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nuit

  • La nuit, un nouvel espace de politique urbaine

    M4403.jpgLa nuit, plusieurs villes se détachent: la ville qui dort, la ville qui travaille, la ville qui s'amuse. Toute politique publique de gauche doit pouvoir prendre en compte ces trois aspects pour réduire les inégalités sociales et territoriales, et concilier à la fois le droit à faire la fête, dans la droite ligne de la contribution d'AJS, le droit à la tranquillité publique, et l'accès à des services publics de qualité. Au moyen-âge et dans les temps modernes, la nuit était un espace de non-droit, un coupe-gorge bien étudié par Jean Verdon dans « la nuit au moyen-âge ». L'éclairage, du XVIIIème au XIXème siècle, de nouveaux moyens de déplacements, au Xxème siècle, ont révolutionné la vie nocturne en ville (pour une approche historique plus complète, voir http://www.telerama.fr/monde/23454-la_nuit_dans_histoire.php) . Qu'en est-il du XXIème siècle, alors qu'en 100 ans nous avons perdu 1h30 de sommeil? La ville nocturne est le réceptacle de tensions sociales et économiques majeures, surtout dans les métropoles. Elle déconcerte l'être humain qui fonde à 80% ses perceptions sur la vue. Les rythmes du travail changent, une partie plus importante de la population doit travailler la nuit. Les conflits entre riverains et festifs font la une de la presse régionale, alors que le débat sur les aperos facebook a été marqué par la peur des débordements émanant des autorités. Alors que faire de la nuit en ville?

    I°) Faut-il préserver la nuit?

    20% des travailleurs ont une activité professionnelle nocturne, tandis que 30% travaillent en horaires décalés. L'économie française de la nuit représente 2,5 milliards d'euros. Gabriel Smadja, étudiant à l'IUP de Grenoble, a fait en juin 2009 une étude très complète sur les activités nocturnes et les moyens de les réguler. Comme Gabriel l'indique (http://www.espacedestemps.grandlyon.com/_Diagnostiquer/doc/Lanuiturbaineordinaire_1.pdf ) nous sommes tous des usagers de la nuit, mais quand nous sortons du bar, regrette Gabriel, nous souhaitons dormir tranquille! La vie nocturne est de plus en plus marchandisée, ses services s'étendent, elle devient presque une seconde journée. Faut-il limiter cette expansion? Oui, ou en tout cas faire en sorte que la sphère publique reprenne la main pour concilier les besoins, les attentes des acteurs et des usagers de la nuit. La vie nocturne est un des enjeux majeurs des politiques temporelles initiées dans les années 90 mais encore trop liées à des expériences passionnantes, comme à Rennes. A ce sujet, Gabriel Smadja propose par exemple de prendre en compte cette dimension dans tous les schémas d'aménagement (PDU, SCOT, PLU) et de les mettre en oeuvre dans un schéma d'aménagement nocturne. La question se pose alors du pilotage: comment démocratiser, politiser la gestion politique de la nuit? Il propose pour cela la création de comités consultatifs de la nuit.

    Limiter la nuit, ce n'est peut-être pas réduire l'offre de services (transports, modes de garde, etc.) qui sont au contraire aujourd'hui mal-développés et hors de prix, notamment entre 2h30 et 5h30, le coeur de la nuit, mais plutôt poser la question des rythmes de travail: Ne faudrait-il pas plus taxer le travail de nuit (entre 21h et 6h du matin depuis 2001), fruit de la flexibilisation et de la précarisation marquée, dans les dernières decennies, du travail? Le limiter, dans la mesure où il s'oppose aux rythmes chronobiologiques et diminue l'espérance de vie, où, d'après une étude de la DARES de 2005, il accentue les inégalités entre les hommes, et les femmes, plus concernées?

    II°) Pour l'égalité face à la nuit!

    Comme Gabriel Smadja le relève, la nuit est l'espace de toutes les inégalités: avoir droit à un logement calme, à un mode de garde à coût peu élevé, à un endroit festif pas trop cher, à des déplacements peu onéreux, tout cela n'est pas garanti alors que la sphère privée prend le pas sur la sphère publique dans l'animation de la vie nocturne.

    L'égalité dans la nuit, c'est donc une politique publique! Laquelle? Selon Paul Meyer, conseiller municipal à la vie étudiante à Strasbourg, cela peut prendre de multiples aspects: une tarification sociale concernant notamment les jeunes pour les transports en commun, un éclairage public différencié, des animations de rues, une place accrue pour les terrasses...à Rennes, le maire, Edmond Hervé, auteur d'un rapport sur la politique du temps, a axé sa politique sur la réduction des inégalités: animations de nuit dans les centres socio-culturels, ouverture nocturne des infrastructures sportives...tandis que Paris privilégiait les activités festives (20% du chiffre d'activité de l'économie nocturne) avec un site et un guide dédié à la nuit.

    La gestion publique de la nuit passe donc à la fois par un développement de l'offre en services publics et par des chartes telles que la charte de qualité de la vie nocturne de Strasbourg (http://www.strasbourg.eu/actus/actus?ItemID=442407347) qui permette un travail de collaboration avec le secteur privé. De plus, comme la contribution d'AJS sur la vie festive le relevait, un zonage paraît pertinent pour déterminer les espaces de vie festive et les espaces « tranquilles ». Cette tranquillité publique peut devenir un véritable concept de gauche en matière de sécurité, d'aménagement de l'espace, de gestion des déplacements...

  • Béziers, ville fantôme

    feria_nuit_web__1_.jpgLe maire UMP de Béziers vient de prendre la décision de fermer les commerces de nuit au centre-ville : « trop de nuisances sonores aux alentours ». Sans doute, et tous les habitants ont droit au calme la nuit. Toutefois, il nous semble que la droite biterroise prend le problème par le petit bout de la lorgnette: qu’est ce qui est proposé pour les jeunes Biterrois, en soirée, au centre-ville ? Traversez Béziers en soirée, on se croirait au far west, avec les bottes de foin qui roulent dans les rues : personne, pas de passants, pas de bars ouverts ! La droite ne propose rien aux jeunes, et ferme les derniers lieux ouverts la nuit !

     

                Le parti socialiste propose une politique globale de la nuit pour le Grand Biterrois. Alors que les bars ferment sur les allées, que la vie festive biterroise se résume aux beuveries de la feria, il est temps de concevoir une offre cohérente de loisirs pour les jeunes Biterrois. Pour les socialistes, il faut d’abord permettre à tous les Biterrois d’accéder au centre-ville la nuit : transports réguliers le soir, notamment en weekend, mais aussi définir un périmètre urbain « convivial » où l’ouverture de bars et de restaurants est favorisée et soutenue.

     

                Toutefois, pour la gauche, les loisirs ne se résument pas aux bars : les infrastructures sportives et culturelles (piscines, musées, etc.) doivent offrir des lieux d’investissement aux jeunes Biterrois en soirée, notamment à travers l’organisation de nocturnes plus fréquentes. C’est aussi grâce à ces efforts que Béziers évitera la fuite de ses jeunes vers des villes plus attractives pour eux.