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programmes

  • Exégèse du nouveau programme d'histoire-géo de seconde

           histoire_geo.jpg   Le nouveau programme de seconde du lycée général et technologique a été élaboré à la fois dans le cadre de la réforme du lycée, et à la suite du socle commun de connaissances et de compétences défini pour le collège. Ce programme change de paradigme par rapport à ceux de 2002, au moins en partie: en histoire, plutôt que les héritages du monde contemporain, on s'intéresse aux « européens dans l'histoire du monde ». Certains aspects du programme demeurent, telles que la citoyenneté athénienne, d'autres réapparaissent, avec la citoyenneté romaine, d'autres disparaissent, telles que les civilisations méditerranéennes au XIIème siècle ou la naissance du christianisme. Deux aspects méthodologiques sont particulièrement développés: l'utilisation des outils numériques et l'histoire de l'art.
              Ces programmes ne sont pas très novateurs dans la mesure où la forme savoirs/méthodes demeure et où aucun dispositif interdisciplinaire n'est prévu, par exemple autour de l'eau (alors que SVT et physique-chimie y consacrent une large part en seconde), ou autour de l'Antiquité (avec les langues anciennes) à part en quelques lignes dans la partie « géographie ». La place de l'histoire des femmes, à peine évoquée en une phrase, n'est pas plus revalorisée que dans le programme de 2002 où l'on conseillait de les évoquer à travers la révolution française alors qu'elle mériterait de devenir enfin un axe transversal du programme au moins en seconde alors que le programme d'ECJS s'intéresse à cette problématique d'égalité des genres. Ce programme conjugue assez bien son objectif de jouer entre le temps long et le temps court (chrétienté médiévale sur plusieurs siècles et révolution française sur quelques années) ou de faire découvrir les mondes perdus (ex. la cité précolombienne) ou encore d'élargir l'histoire enseignée à toutes ses facettes (histoire sociale avec le monde rural au moyen âge, culturelle avec le rôle des éditeurs, religieuse avec la réforme, scientifique avec la machine à vapeur...).

              Cet enseignement problématisé perd un peu de sa cohérence en histoire (l'étude de la cité interdite de Pekin semble assez incongrue), mais permet d'étudier des thèmes nouveaux (Istambul, les migrations européennes du XIXème siècle). Côté géographie, l'objectif de parité avec l'histoire est réaffirmé mais rendu difficile par la nouveauté et la complexité des thèmes étudiés en histoire sans continuité historique, dans des espaces différents. Le programme de géographie change à la marge tout en gardant l'intégralité des anciens thèmes (population, risques, alimentation, eau, villes). Ces grandes thématiques sont juste reformulées (les villes durables) ou enrichies (ex. les mondes arctiques, les enjeux énergétiques). Au final, malgré le choix proposé de deux thèmes sur trois, ce programme semble rester lourd, et perd même dans ses ambitions pédagogiques: l'utilisation des études de cas n'est étudié que dans le dernier paragraphe des approches d'un programme sensé tourner autour de « sociétés et développement durable ». De la même manière, les inégalités de développement sont occultées alors qu'elles constituent un enjeu lourd dans la perspective du développement durable de la planète. Elles sont évoquées en quelques mots dans le même dernier paragraphe.
    Au final, ces nouveaux programmes, sensés formés un tronc commun pour le nouveau lycée général et technologique, n'est modifié qu'à la margen dans un sens toutefois intéressant (nouvelles thématiques) mais parfois incohérent. Le programme est aussi lourd, mais laisse plus de place à la liberté pédagogique réaffirmée dans l' esprit (choix d'une partie plus importante que d'habitude du programme par l'enseignant) que dans le texte. Ce nouveau programme est décevant du point de vue des méthodes: contextualiser, former l'esprit critique sont de bonnes choses mais on attendait mieux, au moins un progrès dans la définition des compétences attendues où l'on s'interesse uniquement à l'objectif de long terme du ministère (les nouvelles technologies) où l'utilisation de tableaux numériques est évoquée (cela sera t'il possible partout?) ou encore pour l'histoire des arts (lubie présidentielle?) présentée à travers la primauté accordée à l'étude des sources.

