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philosophie

  • "de l'amour"

    Alors que le TER Béziers Montpellier m'amène pour la millième fois au moins de mon existence faire ce beau voyage entre terre et ciel, entre étangs et vignes, je vais m'efforcer de diversifier un peu ma production bloguesque. Pourquoi parler d'amour? car il reste encore à définir ce sentiment qui fait la différence entre l'être humain et la bête. Ce beau sentiment, tant peint, tant décrit, qui a fait tant d'heureux, de malheureux (voire de morts) a une histoire, il fait débat.

    Même si c'est risible j'ai fait des petites recherches...commencons par une définition? C'est un sentiment qu'on ressent pour une autre personne qui pousse à adopter des comportements plus ou moins rationnels, à travers une proximité intellectuelle, physique, passionnée ou spirituelle. Tout ceci est bien froid pour un tel sentiment. La définition pourrait définir des degrés entre un amour faible ou affecté et un amour fort ou passionnel. Ce serait une émotion affective différente suivant les cultures. La théorie des 3 éléments de Sternberg est très intéressante pour définir l'amour: c'est la conjonction de la passion (attirance pour l'autre), de l'intimité (proximité émotionnelle) et de l'engagement (projets communs). Si un élement manque, ce ne serait pas de l'amour!

    amour-coeur-goutte-eau.jpgCe sentiment n'a pas eu la même définition au cours des âges, on a souvent fait plusieurs catégories...dans la grèce antique, on parle de « philia » entre deux hommes qui s'apprécient à la différence d'une « eros » plus charnelle sans parler de l' »agapé » qui se rapproche plus de la fraternité. L'amour est aussi une grande question philosophique, qui a préoccupé Platon et Spinoza. C'est une question qui revient en théologie: les Tibétains la voient comme « le souhait du bonheur d'une autre personne ». On le retrouve dans tous les coins des arts autour des figures bien connues de Venus et Aphrodite (et non pas Aphrodise, premier évêque de Béziers). C'est une thématique littéraire par excellence en Europe, appréciée à tous les siècles, de Tristan et Yseult (XII) à Paul et Virginie (XVIII);

    Au delà de la psychologie qui y voit des origines familiales, les études comportementales y voient un manque d'autonomie qui devrait détourner mes camarades de l'UNEF et du MJS de tels émois (tout comme le dernier « marianne » et son dossier « quand la politique détruit les couples », d'ailleurs). En effet, on analyse souvent l'amour comme le ressenti d'un manque, dû à l'absence de l'être aimé. Ce sentiment s'effondre en cas de disproportion d' « amour » apporté à l'autre. En matière de zoologie, j'ai lu des choses très intéressantes: l'amour aurait pour but de sécuriser l'enfance, au delà de la reproduction qui obéit à d'autres règles de séduction qu'on observe aussi chez les singes. Nos réflexion ante-et post- accouplement (qui vont des stratégies de séduction aux querelles de couples) qui nous font différer des autres singes serait dûe à l'hypertrophie de notre cortex cérébral. Dont acte. D'un point de vue d'ethnologue, l'amour n'est pas uniforme: les attitudes de séduction venant de la femme sont plus ou moins réprimées suivant les continents tandis que le baiser n'était pas « naturel » dans l'Afrique subsaharienne.

    Alors chers lecteurs, c'est l'été...soyez fidèles...à Sternberg, et à sa théorie. Il n'est pas d'amour sans la passion qui anime, mon sentiment préféré d'ailleurs, qui fait trembler et vibrer. Il n'est pas d'amour sans proximité émotionnelle, sans ce plaisir de « partager » avec l'être aimé, sans tournis après un baiser profond...de la même manière qu'il n'y a pas d'amour sans projection, même si la durée relative des relations doit inciter à des projections mesurées. (et je sais de quoi je parle hèhè). Le premier amour reste un modèle de découverte de l'autre, l'amour en général est humain au sens le plus noble du terme, malgré de nombreux aspects égoistes...à nous d'être à la hauteur de ce beau sentiment anti-capitaliste (l'amour, quoi qu'on le dise, et quelles que soient les résolutions prises en conseil national de synthèse, ne se vend pas!).