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logement

  • De nouveaux combats pour la gauche

     2151076397_48c98eb194.jpgLa gauche va mal. Affaiblie dans tous les pays européens lors des dernières échéances, le socialisme, sa principale composante, ne parvient pas à apparaître comme une alternative crédible, comme une solution pour réduire la crise économique et sociale. En France comme ailleurs, de nouveaux chantiers s'offrent à nous pour relever les défis du XXIème siècle.

    L'éducation comme outil d'égalité et d'émancipation est une chose mais j'ai trop parlé d'autres politiques éducatives, de la necessité de refonder les méthodes pédagogiques, le métier d'enseignant ou encore le système d'orientation. En revanche j'ai peu parlé d'économie, et pour cause: c'est un débat d'experts. La necessité de dépasser le capitalisme, de réhabiliter l'intervention publique et la régulation des échanges est remise sur le devant de la scène par la crise.

    De quoi parler alors? On ne peut occulter les grandes questions sociales: le logement, l'emploi et la santé. Ces domaines sont révélateurs d'une société avancée et sont au coeur du débat sur les services publics...Les dernières péripéties de la création du pôle emploi, de la loi HSPT ou encore du droit opposable au logement ont la cohérence d'une certaine privatisation du secteur public. Pourtant, ces 3 domaines sont 3 leviers pour changer la vie, et transformer la société, ils doivent être au coeur d'un projet de gauche et necessite des politiques globales pour garantir des droits sociaux qui ont trait à la dignité humaine: droit à un logement convenable, droit à un emploi décent, droit à des soins de qualité...Tous, ils posent aussi la question des inégalités territoriales.

    En effet, une question est tranversale: ségrégation socio-spatiale, aménagement du territoire, problème des banlieues, tout ceci ramène à l'égalité territoriale qui ne peut être occultée.

    D'autres questions émergent, certaines me plaisent et d'autres pas. La problèmatique des discriminations, assez appréciée dans mes organisations, n'est que l'écume de problèmes sociaux plus profonds, selon moi. Les domaines régaliens (justice, armée, diplomatie), sont une terre de mission: Non la gauche, en sécurité intérieure et en justice, ce n'est pas le laxisme! Non, la gauche, en sécurité internationale et en diplomatie, ce n'est pas la même chose que la droite! Il faut politiser ces domaines, définir et porter une politique pénale qui favorise la ré-insertion des détenus, une politique de défense qui donne un nouveau rôle aux forces armées et une politique étrangère résolument de gauche, clivante, liée à un projet de société...

    Certaines questions sont nouvelles: Le vieillissement de la population pose des questions qui vont au delà de la guerre des générations évoquée dans certains médias...Le gaspillage des ressources sur la planète doit nous amener à reconsidérer nos modes de production, d'agriculture, d'élevage...de consommation! La formation tout au long de la vie est une thématique sur laquelle la gauche est en retard en France, tandis que le retour à une forme de protectionnisme commercial protectrice pour l'environnement et les droits sociaux fait débat...

  • La vie rêvée d'un prof militant 3: je milite sous l'orage...

    1086200098.jpgIl était 6h, une belle journée commencait (on se méfie toujours quand je dis ca). La barre de mon convertible me rentrait dans le dos et me proposait de me lever. Dur lever pourtant, apres la soirée passée à la sorbonne (colloque de l'unef pour les 40 ans de mai 68). Je me rendormais pourtant car ce n'était pas à moi de me lever...hehe. La chaleur moite du printemps parisien essuyait les volets, la machine à café senseo pouvait cracher son jus, la douche brulante couler à flots, et je pouvais quitter l'appartement.

    Perdu dans mes pensées, je prenais la route du sud. Trop loin pourtant, sans doute une certaine nostalgie me fit oublier de tourner vers Arpajon. J'aurais continué tout droit j'atterissais à Béziers. J'en étais quitte pour un demi-tour. Le premier cours de la cinquieme sérieuse se déroula tranquillement, mon cours sur les croisades était assez clair: ll'église du XIIème siècle c'est les USA aujourd'hui, les chrétiens massacrent pour défendre la foi, tuer un infidèle c'est lui rendre service (je la fais un peu caricatural là, je m'appuie surtout sur les docs du manuel!). Tout comme la récréation, tres vibrante (je me comprends).

