Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

fn

  • Apportons de vraies réponses

     

    60678524.jpgVoir la flamme s'afficher sur les écrans qui dévoilent les candidats pour le second tour, ce n'est plus surprenant en France. Etonnement, en 1983, pour les municipales qui assuraient la premiere percée du Front National. Stupeur, le 21 avril 2002, quand, aux yeux du monde entier, la France devenait un pays qui sentait le souffre. Quel sentiment doit alors nous etreindre pour ces cantonales 2011, alors que le front national s'invite au second tour dans plus de 200 cantons?

    Pour moi c'est une sourde fureur. Dénoncer ne suffit pas, il faut se battre. Se battre, ce n'est pas seulement dénoncer des idées nauséabondes, l'antiparlementarisme de 1934, le populisme anti-fiscal de 1956, ou encore la xénophobie ambiante des années 1980. Se battre, c'est répondre au désespoir, à la déception, au fatalisme des Francais et des Francaises qui ont fait le choix de l'extreme droite hier. Ils ne sont pas inconscients, ils ne sont pas tous racistes, mais ils ont craché sur la République. Que disaient les sondages en 2010 sur les électeurs FN? À 72% ils veulent exprimer un mécontentement. À 30%, ils hésitaient avec l'abstention. 20% des sans diplômes votent FN et les ouvriers ont la plus forte proportion de vote d'extrême droite en leur sein (21%).

    Mais pourquoi? Quelque part, nous le savons. Il suffit d'écouter ceux qui nous insultent en porte à porte: « tous pourris », « la politique ca sert à rien », « droite et gauche tous pareil » voire « à bas les privilèges ». Le vote FN, c'est des régions en crise sociale telle que le Nord Pas de Calais (désindustrialisation) ou le Languedoc Roussillon (fort chômage). C'est un bras d'honneur fait à un monde politique professionnalisé, où les discours médiatiques sont souvent creux, où le politique semble impuissant face aux crises économiques.

    "A bas les privilèges", voilà une réalité que nous ne devons pas occulter. Mon groupe politique, « transformer à gauche », évoquait au dernier conseil national du MJS ces emplois qu'on n'obtenait qu'au piston. C'est un exemple parmi d'autres d'une société fabuleusement inégalitaire qui dégoute les plus modestes de la république sublimée. Une école minée par la suppression de la carte scolaire, des services publics qui s'effritent, un certain essor des communautarismes, voilà ce que nous devons combattre. Un front républicain oui, mais sur le long terme, pour refonder la république.

    En effet, pour moi, le premier outil de notre lutte contre le FN, ce n'est pas un discours ou une manifestation. C'est la 6ème république, la 21ème proposition des votations menées partout en France par les jeunes socialistes pour porter devant les Francais leurs propositions pour 2012. Nous devons changer de République car nous devons refonder le système politique. Mandat unique, droit d'initiative populaire, contrôle du parlement, vote à la proportionnelle, sont quelques idées pour vivifier le débat politique. Cette république où l'on vote pour des idées, doit être forte, la démocratie doit passer au dessus des intérêts privés; l'intêret général, comme le voulait le Conseil National de la Résistance, doit passer devant la puissance de l'argent.

    C'est pourquoi je soutiens de tout coeur les candidats de la gauche qui se battront toute la semaine contre le fatalisme, le repli sur soi, les peurs et les rancoeurs suscitées par les candidats du F-haine, alors que la droite n'en finit pas de se débattre avec ses contradictions historiques.