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gauche

  • Congrès du MJS: la victoire en 2012 se construit ici et maintenant!

    CONGRES.jpgLes délégués du IXème congrès du Mouvement des Jeunes Socialistes sont arrivés hier à Grenoble. Ce congrès n'est pas un congrès comme les autres, le MJS, 15 ans après sa création, prépare sa mutation, sa transformation, pour préparer la victoire de la gauche en 2012. Comment? Débat d'activité, pour réfléchir à ce qui a été fait et à ce qui n'a pas été fait, honnêtement, débat d'orientation aussi pour réfléchir aux combats que devra mener le MJS dans les deux ans à venir. Union de la gauche à travers des primaires, nouveau modèle de développement à porter, nouveau projet de société, nous avons débattu de tout avec passion, nous avons confronté nos arguments, nos visions de la société et du MJS. c'était hier. Aujourd'hui, nous avons débattu des résolutions, des textes pour approfondir nos propositions. Sur l'emploi, sur l'éducation, nous avons parfois des propositions différentes, et le congrès, c'était le moment de faire un choix.

    Et ca continue cet aprem! Table ronde sur le nouveau modèle de développement, présentation des candidatures, les discussions continuent. Les débats sont passionnés et passionnants, même si parfois, les postures, les grands moulinets sur la tribune, les trépignement d'estrade sont assez énervants et ne sont ni à la hauteur des défis du mandat à venir, ni à la hauteur de la crise économique qui rend urgente une alternative à gauche.

    congres3.jpgEt qu'est ce qu'on peut faire? qu'est ce qu'on veut faire? Mais que le MJS soit ouvert, fort de son ouverture, réceptacle de tous les engagements! Ca passe par une réforme statutaire. Ca passe par un élan, et j'attends beaucoup du discours de présidence, demain, devant Martine Aubry, qui, invitée au congrès, présentera le projet socialiste pour la jeunesse.

  • De nouveaux combats pour la gauche

     2151076397_48c98eb194.jpgLa gauche va mal. Affaiblie dans tous les pays européens lors des dernières échéances, le socialisme, sa principale composante, ne parvient pas à apparaître comme une alternative crédible, comme une solution pour réduire la crise économique et sociale. En France comme ailleurs, de nouveaux chantiers s'offrent à nous pour relever les défis du XXIème siècle.

    L'éducation comme outil d'égalité et d'émancipation est une chose mais j'ai trop parlé d'autres politiques éducatives, de la necessité de refonder les méthodes pédagogiques, le métier d'enseignant ou encore le système d'orientation. En revanche j'ai peu parlé d'économie, et pour cause: c'est un débat d'experts. La necessité de dépasser le capitalisme, de réhabiliter l'intervention publique et la régulation des échanges est remise sur le devant de la scène par la crise.

    De quoi parler alors? On ne peut occulter les grandes questions sociales: le logement, l'emploi et la santé. Ces domaines sont révélateurs d'une société avancée et sont au coeur du débat sur les services publics...Les dernières péripéties de la création du pôle emploi, de la loi HSPT ou encore du droit opposable au logement ont la cohérence d'une certaine privatisation du secteur public. Pourtant, ces 3 domaines sont 3 leviers pour changer la vie, et transformer la société, ils doivent être au coeur d'un projet de gauche et necessite des politiques globales pour garantir des droits sociaux qui ont trait à la dignité humaine: droit à un logement convenable, droit à un emploi décent, droit à des soins de qualité...Tous, ils posent aussi la question des inégalités territoriales.

    En effet, une question est tranversale: ségrégation socio-spatiale, aménagement du territoire, problème des banlieues, tout ceci ramène à l'égalité territoriale qui ne peut être occultée.