    Assis à ma table, j'attendais patiemment les 3eme "surs d'eux"...avec un peu d'appréhension. ils n'arriverent pourtant pas. Ils étaient en sortie scolaire, d'apres une surveillante. on avait juste oubli de me prévenir que deux cours sautaient dans la matinée. Bon mon périple d'ikea n'interesse personne...mon périple parisien en revanche risque de vous plaire.

    Assis sagement dans une rame de la ligne 8, je m'informe petit à petit du déroulé de mon apres midi. Pour l'essentiel, il s'agit de participer à l'action coup de poing organisée par le collectif jeudi noir, qui vient d'être expulsé d'un logement réquisitionné dans le 3eme. Arrivé là bas à 15h, j'y reste jusqu'à 19h...sous la canicule d'abord, protégé par les colonnes de l'église st claude. insulté par un curé cégétiste (?!) ce qui me permet de continuer ma séquence pédagogique en criant "vive la croisade!", puis encerclé par les camions de la police, de la gendarmerie et des CRS (une fois par semaine, ca devient lourd non?). jeux de carte avec constance, louise, nathaniel et adrien, slogans scandés, bouteilles d'eaux visionnées en plein vol, on s'occupe (plutôt bien), en se disant que bon, c'est quand que y a de l'action quand même.

    et bien chers camarades, y a eu de l'action. quand j'ai vu le panier à salade arriver, les rangers, les boucliers et les caméras s'agiter je me suis dit que mes élèves allaient bien se marrer en regardant le JT. En effet, je n'étais pas debout, j'étais assis. Je n'étais pas libre, j'étais ligoté, enchainé à un des piliers de l'église. Je n'étais pas sec d'ailleurs. Car quand les CRS se sont positionnés devant l'église, l'orage a éclaté. Et le déluge est tombé. Protégés par le parvis,  nous n'avons pu nous empêcher de crier "la brigade fluviale avec nous". trempés jusqu'à l'os, les CRS commencaient à froncer le sourcil.

    Quand la tronconneuse a commencé a entamer la cloture, quand les coups ont plu, quand les bouteilles ont volé, et quand yves contassot s'est pris des baffes, quand les CRS ont sorti les couteaux pour couper les cordes, j'ai senti que l'orage s'était rien...un par un, on nous a déenchainé...je me suis fait sympathiquement retourné le poignet mais j'étais libre...

    trempé, libre, et prêt à retourner à Vitry: la révolution c'est bien, la soirée histoire sur france 3, c'est mieux!

  • Le jeudi moi j'occupe!

    895209686.jpgJeudi 1er mai, à la fin de la manifestation syndicale qui nous a conduit de Republique à nation apres quelques péripéties et beaucoup plus de marche que prévu, les militants du MJS sont allés participer à la réquisition festive de "jeudi noir". Rassemblés autour de la place rené cassin au forum des halles,  dirigés en manifestation sur le pont neuf, nous nous retrouvons apres un petit séjour dans les entrailles de la terre dans un immeuble dessafecté de 5000 m² sur les grands boulevards. Des glaces où je peux voir mes pieds. des centaines de pieces, de chambres, on pourrait faire une cité U toute entière. Nous emplissons les balcons du premier au 4eme étage avec nos banderoles et nos slogans, soutenus d'ailleurs par les passants (bon ils veulent peut-être aussi compter les coups de matraque je sais pas)

    Le problème du logement est sensible à Paris où une population précaire et fragile s'entasse sous les toits pour y vivre, c'est à Paris qu'on trouve des emplois. La bulle immobilière provoquée par ces investisseurs qui préfèrent construire des bureaux plutôt que des logements est la cause d'une véritable crise: accéder au logement devient impossible pour la plupart des salariés et surtout pour les jeunes. Reste l'insalubrité, la colocotation, les sous-locations..

