Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

menard

  • Article de Menard sur Béziers: une analyse biaisée, des raccourcis nauséabonds

    1199140470.jpgRobert Menard, sur son blog, a indiqué que pendant ses vacances près de Béziers, il ne s'était pas senti chez lui (http://www.robertmenard.fr/2012/09/03/se-sentir-chez-soi/).

    Pour résumer, son village est devenu une banlieue (Robert a découvert la périurbanisation commencée il y a 30 ans), et le centre-ville de Béziers s'est dégradé, il n'y voit, en vrac, que « des arabes, des gitans, et des pauvres ». Ceci lâché, Menard prend des pincettes: il n'est pas question de racisme ou de xénophobie, juste de réveiller une « belle endormie ». Et pourtant, ses choix lexicaux ne sont pas anodins: L'Occitanie contre l'Islam, la stigmatisation des immigrés, le rejet des politiciens de droite et de gauche, les emprunts au discours du front national sont nombreux. Même les images sont parlantes si on n'a pas compris les sous-entendus: la petite photo des chevaliers pour évoquer les croisades, ce n'est pas par hasard. Mais l'auteur de « Vive Le Pen! » n'assume toujours pas sa proximité idéologique avec l'extrême droite. Dommage, tout serait plus clair avec moins d'hypocrisie!

    Si Monsieur Menard ne se sent plus à la maison à Béziers, qu'il garde pour lui ses râleries de parisien en vacances. On ne s'improvise pas géographe: les évolutions que décrit Menard sont générales: les villages sont aspirés par les métropoles, les centre-villes se dégradent, c'est la ville à l'américaine, un modèle en perdition, dénoncé partout à part à Béziers, où le maire UMP continue allègrement à vendre la moitié de la surface municipale aux promoteurs immobiliers.

    Monsieur Menard n'aime pas voir la pauvreté, mais n'ébauche pas d'idées pour la faire disparaître. Pour les socialistes, la mixité sociale dans le logement, la rénovation massive et écologique du centre historique, l'aide aux personnes âgées, les dispositifs d'intégration pour les nouveaux arrivants, la démocratie de proximité peuvent permettre de dessiner une ville plus conviviale, plus durable, plus solidaire.

    Se sentir chez soi, Monsieur Menard, c'est respecter cette « tradition », si chère à vos yeux, d'une ville qui a accueilli les républicains espagnols, les rapatriés d'Afrique du Nord, les immigrants venus construire la croissance des 30 glorieuses, ce n'est pas désigner des coupables à la crise parmi ceux qui la subissent de plein fouet. Béziers n'a pas besoin d'un « croisé », elle a besoin d'un projet de ville, alternatif et cohérent, qui redonne de la vie aux quartiers et aux espaces naturels, organise des déplacements aujourd'hui ubuesques, propose une offre publique pour le temps libéré. Si Monsieur Menard ne se réveille que tous les trois mois pour tenir des propos de comptoirs, il ne peut continuer à se croire utile pour la ville.