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  • Faire de la politique outre-atlantique: 16ème congrès du parti quebecois

    nouv-logo-pq.jpgBon le Québec je sais, vous aimez bien, l'accent est sympa, mais ca reste quelques arpents de neige pour laquelle, Voltaire ironisant, la France ne s'est pas trop battue en 1763. Pour autant, 250 ans après, le Québec est non seulement une province, mais aussi une nation pour beaucoup, un état souverain dans les rêves de certains. Parlons politique, alors que le parti quebecois vient de prendre contact avec l'UMP après avoir été invité à la convention nationale du PS sur l'international. Parlons politique, alors que nos débats droite/gauche sont largement dépassés, au bord du Saint-Laurent, par le débat sur la souveraineté.

    Ce sujet n'est pas seulement l'enjeu de ma dernière réunion, mardi soir, au consulat général du Québec, mais c'est aussi un paysage politique atypique: si l'assemblée législative du Québec existe depuis la fin du XVIIIème siècle, elle dispose de pouvoirs lautonomes depuis 1867 et la province est un véritable état depuis la révolution tranquille des années 60, sur le plan social (recul de l'église catholique), sur le plan économique (nationalisation de l'énergie) ou sur le plan diplomatique (je participerai bientôt au 50ème anniversaire de l'ouverture de la délégation générale du Québec à Paris). Quels sont les partis représentés? Le parti libéral du Québec est le plus ancien. Parti de centre droit, fédéraliste, il a fait l'objet de plusieurs scissions: une scission souverainiste plutôt de gauche avec la création du parti quebecois en 1968, une scission souverainiste de droite avec la création dans les années 90 de l'action démocratique du Québec. A côté de cela, un parti vert qui ne présente pas beaucoup de candidats, et un vrai parti de gauche,é colo, féministe et social, le « Québec solidaire », n'a qu'un député.

    J'ai lu les 52 pages de la proposition finale qui sera présentée par Pauline Marois, chef du parti québecois, à l'occasion du congrès quadriannuel qui se déroulera en avril (j'ai du temps libre, partiels obligent). Il m'a permis de me faire mon avis sur le projet de ce parti qui a été au pouvoir de 1994 à 2003 et qui a longtemps été un partenaire privilégié du parti socialiste sous Francois Mitterrand. Ce projet s'articule autour des prises de position qu'aurait un gouvernement souverain. Le référendum de 1995 sur l'indépendance a échoué de peu (50,6%) et cette question est au centre du projet qui évoque à de nombreuses reprises ce que serait la politique étrangère d'un Québec souverain, et avant cela, le rapatriement des compétences, des impôts, etc. La facon dont Pauline Marois portait ce combat nationaliste, notamment en proposant des mesures intermédiaires (autonomie accrue) a récemment été critiquée par des jeunes se réclamant du chef du bloc québecois, parti indépendantiste à l'échelle nationale, Gilles Duceppe (spéciale dédicace à Félix-Antoine) qui auraient préféré une affirmation plus forte de la volonté d'organiser un nouveau référendum.

    Le projet du PQ m'a étonné. En premier lieu parce qu'à aucun moment la France n'est évoquée. En revanche le PQ veut faire du Québec le premier défenseur de la francophonie, en dedans comme en dehors. Ensuite parce qu'il est tiède, pas très affirmé tant sur le plan social, écologique, qu'économique. Peu de clivages, sans doute, avec le parti libéral (une des parties de la proposition finale s'intitule « des québecois plus riches »), mais beaucoup avec l'ADQ, aux relents sarkozistes. Le parti québecois n'est pas très féministe (une ligne sur le sujet), pas révolutionnaire sur le plan écolo: de bonnes idées sur le recyclage, responsabilité élargie du producteur notamment, sur les transports, mais pas de reconversion industrielle à l'ordre du jour! Sur le plan social, les péquistes sont plutôt progressistes: une école laique  jusqu'à 18 ans ou le premier diplome bien défendue, une part obligatoire de logement social pour les promoteurs immobiliers, un système de santé public, une énergie nationalisée...mais rien d'ambitieux sur les salaires ou la fiscalité, peu d'innovation (ce qui m'a surpris!) sur l'éducation, et certaines spécificités: la priorité donnée à la transparence de la vie politique, à la souveraineté énergétique, ainsi que la création de maisons de justice pour assurer un service de proximité, ou encore une prévention importante du suicide, m'ont agréablement étonné. Aux dernières élections de décembre 2008, les résultats avaient marqué une progression du PLQ (10 points) et du PQ (7 pts) alors que l'ADQ perdait la moitié de ses points: 42% pour le PLQ, 16% pour l'ADQ et 35% pour le PQ.  Cette progression du PQ serait largement du à un revirement social d'un parti tenté par le néolibéralisme, sous la conduite de Bloisclair, au milieu des années 2000 grâce à Pauline Marois. Alors pourquoi pas une nouvelle majorité, une alliance de gauche avec le QS et les verts, pour une souveraineté sociale et écologique, aux prochaines élections de décembre 2013?

