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transports

  • La planification je dis OUI!

    61978351491468598720.jpgJe dis Oui à la planification, à une planification écologique, à même d'organiser la reconversion écologique des modes de production et de consommation.

    La planification, c'est l'organisation, l'impulsion d'une politique économique par la puissance publique qui, de manière indicative ou incitative, met en dynamique les acteurs publics et privés de la production autour d'objectifs pluri-annuels. En France, la planification ne s'est pas inspirée du système autoritaire soviétique mis en place dans les années 30, mais d'un système à la fois indicatif et incitatif avec la création du commissariat général au plan après la seconde guerre mondiale, pour favoriser la reconstruction de la France. Dans les années 90, la puissance publique est affaiblie par les privatisations, la planification vue comme contraire aux lois du marché est remise en cause. En 2007, le commissariat général au plan devient le conseil d'analyse stratégique, un outil de prospective qui n'a nullement pour rôle d'orienter les politiques économiques. Cette absence de politique économique impulsée dans un souci d'intêret général a mené à l'exacerbation des inégalités territoriales et participé au désastre écologique: pollution, gaspillage, déchets ont pour source un capitalisme débridé qui poursuit uniquement des objectifs de rentabilité sur le court-terme. Comment?

    - En réarmant la puissance publique face à un marché impuissant et destructeur

    Le système capitaliste repose sur la spéculation et utilise les ressources naturelles sans souci des besoins des générations futures. Le capitalisme est destructeur parce qu'il remplace l'intêret commun  des citoyens par l'intêret privé des actionnaires à travers la privatisation, parce qu'il affaiblit la puissance publique à travers les baisses d'impôt, la désarme en dérégulant. Le capitalisme est destructeur car les nuisances environnementales n'appartiennent pas à son système de valeur. La privatisation des outils de production et de transports d'énergie, de transports de passagers et de marchandises ont participé à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre en favorisant le transport routier, en empêchant l'émergence des énergies renouvelables...la fermeture des services publics de proximité, l'ouverture des commerces le dimanche, l'étalement urbain ont amené l'augmentation des déplacements et donc, de la pollution. Le capitalisme est impuissant pour relever le défi de la crise écologique. Son seul outil de fiscalité ("niches" fiscales, responsabilité sociale des entreprises) et la responsabilisation des individus (campagnes d'information) se sont révélés inefficaces pour entrainer une reconversion écologique conséquente et structurelle.

    La planification ne peut être menée qu'à travers une puissance publique forte et efficace, qui dispose d'outils d'action et de régulation importants pour impulser une politique économique qui repose grandement sur des acteurs privés. Cette planification passe donc par une production d'énergie et par des transports publics, par une redensification des villes et par une fiscalité écologique plus juste, notamment.   

    - en coordonnant la transition écologique

    Le premier objectif de la planification écologique est de mettre en oeuvre une transition écologique globale de notre modèle de société qui s'interesse à toutes les facettes de l'économie: consommer moins, consommer mieux, économiser l'énergie, gérer les déchets, gérer les ressources naturelles, réaménager les villes, les déplacements, les temps sociaux...

      Coordonner la transition écologique, c'est notamment un investissement massif de la puissance publique pour financer de grandes infrastructures d'énergie et de transports (lignes ferroviaires pour limiter le déplacement aérien et le transport routier), la construction de centrales d'énergies renouvelables (eolienne, solaire, hydraulique, géothermique) et orienter la recherche dans ce sens de manière durable. Cette transition écologique passe aussi par une politique ambitieuse de rénovation urbaine pour favoriser l'isolation thermique et les économies d'énergie, à travers de nouveaux moyens donnés à la contractualisation état/collectivités territoriales. Ces économies d'énergie (logement, transport, électro ménager) permettraient d'assurer pratiquement la moitié des économies nécessaires!

     En matière d'agriculture, elle passe par une nouvelle politique d'aménagement rural menée par des agriculteurs chargés de protéger les paysages et aidés pour pratiquer une agriculture écologiquement intensive. En matière d'industrie, la reconversion écologique passe par une relocalisation de l'industrie, au contraire de la division internationale du travail qui organise les inégalités économiques mondiales et les exacerbe.  

    - Mettre la contractualisation et la fiscalité au service de la reconversion écologique

     Changer les modes de production et de consommation passe nécessairement par une intervention publique. La société de consommation participe à la crise écologique: changer de portable et de chaussures tous les 6 mois a des conséquences en terme de gestion des ressources et de déchets. Or ce mode de consommation est lié à des normes sociales qui font de la consommation un faire-valoir pour se positionner socialement. Toutes nos activités ont une empreinte écologique (surface necessaire  de la terre et de l'écosystème pour produire les ressources utilisées par un individu moyen dans tel pays) et si chacun des 6,5 milliards de terriens disposent d'un hectare et demi, en moyenne les pays développés en dépensent plus de 6! La circulation automobile peut être réduite par une politique ambitieuse de déplacements si cela devenait une compétence locale: gratuité des transports compensée par une dotation de fonctionnement plus forte, système de transports partagés et à la demande, moratoire sur l'extension urbaine pour réduire les déplacements domicile/travail...

    Cette fiscalité écologique doit passer par une contribution climat - énergie qui permettrait de financer cette planification et participerait au changement des modes de production et de consommmation. Il s'agirait, tant pour les particuliers que pour les entreprises, de taxer la consommation d'énergie et l'émission de gaz à effet de serre. L'efficacité énergétique génère 43% des économies d'énergie, elle doit être valorisée dans la fiscalité (TVA notamment). Pourquoi pas alors moduler la TVA selon les modes de production d'un produit pour favoriser la proximité (et donc la relocalisation), le respect de l'environnement (économie d'eau, pollution faible) ou encore la durabilité du produit(possibilité d'échange, de recyclage).  On doit aussi agir sur la publicité pour réduire son espace dans les médias et à l'extérieur de manière drastique, alors que près d'un millier de messages publicitaires sont aujourd'hui ingurgités, en moyenne; par un parisien.