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  • Baudrillard/Gorz: peut-on dépasser la société de consommation? 1/

    9782070323494.jpgNous sommes des consommateurs, avant d'être des citoyens. On recoit aujourd'hui sa première carte bleue comme on recevait auparavant sa première carte d'électeur. Ce rôle définit toute notre action dans la société actuelle. Le centre commercial est le nouveau centre de la Ville. L'économie, la société et la culture se définissent, en ce début du XXIème siècle, par la consommation, l'achat de produits qui se renouvellent sans fin, où le désir est « créé » artificiellement. Baudrillard, en 1970, analysait « les mythes et les structures » de la société de consommation. Le premier chapitre de l'ouvrage qui s'interesse à l' « objet » de consommation, abondant, qui affole les clients, rappelle certains passages du roman de Zola « au bonheur des dames ».

    Utopia, courant de la gauche, présent au Parti Socialiste et chez les verts, rédigeait en 2008 un manifeste préfacé par André Gorz: « la sortie du capitalisme a déjà commencé ». Cet auteur analyse une société de consommation où les ménages sont incités à s'endetter pour consommer, à anticiper la hausse de la valeur de leur logement, etc. tandis que les entreprises misent sur leurs achats futurs! Il dénonce un nouvel état supranational de l'OMC et du FMI qui réduit tous les rapports sociaux à la relation acheteur/vendeur et privatisant les services publics, démantelant les protections sociales, dépassant des états réduits à défendre la compétitivité de leurs entreprises. Gorz dénonce la logique d'un système qui conduit à une crise écologique irréparable: si les états ne réduisent pas leurs émissions de 85%, l'augmentation de plus de 2° de la température aura des conséquences irréversibles. Gorz prédit une sortie dictatoriale du capitalisme du fait de la raréfaction des ressources. Gorz voit une autre sortie que cette voie préférée des meneurs actuels de l'économie capitaliste: la gratuité (creative commons, logiciels libres), l'autoproduction (consommer ce que nous produisons, produire ce que nous consommons) notamment grâce aux initiatives des pays du sud: au Brésil, les ¾ des ordinateurs de 2005 étaient auto-produits à travers le recyclage de composants!

    Baudrillard écrivait en 1970, quelques années après mai 68 et sa remise en cause des prémisses de la société de consommation. Ses analyses sur les mass-média, l'objet de consommation semblent aujourd'hui précoces. Gorz, lui, dénonce le même système, exacerbé depuis les années 70 et les expériences tatchériennes, mais aussi poussés à ses limites. Les deux penseurs, experts, permettent de mieux démonter les mécanismes de ce système pour en imaginer un autre. Baudrillard démonte le concept de croissance, décortique le rôle des mass-média: Il s'interroge d'abord sur la pertinence de l'indice PNB qui mélange produits publics et privés, mais exclut les travaux domestiques des femmes, méprise la culture, préfère tout ce qui est quantifiable, même les nuisances (ex. calcul de la production d'alcool). Le gaspillage est le pendant de la société de l'abondance...mais ont été observé dans toutes les sociétés, comme symboles rituels, aristocratiques, etc...mais elle est ici fonctionnelle, partie prenante d'un système! Consommer du superflu, ce serait vivre! Les héros de la production, du XIXème, sont dépassés par des héros de la consommations, star ou footballeurs, champions du gaspillage!

    Le mouvement Utopia propose alors un « alter-développement » pour sortir de cet épisode catastrophe, en dégageant 3 dogmes du système actuel: la croissance, la consommation et le travail. Utopia veut proposer un projet alternatif, où les individus peuvent vivre décemment, en étant capable de faire des choix communs...Utopia ne réduit pas le capitalisme à un système économique: dominant les désirs, réduisant la marge de manoeuvre des puissances publiques, c'est un système global et totalitaire!

    Fin de ce premier article qui n'est qu'une ébauche de mes reflexions, le prochain sera consacré à la puissance publique! (Rosanvallon, etc.)