     

  • Socialisme, francophonie et souveraineté quebecoise

    2Drapeaux.gifMes opinions socialistes n'ont jamais, à mon sens, été contradictoires avec mon amour pour mon pays. La biographie de Lionel Jospin était sur la même rangée que les mémoires du général de Gaulle, et je chante aussi mal la marseillaise que l'internationale. Les deux me font vibrer.

    L'occasion m'a été donné de concilier ces deux passions: je représente depuis juin 2010 les jeunes socialistes au sein du comité d'action politique franco-quebecois (CAPFQ), association multipartisane qui rassemble des organisations politiques de jeunesse francaises et quebecoises telles que le MJS autour du développement de divers partenariats.

    Pas besoin de vous expliciter mon opinion sur le Québec. Un drapeau aux fleurs de lys ne peut laisser indifférent l'ancien étudiant d'histoire moderne que je suis. Mais là n'est pas la question. La francophonie, est-ce une thématique apolitique? La politique internationale de la France peut-elle se débattre? Je le crois profondément, d'où mon désaccord avec la Vème république (entre autres!).

    Le Québec ne laisse pas indifférente la famille socialiste. Le rendez-vous entre Martine Aubry et Pauline Marois, chef de l'opposition souverainiste, en témoigne, tout comme la présence de députés du Parti Quebecois lors de la convention internationale du PS en septembre. Que dire alors de la politique quebecoise et francophone de la France?

    Qu'elle n'existe pas. Le ministre des affaires étrangères de la France n'est qu'un VRP sur-payé, il vend des centrales nucléaires à tous les pays, francophone ou pas, dictateur ou pas. Nicolas Sarkozy n'est pas souverainiste: La richissime famille Desmarais, qui finance le clan fédéraliste au Québec, était au Fouquet's le 6 mai 2007 et pour Nicolas, le souverainisme, c'est du sectarisme. Son mentor en politique, Charles Pasqua, doit apprécier.

    Alors, que serait une politique francophone et quebecoise de gauche? La francophonie c'est une organisation internationale qui rassemble un tiers des membres de l'ONU et en leur sein, 200 millions d'hommes et de femmes qui, sur tous les continents, se parlent, s'aiment et se disputent en Francais. Mais l'organisation internationale de la francophonie manque d'âme. Pas de politique linguistique, éducative, pas de projet pour la solidarité internationale et la diversité culturelle à l'orée du XXIème siècle, en dehors d'une réussite éclatante, la convention UNESCO sur la promotion de la diversité culturelle en 2005. C'est grave.

    Tout est possible pourtant, pour ceux qui ne veulent pas que la mondialisation se résume à une domination culturelle anglo-saxonne. L'ancien espace colonial peut devenir une zone d'échange et de partage, qui favorise l'accès à l'éducation en multipliant les échanges entre élèves, enseignants et étudiants. La francophonie peut devenir un espace d'innovation, de création culturelle en langue francaise, un laboratoire d'une solidarité internationale reposant sur l'égalité des peuples, en permettant à de jeunes Belges, Québecois, Maliens ou vanuatiens de travailler côte à côte, comme volontaires francophones sur un chantier de solidarité. L'organisation par les jeunes du parti québecois d'une université d'été s'inspirant de celle des jeunes socialistes et des jeunes populaires Francais fait partie de cette dynamique.

