Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

elections

  • Les enjeux des élections législatives allemandes de septembre 2009

    180x180_rIYCwCw7pY.jpegS'intéresser, analyser la politique allemande, le paysage politique et les enjeux électoraux avec des concepts et un point de vue français est particulièrement périlleux voire insensé. Dans 6 mois, les Allemands éliront la chambre basse du parlement, le Bundestag; et un chancelier ou une chancelière ressortira de la majorité élaborée sur la base d'un programme commun à l'issue des résultats électoraux. C'est un système d'élections mixtes, à la fois de liste partisanes à l'échelle des états, et de circonscriptions pour les quelques 300 Wahlkreise, qui permettent d'habitude des résultats assez nets et représentatifs à la fois.

    Le système politique allemand a évolué mais ses racines plongent jusqu'au IIeme reich, quand la démocratie parlementaire se mettait petit à petit en place face à Bismarck et Guillaume II (vaste programme!). Le SPD, parti social-démocrate, date de 1876, tandis que les partis bourgeois tels que le parti libéral et le zentrum, devenu FDP et CDU, s'organisent surtout pendant la république de Weimar. Les partis nationalistes disparaissent, discrédités, après la chute du 3ème Reich qu'ils ont aidé dans son accession au pouvoir en 1932/1933. D'un autre côté, les partis d'extreme droite (Republikaner, DVU, NPD) restent divisés, même après une montée inquiétante au début des années 1990, tandis que les verts apparaissaient en 1970 et se dotaient d'un jeune leader issu de l'immigration turque l'an dernier, Cem Ozdemir... D'un autre côté, les communistes, inexistants en Allemagne de l'ouest après la guerre froide, réapparaissaient avec la réunification, avec l'ancien parti unique est-allemand devenu PDS, en dépassant parfois la barre des 5% permettant d'accéder au bundestag, renforcés par leur coalition électorale avec les décus de la social-démocratie, appellée die linke, depuis 2005.

    La république fédérale Allemande est dirigée par un chancelier, certes, mais surtout par des combinaisons partisanes aléatoires appellées coalitions...et il en existe plusieurs formes! Les notions de droite et gauche sont très floues en Allemagne où l'on réfléchit plus par conservateurs/libéraux/socio-démocrates/nationalistes...et où les alliances se font et se défont sur la base de programmes concrets précis après d'apres négociations...comme en 2005 quand le SPD et la CDU/CSU ont du se résoudre à une grande coalition, dans la mesure où leurs partenaires naturels (verts d'un côté, libéraux-démocrates de l'autre) n'avaient pas réuni d'assez bons scores pour former une majorité! Comment est-ce possible? En France, j'ai des camarades peu nuancés qui se font concurrence pour crier plus fort que les autres que les Allemands de gauche sont des traitres...un peu plus on sortirait des arguments historiques...alors que tout simplement leurs lignes de clivage ne sont pas les notres, leur système, plus proportionnel, est différent, alors pourquoi plaquer nos schémas?

    Depuis 2005, les partis au pouvoir sont affaiblis, leurs lignes de clivage amoindries par leur cohabitation. Le SPD est sur une ligne plus libérale avec son aile droite, FW Steinmeier, alors qu'Angela Merkel fait vibrer très fort l'aile sociale de son parti de centre-droit, la CDU. Celà laisse un boulevard aux verts, déchainés sur l'anti-nucléaire que leur laisse le SPD jugulé par ses accords de gouvernement, pour die Linke, alors que la crise sociale et économique remet en cause les options libérales, ou pour le FDP qui rassemble les décus de la CDU, à droite!

    6 mois avant l'élection, où en sommes-nous? d'apres les sondages, si les élections avaient lieu demain, la CDU obtiendrait 34% des suffrages, le SPD 22%, le FDP 18%, die Linke 12% et les verts 10%...Les coalitions possibles? A droite toute avec NOIR/JAUNE (CDU/FDP) en se disant qu'avec un pareil score le FDP peut presque demander la parité complete au gouvernement et notamment la vice-chancellerie pour son jeune leader Guido Westerwelle...Au centre toute avec le retour de la grosse Coalition qui après tout tient bien la route avec ses deux sexycentristes que sont le ministre des affaires étrangeres Steinmeier et Merkel à la chancellerie (la "machine à laver "au vu de l'architecture pour les intimes des virées berlinoises)...et j'apprends par un article de presse très interessant http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j6XtkklPm36t5QKP6ytvcD7g3-Jw que Steinmeier se rapproche de Westerwelle et n'exclut pas l'idée d'une coalition libérale de centre/centre-gauche qui n'avait jusqu'ici était réalisée que par Helmut Schmidt de 1974 à 1983! Argh trahison, tous des droitiers vont grogner mes camarades. Certes, mais sur la base d'un programme commun issu de lignes de convergence sur l'éducation, l'immigration, le désarmement et la libéralisation des moeurs! De la même manière que le SPD a travaillé avec la CDU sur la réforme de l'état...Elle est loin la coalition de gauche rotrotgrün évoquée lors des élections de Hesse l'an dernier!

