Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

industrie

  • Une nouvelle politique industrielle pour la France...c'est encore possible?

     

    usine.jpgL'industrie, mais cela n'existe plus. Les mineurs, les métallos, cela partie du bon vieux temps des grandes usines polluantes, des alarmes qui sonnent l'arrêt du travail, des corons et des crassiers qui dominaient des cités minières tels qu'Alès où, chez mes grands parents, je passais mes vacances...Idée fausse, idée dangereuse. L'électronique, l'énergie, l'agro-alimentaire, c'est de l'industrie, et elles ont largement contribué à la puissance économique de la France. Pour autant, l'appareil productif de la France est affaibli par la politique menée par la droite, la «decennie de la désindustrialisation » des années Chirac/Sarkozy...

    Pourquoi l'usine de sidérurgie et les ateliers ferroviaires où travaillait mon grand père sont-ils en train de rouiller, à Alès? Parce que notre appareil productif nécessite une nouvelle politique économique, en matière d'échanges internationaux, une reconversion écologique de notre modèle de production, et un investissement massif de la puissance publique, de la région à l'Europe en passant par l'Etat. Parce que les régions sinistrées par la désindustrialisation et les délocalisations témoignent d'un tournant politique manqué par la France.

    Avec la droite, la place industrielle de la France s'est réduite dans le monde, nous perdons des parts de marchés dans les domaines même où nous étions en pointe: le TGV de Siemens est préféré en Chine tandis que le nucléaire coréen s'implante à Abu Dhabi plutôt que le notre. Notre tissu de PME et de sous-traitants est sinistré, 263 000 emplois ont été détruit par la crise, et quelle réponse de l'Etat? Saupoudrage des aides publiques sans aucun contrôle, déficit d'investissement évalué à 100 milliards d'euros par le rapport des Etats généraux de l'industrie réunis en 2008, et des dépenses de recherche et développement qui représentent, en terme de PIB, la moitié de l'effort japonais (1,9% contre 3,5%)! La France se spécialise dans des industries peu portées sur la R&D, prend du retard dans le dépôt des brevets et le développement des nouvelles technologies. Voilà le bilan déprimant dessiné par les « 54 propositions du PS pour l'industrie », élaborées sous la direction de Guillaume Bachelay, secrétaire national à l'industrie en février 2010.

    Quel projet porter alors que les pays émergents n'acceptent pas d'être les petites mains industrielles d'un monde où les pays développés resteraient au chaud dans leurs laboratoires? 2,5 millions de diplômés sont sortis des universités chinoises l'an dernier, ils n'étaient que 300 000 en France. Nous pouvons refaire de la France une grande nation industrielle: en investissant massivement dans les filières du futur, en proposant des mesures européennes, nationales et régionales à même de développer l'emploi et les territoires:

    La reconversion écologique passe par un investissement massif dans les filières d'avenir (santé, énergie, bâtiment, transport, biens de consommation) dans une perspective de croissance qualitative, et par de nouvelles normes de production (éco-conception, etc.). Elle passerait aussi par la régulation et la taxation d'une industrie financière courtermiste qui impose des rendements de 15 à 25% et qui n'est pas à même de financer une politique industrielle.

    Des écluses sociales et écologiques doivent être organisées à l'entrée de l'Union Européenne: L'Europe ne peut rester le seul élément libre-échangiste d'un monde où les puissances sont protectionnistes: notre industrie doit être protégée par des droits de douanes qui taxent des produits étrangers qui ne respectent pas les normes sociales et environnementales (OIT, REACH, etc.). La monnaie doit être mise au service de la politique économique européenne alors qu'aujourd'hui, quand l'euro se déprécie de 10 centimes, EADS perd un milliard d'euros!

    Au delà des champions européens qu'il reste à soutenir, l'investissement public doit être massifié et mis en cohérence par la coordination des fonds d'aide à l'investissement, à la recherche et aux PME par un Pole public d'investissement industriel (en réunissant les livrets d'épargne populaire et le livret développement durable, notamment). Les régions ont leur rôle à jouer comme guichet unique des PME pour leur permettre de devenir des Entreprises de Taille Intermédiaire et/ou de se tourner vers l'exportation, pour favoriser la transmission tout comme la reprise par les salariés, tout comme l'Etat en favorisant PME et ESS dans les marchés et commandes publiques, en donnant aux comités d'entreprise l'accès aux documents financiers, en exigeant le remboursement des aides publiques aux entreprises qui licencient quand elles redistribuent des dividendes ou le financement le la réindustrialisation et la réinsertion de leurs salariés pour celles qui délocalisent.

    En changeant de paradigme, en développant la formation, l'emploi, les territoires, et donc les services publics, nous pourrons porter haut et fort un nouveau modèle industriel qui aura toute sa place dans une économie régulée, dans un nouveau modèle de développement, seul à même de répondre aux crises sociales, économiques, écologiques qui marquent l'an 2010.

  • La planification je dis OUI!

    61978351491468598720.jpgJe dis Oui à la planification, à une planification écologique, à même d'organiser la reconversion écologique des modes de production et de consommation.

