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québec

  • Un nouveau monde

     quebecmeteo.jpgLa chaleur de l'ile de Malte, appréciée le weekend dernier, s'est envolée, les clameurs du meeting de Rouen se sont éteintes. L'avion qui me ramenait d'une formation au porte en porte à Nice est à peine atterri, que je m'envole déjà, demain matin, pour le Québec. Quelles vacances! Vu mon bilan carbone de ce mois-ci je peux manger des carottes bio à tous les repas jusqu'en 2013.

      J'attendais cet envol avec impatience. D'une part parce que j'ai préparé minutieusement cette visite d'etudes du comité d'action politique franco-quebecois (CAPFQ). J'en suis effectivement le secrétaire général, désigné par les jeunes socialistes pour faire vivre les relations transpartisanes des organisations politiques de jeunesse de part et d'autre de l'Atlantique. On ne m'a sans doute pas choisi par hasard. Ces arpents de terre très lointains qui parlent francais ne me sont pas indifférents. Les rives du Saint Laurent me font rêver. C'est pourquoi mon appréhension est grande: traverser l'Atlantique, rencontrer des ministres, débattre de la politique extérieure de la France, c'est assez impressionnant à imaginer. Même s'il est peu plausible qu'on me laisse discourir au balcon de l'hôtel de ville de Montreal.

      C'est demain! Un programme très chargé jusqu'à samedi, mes élèves vont me retrouver en loques: Discuter de l'avancement de notre étude sur l'insertion professionnelle avec le consulat, les syndicats quebecois et les ministres concernés doit nous permettre de comparer la manière dont les deux pays emmènent les jeunes vers l'emploi. Un conseil d'administration extraordinaire, des rendez-vous avec des élus d'opposition nous verront débattre de l'avenir de la relation franco-quebecoise, si essentielle pour la francophonie.

      Jeudi soir, je retrouverai quelques camarades: Un débat sur la présidentielle m'amenera à me positionner sur la vision que portent Francois Hollande et Nicolas Sarkozy pour la France. Que de choses à dire sur une république abimée, sur un président qui a rabaissé sa fonction et oublié l'indépendance, la cohérence de nos relations extérieures...Justement, j'ai quelques heures de vol pour réviser les 60 propositions de mon candidat. Le "rêve francais" se décline aussi à l'echelle planétaire, tant en Europe que dans le monde, notamment francophone!

     

  • Faire de la politique outre-atlantique: 16ème congrès du parti quebecois

    nouv-logo-pq.jpgBon le Québec je sais, vous aimez bien, l'accent est sympa, mais ca reste quelques arpents de neige pour laquelle, Voltaire ironisant, la France ne s'est pas trop battue en 1763. Pour autant, 250 ans après, le Québec est non seulement une province, mais aussi une nation pour beaucoup, un état souverain dans les rêves de certains. Parlons politique, alors que le parti quebecois vient de prendre contact avec l'UMP après avoir été invité à la convention nationale du PS sur l'international. Parlons politique, alors que nos débats droite/gauche sont largement dépassés, au bord du Saint-Laurent, par le débat sur la souveraineté.

    Ce sujet n'est pas seulement l'enjeu de ma dernière réunion, mardi soir, au consulat général du Québec, mais c'est aussi un paysage politique atypique: si l'assemblée législative du Québec existe depuis la fin du XVIIIème siècle, elle dispose de pouvoirs lautonomes depuis 1867 et la province est un véritable état depuis la révolution tranquille des années 60, sur le plan social (recul de l'église catholique), sur le plan économique (nationalisation de l'énergie) ou sur le plan diplomatique (je participerai bientôt au 50ème anniversaire de l'ouverture de la délégation générale du Québec à Paris). Quels sont les partis représentés? Le parti libéral du Québec est le plus ancien. Parti de centre droit, fédéraliste, il a fait l'objet de plusieurs scissions: une scission souverainiste plutôt de gauche avec la création du parti quebecois en 1968, une scission souverainiste de droite avec la création dans les années 90 de l'action démocratique du Québec. A côté de cela, un parti vert qui ne présente pas beaucoup de candidats, et un vrai parti de gauche,é colo, féministe et social, le « Québec solidaire », n'a qu'un député.

    J'ai lu les 52 pages de la proposition finale qui sera présentée par Pauline Marois, chef du parti québecois, à l'occasion du congrès quadriannuel qui se déroulera en avril (j'ai du temps libre, partiels obligent). Il m'a permis de me faire mon avis sur le projet de ce parti qui a été au pouvoir de 1994 à 2003 et qui a longtemps été un partenaire privilégié du parti socialiste sous Francois Mitterrand. Ce projet s'articule autour des prises de position qu'aurait un gouvernement souverain. Le référendum de 1995 sur l'indépendance a échoué de peu (50,6%) et cette question est au centre du projet qui évoque à de nombreuses reprises ce que serait la politique étrangère d'un Québec souverain, et avant cela, le rapatriement des compétences, des impôts, etc. La facon dont Pauline Marois portait ce combat nationaliste, notamment en proposant des mesures intermédiaires (autonomie accrue) a récemment été critiquée par des jeunes se réclamant du chef du bloc québecois, parti indépendantiste à l'échelle nationale, Gilles Duceppe (spéciale dédicace à Félix-Antoine) qui auraient préféré une affirmation plus forte de la volonté d'organiser un nouveau référendum.

    Le projet du PQ m'a étonné. En premier lieu parce qu'à aucun moment la France n'est évoquée. En revanche le PQ veut faire du Québec le premier défenseur de la francophonie, en dedans comme en dehors. Ensuite parce qu'il est tiède, pas très affirmé tant sur le plan social, écologique, qu'économique. Peu de clivages, sans doute, avec le parti libéral (une des parties de la proposition finale s'intitule « des québecois plus riches »), mais beaucoup avec l'ADQ, aux relents sarkozistes. Le parti québecois n'est pas très féministe (une ligne sur le sujet), pas révolutionnaire sur le plan écolo: de bonnes idées sur le recyclage, responsabilité élargie du producteur notamment, sur les transports, mais pas de reconversion industrielle à l'ordre du jour! Sur le plan social, les péquistes sont plutôt progressistes: une école laique  jusqu'à 18 ans ou le premier diplome bien défendue, une part obligatoire de logement social pour les promoteurs immobiliers, un système de santé public, une énergie nationalisée...mais rien d'ambitieux sur les salaires ou la fiscalité, peu d'innovation (ce qui m'a surpris!) sur l'éducation, et certaines spécificités: la priorité donnée à la transparence de la vie politique, à la souveraineté énergétique, ainsi que la création de maisons de justice pour assurer un service de proximité, ou encore une prévention importante du suicide, m'ont agréablement étonné. Aux dernières élections de décembre 2008, les résultats avaient marqué une progression du PLQ (10 points) et du PQ (7 pts) alors que l'ADQ perdait la moitié de ses points: 42% pour le PLQ, 16% pour l'ADQ et 35% pour le PQ.  Cette progression du PQ serait largement du à un revirement social d'un parti tenté par le néolibéralisme, sous la conduite de Bloisclair, au milieu des années 2000 grâce à Pauline Marois. Alors pourquoi pas une nouvelle majorité, une alliance de gauche avec le QS et les verts, pour une souveraineté sociale et écologique, aux prochaines élections de décembre 2013?