    Quels sont les thèmes de campagne? Evidemment de la tambouille avec Merkel l'hésitante-pas-capable-de-gérer-la-crise martellée par le SPD qui fleure un peu le machisme mais bon...Mais aussi des vrais débats de fond auxquels j'avais participé en faisant campagne pour Schröder en 2005 à l'époque du tournant de gauche du SPD: assurance citoyenne (Bürgerversicherung) pour la santé contre forfait individuel (Kopfpauschal) proposé par la CDU, interdiction des frais d'inscription universitaires (studiengebühren) contre limitation des compétences fédérales en matière d'éducation...d'autres sujets sont plus technocratiques comme la redéfinition des compétences fédérales et régionales (Föderalismusreform) ou plus consensuels comme la lutte contre l'extreme droite...Voyons maintenant parti par parti!

    Que veut le SPD? De nouvelles propositions pour un nouvel état social: assurance maladie payée en fonction du revenu, SMIC (mindestlohn) négocié par les branches, mais aussi malheureusement des retraites plus flexibles ou encore la fameuse sortie du nucléaire, le "atomausstieg". Que veulent die Linke, guidés par Gregor Gysi et Oskar Lafontaine? Casser le système bipartiste ou bi-coalition (ca c'est réussi) et veulent concentrer leurs propositions sur  la lutte contre les privatisations, le nouvel état social, la lutte pour l'égalité hommes/femmes au boulot et à l'école...De leur côté, les verts refusent de parler alliance et veulent se concentrer sur leurs thèmes de campagne: les libertés publiques, l'énergie et le développement durable ou encore la paix et la lutte contre la précarité (ils préconisent le Grundeinkommen, sorte de RMI). Le FDP avec son slogan "mehr netto vom brutto" qui signifie à peu près moins de taxes sur la feuille de paie, veulent moins d'impôts, moins de dettes, plus de libertés dans la société et pour les entreprises...de vrais libéraux qui veulent moins d'état quoi! La CDU est à la tête des sondages mais pas forcément en position de force: pas de proposition phare, pas de projet global, le premier parti d'Allemagne s'est technocratisé et n'aspire qu'à "gérer"...

    En bref, de beaux débats de fond, quelques petites attaques de bas-fond et comme débat principal, comme d'habitude, les coalitions...en se disant que pour celle que je défends, évidemment la gauche plurielle (rotrotgrün) rien n'est simple: 2 partenaires c'est compliqué à gérer en Allemagne (ca marche toujours par 2 si je compte pas la CSU) et le SPD est très partagé par rapport à son partenaire die linke avec laquelle elle cogère certains états: c'est quand même l'ancien pârti unique de la RDA qui a mis en place une police politique, la stasi, dont on vient à peine de sortir les archives des débarras (avec son lot d'espions retrouvés "subitement" qui permet très pratiquement d'éliminer ses rivaux politiques)...et que die linke a un peu du mal avec un SPD revenu au centre gauche voire au centre avec un nouveau leader schröderien, Frank Walter Steinmeier, aile droite du parti! Ce qui ne m'empêchera pas de faire sa campagne dans quelques mois...Les Jusos allemands font la part des choses (et avaler quelques couleuvres, on a bien fait campagne pour Royal)!

     

  • de la droite et du peuple

    92381d7b9953e85569aa24eadda3b405.jpgJe suis inquiet quand j’observe les sondages qualitatifs des dernières échéances électorales. Je dois constamment gâter la joie de mes camarades égayés par les bons résultats de Bordeaux, Toulouse, Caen. Je vois avec beaucoup de regrets que le vote de gauche est le vote des jeunes, de la fonction publique, des cadres et des diplômés de l’enseignement supérieur. Tant que la gauche ne pourra rassembler les classes moyennes et populaires derrière un projet mobilisateur, elle ne sera pas majoritaire. Tant que la gauche s’adressera aux diplômés par ses thèmes de campagne (justice, institutions…) elle ne sera pas majoritaire.                 