    1586002353.jpgJ'ai pu observer à travers ce collectif l'importance d'un travail commun des organisations de jeunesse ou des organisations thématiques( logement, santé, etc.) Vous trouverez plus de détails sur les communiqués de presse du MJS http://www.mjsfrance.org/article.php3?id_article=1199 OU DE L'afp http://afp.google.com/article/ALeqM5jNohII4BLo0n5QQj-gWMeUykX6YQ

    J'ai eu un petit coup de stress en voyant 3 lignes de CRS placer une barricade de cars sur 3 files dans la rue, je me suis dit que j'allais peutêtre finir enfin au commissariat. j'ai scandé à l'occasion "UNSA Police UNSA Police" pour essayer de faire progresser nos scores lors des prudhommales 2008. Ce qui m'embetait surtout c'est que la révolution oui mais que jusqu'à 20h quand y a des rdv apres :-) en plus j'avais pas pris ma brosse à dents, dommage, pour une réquisition...

    à 20h, grâce à la bonne organisation du collectif, apres quelques chants, beaucoup de tracts distribués, quelques coupures de presse et beaucoup de badauds (et de touristes) sensibilisés, nous quittions les lieux dans le calme. J'avais eu le temps d'observer quelques minutes le spectacle irremplacable des toits de Paris, de ces immeubles gris qui s'accumulent sous la colline de Montmartre, et d'imaginer, tres vite, la batterie des versaillais , installée à la place du sacré coeur durant la commune, en 1871, qui bombardait leurs compatriotes parisiens, qui revaient d'un autre monde (et cramaient l'hotel de ville et les tuileries pour l'occaz)

  • plan banlieues: on ne bricole pas une politique de la ville!

    e7a21727fd48096d5949f08915b24fca.jpg« réinventer la ville » le concept, sans doute copyright guaino, est superbe, j’aurais aimé l’utiliser…mais il ne renferme qu’une supercherie, car réinventer la ville c’est la prendre dans sa globalité et non seulement à travers un seul aspect, sa banlieue. Réinventer la ville serait élaborer une politique de la ville transversale aux loisirs, déplacements, activités, gestion des temps et environnement, et non pas la sectoriser en centre/faubourg/banlieues collectives et individuelles. Première erreur.

    Sarkozy assume tout ce qu’il a dit et fait et effectivement le plan banlieues continue à stigmatiser la banlieue avec des mesures ciblées : on envoie 4 000 policiers en croisade (auront-ils la croix chrétienne sur leur bouclier au vu des déclarations de Latran), des contrats spécifiques pour les jeunes de banlieue (faudrait quand même pas qu’ils croient qu’ils sont des jeunes français comme les autres) et même des représentants de l’état…des proconsuls de banlieue c’est quand même un kiff (pour parler djeun)

    Ce plan est un plan de bricoleur…on prend de l’argent budgétisé pour le grenelle de l’environnement pour affrêter des bus en banlieue. Ca épargne une vraie discussion sur la ville redensifiée, durable, et sur le polycentrisme. On bricole encore et toujours avec des écoles de la 2ème chance (pour la première chance il faudra déménager)…

    Ce plan est idéologique. On traite la banlieue comme une zone d’exception qu’il faut réduire au lieu de l’intégrer à la ville. La mesurette sur l’accession à la propriété est proprement dogmatique : qui aura envie d’acheter un 70m² au 16ème étage d’une tour ?

    Ce plan est fidèle à la droite conservatrice et libérale qui nous gouverne : une dose de dogmatisme libéral, une peur bougeoise à peine cachée de la précarité et de la délinquance des quartiers populaires…on rétablit l’ordre social, la justice sociale attendra. A nous de réagir. La gauche ne doit pas avoir peur de parler de territoires, de parler de villes, de parler d’accès à l’emploi pour tous, de services publics de proximité, de réaffirmer que l’école républicaine fera vaincre l’égalité dans tous les quartiers…