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quartiers

  • des inégalités territoriales en France? meuh non voyons!

    ee94e20de67eae098d54f97a82b128fd.jpgIl est évident que toutes les Françaises et tous les Français sont égaux, quelque soit le quartier ou la ville où ils habitent et travaillent n'est-ce pas? même droit de vote, droit à l'emploi, au logement, aux loisirs?

    C'est plus compliqué que ça (comme disait Fanélie)!

    La France est composée de plusieurs espaces géographiques qu'on pourrait différencier d'abord ainsi : la métropole et l'outre mer, les espaces urbains et les espaces ruraux, le centre (la capitale, Paris), et la "Province", les centre-villes et leurs périphéries, qu'elles soient pavillonnaires ou marqués par l'ombre des grands ensembles.

    Ces espaces, à cette grosse échelle, n'ont d'abord pas le même accès aux échanges internationaux, représentés par les grands ports (Marseille, Dunkerque, Le Havre) ou aux grands aéroports, les "hubs" ou plate formes multimodales tels que Roissy charles de Gaulle. celà a de l'importance pour certaines entreprises qui vont se regrouper près de ces grandes infrastructures.

    Les capitales, surtout quand elles sont aussi des villes-mondes telles que Paris (siège d'organismes mondiaux, concentration exceptionnelle de sièges sociaux), peuvent aussi devenir incontournables: 50% des journalistes, des métiers d'édition à Paris par exemple. Pour faire votre master, étudier dans une école spécifique, évidemment privée (arts, publicité, communication) encore une fois il faut aller à PARIS!

    à plus fine échelle, les autoroutes et les gares importantes, à liaison TGV, toujours dans le domaine des transports, commencent à avoir une certaine importance. Elle forme des couloirs dans lesquels, là aussi, il est important d'être pour certaines entreprises, pour des gens appellés à se déplacer souvent!

    La population française se concentre pour sa grande majorité dans ces "couloirs" au coeur des voies de communication. souvent dans les vallées ou sur les littoraux. Et les autres? Ils peuvent habiter les périphéries de leurs régions ou de leurs départements, qu'elles soient agricoles, forestières ou montagnardes. Ils peuvent aussi faire partie de la célèbre et désolante "diagonale du vide" qui de Charleville-Mezieres à Limoges, regroupe les territoires qui se vident de leurs habitants!

    Et qu'advient t'il de ces habitants? Ils sont évidemment délaissés par des phénomènes géographiques, économiques et sociaux qui favorisent la concentration: l'importance des transports et des communication dans le monde d'aujourd'hui d'abord. Pas de chance les liaisons ferroviaires rurales ferment les unes après les autres, leur fréquentation n'est pas rentable. L'importance des hautes technologies. là encore pas de chance le nombre d'habitants ne rend pas l'installation du haut débit ou même d'antennes de portable rentable. Tant les entreprises que les services publics (maximum de profits dû aux actionnaires, déficit budgétaire pour l'état) souhaitent réaliser des économies d'échelle. Les écoles ferment en même temps que les superettes dans les villages où la seule lueur d'espoir réside dans ces retraités de l'Europe du Nord qui rachètent les fermes en ruines s'en servent comme maison de vacances, faisant monter les prix de l'immobilier...

    Reprenons notre loupe et approchons-nous, à l'échelle de la région. La proximité des grands axes de communication est doublée d'un autre facteur, la proximité d'une grande ville, d'une capitale régionale. C'est le lieu où se concentrent les établissements d'enseignement supérieur, les sièges sociaux, les centres commerciaux et les centres de recherche. C'est là où l'on trouve le plus facilement des emplois. Ce processus de concentration s'est accru ces dernières années avec la volonté pour ces villes d'exister à l'échelle européenne. Plus spécifiquement c'est un espace important pour les jeunes: c'est là qu'ils vont acquérir une certaine autonomie en s'éloignant du cocon parental. là que se trouvent les universités, les restaurants et les cités universitaires.

    Et c'est là que commencent les inégalités les plus criantes car cette concentration de l'enseignement supérieur, diminuée depuis la création d'antennes délocalisées dans les années 80, laisse de côté des jeunes, issus des catégories socio-professionnelles les plus défavorisées, qui vont rester chez eux pour travailler ou faire des études courtes car ils n'ont pas les moyens ou l'envie de s'expatrier. Le droit à l'avenir, l'accès à l'emploi qualifié peut donc être réduit pour ces personnes là, c'est une discrimination géographique liée à une discrimination sociale.

    Reprenons notre loupe et allons en ville. On observera le plus souvent un ou plusieurs centres où se trouvent les services publics (santé, emploi, aide sociale), et les centres commerciaux, les espaces de vie telles que jardins ou places publiques, les infrastructures culturelles tels que théâtres ou médiathèques, et parfois même des infrastructures de loisirs. souvent délaissés par leurs habitants, qui ont préféré s'installer en périphérie. Pourquoi? Notamment parce que ces centre-villes sont "bouffés" par des problèmes de circulation et de nuisance sonore. Ces périphéries peuvent être proches pour les plus anciennes, pavillonnaires pour les plus récentes, où règne la voiture, ou encore crées d'un seul bloc dans les années 60/70 pour ce qui concerne les grands ensembles. L'absence de services publics, l'efficacité inégale des transports en commun, entraine des phénomènes d'isolement ou même d'exclusion pour ces quartiers. Isolement qui, ajouté à des difficultés sociales (maitrise de la langue française, taux de chômage important), peut entrainer des crises ex. évidemment les émeutes en banlieue de novembre 2005).

     Le constat tracé ici est sévère, les inégalités progressent avec les économies d'échelle et la croissance des capitales régionales. Ce constat pose la question de l'accès aux soins, à l'emploi, à la formation dans notre pays. Cette questions mérite des réponses de gauche; en bonne place dans un projet global d'égalité et de justice pour notre pays. Des solutions? vosu en trouvez peu dans cet article, ce n'est pas le but! Mais le désenclavement par les transports, le soutien à l'intercommunalité rurale, la réduction de la fracture numérique, le développement des points services et des services publics mobiles dans les régions isolées sont des pistes à étoffer...

    à lire pour en savoir plus sur cette thématique:

    - l'observatoire des inégalités, incontournables pour toutes les recherches: un article d'Eric Maurin sur les inégalités territoriales: http://www.inegalites.fr/spip.php?article271&id_mot

    - une étude sur les inégalités liées aux transports dans l'est de l'ile de France http://www.innovations-transports.fr/IMG/pdf/246-RPUCA5.pdf

    - inégalités territoriales face au chômage: http://www.melchior.fr/melchior/melchior.nsf/allbyID/EA208D55AC336615C1256DC6004C2D75

    - l'observatoire des zones prioritaires: les inégalités territoriales en matière d'éducation! http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=3043