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musée

  • De Cluny à Meirieu

    Musee-Cluny-Paris-028_fullsize.jpgLe weekend de Pâques n'était pas forcément reposant: Référent pour les questions éducatives au MJS, j'étais invité à ce titre, comme tous les représentants d'organisations participant à la votation lycéenne, pour participer au congrès annuel de l'Union Nationale Lycéenne, l'UNL, première organisation représentative chez les lycéens. Un congrès de pré-adolescents, quelle corvée, diraient certains...Ils auraient tort: l'UNL est une organisation mature (15 ans déjà) animée par des (petits) responsables expérimentés: de nombreux ateliers animaient le congrès (la santé et la démocratie lycéenne pour ma part), mais surtout des plates-formes dont l'une m'a particulièrement émerveillé: celle sur la reproduction sociale où participait, avec des syndicalistes enseignants, Philippe Meirieu. J'ai déjà parlé sur mon blog de ce professeur des sciences de l'éducation de Lyon, candidat pour les verts dans la région Rhone-Alpes en 2010.

    Philippe Meirieu est le représentant d'un vague courant « pédagogiste », non institutionnalisé dans le monde éducatif, qui rassemble les amateurs de nouvelles pratiques pédagogiques qui prônent une refondation totale du système éducatif. Je ne l'avais pourtant jamais vu...ni écouté, alors que je me réclame comme un de ses disciples, et j'ai été bluffé. Philippe Meirieu, ovationné par les militants de l'UNL, s'est exprimé sur tous les sujets, et notamment sur la manière dont les lycéens devaient s'impliquer dans la démocratie scolaire pour décider des horaires d'ouverture du CDI, pour élaborer le règlement intérieur...J'ai tout autant apprécié l'intervention de Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN, qui a explicité le projet d'un lycée modulaire, ou encore Laurent Escure, mon camarade du SE-UNSA, qui a présenté l'appel pour l'école publique qui a déjà recueilli 120 000 signatures...on a rarement vu autant dans l'histoire des pétitions!

    Aujourd'hui, je profite d'un petit jour de congé. Je suis au bar St André, place St Michel, ancien lieu des réunions du CCR, j'ai fini mes kits, j'ai fini le 14ème épisode de mon petit roman historique, je peux maintenant libérer mes pensées...et mes souvenirs accumulés, une heure auparavant, au musée national du moyen-âge de Cluny!

    Ce musée est situé tout près, dans les anciens thermes romains qui sont devenus un monastère de l'ordre de Cluny (créé en Bourgogne en 909), au coin de la rue Saint Jacques. J'y ai vu des ciboires, des reliquaires, des retables, des statues, ou encore des épées, des peignes et des sceaux. Je me suis imprégné d'une époque religieuse où la vie sur terre n'était sensée être qu'un passage, où les églises rythmaient la vie et la journée, où les hommes n'étaient pas égaux...(enfin moins qu'aujourd'hui). A chaque vitrine, j'ai fait l'effort de tirer le maximum de chaque pièce entrevue, en les remettant dans leur contexte, avec un peu d'imagination, mais aussi en m'imaginant comment j'aurais pu les utiliser en cours...je l'ai déjà dit, je ne fais plus de cours, et ca me manque. Je me suis aussi dit qu'être conservateur, archiviste, c'était organiser un magnifique écrin pour cet inventaire hétéroclite, encore fallait-il donner un sens à ces objets...en étant prof? Universitaire? Chercheur? Tous ces métiers m'attirent, il me faudrait plusieurs vies...

  • De la 2 à la A

    Entree-du-chateau-de-saint-germain-en-laye%20041.jpgCe matin, il faisait froid sur le parterre du chateau royal de saint germain en laye. En me retournant, mon regard tombait sur les pierres blanches et rouges du chateau où louis XIII avait grandi. Je visite petit à petit les chateaux d'ile de france, pour le plaisir de mettre mes pas dans ceux des rois de france et de leurs courtisans. Nostalgie d'études: j'ai écrit des mails pour reprendre mon master d'histoire moderne, pas de retour pour l'instant. Ce matin, pour une fois, j'ai profité de ma journée de congé.

    Et ca fait du bien. pas de réunion, pas de travail, j'ai pu prendre mon temps pour me lever, savourer mon livre (d'ailleurs bientôt fini), dans mon RER. Je n'ai pas beaucoup profiter du chateau de st germain, au bout de la ligne A. Trop rénové, trop détruit, et d'ailleurs pas de visite, c'est le musée des antiquités nationales. Donjon sous Louis VI, chateau vieux construit sous la renaissance, chateau neuf aujourd'hui détruit, siège de la cour royale dans les années 1660...je n'ai rien retrouvé de tout celà, merci à la révolution et à la restauration qui l'ont transformé en caserne (la révolution, terreur des étudiants en histoire moderne). j'y suis resté une demi heure, le temps de voir des antiquités gauloises, de découvrir qu'ils connaissaient la serrure et la cuillere! les autres salles étaient fermées (problème d'effectifs)

    Hier soir, le MJS m'a envoyé à une réunion "orga de jeunesse" sur la réforme du lycée, au siège du parti communiste, place du colonel fabien. j'ai eu du mal pour trouver l'entrée, mais j'étais tres fier et très heureux de pénetrer dans ce batiment...à l'intérieur, formes et mobilier futuriste des années 70, l'époque de la grandeur, où un autre modèle existait. Au 3ème étage, aile des jeunes communistes, nous avons discuté des actions à venir, et je me rendais compte, en sortant, que de grands mouvements sociaux étaient nés de ces réunions où l"on boit du café réchauffé au micro'ondes...

