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  • Eduquer: la société est-elle prête?

    L'école est un monde mythique. Parce que tout le monde connait des histoires de sarbacane, de cartouches d'encre, de surveillants débonnaires ou de professeurs étiquettés, parce que l'immense majorité de la population passe sur des bancs usés, s'est acharnée sur des dictées alambiquées et autres exercices géométriques biscornus, l'Ecole est un bien commun, un sujet politique majeur qui provoque des clivages transpartisans et passionnés. L'école et l'éducation en général est un service public qui produit de l'espoir, du rêve, mais aussi beaucoup de désespoir, de tristesse et de frustration, et à ce titre-là, un enjeu majeur pour la gauche, dans le monde entier.

    Finis les tableaux noirs, les maîtres sévères portant des habits sombres, finis les affluents appris par coeur et les images d'Epinal, l'école du XXIème siècle a beaucoup changé. Elle accueille tous les enfants, mais ne les fait pas tous réussir. Elle prépare à toutes les filières et à tous les diplômes, mais la probabilité d'intégrer telle ou telle école et telle ou telle filière relève d'un jeu où les dés sont pipés par un phénomène incontournable: la reproduction sociale.

    Un enseignant passe ses journées, sa vie, à lutter contre la reproduction sociale. De la maternelle à l'université. Parce que rester assis et écouter n'est pas inné. Parce qu'être poli s'apprend. Parce qu'écrire et lire est plus ou moins aisé, lié à des habitudes culturelles et à des environnements sociaux et familiaux, au nombre et à la nature des livres de la bibliotheque familiale pour faire court. La réussite éducative est le recoupement de multiples facteurs. Une écriture illisible c'est encore en 2009 une scolarité difficile voire une vie brisée? Etre timide, c'est encore en 2009 une sociabilisation difficile dans des cours dialogués qui se révèlent une torture quotidienne ou même des exposés terrifiants pour des enfants non-préparés. L'éducation française reste une éducation classique et humaniste de culture écrite valorisant la transmission de connaissances et de savoirs.

    Ce qu'elle devrait être? Une éducation citoyenne ET technique de culture ECRITE et ORALE valorisant l'acquisition de connaissances ET de compétences. Mais même à gauche, le consensus n'existe pas sur une telle alternative, et un autre clivage entre conservateurs et progressistes traverse tous les partis et toutes les tendances.

    Si éduquer consistait à lire de manière convaincante des manuels scolaires ou à barbouiller de rouge des copies de charmants bambins, cela se saurait. Si faire cours consister à raconter de charmantes histoires ou corriger des exercices, cela se saurait. Or, éduquer relève de l'apprentissage de savoir-faires, et de savoir-êtres implicites qui relèvent d'une adaptation des enfants à une civilisation (Non?)...le problème c'est que cette éducation est confrontée à des jeunes qui construisent leur identité, et ma foi, souvent en opposition avec un cadre educatif assez rigide. S'asseoir, se lever, se ranger, lever la main, répondre, ranger ses affaires, le petit collègien va exécuter une bonne dizaine d'ordres indiqués d'une manière qui va de la gentille injonction au commandement hurlé façon sergent-instructeur...La révolte est inévitable, et la révolte quotidienne conduit à l'échec d'élèves étiquettés comme perturbateurs.

    Eduquer, comme capacité à expliquer, faire comprendre, faire progresser...comme maitrise des processus d'apprentissages qui évidemment ne sont pas pris en compte dans la formation des enseignants. Rien n'est prévu pour passer d'un cours classique s'adressant collectivement à des élèves supposés issus du même niveau et de la même origine...à une pédagogie différenciée s'adressant à des élèves différents qui n'avancent pas au même rythme et éprouvent des difficultés différentes (expression écrite, orale, compréhension des consignes, précision et construction des réponses...). C'est bien gentil à dire tout cela, mais à mettre en oeuvre...faire travailler des élèves par groupe sur des exercices différents relevant de compétences transversales reviendrait à doubler le temps de travail et de concertation des professeurs qui deviendraient de véritables « techniciens pédagogiques » et non plus de simples spécialistes d'une discipline universitaire et enseignée. La société est-elle prête?