    Et de l’autre côté de la rue j’observe NDP et son parti fantôme. Je le vois serrer la main aux ouvriers et expliquer qu’ils n’ont pas à payer pour ceux qui n’ont pas envie de bosser. C’est tellement simple. Qu’il faut rétablir l’autorité à l’école. Qu’il faut punir les délinquants. Etc. etc. la droite aurait t’elle le monopole du bon sens ? La droite a un projet cohérent et simple. Qui n’est ni pertinent ni sincère. La droite n’est pas moderne puisqu’elle est conservatrice sur les questions sociales (voir les prêtres présents dans le cabinet de Mme Boutin). La droite ne défend pas les catégories populaires puisque ses premières décisions sur l’impôt sur les successions, la non-hausse du SMIC, l’accès à la propriété, sont destinées aux classes supérieures. La droite n’est pas bonne pour gérer les finances de la France : tout son discours fondé sur la croissance s’écroule dès la première crise financière, elle n’a su que creuser le déficit du commerce extérieur et du budget.

    Mais face à cela qu’est ce qu’on a ? Une capacité offensive quasi -nulle de la part de partis trop occupés par leurs rapports de force interne. Difficile de me taper dessus quand je dis ça c’est Francois Hollande lui-même qui stigmatisait cette situation il y a quelques jours.

    Répondre aux attaques de la droite coup par coup : démonter de faibles arguments, marteller des contre-arguments, reprendre l’offensive sur le terrain et sur les idées en repartant à zero ou presque. Nos valeurs, les défis, et les outils que nous devons imaginer pour combiner les deux. Pour moi c’est le chemin que doit prendre la gauche pour reprendre le pouvoir. Ensuite, quand nous l’aurons repris, arrêtons de croire que nous pourrons instaurer le socialisme dans un seul pays : toute décision devra être prise en lien avec l’internationale socialiste et le parti socialiste européen. Et donc, dès maintenant, il faut réinvestir et développer ces organismes !

  • avril: la fin de toutes les impostures

    medium_meeting_montpellier.JPGHollande déchire en meeting c'est un fait. On se sent de suite bien inspiré pour dénoncer toutes les impostures de la campagne. Pour démasquer les comiques. Pour revenir à l'essentiel, les projets de société.

    première imposture: les sortants. Le candidat de l'UMP est soutenu par les ministres du gouvernement actuel (à part deux qui ont rejoint bayrou), par le président Chirac, par le parti majoritaire à l'assemblée depuis 5 ans. comment peut-il oser vouloir représenter la rupture alors qu'il était N2 du gouvernement depuis 5 ans? La continuité c'est Nicolas Sarkozy, le changement c'est Ségolène Royal!

    deuxième imposture: le bilan! on truque les chiffres de la délinquance en multipliant les mains courantes mais même ainsi les chiffres tombent et déchirent le bilan sarkozy: les actes de violence sont en hausse. On baillonne l'INSEE et on l'intimide pour que cet organisme ne publie pas ses statistiques, mais eurostat n'est pas aux ordres et martelle ce qui saute aux yeux de tous les Français: le chômage est en hausse. La précarité s'installe, les 2/3 des contrats signés sont des CDD et des INTERIM. la France est le premier pays d'Europe...pour le chômage! le déficit commercial est...fantastique, incomparable! c'est bien la seule occasion d'employer de tels qualificatifs pour ce gouvernement.

    troisième imposture: le centre-droit. Bayrou ne sait plus d'où il vient (ni où il va) l'ami de VGE, de Barre, le ministre de Balladur et de Juppé est amnésique. on le croyait soutien de la droite dans les précédents gouvernements, on le retrouve flibustier, aventurier, candidat autoproclamé des anti-systèmes...on le croyait président d'un parti de notables à Paris, on le retrouve agriculteur dans le Béarn!

    quatrième imposture: l'extrème droite. plus forte que vous ne le pensez. parce que la défiance envers la politique est forte dans le pays. avec ségolène royal, nous voulons rénover la politique par une dose de proportionnelle, le mandat unique, l'initiative populaire, les droits du parlement. Avec Le Pen, on craint une autre France. finie la solidarité avec la suppression de l'impot sur le revenu. finie la tradition d'accueil et de tolérance avec la préférence nationale inscrite dans la constitution. C'est une France défiante, sécuritaire, qui émergerait. Nous n'en voulons pas.

