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germinal

  • Germinal et le loup-garou

    manet.zola.jpgGerminal, c'est le livre que je lis en ce moment. Mon préféré. Lu pour la 5ème fois au moins. Le Loup-garou, c'est moi en ce moment, au vu de la grande fatigue qui m'assaille...

    Germinal, un titre court est toujours signe d'intensité. Germinal, le printemps, là où tout germe. Ce fil rouge traverse l'ouvrage, mais ce n'est pas la trame. La trame, c'est une observation, celle du monde des mineurs sous le second empire. C'est aussi une histoire, celle d'Etienne Lantier, un ouvrier qui fait le choix du combat, contre la résignation. Un combat perdu, sanglant, mais qui permet d'expliquer que le monde n'est pas figé. Un roman profond puisqu'il oppose les travailleurs oppressés, les rentiers, la société anonyme aux objectifs froids et inhumains...Un roman cruel, synthèse des tendances de Zola, à ses envolées lyriques, à la précision de son étude sociale, qu'on retrouve dans l'argent et la curée, pour le monde de la finance, dans la débacle pour l'armée ou dans la terre pour les paysans...Fan des Rougon-Macquart, j'aime les personnages dessinés avec des traits aigus, le naturalisme de ces situations si réelles de misère (le rêve, pot bouille), d'ambition (la fortune des rougon macquart ou la conquête de plassans) ou de cupidité (la curée) prend au ventre le lecteur. Les descriptions, propres à ce genre de littérature, ne sont pas sautées comme dans le roman balzacien (en tout cas pour moi!), elles sont tout aussi prenantes qu'un récit où les portraits alternent avec des scènes violentes (dans Germinal, le lynchage de l'épicier, la mort de Chaval dans la mine noyée...), les analyses sociales les plus fines avec les paysages les plus beaux. Zola, peintre des âmes tourmentées de ses personnages décadents! Zola dénonce! Ce n'est pas encore l'auteur du "j'accuse", c'est déjà un homme qui donne un autre visage au second empire: les bals sont décadents, les immeubles haussmaniens pretextes à toutes les spéculations, la croissance économique aux crises boursières, et l'empire flamboyant est pathétique dans la déroute de 1870 où un empereur pâlot mène la "débacle".

    Venons-en au loup-garou! 4 jours que je n'écris pas...4 jours aussi que je me bats avec le sommeil, 4 jours que je m'endors en réunion, que je pose ma tête échauffée sur le carrelage de la cantine pour attendre mon tour et me rafraichir, où le gout du café reprend le goût de la ZEP, malgré des élèves toujours aussi sympathiques (la cinquieme agitée est apprivoisée, ca y est!). Le loup garou, pourquoi? Parce que mes épaules se voûtent, mes pupilles se retrecissent, mes sourcils se froncent, ma peau palit et je me trouve un air de Lupin dans Harry Potter III...

    4 jours sans voir le soleil, 4 jours à rêver de son coucher, sur la chapelle de Badones, au bord du chemin de montimas, là où m'amènent mes footings biterrois...de ces collines où l'on aperçoit la mer, de ce sol rouge et jaune, du vent qui fait bruisser le blé...et du bruit des cigales! Evidemment vous me direz, "bah faut se reposer voyons"! Evidemment. Sauf que c'est impossible. 78 élèves à amener au brevet. Un conseil de classe demain et je n'ai toujours pas les bulletins. Un agenda politique implacable et assez intense d'ici fin juin/début juillet. Alors prendre du temps....Une immense lassitude m'envahit, pesant sur mon oreiller le matin, suintante sur le volant qui accomplit pour moi les 70km quotidiens sur la RN7, flottante dans l'air ombragé de ma classe, fuyante dans le bruit assourdissant du RER. à QUAND LES VACANCES?