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  • Une vie...au collège!

    salledesprofs.jpgCe soir, de la fenêtre du salon de Vitry, j'ai le bonheur d'observer de beaux nuages gris qui inondent le ciel. Ce ciel obscurci a accompagné ma journée. Comme tous les matins, pourvu de mon beau sac de prof (made in montpellier), vaguement réveillé, marchant et roulant au radar, christophe maé puissance 8, je pars au collège. Sur le chemin, je croise parfois, sur la RN20, quand l'A86 est dégagée, la butte de Montlhery, où voilà 900 ans, le roi de France était défié par son vassal le sire de Montlhery. Depuis, je suis moi-même serviteur de cet état construit sur les ruines de ces petits chateaux d'Ile de France.

    Arrivé au collège, après avoir croisé quelques élèves goguenards au vu de ma plaque immatriculée 34, c'est l'entrée dans la salle des professeurs. Les papoteurs, les travailleurs, les rêveurs se mettent en condition: la machine à café fume. La cloche sonne, et très lentement, la salle se met en branle. Je rejoins ma classe dans la cour de récréation. Quelques sourires, j'attire l'attention des élèves à l'écart, le troupeau démarre, je rectifie un peu la trajectoire et remonte le courant. C'est ensuite l'entrée dans la salle, les 31 "bonjours" que je n'oublierais pour rien au monde...Surtout pas aujourd'hui...car un prof est un être humain, et les pauvres cinquiemes sympathiques ont supporté mes humeurs de la semaine, du doute à l'abattement, du soulagement à la fatigue...C'est vendredi, la fatigue est à son comble, mais les élèves sont décidément des perles, et n'abusent pas de la situation. C'est un bon cours sur l'Inde, sur la révolution verte et le boom industriel, qui se déroule. Plus dur avec mes troisièmes préférées: 1 semaine et demi avant le brevet, l'attente est perceptible. Après quelques démarches administratives et un repas de cantine scolaire (pas besoin d'expliciter) je me retrouve sur le canapé de la salle des profs...Et une heure plus tard, m'étant endormi, l"argent" de zola, dans les mains, je me réveille avec le MMS d'une collègue qui m'a photographié en pleine décadence, serrant dans mes bras un coussin. Le temps de mendier un café, et c'est déjà reparti...

    Les cours continuent, beaucoup d'exercices sur les discours de De Gaulle, des articles sur VGE et enfin le bilan de la gauche....et je suis pas au top. Plus on se rapproche du temps présent et j'ai du mal à mettre en perspective les grandes mesures gouvernementales. Donner un sens moderne, rajeuni et feministe de la présidence Giscard pourquoi pas? Mais je n'ai pas été capable de donner du sens à la présidence Mitterrand. Heureusement que j'ai 3 troisièmes pour me faire la main...à chaque fin d'heure, j'observe mes élèves. ce matin, quand la cloche sonne avec la cinquième sympathique personne ne bouge. Et la peste, J., dit même "presque je serais restée" mais faut pas rêver, c'est quand même la récré. Mais cette après midi, en troisième, la cloche n'a pas fini de sonner que les affaires sont rangées...et les "bons weekends" sont de piètres consolateurs.

    Enfin c'est 17h, mon rendez-vous avec un parent d'élèves. Je veux parler à la mère de P. de cette classe spécifique de quatrième qui permettra à sa fille de revoir ses lacunes, de retrouver la voie du succès avec des professeurs volontaires, et je suis fier de l'éducation nationale, quand elle tend la main aux élèves qui décrochent. Mais je n'ai que 3 places à proposer. Pour ma classe de PP dont la moitié des élèves n'ont pas la moyenne. VDM. C'aurait bien été la fin de la journée, mais il restait le portail bloqué, les bouchons sur l'autoroute, les nuages menacants de Vitry...et ce tract sur les retraites que j'ai encore une heure pour fignoler :-)