    cinquième imposture: l'extrème gauche. plus à gauche que moi, tu meurs, ca ne coute rien quand on ne veut pas gouverner. Comment être crédible quand on ne fait qu'abonder le programme du parti socialiste, en rajoutant des zeros. Comment être crédible, face aux gens qui souffrent et qui savent qui institutionnalise la précarité dans le pays; quand on se trompe d'adversaire. L'extrème gauche doit choisir la cohérence et la responsabilité pour être respectée et crédible.

    sixième imposture: la démocratie d'opinion. les sondages ne sont pas révélateurs: il faut 10 appels pour une réponse, on ne compte que les fixes mais combien en France, moi y compris n'ont pas de fixe? L'accueil qu'on nous réserve dans les rues, c'est l'espoir, d'une vie meilleure, d'une gauche qui retrouve les grands combats sociaux, mais pas encore la confiance que nous devons gagner. les médias nous présentent deux candidats, sarko-sego, alors que c'est deux projets de sociétés, cohérents, mais tellement différents, qu'il faudrait mettre au devant de la scène.

    pour cette dernière ligne droite de la campagne,

    à bas les masques!

    http://ps-vlm.over-blog.com/album-352596.html

  • 31 jours pour réussir le changement

    medium_Royal200_20060420.jpgce mois qui arrive, celà fait 5 ans que je l'attends. 5 ans, à manifester contre l'autonomie des universités, le CPE, à faire campagne pour les européennes et les régionales, à militer à l'Unef puis au MJS, dans le même sens. 5 ans, pour apprendre à comprendre les mécanismes de l'économie et de la société, pour s'opposer et proposer, face à l'offensive ultra-libérale de la droite. Il y a 5 ans j'avais 18 ans, je votais pour la première fois, c'était le 21 avril 2002.

    Et aujourd'hui, pour ces 31 jours qui arrivent, c'est le moment de TOUT donner, de TOUT faire pour permettre à l'alternative de gauche portée par Ségolène Royal d'être portée au second tour des élections présidentielles. 31 jours pour réussir ce changement, face aux forces de l'argent et de la désinformation, face aux forces de l'état engagés par un ministre candidat, face aux groupes médiatiques, face aussi à l'air du temps, au fatalisme et à la guerre psychologique des sondages.

    Alors allons y, battons nous, battons nous sur le net, battons nous en militant dans les rues, en boitant en tractant en collant, battons nous en discutant, en argumentant pour convaincre collègues et copains; Battons nous pour réhabiliter la politique face à l'économie, battons nous pour construire l'espoir, pour rendre accessible et possible cette alternative socialiste, battons nous pour que tout le monde prenne conscience de ce moment décisif, de ce mois décisif, de ce vote décisif!

    Battons nous pour les valeurs de la gauche, pour les valeurs de la république française! battons nous comme les soldats de fleurus, en juin 1794, avec détermination, avec courage et avec espoir, battons nous pour l'égalité, pour la liberté et pour la fraternité! battons nous pour conquérir la justice, pour conquérir de nouveaux droits!

    pour l'égalité, pour faire de l'éducation une priorité nationale, notamment avec les petites classes et le soutien scolaire public, pour faire de l'emploi un droit, avec le droit au premier emploi pour les jeunes et la formation tout au long de la vie! battons nous pour l'égalité, entre les quartiers, entre les régions, entre les citoyens, quelque soit leur opinion ou leur façon de vivre!

    battons nous pour la liberté! la liberté par l'éducation avec le service public d'orientation qui permettra aux jeunes de faire des choix, pour le prêt de 10 000 euros qui permettra de se lancer...la possibilité de faire des choix!

    battons nous pour la fraternité, battons nous pour la tolérance, dans une France qui assume sa diversité, qui en est fière! pour une france plus forte parce que plus juste qui mène une vraie politique de co-développement, pour la fraternité européenne d'une europe par la preuve, plus concrète, plus accessible, plus démocratique et plus sociale.

    le 22 avril, la France vote, et tout le monde la regarde. parce que le monde connait auourd'hui des bouleversements majeurs, parce que économiquement, environnementalement, socialement, elle va dans le mur, parce qu'un modèle dominant multiplie les inégalités et les risques écologiques et géopolitiques.

    Battons nous, battons nous, pour redonner le pouvoir aux citoyens, pour redonner sa légitimité à la chose et à l'action publique, battons nous pour une société plus juste! Plus qu'une présidente ou un président, c'est un choix de société qui sera voté le 22 avril.

    à nous, militants, d'être à la hauteur de ces échéances. ne comptons pas les heures, ne nous laissons pas démoraliser, allons y gaiement, pour avoir tout fait, pour faire tout, pour qu'une autre politique nous permette à nouveau de changer la vie!