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  • Reconstruire la puissance publique pour relever les défis du XXIème siècle (Attali, Rosanvallon, Esping-Andersen)

    CI_moyens_etat_etranger.jpgJe veux rénover la république. Comme « chose publique », comme régime politique imaginé par les Romains où le pouvoir n'est pas possédé à titre personnel mais bien exercé au nom de tous. Cette république n'est pas à confrondre avec la démocratie (qui peut être une monarchie) ni avec l'état, qui peut être totalitaire. La république est sociale, en France, depuis le tournant du Xxème siècle, avec la généralisation de lois sur le travail, les retraites, etc. Dans ce cas, ce régime politique se dôte d'outils d'intervention dans la sphère sociale, économique et culturelle: des moyens matériels (prélevements sur les revenus et les richesses), des moyens d'arbitrage (police, armée, justice), ou d'interposition (législation commerciale, salariale..), voire, par le biais de services publics, des moyens d'assurer le droit à la santé, à l'éducation, ou à un toit.

    La puissance publique exercée par la république a été « régalienne » jusqu'au XIXème siècle, se contentant d'assurer la sécurité des personnes. Devenue «état-providence » au XXème siècle, elle a encadré la société, dérivant même, dans les dictatures fascistes ou nazies, vers un état totalitaire...Riche de nouveaux moyens (impôt sur le revenu généralisé au début du XXème siècle), elle a pu mener des politiques de relance, des plans de développement économique, à travers des expériences d'économie mixte, à mi-chemin entre l'état-socialiste et l'état-libéral.

    Pour les Socialistes, la puissance publique reste un moyen d'atteindre l'idéal de justice, de liberté et d'égalité, voire de droit au bonheur, fixé depuis deux siècles. Outil pour construire un monde et une société juste et solidaire, l'état-providence, a fait consensus jusque dans les années 70 entre droite et gauche pour être critiqué au début des années 70 par les néo-libéraux, les « chicago boys » de Friedman et Hayek, conseillers de Reagan, Thatcher et des dictatures sudaméricaines des années 80...démantelement des protections commerciales et sociales, des services publics et des législations économiques au nom d'un libre échange et d'une liberté d'entreprendre tous puissants ont conduit au monde actuel, socialement, économiquement et écologiquement invivable sur le long terme.

    Sur la défensive depuis 40 ans, hésitants à s'opposer frontalement où à s'ajuster à ces nouvelles conditions pour « limiter la casse », les socialistes doivent repartir à l'offensive pour « relever la puissance publique », recréer des outils de solidarité, repenser les ressources de l'Etat voire, repenser un contrat social.

    Comment? J'ai distingué 3 ouvrages pour réfléchir à la question. Jacques Attali, dans « une brève histoire de l'avenir », imagine la confrontation dans les decennies à venir entre des états affaiblis par le néo-libéralisme et des « world companies » de l'assurance et du divertissement qui auraient créé de nouvelles protections et s'opposeraient, aussi puissantes qu'eux, aux états, pour organiser le monde. Simple utopie...ou réalité sous-jacente, quand le géant de l'automobile Ford a un chiffre d'affaires équivalent au PIB norvégien? Pierre Rosanvallon écrivait il y a 25 ans, en 1984, « la crise de l'état providence » où il remettait en perspective la construction et l'affirmation du « welfare state », mis en difficulté par la crise de 1973, ses différentes déclinaisons (Beveridge, Bismarck, etc.), comment il était vu par les Marxistes et les Libéraux, et surtout, plus intéressant, comment on pouvait le dépasser à travers un « nouvel espace post-social-démocrate ». Rosanvallon n'est pas dépassé. En 2008, sa collection, « la république des idées », publiait « 3 leçons sur l'état providence » de Gosta Esping Andersen, pour définir les contours de cet espace post-social-démocrate, bousculé par 3 révolutions: familiale avec l'évolution du rôle des femmes, éducative à travers le concept d' « égalité des chances », démographique avec le vieillissement de la population.

     Je vais revenir plus précisément sur ces 2 derniers ouvrages, dans un deuxieme article: "définir un nouvel espace post-socialdemocrate pour déployer la puissance publique"

  • La droite n'a pas le monopole de la modernisation de l'état!

    1488858761.GIFA mi-chemin entre Barcelone où j'étais hier et Paris où je serais ce soir, un petit post pour rafraîchir le blog et parler de ma passion: la modernisation de l'état et des services publics. C'est quoi moderniser? Ce vocable est tellement utilisé en politique quand on parle d'état. Est-ce adapter l'état aux transformations de la société pour le rendre plus efficient, plus sensible aux besoins de ses usagers, plus à même de réduire les inégalités et d'assurer aux citoyens l'exercice de leurs droits individuels et collectifs? Je pense oui; Pourtant, la politique du gouvernement Sarkozy/Fillon semble présenter une autre définition: réduire le champ de la sphère d'intervention de la puissance publique dans un monde où les acteurs économiques ont un poids croissant. Moderniser ce serait donc s'adapter à des politiques néolibérales, laisser plus de champ au marché pour que les inégalités se corrigent "naturellement"? Et bien non.

