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resistance

  • Etre résistant aujourd'hui

    train%20resistant.jpgil n'y a qu'une Résistance, au moins pour l'historiographie française. Et elle m'interesse à plusieurs titres. Comme prof d'histoire, c'est certain, comme épisode exaltant de l'histoire française...comme militant de gauche: les résistants sont l'incarnation de la lutte pour des valeurs, pour la liberté et l'égalité, dans lesquelles je me retrouve. Mais la résistance, les philosophes ne s'y sont pas trompés, permet aussi d'aborder les questions de conscience, voire de métaphysique. C'est le plus pur mouvement d'engagement, porté comme étendard, en 1945, de toutes les formations politiques de l'après-guerre: PCF ("le partir des martyrs"), PS (CAS avec Daniel Mayer), MRP (Bidault, président du CNR!) ou encore par les gaullistes...

     

    Et pourquoi m'y intéresser aujourd'hui, en 2009? Parce que ce mot interpelle  à plusieurs titres l'organisation dans laquelle je milite, le Mouvement des Jeunes Socialistes. Comme souvenir de combattants qui ont mis en place le programme du Conseil National de la Résistance (nationalisations, sécurité sociale, vote des femmes, etc.) mais aussi comme mode d'action, sens du sacrifice, et évidemment, comme défi aux lois illégitimes.

     

    Ce dernier aspect m'interesse car lors de la dernière université d'été PS/MJS, nous avons projeté le film « walter » qui s'interessait aux résistances de hier et d'aujourd'hui, alors même qu'un atelier, un peu plus tard, était animé par un professeur des écoles qui refusait les dernières réformes de la droite et se réclamait de la « désobéissance civile » chère à Gandhi, en se présentant comme « désobéisseur ».

     

    La résistance et la désobéissance civile, ce n'est pas la même chose. Avec la résistance, on se bat par tous les moyens, notamment armés, parfois criminels, contre des lois illégitimes. La désobéissance civile est une « résistance douce », quand on n'applique pas des lois qu'on juge injustes. Comme citoyen, consommateur (ex. boycott), militant (action coup-de-poing) ou comme fonctionnaire (droit de retrait?). Ne mélangeons donc pas tout.

     

    Je ne prévois ni d'organiser de collecte de grenades, ni de creuser de caches d'armes dans mon ressort régional, si ca peut vous rassurer. Mais la période actuelle, les enfants étrangers raflés devant les écoles, les entreprises qui font des profits et licencient, les réformes conservatrices et sécuritaires dans le domaine éducatif ou culturel,  tout ceci nous pousse à réfléchir rapidement sur nos modes d'action. Et avec qui agir? Les partis politiques ne sont plus capables, comme il y a des dizaines d'années, de mettre du monde dans la rue, elle est loin, la manifestation du front populaire en 1934! En 1968 déjà, ils étaient dépassés, comme organisateur de mouvements sociaux. L'intersyndicale ne peut plus abattre un gouvernement. La forme de collectifs multiformes, rassemblant associations, citoyens, syndicats voire organisations politiques, semble être la mieux à même pour mettre en dynamique des mouvements...On l'a vu avec le collectif "une école, un pays, notre avenir" (FCPE, UNEF, UNL, FSU, UNSA, CRAP) qui organisait les manifestations éducatives de la fin 2008.

     

                De quoi s'inspirer pour réfléchir à cela? Nous agissons aujourd'hui au sein d'un cadre légal...nous respectons le droit de propriété, nous envoyons de jolies lettres à la préfecture quand nous manifestons...le plus souvent. Et les réformes passent. La désinformation s'installe. La veille des manifestations, on prévient les gens qu'il faut faire attention, avec la grippe et tout ca...Manifs, grèves, etc., nous sommes toujours les mêmes à nous retrouver. Chouette, mais la vraie question que je pose, c'est comment permettre à tous les citoyens de s'impliquer dans ces combats?

