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mitterrand

  • 6 mai 2012

     

    blog -Mitterrand-rose-rouge_Pantheon 1981.jpgDans un an, tout sera fini. Le dimanche 6 mai 2012, des petits sondages fleuriront sur les sites d’infos suisses et belges, publiant des suffrages sortis des urnes. La tendance sera là, tout sera vain. Dans notre belle Vème république, en une journée, ce second tour des présidentielles, les jeux sont faits. Pour quelques milliers de secondes, pour d’interminables petites heures, il faudra attendre. D’ici là, je n’attendrai pas, pas une seule seconde. Aucune déception, aucune désillusion ne peut m’atteindre (avis aux amateurs). D’ici là, tous mes efforts, tous mes espoirs sont tendus vers la ligne d’arrivée. Projet, primaires, programme, campagne, toutes ces étapes qui jalonnent l’année à venir, je veux favoriser leur réussite.

    En 2002, je me suis juré que plus jamais je n’assisterai, impuissant, à une élection présidentielle. Alors, mon seul souci, c’est d’être à la hauteur. Dans un an, je veux vivre une victoire, la victoire des convictions contre le fatalisme. Le parti socialiste fêtera, mardi prochain, le 10 mai, les 30 ans de la victoire de Francois Mitterrand. Je n’étais pas né, mais je crois savoir ce que des millions de gens ont ressenti. Les photos des militants qui pleuraient sous la pluie, mais aussi les souvenirs de mes parents, les affiches du second étage, à Solferino, des années 70, ou encore l’hymne de la campagne « les voix des hommes, et les voix des femmes »…, tout cela, je veux aussi le vivre.

    Alors, d’ici là, je vais mordre. Férocement. Je vais mordre ceux qui commencent déjà à rejeter telle ou telle candidature. Parce que le processus des primaires est en cours et que le peuple de gauche décidera qui il veut faire gagner. A nous, dans le débat des primaires, de faire souffler un vent de gauche, d’alternative, de transformation sociale, pour influer sur le cours de la campagne et du programme. D’ici là, je vais mordre, ceux qui ne sont pas satisfaits par telle ou telle des 30 propositions du projet socialiste. C’est la cohérence du projet socialiste qui m’importe, et elle est au rendez-vous : nouvelle donne internationale, égalité réelle, autre modèle de développement, rénovation politique : jamais depuis 1981 les socialistes n’ont été aussi ambitieux ! D’ici là, je vais mordre ceux qui critiquent le dispositif « mobilisation 2012 » auquel je participe comme formateur national : Oui, la France n’est pas les Etats-Unis, tout le monde sait faire du porte-à-porte, mais la priorité donnée aux moyens militants et à l’organisation de terrain me plait, et je la porterai partout.

    Alors, d’ici là, chaque voix compte. Affûtons nos arguments pour la campagne, arpentons le terrain, fourbissons nos pratiques militantes, et le porte-à-porte sera en 2012 aussi efficace que les marches forcées de Napoléon. Un an pour proposer, pour convaincre, un an pour préparer le rassemblement de la gauche et ce contrat de gouvernement qui sera décisif pour convaincre les électeurs. La main que nous tendrons aux autres forces de la gauche dépendra beaucoup de notre projet pour l’économie durable. Alors autant ne pas le négliger. La victoire sera largement due à notre capacité à résister aux sirènes médiatiques. Les sondages vont arriver, les débats sociétaux d’un jour vont se multiplier, il faudra alors garder le cap.

    Aujourd'hui, tout est possible. La droite est sur la défensive, dans les pays étrangers, les gouvernements se tournent, attentifs, vers le parti socialiste.  Alors autant ne pas rater ce rendez-vous historique entre la gauche et les Francais. Ils seront peu nombreux, les jours de repos, pendant cette année, où je reprendrai aussi les cours  après deux années de permanentat syndical. Mais ils ont été peu nombreux depuis 9 ans, alors, pour que tout n’aie pas été vain, il faut gagner: « c’est aujourd’hui que l’avenir s’invente » !

  • Une vie...au collège!

    salledesprofs.jpgCe soir, de la fenêtre du salon de Vitry, j'ai le bonheur d'observer de beaux nuages gris qui inondent le ciel. Ce ciel obscurci a accompagné ma journée. Comme tous les matins, pourvu de mon beau sac de prof (made in montpellier), vaguement réveillé, marchant et roulant au radar, christophe maé puissance 8, je pars au collège. Sur le chemin, je croise parfois, sur la RN20, quand l'A86 est dégagée, la butte de Montlhery, où voilà 900 ans, le roi de France était défié par son vassal le sire de Montlhery. Depuis, je suis moi-même serviteur de cet état construit sur les ruines de ces petits chateaux d'Ile de France.

    Arrivé au collège, après avoir croisé quelques élèves goguenards au vu de ma plaque immatriculée 34, c'est l'entrée dans la salle des professeurs. Les papoteurs, les travailleurs, les rêveurs se mettent en condition: la machine à café fume. La cloche sonne, et très lentement, la salle se met en branle. Je rejoins ma classe dans la cour de récréation. Quelques sourires, j'attire l'attention des élèves à l'écart, le troupeau démarre, je rectifie un peu la trajectoire et remonte le courant. C'est ensuite l'entrée dans la salle, les 31 "bonjours" que je n'oublierais pour rien au monde...Surtout pas aujourd'hui...car un prof est un être humain, et les pauvres cinquiemes sympathiques ont supporté mes humeurs de la semaine, du doute à l'abattement, du soulagement à la fatigue...C'est vendredi, la fatigue est à son comble, mais les élèves sont décidément des perles, et n'abusent pas de la situation. C'est un bon cours sur l'Inde, sur la révolution verte et le boom industriel, qui se déroule. Plus dur avec mes troisièmes préférées: 1 semaine et demi avant le brevet, l'attente est perceptible. Après quelques démarches administratives et un repas de cantine scolaire (pas besoin d'expliciter) je me retrouve sur le canapé de la salle des profs...Et une heure plus tard, m'étant endormi, l"argent" de zola, dans les mains, je me réveille avec le MMS d'une collègue qui m'a photographié en pleine décadence, serrant dans mes bras un coussin. Le temps de mendier un café, et c'est déjà reparti...