  • Démocratisation de l’enseignement supérieur : un droit à l’avenir pour tous les jeunes

    7468ed9a22138aaefb56808a1d11b95a.jpgDepuis les années 1960, l’enseignement supérieur s’est massifié, mais pas forcément démocratisé. La reproduction sociale est toujours forte, amenant les catégories sociales les plus favorisées vers les bac S, et les filières sélectives, alors que les fils d’employés, d’ouvriers, rejoignent majoritairement les filières technologiques et professionnelles, au mieux les premiers cycles universitaires, au pire en sortant du système scolaire sans qualification. Ce déterminisme n’est pas si minutieux, mais aujourd’hui, le service public de l’enseignement supérieur ne tient pas sa promesse d’égalité républicaine.

     

    L’accès à l’enseignement supérieur, libre théoriquement, est semé d’embûches culturelles, sociales et territoriales. Quels outils pour les réduire ? C’est un défi majeur pour les socialistes, alors que l’autonomie à venir des universités, la précarisation croissante du milieu étudiant et la menace de frais d’inscription élevés doit nous amener à construire une alternative à la marchandisation de l’enseignement supérieur.

     

    Plus qu’à l’université, c’est en dehors que les inégalités se creusent, dans l’accès à la culture, aux transports et au logement. Plus on s’éloigne des capitales régionales, plus le taux de scolarisation des 18/25 ans  baisse, parfois même d’un quart ! C’est un problème d’égalité des territoires, de carte des formations universitaires qui devrait laisser plus de place aux villes moyennes, mais aussi du manque d’ambition des politiques publiques qui devraient permettre à tout jeune de partir poursuivre les études de son choix.

     

    Faire des études c’est un coût, notamment en matière de transport : départ pour une autre région, mouvements pendulaires ou simple utilisation des transports urbains, c’est le 2ème poste budgétaire des étudiants (de 80 à 110 euros en moyenne). Ces transports dépendent de plusieurs acteurs publics (région pour les TER, département pour les bus, agglos pour les tramways…) dont les offres d’accès pour les jeunes sont insuffisantes. La revendication de tarifs plus avantageux (par exemple le demi-tarif étudiant) ne peut suffire, il faut envisager le problème dans sa globalité et revendiquer une carte régionale unique de transport (train/tram/bus) pour tous les jeunes en formation (apprentis, chômeurs, étudiants, lycéens), sur le modèle de la carte Imagin’R (Ile-de-France), en profitant du fait qu’aujourd’hui 20 régions sur 22 sont à gauche ! Un syndicat de transports réunissant toutes les collectivités et des représentants jeunes (membres des CRJ par exemple) pourrait la mettre en place.

     

    Pour l’accès à la culture, facteur important d’accès à l’enseignement supérieur, qui agit même sur l’inconscient, certains jeunes ne pensant même pas pouvoir étudier : s’il faut offrir un accès à tarif réduit voire gratuit à toutes les infrastructures culturelles pour les jeunes en formation, il faut aussi éduquer, à l’école, à la lecture, à la compréhension de l’art, pour donner des outils à ceux qui ne disposent pas de capital culturel.

     

    Le principal défi de la démocratisation de l’enseignement supérieur, notamment pour les étudiants étrangers, c’est l’accès au logement. Pénurie dans les grandes villes, prix élevé des studios, discriminations sociales et raciales de la part des propriétaires, comportements malhonnêtes des agences font de la recherche d’un logement un « parcours du combattant », amenant les étudiants à rester chez leurs parents (pour 40% d’entre eux), à se loger mal, à dormir sur le canapé des amis à la rentrée. Quelles politiques publiques alors ? Au delà de la construction nécessaire de résidences universitaires à échelle humaine en augmentant les moyens des CROUS pour doubler l’offre publique, et de la rénovation de logements privés en centre-ville dans le cadre des Opérations Publiques d’Amélioration de l’Habitat (OPAH) qui pourraient être gérés par le CROUS, il faut réglementer le logement privé. Comment faire puisque ce marché a été libéralisé par le gouvernement Chirac en 1986? Il s’agit de réunir les acteurs publics (CRIJ, collectivités, universités) autour d’un dispositif public d’aide à l’installation (recherche, cautionnement solidaire, salons spécifiques) accessibles aux agences et aux propriétaires qui signeraient une charte du logement solidaire (fourchettes de prix, salubrité, accès Internet, etc.) qui permettrait de bénéficier des campagnes de communication et du cautionnement solidaire offert par le dispositif public. Les propriétaires qui accepteraient de participer au dispositif pourraient bénéficier d’allégements fiscaux sur les impôts fonciers et immobiliers. D’autre part, la CAF pourrait assurer, par la création d’un corps d’inspection, le conventionnement des logements bénéficiaires des ALS/APL.

