses 13 spécialités vise à promouvoir l’innovation et à transmettre des techniques traditionnelles.

    L’enseignement professionnel prépare aussi au rôle de citoyen notamment par ses disciplines générales. Les lycéens bénéficient d’enseignements disciplinaires, pluridisciplinaires, d’une aide individualisée ou encore d’un enseignement professionnel théorique et pratique (compétences, savoir-faire) complétés par une activité de projet dans le cadre du projet pluridisciplinaire à caractère professionnel (réalisation d’un produit) pour développer l’initiative et le travail de recherche. Les périodes de formation en entreprise sont importantes (jusqu’à 16 semaines en CAP, 8 semaines en BEP, 18 semaines ne bac pro), l’enseignement général correspond à un tiers des horaires en CAP, 40% en BEP et en bac pro.

     

    Problème relevé n°2 : On peut difficilement revenir de l’enseignement professionnel. On prépare peu au retour vers l’enseignement technologique après le BEP, tant au lycée pro qu’au lycée général où les modules d’accompagnement et de soutien pour rattraper les retards dans les matières générales sont seulement facultatifs. Pour que l’orientation reste un choix, un accompagnement massif vers la première d’insertion doit être rassurée, notamment pour des collégiens en déshérence qui se revenus à la surface en lycée pro. De la même manière, les bacheliers professionnels doivent être accompagnés quand ils souhaitent intégrer l’enseignement supérieur : une vraie information sur les débouchés et le contenu des formations générales, la priorité à l’accès aux BTS et aux IUT ainsi qu’une aide individualisée pour acquérir la méthodologie universitaire.

     

    III/ L’apprentissage

     

    L’apprentissage est une formation alternée dans laquelle l’entreprise joue le premier rôle : 75% du temps de formation, sous la responsabilité d’un maitre d’apprentissage, tandis que les enseignements disciplinaires restent assurés par les CFA. La formation en entreprise est primordiale dans la formation du CFA tandis que des outils de communication sont développés entre les deux : fiche de navette, d’observation…

    Les efforts du gouvernement actuel se concentrent sur la diversité des voies de préparation (développement de l’apprentissage), sur la découverte des métiers au collège (qui comme option ne constitue qu’une pré-orientation !) ou encore à travers un accompagnement des jeunes en difficulté scolaire ou sociale affirmé mais qui ne bénéficie pas de moyens à la hauteur des objectifs européens : passer de 17% des jeunes de 20/24 ans qui sortent du système éducatif sans qualification à 10% d’ici 2010 !

    L’aide aux poursuites d’études fait partie de ces objectifs à travers le soutien en première technologique ou encore en BTS (aménagement de la première année), ainsi que l’adaptation de la durée des formations (bac pro en 3 ans) qui fait débat et devrait être généralisée à la rentrée 2009 après une expérimentation à grande échelle. Renforcer l’attractivité des filières professionnelles à travers le label de lycée des métiers, accordé à 19% des LEP n’est pour l’instant qu’un slogan.

    Concernant l’apprentissage, le taux d’emploi des lauréats 7 mois après l’obtention du diplôme varie selon les domaines et les niveaux ! en agriculture 59% des CAP, 68% des BEP et 76% des bacs pro ont obtenu un emploi, dans le bâtiment c’est 77%, 70% et 89%, dans l’électronique c’est 72%, 65% et 86% tandis que dans la vente c’est 47%, 54% et 74% et 57%, 66% et 83% dans l’hôtellerie et le tourisme.

    Concernant le débat apprentissage/enseignement professionnel, le gouvernement veut montrer à travers ce rapport que l’apprentissage est plus favorable à l’insertion professionnelle. Globalement on remarque que les 3/4 des apprentis ont été recrutés après leur sortie d’apprentissage (54% CDI 22% CDD  10% intérim) avec une proportion plus importante d’emplois aidés et d’intérim, en proportion, pour les lycéens. Ces chiffres varient aussi en fonction des régions : insertion professionnelle difficile dans le Nord, en Languedoc Roussillon, dans les DOM TOM, et plus facile (très supérieurs à la moyenne nationale) dans l’Ouest (Bretagne, pays de la Loire), ou  à l’est (alsace, franche comté, et surtout Rhône-Alpes). On remarque aussi que les filles sont plus touchées par les CDD (36% !) alors qu’elles travaillent dans un domaine tertiaire dont c’est la spécialité alors que les garçons se retrouvent souvent en intérim (23% !) dans le domaine de l’industrie et du bâtiment. 78% des sortants des formations tertiaires sont des filles contre 5% dans la réparation automobile. Les filières professionnelles, à part dans le domaine de la banque, des assurances, de l’industrie agro-alimentaire, sont donc peu mixtes !

     

    Problème relevé n°3 : l’enseignement professionnel a pour avantage le déroulement de la scolarité dans un environnement où les passerelles vers l’enseignement technologique ou même vers l’enseignement supérieur existent même si elles ne sont pas toujours utilisées. L’apprentissage donne une bonne connaissance de l’entreprise mais elle concerne souvent des champs professionnels trop étroits ce qui handicape quelque part la mobilité professionnelle du salarié au cours de sa carrière. Le lycéen du LP est un lycéen comme un autre qui peut participer au conseil de la vie lycéenne, est formé à son rôle de citoyen, a une bonne culture générale tandis que le projet personnalisé lui donne le même accès à l’autonomie que les TPE au lycée général. Ce n’est pas le cas, forcément, au CFA.