  • De l'Egypte, du congrès, de mes classes...

    ancient_egypt_FR_1.gifIl y a différents niveaux de soucis. s'inquiéter pour ses chaussures qui se fanent c'est un premier degré. La recherche d'un appartement ou le contrôle technique sont un deuxieme degré. Un troisième degré est atteint quand on s'interroge sur sa capacité à relever un défi pédagogique (l'enseignement en section euro pour être précis). Un quatrième palier est atteint quand, dans les salles du musée du Louvre, on regarde fixement la palette d'un scribe qui vous fait planer très haut, au dessus de ces milliers de siècles égyptiens vantés par Napoléon en 1799.

    Il est aussi des soucis collectifs. Le congrès de Reims est une préoccupation importante pour moi en tant que militant du parti socialiste. Comme tous les 3 ans, évidemment, nous réfléchissons à notre orientation, mais là, il y a des nouveautés. Une majorité explosée, un premier secrétaire qui s'en va, des médias complètement à côté de la plaque dans leur affrontement delanoé / Royal qui n'ont d'ailleurs pas réussi à dévoyer le vote des militants même s'ils essaient de nous faire avaler que 29% est une victoire large et éclatante. On croit rêver. La motion C dans laquelle je me reconnais a réuni 19% des suffrages militants, comme elle est arrivée 2eme dans ma section. Par son score national et de retentissantes victoires locales, elle a fait parler d'elle. Ce n'est pas seulement la gauche du parti. La motion C, c'est la voix de la cohérence et de l'espoir face aux renoncements de la majorité sortante. C'est aussi, il faut l'avouer, largement la voix d'une génération, celle de l'apres mitterrand, grandie dans l'opposition, au sortir de la guerre froide, qui souhaiterait trouver une alternative au capitalisme triomphant depuis 1989. Nous sommes 4ème mais tout n'est pas perdu. Campés sur nos positions, en suffrages et en principes, nous avons envie d'être aux responsabilités pour impulser une dynamique à même de renverser les certitudes sarkozystes, aux prochaines échéances nationales. Nous voulons donner un autre visage à la politique qui dégoute bon nombre de Francais.

    Hier, l'après midi, j'entrais sous la pyramide du Louvre. Un peu intimidé par cet ensemble froid qui fut le siege de la royauté valoisienne tardive et des premiers Bourbons. Je n'y étais pas allé depuis l'âge de 10 ans. Armé d'un petit carnet, je tracais des plans d'accès: je suis terrifié à l'idée d'y amener mes chers sixieme, qui seraient capables de déboulonner un sarcophage ou de jouer à cache cache entre la joconde et la venus de milo...terrifiant. Je profitais quand même de l'occasion pour m'attarder sur l'histoire du louvre, du donjon au palais, avant d'aller aux antiquités égyptiennes. Je suis toujours intrigué par le palais des tuileries, détruit par ces saletés de communards, j'ai enfin pu le voir...en gravure! Mais j'ai une carte d'accès, j'y retournerai.

    Je venais pour l'Egypte, pour voir sur quoi je pouvais axer mon questionnaire de visite. Il y aura évidemment 4 questionnaires, je suis un prof vicieux. La mastaba d'un noble reconstituée, des cartes et des panneaux d'explication, des momies et des sarcophages ainsi qu'un nombre impressionnant d'objets de la vie quotidienne devraient avoir raison de la curiosité insatiable de mes chers sixieme.

    Car j'ai retrouvé mes classes à la faveur de ces 2 jours de rentrée apres ces vacances ou plutôt cet "ersatz" de vacances. J'ai pu recommencer les exposés sur les dieux égyptiens avec la sixieme attachante (ancienne sixieme lente) qui est en avance. J'étais tellement content de les voir fignoler leurs panneaux, coller leurs docs, écrire leurs commentaires, tracer leurs titres, dans le bruit et la bonne humeur mais très efficacement! C'est le meilleur moment de la semaine! Mais que faire de ces deux élèves distraits incapables de se concentrer sans se lever, parler, incapables de travailler de manière continue? Ca sent la télé le soir, le manque de petit déjeuner, et sans doute d'autres aspects qu"on discutera en conseil de classe (hyperactivité et surdoué ne sont pas exclus). Mais en sixieme, rien n'est acquis, j'espere qu'on pourra faire autre chose. Les sixieme sages et la sixieme folle (ancienne sixieme adorables) ont moins d'avance. La troisieme bavarde était au top de sa forme, et j'ai été profondément dégouté par la premiere blasée qui n'avait pas amené ses documents pour ses exposés. J'ai donc compris qu'il faudrait vraiment songer à d'autres méthodes de travail moins marrantes pour le deuxieme semestre, et donc pour le cours du 28 novembre, un mois pour être bon mais je sens que mes oreilles vont siffler au conseil de classe!