    Par ces politiques publiques, avec l’aide des collectivités territoriales, nous pouvons relever le défi de la démocratisation de l’enseignement supérieur !

     

  • Le CROUS de Montpellier nous revient!

    medium_Logo0.gifVive l'Unef! le premier syndicat étudiant de France a remporté hier, avec 2700 voix contre 2200 pour les corpos, 1000 pour l'Uni (la droite universitaire) et 1000 pour sud étudiant (extreme gauche), les éléctions des représentants étudiants au conseil d'administration du CROUS.

    C'est une intense joie pour moi, ancien responsable de l'Unef Montpellier (2003/2005), et surtout ancien vice-président étudiant du CROUS de Montpellier (2004-2006): après l'annulation des élections qui s'étaient déroulées pendant le mouvement anti-CPE, les projets que nous avions mis en oeuvre avaient été arretés et je suis content de les voir bientôt redémarrer: légitimement, le futur vice-président étudiant ne peut être que le premier de la liste arrivé en tête, Thibaud de l'Unef!

    Ce n'est pas les présidentielles! Les élus ne sont pas des exécutifs, ne sont pas des responsables, ils "participent" à la cogestion des oeuvres universitaires: les services de la vie étudiante sont en effet gérés par un organisme, le CROUS, avec un conseil d'administration composé de représentants de l'état, des usagers et des employés.

    Cet engagement d'élu étudiant au service d'un organisme public a été pour moi le plus épanouissant de ma courte vie (j'ai été élu à 20 ans hèhè): des réunions aux inaugurations en passant par les visites sur le terrain et les nuits passées à bosser sur des propositions concrètes...jai eu l'impression, en discutant du budget, en négociant à Paris des points d'un contrat quadriennal, en voyant des propositions, des idées, devenir réalités sous mes yeux, comme l'ouverture des cafets de cité U le soir ou la construction de foyers, l'édition de compte-rendus de mandat des élus en conseil de résidence ou la baisse du prix des produits frais dans les restos U...que OUI on pouvait agir, être utile, avoir une influence sur son environnement!

    Evidemment; la fin du mandat en avril 2006 a été affreuse, même si je passais le CAPES en même temps. La médaille d'or des oeuvres universitaires reste pour moi le souvenir d'une expérience heureuse, où j'ai pu réaliser ma vision d'un service public efficace et ambitieux, qui répond avant tout aux besoins, et non pas forcément seulement aux attentes de ses usagers. pas toujours en accord avec les représentants syndicaux et l'administration, d'ailleurs.

    Les défis qui attendent mes successeurs sont immenses: le CROUS gère le logement, la restauration, la culture et l'aide sociale étudiante. Le CROUS est un des acteurs publics principaux dans une grande ville telle que Montpellier où la moitié des activités sont liées à la matière grise et où un quart des habitants sont étudiants. car aujourd'hui l'accès à l'enseignement supérieur, en 2007, n'est pas aussi facile pour tout le monde qu'on voudrait le croire. La distance entre la ville natale et la ville universitaire, le coût des transports et du logement dans la région peut remettre en cause ce beau droit à l'éducation. mais les élus Unef ont un bilan, les élus Unef ont un programme à la fois ancré dans le réel et des améliorations concrètes de la vie des étudiants, et à la fois global et ambitieux comme celui d'une organisation nationale et centenaire.

    Bonne chance aux futurs élus, je suis avec eux, à leur disposition!

    une petite note sur "comment  faire voter les facs" Commission_sociale.doc (que j'ai présenté à l'ensemble des vice-présidents CEVU des universités du Languedoc Roussillon en septembre 2005) et une autre élaborée pour le bureau national de l'Unef, aussi en septembre 2005: Groupe_de_travail_Democratie_universitaire_et_Vie_etudiante.doc