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energie

  • Je suis fou, irresponsable et dangereux : je suis pour la sortie du nucléaire

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    J’adore quand quelqu’un, d’un air narquois, me demande « alors t’es pour la décroissance ? ». Il est évident que remettre en cause le culte de la croissance, c’est penser plutôt mal, et se rapprocher dangereusement de la camisole. Excusez-moi de me demander pourquoi toute notre société, toute notre économie est organisée autour de la recherche d’une fabuleuse croissance magique qui assurerait à tous un emploi, un pouvoir d’achat suffisant pour participer pleinement à la société de l’hyperconsommation ? Cette croissance a-t-elle amélioré notre qualité de vie depuis 30 ans ?

    Je vous rassure d’ailleurs, je ne suis pas décroissant. Je promeus une croissance qualitative: nouveaux modes de production, de consommation, plein-emploi assuré par l’investissement massif de la puissance publique dans les secteurs d’avenir : construction de logements, énergies renouvelables, recyclage…Là n’est pas la question pour aujourd’hui.

    Vous avez aimé parler croissance? Alors parlons nucléaire.Oula. Le nucléaire faut pas y toucher, c'est une grosse industrie, plein d'emplois...faut au moins marcher pieds nus et utiliser des toilettes sèches pour penser à ca seulement!

    Sortir du nucléaire à court terme est impossible. Cela demande des dizaines d’années, alors autant commencer maintenant, alors que les centrales construites dans les années 60 commencent à être un peu vieilles et que leur démantèlement va coûter des milliards d’euros…Pour autant, comme 61% des moins de 35 ans, je ne crois plus dans ce fleuron industriel de la France qu’est le nucléaire, je pense qu'il est temps de penser un autre avenir énergétique, à l'échelle nationale, mais aussi à l'échelle européenne. Je sépare la question civile de la question militaire (peut-être à tort ?), je veux parler politique énergétique, crise climatique, pouvoir des lobbies en France. Volontairement, je ne concentrerai pas mes arguments sur les risques technologiques dans les centrales (malgré les 736 incidents relevés en 2006) ou la gestion  des déchets sur des milliers d’années. Je veux parler d’abord de la politique énergétique de la France.

    Sortir du nucléaire, car on ne peut répondre efficacement au défi climatique et investir dans les énergies renouvelables quand recherche, entretien et gestion des déchets nucléaires absorbent tous nos efforts financiers.

    Faisons d’abord le point sur le nucléaire en France : 78% de l’énergie produite, 15% de l’énergie consommée en France, 6% dans le monde, c’est un peu court pour notre souveraineté énergétique nationale (surtout quand les mines d’uranium sont au Niger…) !  

    450 milliards d’euros ont été investi dans le nucléaire depuis la seconde guerre mondiale, ce n’est donc pas une énergie bon marché.

    La mutation énergétique de notre pays est possible : elle passe d’abord par une réduction d’un tiers de la consommation d’énergie en éliminant des gaspillages inutiles : Primo, isoler les ¾ des logements qui sont de véritables passoires thermiques, entrainent des surcoûts importants de chauffage. Deuxio, remplacer les appareils énergivores (électroménager notamment) par des appareils sobres en définissant de nouvelles normes de production. Tertio, ne plus utiliser l’électricité pour le chauffage (gaspillage des ¾ de l’énergie): en Espagne la loi oblige 60% des logements rénovés à être dôtés de chauffe-eaux solaires.

    Les économies d’énergie indiquées permettent de fermer un tiers des réacteurs français.

    Cette sortie progressive du nucléaire peut s’organiser techniquement en réduisant nos exportations (10% de l’énergie nucléaire produite) et par une augmentation de nos importations. Elle s’appuie plus largement sur un investissement massif dans d’autres sources d’énergie pour sortir de cette dépendance spécifiquement française envers le nucléaire (78% de l’énergie produite). L’installation de panneaux photo-voltaiques sur tous les bâtiments construits, la création de nouveaux champs éoliens (en multipliant par 10 l’existant pour atteindre le niveau allemand), la construction de petits barrages. Tous ces éléments, qu’un autre article permettrait de préciser, assurent encore la fermeture de quelques réacteurs. 20% de notre consommation d’énergie pourraient être assurés par le développement de la biomasse en gérant durablement et efficacement notre parc forestier. D’un autre côté, la co-génération, les centrales de gaz à cycle combiné sont d’autres pistes intéressantes pour produire une énergie peu polluante.

    Cette sortie du nucléaire est un enjeu démocratique : avant 1991, aucune loi n’a organisé ce type d’énergie en France, et le soutien à cette activité est largement dû au poids d’un lobby puissant, à la fois public (CEA), et privé (AREVA notamment) qui a sympathiquement participé à la Francafrique (mines d’uranium du Niger), qui désinforme (des jeux pour les enfants pour leur faire aimer le nucléaire : http://www.respire-asbl.be/France-le-lobby-nucleaire-fait-de)  et pèse de tout son poids sur les décisions énergétiques.