    Pour autant, il faut se battre et porter un contre-projet de service public du XXIème siècle. Défendre les services publics uniquement à travers le prisme des postes et des salaires ne suffit pas. La modernisation de l'état c'est quoi au fait? La gauche et la droite avaient voté d'un seul élan, en 2001 je crois, la Loi organique relative aux lois de Finances (LOLF) qui m'a semblé, alors que j'étais élu étudiant, et que je votais  (contre d'ailleurs) chaque année les budgets de l'Université Montpellier 3 (2002/2006) et du CROUS de Montpellier (2004/2006), un remarquable outil démocratique! Ainsi au delà de tableaux illisibles on pouvait se prononcer sur des politiques, sur des objectifs, sur des indicateurs! D'année en année, on pouvait observer les effets de nos votes! Pour autant, les réflexions autour des services publics et de la rémunération liés aux objectifs me semblent une exagération dogmatique: l'action publique ne se mesure pas uniquement sur des critères quantitatifs! C'est la limite de la LOLF.

    On parle beaucoup de la RGPP, la Revue Générale des Politiques Publiques. En fait des audits dans tous les ministères (à 3000 euros par jour le consultant) pour chercher des économies à faire: non-remplacement, regroupement de services, décentralisation, externalisation (privatisation si vous préférez) à travers notamment des Stratégies Ministerielles de Réforme. J'adore la modernisation de l'état mais pour la droite celà s'apparente à un jeu de massacre très idéologique visant à revenir au XIXème siècle. Je n'exagère pas: sous pretexte de modernisation, on disloque le ministere du travail dont les directions sont redispatchées entre l'Immigration et l'Economie. Ce ministère, apparu en 1906, créé par la gauche républicaine, avait jeté les premières bases de l'état social qui intervient dans l'économie et la société. 

    Chercher à économiser pour colmater les brèches de caisses étatiques vidées par les cadeaux fiscaux c'est cynique. Supprimer des ambassades, des tribunaux, des lignes de chemin de fer et des bureaux de poste, ne peut satisfaire qu'une droite très attachée au mythe de la gestion du "petit entrepreneur familial". Ce qu'il faut, c'est reconsidérer, à l'aune des inégalités et des injustices de notre société, d'enjeux régionaux et internationaux essentiels (ex. développement durable), où la puissance publique doit intervenir pour assurer, comme c'est son rôle, l'exercice des droits individuels, sociaux et économiques assurés par maintes déclarations vaguement connues (la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, le préambule de la constitution de 1946...).

    Le haut débit en fait partie. L'éducation, de la maternelle à l'université, en fait partie, tout comme la santé. La formation et l'insertion professionnelle en fait partie. Les transports en commun en font partie. L'accès à l'énergie et à l'eau en font partie. L'accès aux loisirs, à la culture, aux loisirs, ainsi qu'au logement, en font sans aucun doute partie.

    Voilà ces leviers d'action publique que la gauche doit reconquérir! Pas la construction de voitures, pas la gestion des ports, peut-être pas la gestion du courrier...Il faut faire les choix les plus efficients! L'administration doit évoluer: Les préfectures ne peuvent être ouvertes 4h par jour (horaires de bureaux évidemment), les services numériques doivent se développer, les conseils d'usagers doivent se généraliser! Les établissements scolaires ne peuvent pas être fermés 4 mois par an.

    On parle de pouvoir virer les fonctionnaires. Mon colocataire, qui se dit plus de gauche que moi, en est d'ailleurs ravi (est-ce bien cohérent) je souhaite quand même rappeller que les conditions strictes de révocation des fonctionnaires ont été obtenues par la gauche pour protéger les droits sociaux, pour empêcher les pressions politiques, pour éviter les révocations massives opérées en cas d'alternances électorales ou de conflits sociaux, comme Clémenceau le faisait au début du XXème siècle. Pour autant, je pense que les conditions d'embauche doivent être tout aussi strictes: trop de clientélisme, trop d'embauches précaires liées au copinage dans l'administration locale!