  • Nouveaux programmes d'histoire-géo: de l'histoire culturelle à la géographie durable!

    geographie_americaine.jpgLes programmes d'histoire-géo sont toujours, avec un peu de retard, le reflet de leur époque. Centré sur l'antiquité avant 1870, préparant la revanche contre la Prusse après 1870, ils ont été centrés sur les racines de notre civilisation et la connaissance du monde dans les années 80 et 90. De la même manière, l'éducation civique a beaucoup évolué: on est passé de la morale du XIXème siècle au cours de sciences politiques au début des années 80. Aujourd'hui, on apprend aux collégiens et aux lycéens à devenir des acteurs autonomes de la société.

    En 2009/2010, les programmes du second degré vont profondément évoluer. C'est le cas d'ailleurs dans toutes les matières. Soit parce qu'ils doivent être actualisés (cadre commun européen de référence des langues, programmes qui avaient presque 15 ans au collège en histoire géo!) soit parce que la mise en place du socle commun de connaissances et de compétences de 2005 necessite de prévoir des passerelles interdisciplinaires. Je me limiterai dans cet article aux programmes du collège.

    En histoire-géo, plus qu'un simple toilettage, on change de paradigme. Ce n'est pas une révolution idéologique (comme en SES, semble t'il), c'est un changement de direction: le développement durable devient une dimension majeure de la géographie enseignée (c'était le sujet de mon mémoire d'IUFM en 2007), tandis qu'on passe de la découverte de ce qui nous rassemble à l'apprentissage de la diversité, en sixième comme en seconde. Du point de vue scientifique, on actualise la prise en compte de nouveaux courants (dommage pour moi, les chorêmes de Brunet, c'est fini!) et on renforce l'analyse du monde contemporain (processus de métropolisation par exemple).

    Que prévoient les nouveaux programmes?
    En sixième, au désespoir des élèves, l'Egypte disparaît enfin. Les savants grecs apparaissent au choix, tandis que l'étude de l'Inde et de la Chine ancienne réapparaissent après une éclipse de 10 ans (au choix, les Han ou les Gupta!). Le programme de géographie se recentre sur la population de la terre qui éclipse le traditionnel repérage géographique (où sont les mers, les continents, etc.). On initie les élèves à la notion d' « espace » et à ses contraintes. Pas de grand changement pour le reste, la Gaule romaine et les débuts du christianisme disparaissent toutefois (mais on retrouve cette dernière en cinquième).

    En cinquième, à mon grand désespoir, on centre le programme sur l'étude des religions (l'occident chrétien et la naissance de l'Europe), et le XVIIème siècle, la monarchie absolue, se retrouvent perdus en mai/juin. Révolution dans le programme de géographie: finie la laborieuse étude des documents (très ennuyeuse, très lanscinante), on étudie les inégalités de développement et la notion de développement durable. L'eau, l'atmosphère, l'énergie, l'alphabetisation: on va s'éclater!!(là, j'ai envie de retourner devant le tableau!). Pas de changement en éducation civique: égalité, sécurité, solidarité.

    En quatrième, le programme est réaménagé pour faire plus de place aux enjeux de mémoire: la traite négrière, la révolution, le colonialisme sont envisagés sous un nouveau jour. Le programme de géographie est très ambitieux et très contemporain puisqu'il étudie « les territoires de la mondialisation »: les multinationales, les échanges, les puissances émergentes et la mondialisation culturelle, autrefois entrevues uniquement en troisième. En éducation civique, éducation au droit et au fonctionnement de la justice, certes, mais l'Europe disparait!

    En troisième, le programme est réaménagé pour mettre en valeur les évolutions technologiques et géopolitiques sur le long terme et c'est tant mieux car on tombait un peu dans l'évenementiel, et l'histoire des batailles. Le totalitarisme passe ainsi de la moitié à 25% tandis que la vie politique en France s'élargit à l'entre deux guerres et à Vichy. Quelle place pour l'URSS dans tout cela? Bonne question! Une évolution majeure autour du programme de géographie centré exclusivement sur la France et l'Union Européenne, il zappe le Japon et refoule les Etats-Unis au programme de quatrième!

    En bref, on trouve de nouvelles cohérences très intéressantes pour tous les niveaux du collège.