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fonctionnaires

  • Un vent d'idéologie néolibérale souffle sur la fonction publique...

    1fc981d0adff2820c3a313b3af9d1b8c.jpgLes propositions de Nicolas Sarkozy concernant la soi-disante « modernisation de la fonction publique » viennent s’ajouter à de nombreuses politiques libérales menées dans les années 90 : réduction des effectifs au Canada, création d’agences autonomes en Suède, alignement du statut des fonctionnaires sur le droit privé en Italie...Dans son introduction, il dénonce des politiques qui n’ont pas donné à l’Etat les moyens d’assurer ses missions. Mais n’était-il pas le numéro 2 du gouvernement Raffarin qui a diminué de 30% l’impôt sur le revenu ? Il dénonce « des réformes multipliées qui ne sont pas menées à terme » alors qu’il a fait voter en tant que ministre plusieurs lois à plusieurs années d’intervalle qui avaient le même objet sur l’immigration et la sécurité, pour des raisons évidentes de « communication » !

     

    Nicolas Sarkozy voudrait cacher ses politiques éprouvées de réduction de la puissance publique en parlant de hausse du pouvoir d’achat (« des fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés »), de rémunération au mérite et d’efficacité des services publics. Comment peut-il parler de hausse du pouvoir d’achat quand 15 milliards d’euros viennent d’être dépensés en cadeaux fiscaux pour les ménages les plus aisés ? La rémunération au mérite n’est qu’un serpent de mer qui dégraderait les relations entre employés, tandis que l’efficacité des services publics, la mesure de la performance n’est pas une idée nouvelle : c’est le gouvernement Jospin qui, en 2000, a fait voter la Loi sur l’Organisation de la Loi de Finances (LOLF) qui permet une élaboration transparente et politique du budget.

     

    Nicolas Sarkozy dit ne pas vouloir de discussion purement comptable, ne pas vouloir stigmatiser les fonctionnaires, alors pourquoi parle t’il constamment de suppressions de postes, de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ? Il stigmatise les « fraudeurs » des services publics, et en même temps il dépénalise le droit des affaires !

     

    Certaines de ses propositions sont intéressantes : budgets pluri-annuels, réorganisation des corps, création d’outils de gestion des ressources humaines, réforme d’une notation peu efficace, mais ce ne sont que des arbres très frêles ; des prétextes, qui cachent des mesures très graves visant à démanteler la fonction publique ! Proposer aux nouveaux entrants de choisir entre contrat de droit privé et statut de fonctionnaire, sans évolution, comme on l’a fait pour France Telecom, c’est la fin du statut spécifique qui garantissait le fonctionnaire contre des pressions politiques, c’est le début d’inégalités entre différents statuts, CDI, CDD, au sein même de la fonction publique.

     

    Nicolas Sarkozy s’attaque à des principes fondamentaux de la fonction publique : il s’attaque à l’égalité républicaine dans l’accès aux emplois publics en stigmatisant « la culture de concours », et à la démocratie sociale en annonçant la suppression des instances paritaires et la libéralisation des élections représentatives qui ne peut aboutir qu’à la victoire de « syndicats maison » à la merci des chefs de service !