     

    Et bien la réponse c'est l'action directe. Quelques pistes, sans être exhaustif: Créer une AMAP, adhérer à une mutuelle d'amendes pour défendre une agriculture propre et des transports gratuits? C'est un début! Boycotter les entreprises qui font du profit et qui licencient, Gandhi avait déjà eu l'idée quand il ne consommait pas de produits venant de la puissance coloniale! Créer des médias alternatifs, les résistants le faisaient déjà quand les journaux français subissaient la censure nazie et vichyste! Mais nous militants? Et nous fonctionnaires? Quand faut-il agir en dehors de la loi? Quelles lignes jaunes faut-il fixer, quand les valeurs de la république sont-elles vraiment en cause? Voilà les questions auxquelles il va falloir répondre...Quand un président décide qu'on doit célébrer les résistants un jour de la semaine à l'école alors qu'il baffoue leur héritage, ou quand des députés cinglés décident que les profs d'histoire exalteront le souvenir de la colonisation française, que doit-on faire?

  • Pierre Brossolette: mon socialiste

    photo_Pierre_Brossolette.jpghttp://lauriannedeniaud.fr/2008/08/11/sur-un-transat-avec-pierre-mauroy/ Laurianne propose de célébrer la mémoire de grands socialistes, vivants ou disparus, je la rejoins entièrement,  le culte des grands hommes a aussi des aspects positifs: l'engagement, le dévouement et la gloire peuvent et doivent s'incarner.

    J'ai choisi Pierre Brossolette, j'ai choisi de mettre en avant cette homme parmi tous les socialistes comme modèle. Les résistants me fascinent, vous connaissez ma passion pour le général de Gaulle. J'aimerais dire que j'aurais été résistant mais je n'en sais rien. Aurais-je eu le courage d'aller jusqu'au bout de mes convictions? Je l'espere.

    Pourquoi cet homme? pour deux raisons. pour vous montrer que l'histoire fait des choix. vous connaissez Jean Moulin, biterrois et premier président du comité national de la résistance, car De Gaulle l'a mis au panthéon en 1964 et Mitterrand a couvert sa tombe d'une rose en 1981. C'est le héros de la résistance, dont le chapeau et l'écharpe photographiée sur le peyrou, à Montpellier, sont entrés dans l'histoire. Pierre Brossolette a été un grand résistant qui a unifié les mouvements de résistance (libération nord, OCM) en zone occupée. Intervenant à la BBC, il seconde le colonel Passy pour diriger le BCRA, les services de renseignement de la France libre, et réussit à coordonner les efforts de la résistance intérieure et extérieure. Mais il dérangeait: il s'insurgeait, bien que socialiste, contre le système partisan qui avait mené la 3ème république à la ruine et portait le projet d'un grand parti de la résistance à même de transformer la société après la libération.

    Pierre Brossolette, ainsi, ne s'est pas fait aimer des partis, De Gaulle a préféré défendre le projet de Jean Moulin et intégrer les partis au CNR puis au gouvernement provisoire. Pierre Brossolette était en train d'être exclu de la SFIO, quand il a été arrêté. L'histoire fait des choix, je vous invite toujours à les repenser. La résistance devait s'incarner, certes, mais le choix de l'incarnation n'a pas été fait au hasard.

    Deuxième raison, c'est un homme d'action. au delà des discours et des hommes d'appareil, j'ai souhaité rendre hommage à un acteur forcené resté dans l'ombre. Je m'y retrouve? J'aimerais bien, mais aurais-je eu le courage de sauter du 4ème étage du siège de la gestapo pour ne pas parler?  Lieutenant pendant la bataille de France, il est promu capitaine pendant la débacle puis commandant dans la résistance. Il rejoint le général de Gaulle en 1942 et sera parachuté 3 fois en France avant d'être arreté sur la côte bretonne après un naufrage.

    Pierre Brossolette était un étudiant brillant: premier à l'ENS, deuxième à l'agrégation d'histoire. Né en 1903, il meurt à 41 ans, après avoir été journaliste pour "le populaire", journal de la SFIO, et radio PTT, responsable de la politique étrangère à la radio nationale pendant le gouvernement Blum mais aussi enseignant et libraire, après son interdiction d'enseigner édictée par Vichy. Il avait épousé une certaine Gilberte qui devait devenir la première femme sénatrice de France.