    D'autres questions émergent, certaines me plaisent et d'autres pas. La problèmatique des discriminations, assez appréciée dans mes organisations, n'est que l'écume de problèmes sociaux plus profonds, selon moi. Les domaines régaliens (justice, armée, diplomatie), sont une terre de mission: Non la gauche, en sécurité intérieure et en justice, ce n'est pas le laxisme! Non, la gauche, en sécurité internationale et en diplomatie, ce n'est pas la même chose que la droite! Il faut politiser ces domaines, définir et porter une politique pénale qui favorise la ré-insertion des détenus, une politique de défense qui donne un nouveau rôle aux forces armées et une politique étrangère résolument de gauche, clivante, liée à un projet de société...

    Certaines questions sont nouvelles: Le vieillissement de la population pose des questions qui vont au delà de la guerre des générations évoquée dans certains médias...Le gaspillage des ressources sur la planète doit nous amener à reconsidérer nos modes de production, d'agriculture, d'élevage...de consommation! La formation tout au long de la vie est une thématique sur laquelle la gauche est en retard en France, tandis que le retour à une forme de protectionnisme commercial protectrice pour l'environnement et les droits sociaux fait débat...

  • La droite n'a pas le monopole de la modernisation de l'état!

    1488858761.GIFA mi-chemin entre Barcelone où j'étais hier et Paris où je serais ce soir, un petit post pour rafraîchir le blog et parler de ma passion: la modernisation de l'état et des services publics. C'est quoi moderniser? Ce vocable est tellement utilisé en politique quand on parle d'état. Est-ce adapter l'état aux transformations de la société pour le rendre plus efficient, plus sensible aux besoins de ses usagers, plus à même de réduire les inégalités et d'assurer aux citoyens l'exercice de leurs droits individuels et collectifs? Je pense oui; Pourtant, la politique du gouvernement Sarkozy/Fillon semble présenter une autre définition: réduire le champ de la sphère d'intervention de la puissance publique dans un monde où les acteurs économiques ont un poids croissant. Moderniser ce serait donc s'adapter à des politiques néolibérales, laisser plus de champ au marché pour que les inégalités se corrigent "naturellement"? Et bien non.

    Pour autant, il faut se battre et porter un contre-projet de service public du XXIème siècle. Défendre les services publics uniquement à travers le prisme des postes et des salaires ne suffit pas. La modernisation de l'état c'est quoi au fait? La gauche et la droite avaient voté d'un seul élan, en 2001 je crois, la Loi organique relative aux lois de Finances (LOLF) qui m'a semblé, alors que j'étais élu étudiant, et que je votais  (contre d'ailleurs) chaque année les budgets de l'Université Montpellier 3 (2002/2006) et du CROUS de Montpellier (2004/2006), un remarquable outil démocratique! Ainsi au delà de tableaux illisibles on pouvait se prononcer sur des politiques, sur des objectifs, sur des indicateurs! D'année en année, on pouvait observer les effets de nos votes! Pour autant, les réflexions autour des services publics et de la rémunération liés aux objectifs me semblent une exagération dogmatique: l'action publique ne se mesure pas uniquement sur des critères quantitatifs! C'est la limite de la LOLF.

    On parle beaucoup de la RGPP, la Revue Générale des Politiques Publiques. En fait des audits dans tous les ministères (à 3000 euros par jour le consultant) pour chercher des économies à faire: non-remplacement, regroupement de services, décentralisation, externalisation (privatisation si vous préférez) à travers notamment des Stratégies Ministerielles de Réforme. J'adore la modernisation de l'état mais pour la droite celà s'apparente à un jeu de massacre très idéologique visant à revenir au XIXème siècle. Je n'exagère pas: sous pretexte de modernisation, on disloque le ministere du travail dont les directions sont redispatchées entre l'Immigration et l'Economie. Ce ministère, apparu en 1906, créé par la gauche républicaine, avait jeté les premières bases de l'état social qui intervient dans l'économie et la société. 