    La planification, c'est l'organisation, l'impulsion d'une politique économique par la puissance publique qui, de manière indicative ou incitative, met en dynamique les acteurs publics et privés de la production autour d'objectifs pluri-annuels. En France, la planification ne s'est pas inspirée du système autoritaire soviétique mis en place dans les années 30, mais d'un système à la fois indicatif et incitatif avec la création du commissariat général au plan après la seconde guerre mondiale, pour favoriser la reconstruction de la France. Dans les années 90, la puissance publique est affaiblie par les privatisations, la planification vue comme contraire aux lois du marché est remise en cause. En 2007, le commissariat général au plan devient le conseil d'analyse stratégique, un outil de prospective qui n'a nullement pour rôle d'orienter les politiques économiques. Cette absence de politique économique impulsée dans un souci d'intêret général a mené à l'exacerbation des inégalités territoriales et participé au désastre écologique: pollution, gaspillage, déchets ont pour source un capitalisme débridé qui poursuit uniquement des objectifs de rentabilité sur le court-terme. Comment?

    - En réarmant la puissance publique face à un marché impuissant et destructeur

    Le système capitaliste repose sur la spéculation et utilise les ressources naturelles sans souci des besoins des générations futures. Le capitalisme est destructeur parce qu'il remplace l'intêret commun  des citoyens par l'intêret privé des actionnaires à travers la privatisation, parce qu'il affaiblit la puissance publique à travers les baisses d'impôt, la désarme en dérégulant. Le capitalisme est destructeur car les nuisances environnementales n'appartiennent pas à son système de valeur. La privatisation des outils de production et de transports d'énergie, de transports de passagers et de marchandises ont participé à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre en favorisant le transport routier, en empêchant l'émergence des énergies renouvelables...la fermeture des services publics de proximité, l'ouverture des commerces le dimanche, l'étalement urbain ont amené l'augmentation des déplacements et donc, de la pollution. Le capitalisme est impuissant pour relever le défi de la crise écologique. Son seul outil de fiscalité ("niches" fiscales, responsabilité sociale des entreprises) et la responsabilisation des individus (campagnes d'information) se sont révélés inefficaces pour entrainer une reconversion écologique conséquente et structurelle.

    La planification ne peut être menée qu'à travers une puissance publique forte et efficace, qui dispose d'outils d'action et de régulation importants pour impulser une politique économique qui repose grandement sur des acteurs privés. Cette planification passe donc par une production d'énergie et par des transports publics, par une redensification des villes et par une fiscalité écologique plus juste, notamment.   

    - en coordonnant la transition écologique

    Le premier objectif de la planification écologique est de mettre en oeuvre une transition écologique globale de notre modèle de société qui s'interesse à toutes les facettes de l'économie: consommer moins, consommer mieux, économiser l'énergie, gérer les déchets, gérer les ressources naturelles, réaménager les villes, les déplacements, les temps sociaux...

      Coordonner la transition écologique, c'est notamment un investissement massif de la puissance publique pour financer de grandes infrastructures d'énergie et de transports (lignes ferroviaires pour limiter le déplacement aérien et le transport routier), la construction de centrales d'énergies renouvelables (eolienne, solaire, hydraulique, géothermique) et orienter la recherche dans ce sens de manière durable. Cette transition écologique passe aussi par une politique ambitieuse de rénovation urbaine pour favoriser l'isolation thermique et les économies d'énergie, à travers de nouveaux moyens donnés à la contractualisation état/collectivités territoriales. Ces économies d'énergie (logement, transport, électro ménager) permettraient d'assurer pratiquement la moitié des économies nécessaires!

     En matière d'agriculture, elle passe par une nouvelle politique d'aménagement rural menée par des agriculteurs chargés de protéger les paysages et aidés pour pratiquer une agriculture écologiquement intensive. En matière d'industrie, la reconversion écologique passe par une relocalisation de l'industrie, au contraire de la division internationale du travail qui organise les inégalités économiques mondiales et les exacerbe.  

    - Mettre la contractualisation et la fiscalité au service de la reconversion écologique

     Changer les modes de production et de consommation passe nécessairement par une intervention publique. La société de consommation participe à la crise écologique: changer de portable et de chaussures tous les 6 mois a des conséquences en terme de gestion des ressources et de déchets. Or ce mode de consommation est lié à des normes sociales qui font de la consommation un faire-valoir pour se positionner socialement. Toutes nos activités ont une empreinte écologique (surface necessaire  de la terre et de l'écosystème pour produire les ressources utilisées par un individu moyen dans tel pays) et si chacun des 6,5 milliards de terriens disposent d'un hectare et demi, en moyenne les pays développés en dépensent plus de 6! La circulation automobile peut être réduite par une politique ambitieuse de déplacements si cela devenait une compétence locale: gratuité des transports compensée par une dotation de fonctionnement plus forte, système de transports partagés et à la demande, moratoire sur l'extension urbaine pour réduire les déplacements domicile/travail...

    Cette fiscalité écologique doit passer par une contribution climat - énergie qui permettrait de financer cette planification et participerait au changement des modes de production et de consommmation. Il s'agirait, tant pour les particuliers que pour les entreprises, de taxer la consommation d'énergie et l'émission de gaz à effet de serre. L'efficacité énergétique génère 43% des économies d'énergie, elle doit être valorisée dans la fiscalité (TVA notamment). Pourquoi pas alors moduler la TVA selon les modes de production d'un produit pour favoriser la proximité (et donc la relocalisation), le respect de l'environnement (économie d'eau, pollution faible) ou encore la durabilité du produit(possibilité d'échange, de recyclage).  On doit aussi agir sur la publicité pour réduire son espace dans les médias et à l'extérieur de manière drastique, alors que près d'un millier de messages publicitaires sont aujourd'hui ingurgités, en moyenne; par un parisien.