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réforme lycée

  • L’histoire-géo au lycée : c’est un peu plus compliqué que ca

    logo_Histoire_GEO_450.jpgRapidement, parce que tout le monde s’emballe. Il est question aujourd’hui que l’histoire géographie ne soit pas un enseignement obligatoire en terminale scientifique. Cette nouvelle a fait débat, elle a provoqué un tollé d’universitaires. Ce n’est pas la première fois que l’on parle de cette matière et de son contenu dans le débat éducatif. C’est une question politique, on en a même débattu à l’assemblée nationale (colonisation, etc.). C’est une question symbolique, la France, comme l’indiquait Bruno Julliard dans le communiqué de presse du parti socialiste, a parfois du mal à regarder son passé en face. Je vois cette question à la fois en tant qu’ancien étudiant en histoire, en tant prof d’histoire-géo, en tant que syndicaliste enseignant et comme militant socialiste. Dur, parfois contradictoire, mais voici ma vision :

     

    1-     l’enseignement de l’histoire a évolué. Proposé par les jésuites dans le cadre des « humanités », c’était l’ « exempla » des grands hommes qui devait faire murir les élites modernes dans le parfum de la gloire et de la sanglante odeur des batailles victorieuses. Devenue matière patriotique en 1870, matière de la revanche avec la géographie, qui apprenait à connaître la ligne bleue des Vosges, elle est devenue science sociale dans les années 20. L’histoire enseignée, dans les années 70, devient une histoire sociale, économique, politique qui ouvre à la citoyenneté et au fonctionnement de la société et du monde, couplée à la géographie et à l’éducation civique. Pour moi, cette matière a sa place dans le socle commun de la scolarité obligatoire et comme une matière à prendre une fois au moins dans un panel d’options d’un cycle terminal de deux ans à la fin du lycée, et pour tous les lycéens, du professionnel au général, ne soyons pas, nous-même, élitistes.

     

    2-     Je suis pour une refonte du système éducatif, des programmes définis par grandes notions interdisciplinaires déclinées de manière complémentaire : comprendre le monde, agir dans la société, agir dans l’espace de manière écologiquement responsable, etc. l’histoire et la géographie, tout comme les SES, ont leur place dans ces grandes notions. Mais l’histoire-géo n’est pas la seule à forger l’esprit de citoyenneté, la physique et le débat sur le nucléaire, les SVT et le débat sur les biotechnologies, les lettres et les arts y concourent aussi ! Pour moi, la réforme du lycée doit avoir pour objectif interdisciplinaire l’apprentissage de la citoyenneté et de l’autonomie dans toutes les matières, ECJS et TPE compris !

     

    3-      Comme militant socialiste et comme syndicaliste progressiste, je considère que notre lutte contre un gouvernement qui s’attaque pas à pas aux mécanismes de solidarité et au service public ne doit pas nous faire tomber dans des réflexes disciplinaro-corporatistes. Défendons une vision globale de l’éducation avec nos partenaires syndicaux et associatifs ! Défendons bec et ongle la mise en place concrète de l’autonomie pédagogique, de l’accompagnement personnalisé et de la mise en place de nouvelles options ! Et clamons très haut et très fort qu’on ne peut porter une réforme et supprimer des postes, que c’est hypocrite et cynique ! On ne doit pas défendre chaque matière dans chaque année, on doit défendre chaque notion dans chaque cycle.

     

    4-     Pas de convergence des luttes dans l’incohérence ! Il ne faut pas unir des oppositions contradictoires à la réforme du lycée, il faut porter un projet cohérent et positif pour une autre réforme : Orientation choisie, suppression des filières, scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, nouvelles pratiques pédagogiques pour l’autonomie, voilà mes horizons !

  • Petit point sur la réforme du lycée

    reforme-lycee.pngQue penser de la réforme du lycée ?
     
    L’éducation est au centre de nos préoccupations, mais nous ne sommes en aucune manière satisfaits du système éducatif actuel et en aucune manière la défense d’un système injuste, élitiste et inefficace ne peut faire partie de nos slogans. Nous avons un projet global pour une scolarité obligatoire élargie, pour une scolarité gratuite qui ne laisse aucune place au privé, pour un service public fort qui lutte sans relâche contre la reproduction sociale. Dans cette mesure, les attaques de la droite contre ce service public ne nous laissent pas indifférents, elles nous scandalisent. Soutien à l’école privée, destruction de la carte scolaire, suppression de dizaines de milliers de postes d’enseignants, les attaques se multiplient et le moment vient, au-delà d’une résistance sans compromis, d’avancer nos réflexions sur un système alternatif. Après plusieurs années où la droite accumule les effets d’annonces, notamment en période électorale, des médailles bachelières aux portiques de sécurité, nous voulons porter un projet éducatif sur le long terme.
     
                Que dit la réforme actuelle ? Après le discours du président à Avignon, la déclinaison ministérielle est le fruit de petits arbitrages corporatistes. Pas de chance pour ceux qui, comme nous, veulent refonder le système éducatif. Un petit article fait une bonne synthèse de la réforme actuelle : http://conseilsdeclasse.letudiant.fr/. Pour le résumer : les filières, leurs horaires et leurs programmes vont être largement modifiées pour les rééquilibrer (avec succès, au vu du caractère élitiste de l’orientation ? on en doute !). En effet, plus de droit et de littérature étrangère en L, plus de matières scientifiques en S, pour la terminale, renforcement du caractère de détermination de la seconde (choix obligatoire de matières économiques, nouvelles options et intégration d’une deuxième langue vivante au tronc commun), rénovation des programmes en STI et STL…rien de bien révolutionnaire. La première voit son tronc commun renforcé (4 heures d’histoire géo !) mais en terminale S cette même matière devient une option ! Les deux heures d’accompagnement personnalisé qui sont créées favoriseront l’élaboration de projets pédagogiques d’établissement, mais au prix, selon le ministre, de la fin de l’hétérogénéité des classes. Alors que la suppression de la carte scolaire et l’échec du zonage affaiblissent l’égalité républicaine, nous réaffirmons notre attachement à des classes hétérogènes, dans lesquelles les enseignants s’adressent, et apprennent à s’adresser, à tous les élèves.
     
                Notre projet, notre vision de la société s’oppose catégoriquement à celui de la droite pour l’éducation. Nous voulons que l’école forme des citoyens, pas des consommateurs. Nous nous opposons tout d’abord parce que ce n’est pas une vraie réforme, ce sont des pansements sur un système à bout de souffle qui n’a pas réussi à démocratiser la massification engagée dans les années 60. Si les mobilisations des dernières années ont permis d’imposer les questions de l’orientation, de l’accompagnement personnalisé sur la table des négociations, la logique gestionnaire et réactionnaire de la réforme ne nous a pas échappé. Nous voulons un service public fort alors que la droite supprime des postes et des heures d’enseignement. Nous voulons une formation des enseignants de qualité alors que les IUFM sont supprimés et remplacée par une formation uniquement disciplinaire, pour des enseignants qui atterriront littéralement dans les classes après leurs concours. Nous voulons favoriser l’autonomie des élèves à travers une approche transdisciplinaire des enseignements et une orientation choisie alors que le gouvernement renforce le cloisonnement des filières. Pour toutes ces raisons, notre participation au mouvement éducatif ne peut passer que par la présentation d’une contre-réforme pour un lycée réunissant toutes les filières, qui favorise la réussite de tous. Ce mouvement ne peut passer que par l’implication de tous les acteurs du mouvement éducatif (syndicats enseignants, lycéens, mouvements pédagogiques, associations de parents d’élèves), qui élargissent et enrichissent le combat syndical.