    Chercher à économiser pour colmater les brèches de caisses étatiques vidées par les cadeaux fiscaux c'est cynique. Supprimer des ambassades, des tribunaux, des lignes de chemin de fer et des bureaux de poste, ne peut satisfaire qu'une droite très attachée au mythe de la gestion du "petit entrepreneur familial". Ce qu'il faut, c'est reconsidérer, à l'aune des inégalités et des injustices de notre société, d'enjeux régionaux et internationaux essentiels (ex. développement durable), où la puissance publique doit intervenir pour assurer, comme c'est son rôle, l'exercice des droits individuels, sociaux et économiques assurés par maintes déclarations vaguement connues (la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, le préambule de la constitution de 1946...).

    Le haut débit en fait partie. L'éducation, de la maternelle à l'université, en fait partie, tout comme la santé. La formation et l'insertion professionnelle en fait partie. Les transports en commun en font partie. L'accès à l'énergie et à l'eau en font partie. L'accès aux loisirs, à la culture, aux loisirs, ainsi qu'au logement, en font sans aucun doute partie.

    Voilà ces leviers d'action publique que la gauche doit reconquérir! Pas la construction de voitures, pas la gestion des ports, peut-être pas la gestion du courrier...Il faut faire les choix les plus efficients! L'administration doit évoluer: Les préfectures ne peuvent être ouvertes 4h par jour (horaires de bureaux évidemment), les services numériques doivent se développer, les conseils d'usagers doivent se généraliser! Les établissements scolaires ne peuvent pas être fermés 4 mois par an.

    On parle de pouvoir virer les fonctionnaires. Mon colocataire, qui se dit plus de gauche que moi, en est d'ailleurs ravi (est-ce bien cohérent) je souhaite quand même rappeller que les conditions strictes de révocation des fonctionnaires ont été obtenues par la gauche pour protéger les droits sociaux, pour empêcher les pressions politiques, pour éviter les révocations massives opérées en cas d'alternances électorales ou de conflits sociaux, comme Clémenceau le faisait au début du XXème siècle. Pour autant, je pense que les conditions d'embauche doivent être tout aussi strictes: trop de clientélisme, trop d'embauches précaires liées au copinage dans l'administration locale!

    Les mesures proposées par le conseil de modernisation des politiques publiques, présidé par NDP le 4 avril 2008, ne sont pas nouvelles, elles ont été employées dans de nombreux pays dans les années 90. Avec toujours les mêmes conséquences: hopitaux en sous effectifs, universités payantes, hausse des prix de l'énergie, précarisation des employés du secteur public...Ces mesures adoptées par la droite sont issues du privé, de Toyota, dans les années 70: à travers le "lean" (management amaigrissant), on débarasse, on range, on nettoie, on standardise et on s'adapte. Si celà marche sur une chaine de montage automobile, y a pas de raison que ca marche pas pour gérer un hopital ou un lycée, n'est ce pas...

    L'externalisation n'est pas une solution: l'émergence d'un pole semi-privé appellé france-emploi pour conduire les politiques d'insertion professionnelle, assurer un droit effectif au travail, est inquiétante. La décentralisation n'est pas une solution. Stagiaire dans une municipalité allemande, j'ai vu des employés craindre un plan social, des fontaines publiques et des lampaderes s'arrêter de fonctionner, des places en crèches supprimées et des bâtiments publics se délabrer petit à petit car la ville était trop endettée

    Alors ne laissons pas passer ces réformes. Appellons les par leurs vrais noms: désintégration de l'état, défaite de la démocratie face aux pouvoirs économiques, mais ne tombons pas dans le piège de la droite: au delà de défendre des services publics qui ne sont pas irréprochables, attachons nous à élaborer un projet pour la puissance politique du XXIème siècle.

  • Un PS réformiste? La nouvelle déclaration de principes du parti socialiste

    745936596.jpgJe vous rassure tout de suite, je suis secrétaire-adjoint de section je ne vais pas m'amuser à tirer à balles réelles sur le premier parti de la gauche qui vient de refondre sa déclaration de principes, qui datait de 1990. Ce texte, c'est l'aboutissement d'une reflexion menée par une commission présidée par Alain Bergougnioux, secrétaire national aux études, sur le projet du parti socialiste pour le XXIème siècle; sa conception de son rôle, de la société et du monde.