    Les mesures proposées par le conseil de modernisation des politiques publiques, présidé par NDP le 4 avril 2008, ne sont pas nouvelles, elles ont été employées dans de nombreux pays dans les années 90. Avec toujours les mêmes conséquences: hopitaux en sous effectifs, universités payantes, hausse des prix de l'énergie, précarisation des employés du secteur public...Ces mesures adoptées par la droite sont issues du privé, de Toyota, dans les années 70: à travers le "lean" (management amaigrissant), on débarasse, on range, on nettoie, on standardise et on s'adapte. Si celà marche sur une chaine de montage automobile, y a pas de raison que ca marche pas pour gérer un hopital ou un lycée, n'est ce pas...

    L'externalisation n'est pas une solution: l'émergence d'un pole semi-privé appellé france-emploi pour conduire les politiques d'insertion professionnelle, assurer un droit effectif au travail, est inquiétante. La décentralisation n'est pas une solution. Stagiaire dans une municipalité allemande, j'ai vu des employés craindre un plan social, des fontaines publiques et des lampaderes s'arrêter de fonctionner, des places en crèches supprimées et des bâtiments publics se délabrer petit à petit car la ville était trop endettée

    Alors ne laissons pas passer ces réformes. Appellons les par leurs vrais noms: désintégration de l'état, défaite de la démocratie face aux pouvoirs économiques, mais ne tombons pas dans le piège de la droite: au delà de défendre des services publics qui ne sont pas irréprochables, attachons nous à élaborer un projet pour la puissance politique du XXIème siècle.

  • stress, vie parisienne et enjeux du XXIème siècle!

    1031444975.jpgJ'ai envie de dire que ca resume bien le weekend. j'étais en formation aux mureaux. mais aussi en manif à Paris. ainsi que dans un parc à charenton. et dans les bouchons du periph. quel programme, presque un poeme. D'ailleurs on est en avril ca fait donc 8 mois que je suis arrivé. je n'ai pas encore soufflé et j'ai été surpris d'apercevoir les pieds de la tour eiffel hier: à part la rue de solferino et le boulevard st michel je ne connais pas Paris. Ca ne m'inquiete pas, je n'ai pas encore fini ma peine mon séjour.

    3 jours sans écrire! Vous me demanderez pourquoi? parce que quand on n'a pas le temps de manger, ni de boire, ni de penser, ni de rêver, qu'on organise un weekend de formation sur 3 lieux avec 6 ateliers et une vingtaine d'intervenants, on n'écrit pas sur son blog! on a bien discuté. mais il faudra aller plus loin. Parler outils au delà des constats. Comment résumer tous les débats? c'est moi qui ai conclu, c'est donc facile!!

    Tous ces défis du XXIème siècle que sont le développement durable, la répartition des richesses, l'économie de la connaissance, ou encore la politique des âges et le rapport entre les générations ont un point commun: ils appellent l'intervention d'une puissance publique redistributive et régulatrice. l'état a été cette puissance, régalienne en France depuis le XIIIème siècle, sociale depuis le XXème. les politiques néolibérales dites d'ajustement structurel des années 70 à 90 l'ont dépecé. Je me battrai quand même pour qu'ils retrouvent, à travers des impots plus justes et une sécurité sociale plus démocratique, ses attributions. Vive l'état redistributif!!!

    D'autres puissances publiques doivent émerger. Au sein de l'Union européenne, les élections de 2009 doivent être l'occasion de pousser le PSE pour faire de l'Union européenne une puissance de long terme: éducation, innovation, développement durable doivent être mis en oeuvre à travers une nouvelle définition de l'économie de la connaissance, apparue en 2000 à Lisbonne. à l'échelle mondiale, l'ONU doit prendre sa place comme puissance régulatrice, absorber l'OMC et développer une OME (Organisation Mondiale de l'Environnement) à même de réguler les politiques énergétiques, pour une gestion plus juste des ressources de la planète.

    Les défis pour notre groupe politique? en Bref? réarmer la puissance publique! Mais aussi, être à la hauteur des espoirs de notre génération. savoir unifier la gauche dans le respect, les valeurs et un projet commun. Savoir associer le mouvement social, en revendiquant plus de représentativité pour les associations (au sein du conseil économique et social par exemple), en réformant la démocratie sociale (majoritarisme, syndicalisme territorial, representation en fonction des résultats des élections prudhommales et des DP fonction publique)...les anarcho syndicalistes ont empeché l'émergence d'un mouvement travailliste en 1895, il faudra peut-être revenir sur cette bavure de l'histoire (pour employer le vocabulaire de mes élèves). Ainsi, à travers ces options, il sera possible de conquérir le pouvoir pour transformer la société. Comment? pas par pédagogie, je déteste entendre ce mot. On ne va pas expliquer et apprendre la politique aux gens on va les convaincre. Il faudra militer.

    Prochaine note: bilan de mon remplacement!