    Les cours continuent, beaucoup d'exercices sur les discours de De Gaulle, des articles sur VGE et enfin le bilan de la gauche....et je suis pas au top. Plus on se rapproche du temps présent et j'ai du mal à mettre en perspective les grandes mesures gouvernementales. Donner un sens moderne, rajeuni et feministe de la présidence Giscard pourquoi pas? Mais je n'ai pas été capable de donner du sens à la présidence Mitterrand. Heureusement que j'ai 3 troisièmes pour me faire la main...à chaque fin d'heure, j'observe mes élèves. ce matin, quand la cloche sonne avec la cinquième sympathique personne ne bouge. Et la peste, J., dit même "presque je serais restée" mais faut pas rêver, c'est quand même la récré. Mais cette après midi, en troisième, la cloche n'a pas fini de sonner que les affaires sont rangées...et les "bons weekends" sont de piètres consolateurs.

    Enfin c'est 17h, mon rendez-vous avec un parent d'élèves. Je veux parler à la mère de P. de cette classe spécifique de quatrième qui permettra à sa fille de revoir ses lacunes, de retrouver la voie du succès avec des professeurs volontaires, et je suis fier de l'éducation nationale, quand elle tend la main aux élèves qui décrochent. Mais je n'ai que 3 places à proposer. Pour ma classe de PP dont la moitié des élèves n'ont pas la moyenne. VDM. C'aurait bien été la fin de la journée, mais il restait le portail bloqué, les bouchons sur l'autoroute, les nuages menacants de Vitry...et ce tract sur les retraites que j'ai encore une heure pour fignoler :-)

  • 1981 - la gauche et le pouvoir

    16a307dbc4b98dd129527433836784b1.jpgJe suis né le 8 décembre 1983 (enfin le 9 mais mon père s’est trompé à l’état civil), et Mitterrand, la bastille, le panthéon, c’est pour moi une histoire, une belle histoire, c’est un frisson, l’adrénaline du visage qui apparaît bande par bande à 20h, le 10 mai 1981, c’est la pluie qui se mélange aux larmes de joie des militants qui dansent sous l’averse. Rien que ça.

     

    Mais c’est pour moi aussi l’inquiétude de Reagan face à l’entrée de ministres communistes dans le gouvernement, les accents révolutionnaires du congrès PS de Valence, l’échec du G7de Versailles, les premières décisions et les premières lois (39h, nationalisations, peine de mort, radios libres), et les premiers obstacles (dévaluation notamment).

     

    1981 est une date qu’on ne peut oublier. Rétroactivement c’est le temps de l’utopie confrontée à la réalité, de l’exagération avant la pause de la rigueur, mais sur le moment ? sans doute celui de l’espoir qui explose et des paroles qui s’envolent, des cœurs soulevés qui battent à l’unisson de la « république des enseignants ». Cet enthousiasme, émouvant, et sincère…sur fond de crise mondiale, de chômage de masse, de cet avenir noir.

     

    Je suis au sens propre du terme un enfant de cette période…

    A t’on fait l’inventaire de 1981 ? à de nombreuses reprises (attali, mauroy), on a relevé les contradictions : la politique de relance quand les autres pays menaient la rigueur, la politique monétariste quand le serpent monétaire européen interdisait tout volontarisme et toute incohérence. L’inutilité des nationalisations « symboliques » à 100% qui faisait grincer des dents mauroy, delors et rocard, partisans, plus ou moins cachés, des nationalisations à 50% sous forme d’augmentation de capital. Les discours robespierristes qui réveillaient la droite, le mur d’argent, et faisaient craindre une expérience éphémère, comme celle du front populaire. Le socialisme dans un seul pays, ce n’était plus possible !

     

    Et si 1981, au delà de l’élan du 10 mai, devait être une occasion ratée ? non pas le socialisme confronté  à l’épreuve du pouvoir. Mais la bêtise d’un programme commun datant de 10 ans planté sur un contexte différent. Je me pose (et vous pose) la question. En Historien, j’en tire la leçon, pour changer la vie, il faut privilégier l’efficacité, le long terme, sur les effets d’annonce et la symbolique. Pour changer la vie, il faut savoir composer, créer des outils, des leviers nouveaux,  savoir s’assurer le soutien de la société civile, savoir créer un élan international, savoir convaincre. Et oui si j’avais pensé à ma naissance, j’aurais été rocardien et mendésiste !

     

    A ce prix là, la gauche, j’en suis sur reviendra au pouvoir. Le plus vite possible. Pour que l’intérêt collectif des générations présentes et à venir de notre monde globalisé soit assurée par des politiques de régulation de l’économie et des flux capitaux, d’une harmonisation vers le haut de nouvelles protections sociales, vers une croissance partagée, différente, humaine, de nos sociétés, au prix même, s’il le faut, d’un changement de nos modes de vie.