    Les médias vont vous expliquer que le PS opère son "bad godesberg", qu'il abandonne la référence à la révolution, qu'il devient résolument un parti réformiste. Et c'est ce que tout le monde retiendra? Non si nous savons nous saisir de ce débat.

    Essayons d'abord de résumer la nouvelle déclaration: Le Parti socialiste se réclame des lumières et du mouvement ouvrier, héritier des valeurs de la révolution française. Il se revendique du socialisme démocratique: prendre le pouvoir par les élections pour changer la société et non pas un couteau entre les dents à la tête d'une avant garde éclairée. Celà fait longtemps qu'on n'aiguise plus les baionnettes en réunion de section mais les médias n'ont pas remarqué...Le socialisme est résumé comme une lutte contre les injustices et une espérance, une explication du monde.

    Il parle d'égalité des droits comme objectif, aparemment l'égalité ne suffirait plus. C'est dommage. Il met au centre de son projet le développement durable, c'est nouveau. Mais c'est aussi galvaudé. Ce ne serait que la protection de la nature, d'apres la déclaration. Et le partage juste et durable des ressources de la planète?  Quelles valeurs font l'objet d'un article? L'égalité, le développement durable, le progrès (dur d'être contre)...interessant: ce progrès n'est pas calculé à travers une croissance économique mais à partir d'indicatifs de qualité de vie...et la démocratie.

    Les objectifs du parti socialiste pour le XXIème siècle? Les socialistes portent un projet d'économie mixte avec une place nouvelle pour l'économie sociale. Au delà des blagounettes sur l'économie régulée du marché (par qui, comment; dans la mondialisation financière je sais pas...) et sur la critique du capitalisme (on critique mais est ce qu'on dépasse?). La place du travail? Insertion, émancipation, justement rémunéré, laissant de la place au temps libre. La place de l'état social? Il lutte contre la rente, investit dans l'éducation...mais je regrette que son rôle redistributeur soit pauvrement évoqué. L'impôt semble être un gros mot pour les rédacteurs de la déclaration.

    "Le parti socialiste lutte pour la paix". (le contraire aurait été remarqué), il est laique, il est réformiste. Là je vois que certains se sont fait plaisir, merci à eux, les médias ne vont retenir que ça. Chers camarades, le réformisme est un outil, pas une fin en soi, il est synonyme de socialisme démocratique. Quand on renonce à pendre les patrons avec les tripes des curés, forcément on est réformiste, pas de quoi en faire tout un plat. "Il change la société par la loi et le contrat". C'est bien de le dire, reste à le faire! Il est décentralisateur (pourquoi pas).

    Il est européen.  Dommage que ce paragraphe soit le plus creux de la déclaration. Affirmer de telles ambitions, c'est osé, on s'attend à un projet ambitieux pour des politiques publiques fortes basées sur un budget, un impôt, des coopérations renforcées...assurant un développement humain juste et partagé dans toutes les régions, un contre modèle économique et politique face au capitalisme financier et à l'unilatéralisme américain non? Bon ben ce qui est écrit c'est: "l'UE a pour mission, par ses politiques communes, d'assurer la paix sur le continent, de favoriser une croissance forte et durable, le progres social, de promouvoir la créativité culturelle et de relever les défis planétaires". C'est on ne peut plus light...

    "Le parti socialiste est internationaliste". Là encore on reste light sur l'alternative proposée au niveau mondial. On laisse les sud-américains élaborer dans leur coin le socialisme du XXIème siècle, pourquoi pas..."Le parti socialiste est un parti populaire". celà reste un défi pour le premier parti de la gauche. Ce paragraphe qui s'interesse à ce qu'est le parti socialiste, à ses dirigeants, à la place qu'il laisse aux associations, aux femmes, nous devons l'investir: il est fondamental pour le devenir de notre famille politique. "Le parti socialiste ne se résigne pas aux divisions historiques de la gauche". Un premier pas vers une structure fédérale?