    Elle n'implique pas une domination francaise alors que la France est un des acteurs les moins volontaires de la francophonie (suppressions de postes à l'alliance francaise, à RFI, restriction de visas étudiants). Au contraire, elle nous permettra de retrouver notre place dans le concert des nations, comme ainé, et membre le plus prospère, d'une francophonie qui, si elle en avait les moyens, pourrait être le modèle, la locomotive, d'une nouvelle donne internationale, multilatérale, multiculturelle, et solidaire.

  • l'actualité du monde en quelques minutes? Le courrier international!

    d816ec512125ce76fb79783d93378d34.jpgVous avez les yeux gonflés par le sommeil, les oreilles qui bourdonnent des cris de vos élèves, un agenda bloqué sur 3 semaines et deux paquets de copies dans le sac? vous voulez quand meme tout savoir sur l'actualité internationale? qu'à celà ne tienne, lisez "le courrier international"!

    Un petit joueur (mais il y en a peu sur mon blog) dirait: lisez matin plus ou regardez google actualité vous saurez tout sur la visite de Khadafi en France, la dernière bourde de Bush ou le dernier typhon asiatique. désolé ce n'est pas ce que j'appelle l'actualité. la vraie actualité, c'est les affres de la grande coalition allemande, la guerre civile somalienne, l'élection du président du Liban, les élections législatives en Hong Kong. c'est à dire condensé en quelques dizaines de pages, une information originale dans toutes les parties du monde. on parle du darfour et on oublie la Somalie car on y meurt depuis 15 ans sans aucun changement. on noie les journaux des informations sur les repas que prend  NDP tout en "oubliant" de parler des déboires de l'ex premier italien Berlusconi qui manipulait la télévision directe par des injonctions directes sur les médias pour organiser les journaux télévisés. pourquoi n'en parle t'on pas en France? j'ai ma petite idée.

    Lire le courrier international, c'est plonger dans le sombre gouffre d'un monde inégal, sanglant, mené par la loi des plus forts, les puissances industrielles et capitalistes, noyé dans les guerres post-coloniales et religieuses. C'est d'un coup d'ensemble pouvoir rassembler et traiter les problèmes géopolitiques et humains qui minent cette si tendre planète.

    à consommer chaque semaine sans modération!

  • Realpolitik, paillettes et robes channel: La politique étrangère de la France

    e4b9a4494942ba5a2c90ed484c9b0421.jpgQuand on a vu Willy Brandt s'agenouiller à Varsovie, quand on a entendu parler De Gaulle du haut du balcon de l'hôtel de ville de Quebec, on a du mal à voir NDP vendre des centrales nucléaires aux 4 coins du monde comme un marchand de tapis, un VRP ou un quelconque responsable import/export.

    Quand on a entendu parler de l'indépendance de la France, pays des droits de l'homme, on a du mal à voir NDP partager les sandwitchs d'un président américain discrédité et appeller Poutine pour le féliciter après des élections très louches alors que tous les chefs d'états étrangers sont réservés.

    Quand on a vu le président Chirac rassembler des états bélligérants pour leur faire faire la paix, on a du mal à entendre les communiqués médiatiques triomphants annoncant des contrats en milliards avec les pires dictatures.

    tout ceci est devenu la politique étrangère de la France. un héros, le président Sarkozy qui libère un à un les otages du monde entier. des figurants: des ministres connues pour leur goût de la haute couture. des réalisateurs: les complaisants médias français et un staff très compétent qui met en scène le tout...pendant que les médias d'outre rhin flagellent la diplomatie-spectacle.

     avec tout ca, j'ai honte de la politique étrangère de mon pays. pas que je sois un fanatique du pacifisme et fermeté cher à lucille, pas que je nie les avantages de cette politique sur la balance commerciale de la France comme Cédric, non tout simplement, je ne pense pas qu'une politique étrangère se comptabilise en ventes d'airbus. c'est une POLITIQUE elle répond donc à des axes de court et de long terme qui soit nationaux (la définition de plusieurs cercles comme en politique de défense) soit globaux, liés à nos engagements internationaux, soient cohérents.

    je ne vois pas d'autre cohérence aujourd'hui à notre politique que l'esbrouffe, le profit et le cynisme.