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  • La vie rêvée d'un prof militant 3: je milite sous l'orage...

    1086200098.jpgIl était 6h, une belle journée commencait (on se méfie toujours quand je dis ca). La barre de mon convertible me rentrait dans le dos et me proposait de me lever. Dur lever pourtant, apres la soirée passée à la sorbonne (colloque de l'unef pour les 40 ans de mai 68). Je me rendormais pourtant car ce n'était pas à moi de me lever...hehe. La chaleur moite du printemps parisien essuyait les volets, la machine à café senseo pouvait cracher son jus, la douche brulante couler à flots, et je pouvais quitter l'appartement.

    Perdu dans mes pensées, je prenais la route du sud. Trop loin pourtant, sans doute une certaine nostalgie me fit oublier de tourner vers Arpajon. J'aurais continué tout droit j'atterissais à Béziers. J'en étais quitte pour un demi-tour. Le premier cours de la cinquieme sérieuse se déroula tranquillement, mon cours sur les croisades était assez clair: ll'église du XIIème siècle c'est les USA aujourd'hui, les chrétiens massacrent pour défendre la foi, tuer un infidèle c'est lui rendre service (je la fais un peu caricatural là, je m'appuie surtout sur les docs du manuel!). Tout comme la récréation, tres vibrante (je me comprends).

    Assis à ma table, j'attendais patiemment les 3eme "surs d'eux"...avec un peu d'appréhension. ils n'arriverent pourtant pas. Ils étaient en sortie scolaire, d'apres une surveillante. on avait juste oubli de me prévenir que deux cours sautaient dans la matinée. Bon mon périple d'ikea n'interesse personne...mon périple parisien en revanche risque de vous plaire.

    Assis sagement dans une rame de la ligne 8, je m'informe petit à petit du déroulé de mon apres midi. Pour l'essentiel, il s'agit de participer à l'action coup de poing organisée par le collectif jeudi noir, qui vient d'être expulsé d'un logement réquisitionné dans le 3eme. Arrivé là bas à 15h, j'y reste jusqu'à 19h...sous la canicule d'abord, protégé par les colonnes de l'église st claude. insulté par un curé cégétiste (?!) ce qui me permet de continuer ma séquence pédagogique en criant "vive la croisade!", puis encerclé par les camions de la police, de la gendarmerie et des CRS (une fois par semaine, ca devient lourd non?). jeux de carte avec constance, louise, nathaniel et adrien, slogans scandés, bouteilles d'eaux visionnées en plein vol, on s'occupe (plutôt bien), en se disant que bon, c'est quand que y a de l'action quand même.

    et bien chers camarades, y a eu de l'action. quand j'ai vu le panier à salade arriver, les rangers, les boucliers et les caméras s'agiter je me suis dit que mes élèves allaient bien se marrer en regardant le JT. En effet, je n'étais pas debout, j'étais assis. Je n'étais pas libre, j'étais ligoté, enchainé à un des piliers de l'église. Je n'étais pas sec d'ailleurs. Car quand les CRS se sont positionnés devant l'église, l'orage a éclaté. Et le déluge est tombé. Protégés par le parvis,  nous n'avons pu nous empêcher de crier "la brigade fluviale avec nous". trempés jusqu'à l'os, les CRS commencaient à froncer le sourcil.

    Quand la tronconneuse a commencé a entamer la cloture, quand les coups ont plu, quand les bouteilles ont volé, et quand yves contassot s'est pris des baffes, quand les CRS ont sorti les couteaux pour couper les cordes, j'ai senti que l'orage s'était rien...un par un, on nous a déenchainé...je me suis fait sympathiquement retourné le poignet mais j'étais libre...

    trempé, libre, et prêt à retourner à Vitry: la révolution c'est bien, la soirée histoire sur france 3, c'est mieux!