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patrimoine

  • culture: fini l'élitisme de gauche, pour une nouvelle démocratisation!

    concert_olivia01.jpgLa culture? Ce serait un thème apolitique, il n'y aurait pas de politique culturelle de gauche ou de droite, mais seulement une bonne ou une mauvaise politique culturelle. Construire des infrastructures, organiser des évènements, subventionner les initiatives...Ces trois outils représenteraient à eux seuls une politique culturelle indiscutable. La culture se résume t'elle à une ligne budgétaire?

    Et bien non ce serait trop facile. La culture doit faire l'objet d'un clivage politique alors que dans beaucoup de villes elle sert uniquement d'argument touristique. Quelle politique culturelle a été menée par la gauche? A coté d'un excellent bilan de Jack Lang marqué par le développement de l'offre artistique et des équipements, de la régulation de l'économie de la création...la gauche a laissé de côté, abandonné l'objectif de démocratisation qu'elle avait affiché lors du front populaire et de la libération. On a continué à penser, comme Malraux, que la culture ne relevait pas de l'éducation mais d'une « révélation » (Voir Note de l'Observatoire des inégalités « la démocratisation en échec » http://www.inegalites.fr/spip.php?article1144).

    La gauche ne peut pas se cacher éternellement derrière le bilan de Jack Lang et les bonnes initiatives menées dans les villes qu'elle gouverne, alors que l'analyse des pratiques culturelles françaises est dramatique (http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/08synthese.pdf). Une hiérarchisation marquée des pratiques culturelles selon les catégories sociales s'est installée: les équipements culturels sont fréquentés régulièrement par la moitié des cadres: deux fois plus que les professions intermédiaires, 5 fois plus que les ouvriers. D'un côté, on a un quart de la population qui a fréquenté au cours de l'année toutes les infrastructures culturelles (cinéma, médiathèque, patrimoine et spectacle vivant), de l'autre côté un dernier quart n'a accédé à aucun lieu de culture. Cette hiérarchisation n'a pas évolué depuis 30 ans.

    Comment passer d'une politique de l'offre culturelle à une politique de la demande? Les politiques culturelles semblent être uniquement au service de ceux qui possèdent déjà un capital culturel leur permettant de bénéficier au mieux des infrastructures développées notamment à l'échelle régionale. La profession est en crise: Si les professionnels de l'audiovisuel et du spectacle sont passés de 87000 à 135 000 de 1986 à 2003, le nombre de CDI est passé dans le même temps de 59% à 48% tandis que le volume de leurs revenus baissait de 26%. Mais est-ce uniquement une question de baisse des subventions agitée comme un chiffon rouge, alors que seule la démocratisation de la culture et la conquête de nouveaux publics peut permettre de résoudre cette crise?

    La gauche doit être inventive et ne plus se contenter de prôner la gratuité qui ne serait, toute seule, qu'un effet d'aubaine pour les CSP déjà fortement dôtées en capital culturel. Comment, alors, faire naitre ce désir de culture si dépendant des déterminismes sociaux? 

    1/ Par une nouvelle politique de la ville et du temps libéré: Avec des conservatoires gratuits présents partout, des lieux d'expression culturelle, des festivals de quartier mais aussi des espaces pour créer: des kiosques à musique, des murs à graphe, etc.

    2/ par une éducation culturelle transversale (comme le socle commun de 2005 l'a initié): apprendre à écrire en prose et en vers en francais, apprendre à peindre, à sculpter en arts plastiques, découvrir plus d'instruments que la simple flute en musique, plutôt que de s'apesantir sur de grandes oeuvres qui seraient indépassables. Les établissements scolaires pourraient laisser plus de temps et d'espace pour les pratiques amateurs: le théatre, la danse, la musique pourraient devenir des activités des foyers collégiens et lycéens. Le temps scolaire pourrait s'inscrire en complémentarité avec les infrastructures culturelles des villes, sans, comme à Orange, mettre dans la même classe les élèves qui ont besoin d'un jour pour aller au conservatoire...

    3/ une politique ambitieuse de médiation culturelle, pour proposer de vrais parcours culturels, qui s'étendrait jusqu'aux médias: développer le théatre de rue, les concerts en plein air, des festivals dans le milieu rural comme j'ai eu l'occasion d'en profiter cet été (http://www.chienaplumes.fr/festival/), pour donner envie à ceux qui ne vont qu'au cinéma d'entrer dans une salle de concert. Enfin, pourquoi ne pas embaucher des conseillers culturels à même d'aiguiller les envies des citoyens, comme le CROUS de Montpellier l'a fait?

    Ce ne sont évidemment que quelques idées griffonnées pour convaincre Hanna que la culture n'appartient pas aux professionnels...:-)